Fiche de lecture réalisée à partir de mes notes personnelles et mise en forme avec gémini AI.
Texte non publié en français. Traduction DeepL
Juin 2025
1. Qu'est-ce que le féminisme ?
2. Comment le féminisme a-t-il influencé nos vies ?
3. Comment le féminisme a-t-il influencé le monde de la thérapie ?
4. Quelles sont certaines des contributions féministes clés à la thérapie narrative ?
5. Quel est le lien entre le féminisme et certaines pratiques de la thérapie narrative ?
Externaliser les problèmes - la personne n'est pas le problème
Raconter des histoires - chercher et co-construire des histoires alternatives
Déconstruire les discours dominants
Créer des opportunités pour que les valeurs chéries soient plus richement décrites
Pratiques de communauté - relier la vie des femmes
Identité multi-facettes (multi-storied)
Reconnaître la nature politique du travail thérapeutique
6. Quels sont certains des défis féministes/de genre actuels dans le domaine ?
Partie 3 : Référence Bibliographique Complète (APA 7)
Lectures féministes complémentaires
Lectures complémentaires sur la masculinité
Cet article est explicitement structuré par une série de questions qui forment son architecture. La question principale qui sous-tend l'ensemble du projet est : Quelle est la relation actuelle entre le féminisme, la thérapie et les idées narratives, telle qu'articulée par les praticiens du domaine ? Cette question principale se décline en sept sous-questions qui constituent les sections de l'article :
Qu'est-ce que le féminisme ?
Comment le féminisme a-t-il influencé nos vies ?
Comment le féminisme a-t-il influencé le monde de la thérapie ?
Quelles sont les contributions féministes clés à la thérapie narrative ?
Quel est le lien entre le féminisme et certaines pratiques de la thérapie narrative ?
Quels sont les défis féministes/de genre actuels dans le domaine ?
Quels sont les dilemmes quotidiens liés au genre dans le travail de thérapeute ?
L'article explore la relation complexe et diversifiée entre le féminisme, la thérapie et les idées narratives à travers un format de questions-réponses avec plusieurs thérapeutes praticiennes.
Le féminisme n'est pas présenté comme une idéologie monolithique, mais comme un ensemble de perspectives multiples (libéral, radical, Noir, poststructuraliste) qui servent de lentilles pour analyser les relations de pouvoir, le genre étant une catégorie centrale mais non exclusive.
Les contributeurs documentent des changements sociaux profonds attribuables à l'action féministe au cours des 35 dernières années, notamment dans les domaines de l'égalité au travail, des réponses à la violence domestique et aux abus sur enfants, ainsi que de la santé des femmes.
Un principe féministe clé qui a transformé la thérapie est l'adage « le personnel est politique », qui insiste sur la nécessité de replacer la détresse individuelle dans le contexte plus large des relations de pouvoir sociétales.
La thérapie narrative est née dans un contexte historique fortement influencé par les critiques féministes des thérapies familiales traditionnelles, en particulier celles qui ignoraient les dynamiques de pouvoir et de genre.
Des pratiques narratives spécifiques, telles que l'externalisation des problèmes, la déconstruction des discours dominants (par exemple, le « blâme maternel ») et la re-création de récits, sont considérées comme étant en parfaite adéquation avec les principes féministes.
La technique consistant à « interviewer le problème » (par exemple, le Blâme Maternel) est présentée comme un outil de déconstruction puissant pour rendre visibles et résistibles les discours oppressifs, en les traitant comme des personnages externes dotés de tactiques et d'intentions.
L'idée poststructuraliste d'une identité multi-facettes (multi-storied) est mise en avant comme un outil précieux pour le travail féministe, car elle permet de contester les notions essentialistes et figées du genre et de la pathologie.
L'article se termine en identifiant de nombreux défis et dilemmes actuels pour la pratique féministe, tels que la lutte contre le racisme au sein du féminisme, la réponse au défi transgenre et le risque de neutraliser la colère des femmes en thérapie.
Cet article, compilé par Shona Russell et Maggie Carey (2003), a pour but d'explorer des questions "pas si fréquemment posées" sur le féminisme, la thérapie et les idées narratives. Les compilateurs ont interrogé plusieurs thérapeutes qui utilisent les approches narratives sur la signification du féminisme pour eux, son influence sur leur travail et les questions féministes auxquelles ils sont actuellement confrontés. Ce processus a été décrit comme revigorant et stimulant. De nombreux participants ont exprimé le regret que ce type de conversations ne soit pas plus courant. En réponse, les compilateurs invitent les lecteurs à participer à un projet continu sur ces thèmes, sous la forme d'une rubrique régulière dans la revue.
La première question posée, et peut-être la plus difficile, est "Qu'est-ce que le féminisme ?".
L'article met d'emblée en évidence que le féminisme a des significations très différentes selon les personnes. Une annexe résume d'ailleurs les différentes expressions du féminisme dans l'histoire récente, telles que le féminisme "libéral", "radical", "socialiste", des "femmes noires/indigènes/de couleur", "poststructuraliste", "français" et "queer".
La section principale présente plusieurs citations de répondants décrivant ce que le féminisme signifie pour eux personnellement :
Une lentille d'analyse du pouvoir : Pour une répondante, le féminisme est sa "principale lentille pour analyser les différences de pouvoir dans le monde". Elle reconnaît que pour d'autres femmes, cette lentille principale peut être la culture, la race ou la sexualité, mais pour elle, le genre est la première chose qu'elle remarque.
Un héritage des femmes noires de la classe ouvrière : Pour une femme afro-américaine, le féminisme est influencé par la vie de sa mère et d'autres femmes noires de la classe ouvrière qui n'auraient jamais osé se dire féministes. Ce féminisme consiste à "dire la vérité sur l'influence du patriarcat", à être clair sur les "oppressions liées du racisme, du sexisme et du classisme", et est fondé sur l'amour, le soin et le témoignage de la vie des femmes noires. Sa mère lui a appris à aimer les femmes, et donc à s'aimer elle-même, et à se battre pour la justice.
Un privilège et une responsabilité : Une jeune femme décrit le fait d'avoir grandi avec une conscience féministe comme un privilège qui apporte des responsabilités. Confrontée au message dominant selon lequel le féminisme n'est qu'une étape ou une simple quête d'égalité avec les hommes, elle cherche maintenant à comprendre sa responsabilité en tant que jeune féministe blanche et de classe moyenne pour aborder les questions de race, de classe et de domination hétérosexuelle.
Une détermination à questionner : Une autre répondante retrace son premier élan féministe à l'âge de sept ans, lorsqu'elle a dû faire la vaisselle pendant que ses frères jouaient au cricket, libres de toute responsabilité domestique. Pour elle, le féminisme est cette "détermination à questionner" l'injustice.
Un cadre de compréhension : Une thérapeute explique avoir réellement valorisé le féminisme au milieu de sa vie. Son expérience de jeunesse, marquée par la dépression sévère de sa mère, l'avait d'abord conduite à chercher des pratiques de santé mentale alternatives qui ne catégorisent pas les gens. Le féminisme est ensuite devenu une "influence clé" dans sa manière de comprendre son travail et le monde, un cadre qu'elle espère transmettre à ses enfants.
Une identité complexe et revendiquée : Une dernière répondante décrit comment son féminisme a émergé de ses questionnements sur la sexualité et de son appartenance à la communauté lesbienne. L'analyse féministe a été comme "allumer les lumières" pour comprendre ses expériences de femme issue de l'immigration dans l'Australie rurale, bien que la concordance n'ait pas été simple en raison des complications liées à la race, la culture et la classe. Elle explique que si, au début, elle hésitait à revendiquer l'identité "féministe", la pensée féministe s'est depuis élargie pour accepter les contradictions et les complexités, et "féministe" est désormais l'une des identités qu'elle revendique fièrement.
L'article souligne à quel point la vie des femmes, en particulier des femmes blanches de la classe moyenne en Australie, a changé au cours des 35 dernières années, et comment nombre de ces changements sont dus à l'influence de la pensée et de l'action féministes. Il propose un aperçu de ces transformations :
Dans le monde du travail : Il y a 35 ans, il n'y avait pas d'égalité salariale entre hommes et femmes. Les hommes étaient mieux payés pour le même travail. Les femmes devaient quitter la fonction publique si elles se mariaient, et il n'existait pas de congé de maternité ni de services de garde d'enfants publics. L'éducation des filles n'était pas valorisée, limitant ainsi leurs perspectives d'emploi. Aujourd'hui, la plupart des jeunes femmes australiennes considèrent l'accès à l'éducation et à l'égalité des chances en matière d'emploi comme un droit, un changement profond dû à l'action féministe.
Face à la violence : Il n'existait pas de langage pour décrire la violence domestique, le viol ou l'abus sexuel sur enfant comme c'est le cas aujourd'hui. Il n'y avait pas de refuges pour les femmes fuyant la violence, ni de centres d'aide aux victimes de viol, ni de services de protection de l'enfance. Le féminisme a mis ces questions en lumière, créé des lieux sûrs et exigé des changements juridiques, comme l'interdiction du viol conjugal, l'abolition des "droits conjugaux" et l'introduction de lois contre le harcèlement.
Concernant l'abus sexuel sur enfant : Là où l'on parlait autrefois d'inceste ou que l'on gardait le silence, le féminisme a apporté une nouvelle conscience de l'omniprésence et des effets de l'abus sexuel sur enfant, le reconceptualisant comme une question de relations de pouvoir, notamment grâce à des livres comme Father-Daughter Rape de Biff Ward. Cette prise de conscience a permis de créer de nouveaux services et a également rendu possible la reconnaissance des abus sexuels subis par les hommes et les garçons.
Le rapport au corps : Des publications marquantes comme Our Bodies, Our Selves ont offert aux femmes de nouvelles façons de prendre soin de leur corps et d'en être fières. Des services de santé pour les femmes ont été créés avec une perspective centrée sur elles. La sexualité a été réévaluée, remettant en question la domination hétérosexuelle et créant de nouvelles options de vie pour les femmes. La légalisation de l'avortement et le développement de contraceptifs fiables ont été le résultat de luttes féministes clés, transformant la parentalité d'un devoir en un choix.
Le témoignage de Zoy Kazan illustre ce lien entre le personnel et le politique. Elle décrit comment, après la naissance de son fils, elle a souffert d'une grave dépression post-partum, en partie due au fait qu'elle continuait à vivre dans un mariage traditionnel. Hospitalisée en psychiatrie, elle a subi une thérapie par électrochocs et on lui a fait comprendre qu'elle ne serait pas jugée apte à être mère tant qu'elle n'abandonnerait pas l'idée de quitter son mariage. Ce n'est que trois ans plus tard, en lisant des ouvrages féministes comme Women and Madness de Phyllis Chesler, qu'elle a trouvé un cadre pour articuler et valider son expérience, ce qui a été une source de libération.
L'article soutient que le féminisme a non seulement changé la vie des femmes et des familles, mais a également transformé le travail des thérapeutes. Ces changements sont si profonds qu'il est parfois difficile de se souvenir de ce qu'était le monde de la thérapie avant l'influence du féminisme.
Le changement le plus significatif est sans doute que les questions de genre sont désormais reconnues comme pertinentes dans la démarche thérapeutique. Là où la thérapie était autrefois considérée comme « neutre sur le plan du genre », il est maintenant admis que les relations de genre façonnent non seulement les expériences des individus et des familles, mais qu'elles influencent également les conversations thérapeutiques. Avant la pensée féministe, les manuels et l'enseignement de la thérapie étaient centrés sur l'homme, prenant l'expérience masculine comme norme pour juger la vie, et la nature genrée de ces hypothèses n'était pas remise en question.
Des pionnières de la thérapie familiale féministe comme Rachel Hare-Mustin, les membres du Women's Project de New York (Marianne Walters, Betty Carter, Peggy Papp et Olga Silverstein), ainsi que Monica McGoldrick et d'autres, ont commencé à introduire une analyse de genre dans l'investigation thérapeutique.
En Australie, le discours de Kerrie James, « Briser les chaînes du genre », a été un exemple précoce de cette tendance. Ces enquêtes féministes ont ouvert de nouvelles façons de comprendre la vie des gens et les relations familiales, créant ainsi de nouvelles possibilités dans la manière d'aborder les problèmes en thérapie.
L'une des contributions théoriques majeures du féminisme est la phrase « le personnel est politique ».
Ce principe représente un engagement à comprendre les expériences personnelles comme étant influencées par des relations de pouvoir plus larges. Ainsi, l'expérience d'une femme n'est pas uniquement la sienne ; elle est liée à l'expérience d'autres femmes et à une politique plus vaste.
L'article énumère une série de changements concrets dans la pratique thérapeutique qui découlent de cette conscience féministe :
Explorer le contexte plus large de la dépression d'une femme, y compris la pauvreté et les hypothèses sexistes.
Situer la responsabilité des actes de violence et d'abus chez l'auteur et dans les relations de pouvoir qui les favorisent, et non chez la victime.
Garantir aux femmes et aux enfants une chance égale de s'exprimer en thérapie.
L'instauration du signalement obligatoire des abus sur enfants.
Offrir aux femmes le choix de consulter un thérapeute homme ou femme et être transparent sur l'influence du genre lorsque ce choix n'est pas possible.
Vérifier systématiquement la possibilité d'abus lorsqu'on travaille avec des enfants pour des problèmes de comportement.
Garantir la confidentialité des propos d'une femme, notamment vis-à-vis de son partenaire.
Parler ouvertement de l'incidence de la violence domestique et des abus sur enfants dans la culture.
Être constamment vigilant face aux discours qui blâment les mères et les femmes, et trouver des moyens de les nommer et de déconstruire leur influence.
Être prudent dans l'utilisation de médicaments, en connaissant l'histoire de l'usage des tranquillisants en lien avec l'expérience des femmes.
L'engagement des professionnels à partager des aspects de leur expérience personnelle dans leurs écrits et présentations.
La détermination à nommer, questionner et prévenir les abus sexuels professionnels.
Une meilleure compréhension des difficultés sexuelles des femmes, en déconstruisant les descriptions pathologisantes (par exemple, « frigide ») et en considérant les questions de genre et de responsabilité dans la pratique sexuelle.
La disponibilité d'une vaste littérature féministe pour les thérapeutes et les personnes qui les consultent.
L'influence du féminisme sur la thérapie narrative est examinée sous deux angles : d'une part, la thérapie narrative s'est développée à une époque où le féminisme influençait déjà le monde de la thérapie, la rendant explicitement pro-féministe dès sa conception ; d'autre part, les praticiennes féministes de la narration continuent d'enrichir le domaine.
Historiquement, les idées féministes ont joué un rôle crucial en remettant en question les hypothèses de la thérapie familiale qui ignoraient les questions de genre et de pouvoir. Les théories structurelles, stratégiques et systémiques ont été critiquées pour leurs implications genrées.
Les thérapeutes féministes ont souligné que lorsque les différences de pouvoir au sein d'une famille étaient ignorées, la thérapie pouvait devenir complice du maintien du statu quo genré, en particulier dans les cas de violence perpétrée par les hommes.
Des questions comme « À quelle fin la violence sert-elle le système ? » ont été critiquées car elles masquaient les relations de pouvoir en jeu.
Parallèlement, les féministes ont insisté pour que les expériences des femmes soient définies par les femmes elles-mêmes, plutôt que par des "experts" qui étaient souvent des hommes.
Elles ont également remis en question la famille nucléaire comme étant une structure potentiellement dangereuse pour les femmes et les enfants.
C'est dans ce contexte historique de remise en question que la thérapie narrative s'est développée, façonnée de manière significative par ces idées féministes.
L'influence féministe n'est pas seulement historique ; elle est continue. L'article souligne que les praticiennes féministes du monde entier apportent des contributions diverses et étendues au développement de la pratique narrative. Bien qu'un examen exhaustif dépasse le cadre de ce document, une liste de domaines est fournie pour illustrer cette diversité :
Travail avec les survivantes d'agression sexuelle et d'abus sexuel.
Violence contre les femmes.
Lutte contre l'homophobie en thérapie.
Problèmes alimentaires et automutilation.
Expérience des femmes qui entendent des voix.
Textes personnels de thérapeutes et de survivantes partageant leurs savoirs.
Considérations sur le genre dans le travail de couple.
Questions de culture, d'éthique, de sexualité, de travail communautaire, de maladie et de maternité.
L'article reconnaît également que la pensée féministe a influencé le travail de nombreux hommes dans le domaine, en particulier sur les questions de violence.
Tout en reconnaissant que le féminisme nous met continuellement au défi de questionner notre pratique, les auteurs identifient plusieurs aspects de la pratique narrative qu'ils jugent conformes aux principes féministes. Ils précisent que leur intention n'est pas de suggérer que la thérapie narrative est la seule forme de thérapie féministe, mais plutôt de clarifier comment leur travail est informé par leurs valeurs féministes.
Externaliser les problèmes - la personne n'est pas le problème
Une contribution clé de la thérapie narrative est la détermination à ne pas localiser les problèmes à l'intérieur des personnes, mais plutôt à les externaliser et à comprendre que la manière dont ils sont construits et vécus est liée à des questions de culture et d'histoire. Les conversations d'externalisation permettent d'identifier les moments où une personne a résisté à l'influence du problème (les "résultats uniques") qui peuvent être tissés dans des scénarios alternatifs. Cette orientation est jugée conforme aux principes féministes.
Exemple clinique d'Anne (par Jussey Verco) :
Contexte : Anne consulte avec une longue histoire d'anorexie nerveuse qui a complètement façonné sa compréhension d'elle-même. Elle en est venue à se croire "psychiatriquement déséquilibrée".
Interaction : La thérapeute s'est intéressée au rôle que l'Anorexie avait joué dans la vie d'Anne. Leurs discussions sur le pouvoir ont révélé qu'Anne avait eu très peu d'occasions de sentir qu'elle avait son mot à dire dans sa vie. Elle avait été abusée sexuellement dans son enfance, puis abusée physiquement et psychologiquement par son mari pendant de nombreuses années. Après avoir quitté cette relation, l'Anorexie a pris le relais et a continué à dicter la direction de sa vie.
Résultat : En considérant l'Anorexie comme quelque chose de séparé d'elle, Anne a pu voir comment celle-ci avait pu prendre une telle emprise. Elles ont exploré ensemble comment le contexte de sa vie (l'abus, l'intervention du système psychiatrique) l'avait rendue vulnérable à l'Anorexie. Cela a permis de déconstruire les relations de pouvoir et de situer les croyances négatives sur elle-même dans le contexte qui les avait construites, plutôt que de les voir comme la totalité de sa personne. Cette posture d'externalisation a permis à Anne de commencer à remarquer les moments où elle avait réussi à reprendre sa vie de l'influence de l'Anorexie, à maintenir sa santé et à rester en contact avec ses amis et sa famille. Son récit identitaire est passé de "folle" à une histoire de survie : "Ce n'est pas que je suis folle, mais j'ai vécu des temps qui rendent fou".
Cette pratique d'externalisation, en situant le problème dans un contexte historique et culturel, correspond au principe féministe de lier les expériences personnelles à des histoires et des pratiques sociales plus larges. Elle rend plus probable la prise en compte des questions de genre, de classe, de race et de sexualité dans les conversations thérapeutiques.
Raconter des histoires - chercher et co-construire des histoires alternatives
La thérapie narrative se concentre sur "l'histoire" et sur les effets de la narration. Cela correspond à l'engagement féministe de longue date de permettre aux femmes de raconter les histoires de leur vie à des audiences de soutien afin d'en tirer un nouveau sens et de transformer leur expérience. Les groupes de libération des femmes des années 1960 et 1970 mettaient l'accent sur le partage et l'analyse des histoires de vie des femmes pour créer des interprétations centrées sur les femmes.
Exemple clinique de Natalie :
Contexte : Natalie, 18 ans, consulte car elle craint d'avoir besoin d'être "internée". Sa famille et ses amis s'inquiètent de sa santé mentale en raison de ses choix "différents" : elle porte ses pyjamas à l'école, étudie la mécanique automobile et a récemment décidé de devenir l'aide-soignante principale de sa grand-tante âgée. Un conseiller scolaire avait même suggéré un diagnostic possible de trouble de la personnalité borderline.
Interaction et Résultat : Au lieu de suivre l'intrigue dominante de l'"instabilité mentale", les conversations ont exploré une histoire alternative, celle d'un "engagement pour l'équité". Chaque action "différente" de Natalie a été recadrée à travers cette lentille : elle pensait qu'il était injuste de manger des animaux, que les filles soient censées s'habiller différemment des garçons, et que sa tante âgée soit placée en maison de retraite alors qu'elle n'avait besoin que d'un peu de compagnie. Cette histoire alternative a été "épaissie" en interrogeant les membres de sa famille, qui se sont souvenus d'autres moments où Natalie avait défendu ses sœurs et ses amis. Cette histoire l'a également reliée à sa grand-tante, une femme qui avait elle-même vécu une vie non conventionnelle.
Cette co-création d'un récit alternatif est jugée conforme aux principes féministes de valorisation des histoires des femmes et de leurs propres interprétations.
Déconstruire les discours dominants
Le féminisme s'est toujours intéressé à la manière dont les relations de pouvoir influencent nos vies. En pratique narrative, une façon de déconstruire les histoires dominantes et inutiles est de questionner les discours qui les soutiennent, ce qui peut aider les femmes à cesser d'internaliser les significations et les hypothèses sexistes.
Exemple clinique de l'interview du "Blâme Maternel" (Mother-blame) :
Contexte : Dans le cadre de groupes avec des mères ayant vécu la violence, les animatrices personnifient et jouent le rôle du "Blâme Maternel" comme un "invité spécial". Le groupe interviewe ensuite ce personnage comme s'il s'agissait de journalistes d'investigation.
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) : Le groupe pose des questions conçues pour démasquer les intentions et les tactiques du Blâme Maternel, ainsi que pour explorer les pratiques qui peuvent saper son fonctionnement.
Questions pour démasquer le discours :
« Que cherchez-vous à accomplir dans la vie des femmes ? »
« Quelles sont certaines des idées et croyances présentes dans notre culture qui soutiennent votre travail ? »
« Que tentez-vous de faire croire aux femmes sur elles-mêmes ? »
« Qui sont vos amis et alliés ? »
« Quels effets avez-vous sur les relations des femmes avec leurs enfants ? »
« Quelles sont vos ruses ou tactiques préférées ? »
Questions pour explorer la résistance :
« Que peuvent faire les femmes pour vous empêcher d'entrer dans leur vie ? »
« Quel genre de choses pourrait motiver les femmes à se libérer de vos griffes ? »
« Quels types de lieux sont les plus difficiles pour vous ? »
« Quels types d'idées les femmes pourraient-elles avoir qui vous exaspèrent vraiment ? »
« Qu'est-ce que ça fait de parler de soi de cette manière ? Est-ce inquiétant de savoir que les femmes commencent à vous démasquer ? »
But stratégique : Le premier groupe de questions vise à rendre explicites et visibles les intentions, les alliances et les effets négatifs du discours. Le second groupe de questions vise à susciter les connaissances propres du groupe sur la résistance, les positionnant comme des agents puissants capables de saper le discours.
Résultat : Grâce à ces conversations, il devient rapidement évident pour les femmes du groupe qu'elles ne sont pas les seules à avoir été influencées par ce discours. Elles peuvent voir le Blâme Maternel pour ce qu'il est : un ensemble d'idées et de croyances néfastes.
Créer des opportunités pour que les valeurs chéries soient plus richement décrites
Un élément clé de la pratique narrative consiste à poser des questions qui suscitent les valeurs et les croyances selon lesquelles les gens cherchent à vivre. Ce processus vise à générer une description plus riche de ces valeurs et à les inscrire dans des scénarios (en traçant leur histoire et en spéculant sur la manière dont elles pourraient façonner les actions futures).
Exemple clinique de Jackie et Franco : Un couple hétérosexuel, Jackie et Franco, consulte pour des problèmes relationnels. Franco pense que la relation doit prendre fin en raison de différences "irréconciliables", tandis que Jackie espère que la thérapie pourra les aider à "régler leurs problèmes de communication". L'exploration de ces termes révèle que pour Franco, l'intimité est synonyme d'intimité physique et la bonne communication est directe, alors que pour Jackie, l'intimité signifie une proximité émotionnelle et la communication implique la compréhension. Cette conversation a permis à Jackie de prendre du recul par rapport aux définitions de Franco et de réfléchir plus pleinement à ce que les relations signifiaient pour elle. Elle a décrit la relation qu'elle chérissait comme "un espace pour respirer, où les deux pourraient grandir", ce qui nécessite une "confiance particulière". En écoutant Jackie, Franco a dit qu'il n'avait jamais entendu ces histoires auparavant et qu'elles le faisaient réfléchir aux amitiés et relations qui avaient le plus compté pour lui.
Pratiques de communauté - relier la vie des femmes
En tant que féministes engagées dans la pratique narrative, les auteurs s'intéressent particulièrement aux méthodes de travail qui relient la vie des femmes autour de thèmes communs. Celles-ci incluent l'utilisation de groupes de témoins extérieurs, les pratiques de "re-membrage", les campagnes de lettres, le développement de ligues, et l'animation de rassemblements.
Exemple clinique de Linda : Linda consulte en se sentant comme une "mauvaise personne" et en ayant récemment quitté une relation de trois ans marquée par l'ivresse, la violence et les abus. La conversation thérapeutique a exploré sa décision de partir, ce qu'elle représentait pour elle et les valeurs qu'elle incarnait. Linda a déclaré que cette décision représentait la recherche d'une "vie de respect" pour elle-même et ses enfants. Pour contrer le récit de la "mauvaise personne", la thérapeute a posé des questions sur l'histoire du respect dans la vie de Linda. Cela a conduit Linda à se souvenir d'une amie d'école, Imelda, avec qui elle avait partagé un respect mutuel. Une conversation de "re-membrage" a suivi, où Linda a réfléchi à ce qu'Imelda dirait de ses décisions actuelles. Finalement, Imelda a été contactée et a participé à des séances ultérieures en tant que témoin extérieur, et les deux amies ont commencé à reconstruire leur amitié.
Identité multi-facettes (multi-storied)
Les idées narratives sont éclairées par une compréhension poststructuraliste de l'identité, en particulier l'idée que nos identités sont multi-facettes ou "multi-récits".
Témoignage de Ginny Slattery : Une thérapeute, Ginny Slattery, décrit comment les idées poststructuralistes ont élargi les possibilités de son travail avec de jeunes hommes ayant commis des agressions sexuelles. Au lieu de voir leur comportement comme le résultat d'une "pulsion déviante" interne, elle explore comment des attitudes patriarcales de la culture au sens large ont façonné leur masculinité. L'idée que l'identité est construite et non figée lui permet d'explorer avec eux les moments où ils ont agi différemment de ces stéréotypes négatifs (résultats uniques), ouvrant ainsi la possibilité de générer des "masculinités alternatives".
Reconnaître la nature politique du travail thérapeutique
Les praticiens narratifs cherchent à reconnaître la nature politique du travail thérapeutique et la position de pouvoir du thérapeute. Toute thérapie est "politique" car elle aborde des problèmes créés au sein de relations de pouvoir et de la politique de la culture locale. Cela implique une responsabilité pour les thérapeutes de prendre conscience de la manière dont leurs propres expériences des relations de pouvoir façonnent leur pratique. La transparence sur les valeurs et les croyances est un moyen de réduire le risque d'adopter une position d'expert. Les pratiques de responsabilité, telles que la recherche constante de retours d'information de la part des clients, sont également cruciales.
L'article souligne que le féminisme offre un défi continuel et que les praticiens sont confrontés à une série de dilemmes, souvent insolubles, qui les encouragent à questionner leur pratique.
La thérapie peut-elle être compatible avec les principes féministes ? Des penseuses comme Celia Kitzinger et Rachel Perkins ont soutenu que la thérapie est intrinsèquement un processus d'individualisation et de psychologisation de l'expérience des femmes, qui sont en réalité des questions d'inégalité politique.
Comment reconnaître les relations de pouvoir sans imposer ses croyances ? Comment les thérapeutes peuvent-ils intégrer la politique de l'expérience dans la salle de thérapie sans monter sur leur "tribune" ?
La thérapie est-elle la réponse appropriée ? L'action sociale collective ne serait-elle pas plus appropriée ?
Faire face à notre privilège professionnel : Les thérapeutes se demandent si les fonds qui paient leurs salaires ne seraient pas mieux dépensés autrement et s'ils consacrent suffisamment de temps à aider ceux qui ont peu accès au savoir professionnel.
Le défi transgenre : Les activistes de la libération transgenre ont puissamment remis en question ce que signifie être une femme ou un homme, ce qui perturbe et revigore la pensée féministe.
Le défi de la culture et de la race : Le féminisme occidental a été vivement critiqué par les femmes de couleur pour son incapacité à reconnaître les différences entre les femmes et ses propres préjugés culturels. L'article inclut les perspectives de Vanessa Jackson, une féministe/thérapeute/travailleuse communautaire afro-américaine, et de Shona Russell, une thérapeute féministe blanche australienne, pour explorer ces questions.
L'article conclut en énumérant une série de dilemmes quotidiens identifiés par les thérapeutes consultés :
Le genre dans la salle de thérapie : La difficulté persistante de s'assurer que les femmes ont une chance égale de s'exprimer dans les thérapies de couple hétérosexuelles.
Questions d'autorité : La difficulté pour les femmes d'exercer leur autorité dans le milieu de travail sans recourir aux modes hiérarchiques qu'elles souhaitent éviter.
Le féminisme n'est pas que pour les femmes : La difficulté de transmettre que le féminisme cherche à transformer le monde au profit des femmes et des hommes.
Transparence politique : Le dilemme de savoir s'il faut annoncer ouvertement un service comme étant "féministe", au risque de décourager certaines femmes.
Hostilité au féminisme : La difficulté de travailler dans des environnements où le personnel est hostile au féminisme, ce qui rend difficile l'exploration des complexités des relations.
Chagrin : Gérer le chagrin considérable que suscite le travail avec des femmes ayant subi des abus et des violences.
Autres dilemmes : L'article mentionne également la confrontation avec l'histoire coloniale en Australie, la réponse à la violence des femmes, le risque de pacifier la colère des femmes, la réponse à la violence dans les communautés indigènes, la personnification genrée des problèmes, la domination hétérosexuelle, la pathologisation de la rage des jeunes femmes, et la manière de rester fidèle aux principes féministes dans des environnements non féministes.
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