Vous aimeriez débuter un travail thérapeutique avec un praticien et une thérapie narrative ?
Cette page est pour vous !
Elle explique simplement ce qu’est l'approche narrative.
L’approche narrative est une approche thérapeutique développée dans les années 1980 par Michael White et David Epston, respectivement en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Cette approche est bien plus qu’une simple technique psychothérapeutique: elle est aussi une manière éthique, politique, sociale de concevoir l’humain.
L’approche narrative honore le pouvoir et la puissance des histoires (que l’on se raconte) dans votre vie et elle met en évidence la façon dont ces histoires nous aident à donner sens à notre vie, à nos relations et à notre monde.
Dans l’approche narrative, les praticiens narratifs pensent que les personnes viennent consulter parce qu’ils sont sous l’emprise, le pouvoir, d’un discours, d’une histoire dominante, bref d’un récit qui s'impose à eux et qui interprète, colore et déforme toute leur expérience de vie. Ce récit, cette histoire crée une réalité de problèmes qui nous fait croire fermement que nous sommes forcément le problème de cette histoire qui nous domine.
Pour illustrer cela, prenons quelques exemples.
Imaginons que vous puissiez vous reconnaître dans quelques-unes de ces phrases:
“J’ai peur de tout. Le moindre changement imprévu m’angoisse. Je suis une personne anxieuse. J’ai toujours été anxieuse depuis toute petite de toute façon pourquoi je serai différente maintenant. Je ne sais pas vivre sans anxiété”.
“ Je suis nul. Je ne vaux rien. je rate tout”
“Je suis timide. je ne sais pas parler…
“Je ne suis pas comme il faut…Si j’étais différent, les choses seraient moins difficiles”
“Je ne sais pas ce que je veux. Je doute. Je n’arrive pas à faire des choix”
“ Je ne me reconnais pas dans cette société. Je suis différent des autres”.
“Je suis dépressif. Le docteur me l’a dit. Comment être quelqu’un d'autre…"
“Je suis me met en colère. Je suis colérique. Je ne peux pas changer”.
“Je n’arrive pas à vivre. À gérer mes émotions…”
Face à ces discours, face à ces histoires, malgré les différentes significations données à ces récits, nous pouvons nous reconnaître dans certains de ces récits. Imaginez que vous adhériez à une de ces histoires. Vous allez alors chercher, dans votre expérience de vie, “des preuves” qui confirment, sans aucun doute, l’histoire que vous vous racontez.
Cela pourrait être si nous reprenons nos exemples:
-“ J’ai peur de tout. Le moindre changement m’angoisse. Hier, par exemple, j’ai raté ma correspondance de bus, je ne faisais pas attention. Je regardais mon téléphone. Je ne voulais pas rester comme cela debout, à attendre. Il y avait du monde. Tout le monde me regardait. Je ne voulais pas qu’ils voient que j’étais anxieuse. J’ai bien vu qu’il m’ont trouvé bizarre. J’étais la seule avec mon téléphone à regarder des vidéos drôles de bêtisier de chien et de chats. Le bus est passé devant moi. Je ne me suis pas fait remarquer en courant après le bus. Je ne pouvais pas. Je suis resté là. À attendre."
- “Je suis nul. Je ne vaux rien. je rate tout. En plus, je n'arrête pas de faire tomber des objets. Dès que je touche quelque chose, je le casse. Je ne fais pas que cela. Il n’y avait que cela. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à me faire des amis ou garder un emploi stable, je ne parle même pas de ma vie amoureuse ou je me n’arrive pas à garder une amie. J’ai l'impression que personne ne peut m’aimer. Je dois vraiment n’avoir aucune qualité pour vivre cela...Mon père ne m'a jamais aimé. Il était sévère avec moi. Il ne me parlait pas. C’est à peine s’il me regardait.” Etc.
Dans ces récits, nous trouvons donc des “preuves” qui confirment l’histoire que nous avons créée. Nous avons, alors, tendance à sélectionner des événements, des récits, des expériences de vie qui confirment l’histoire dominante, éliminant au passage, toute forme d'expérience de vie qui rendrait invraisemblable la cohérence du récit de cette histoire.
Mais la vie est toujours plus qu'une histoire !
La vie ne se réduit pas à cette histoire unique que l’on se raconte ! (même si nous retenons, en première intention, que les événements de vie qui confirment cette histoire dominante).
Michael White et David Epson se sont alors concentrés sur la manière dont nous pouvons résoudre cette histoire à problème, notre problème au point de croire que nous sommes le problème principal de cette histoire.
Ils se sont particulièrement intéressés à la manière dont les personnes, dans leur récit, pouvaient résister, s’insurger voire se révolter contre le pouvoir dominant de cette histoire unique. Ils ont remarqué qu’il existe toujours dans les récits, dans les histoires, des valeurs et des intentions, des savoirs et des connaissances qui échappent au pouvoir de l’influence de l’histoire à problème.
Il existe toujours, ce que Michael White et David Epston appellent des "pépites étincelantes” dans le récit qui sont autant de “moments uniques” où la personne a échappé au pouvoir de l’influence de l’histoire dominante.
Ce sont des points d’ancrage, des portes d’entrée, des filons à exploiter pour accompagner les personnes à tisser de nouvelles histoires et pour développer de nouveaux récits plus proches de leurs valeurs, de leurs aspirations, de leurs intentions.
Cette vidéo ( en anglais) donne une meilleure idée dont l’approche narrative peut vous aider à tisser et développer une histoire au plus près de vos intentions, valeurs, aspirations et rêves.
Il y a plusieurs idées principales qui rendent cette approche narrative unique, les principales à retenir si vous souhaitez vous lancer dans un voyage narratif sont les suivantes Les histoires nous aident à donner sens à notre vie Nous sommes toujours experts de nos vies Vous n'êtes pas le problème
Avant même notre naissance et dès le plus jeune âge, nous sommes inscrits dans un bain de langage. Nous baignons dans un bain d’histoires qu’on nous raconte, sur nous-mêmes ou sur les autres. Nous sommes habillés d’histoires, de fables, de mythes familiaux ou culturels qui participent à la construction de notre identité. Un certain nombre d’histoires, de récits racontés de génération en génération fixent même parfois, culturellement, sociétalement, des règles implicites. Elle imposent des normes, des conventions sociales ou culturelles. Il suffit de penser simplement en occident à la ségrégation qu’impose en termes d’habillage, les vêtements ou les couleurs de certains vêtements. “Les filles s'habillent en rose”, “ les garçons, généralement en bleu”. “un homme cela ne doit pas pleurer”. “Il doit être fort”. Chacun de ces discours caricaturaux n’a de fondement objectif ou biologique. Ils sont souvent source de ségrégation et de stigmatisation.
On ne cesse pas donc de nous raconter des histoires et nous baignons dans un monde structuré par des récits, des histoires qu’on nous raconte. Nous-mêmes, nous créons des histoires, nous prenons place dans le monde humain dans et à travers des histoires que nous nous racontons sur le monde qui nous entoure. Ces histoires nous aident à nous comprendre, à comprendre les autres et la société.
Certaines de ces histoires nous sont utiles: pensez, par exemple, la fois où vous avez aidé une personne âgée à porter sa valise pour monter dans le train ou encore au plaisir que vous avez eu à partager avec votre groupe d’amis un bon repas, vous vous souvenez de ce jour où vous avez fait la fête avec eux et que vous avez retrouvé, avec vos vieilles connaissances tout le plaisir de votre jeunesse….Peu importe le souvenir ou l’histoire de ce souvenir, à cause de cette histoire agréable, préférée, vous vous considérez comme une personne utile dans le cas de l’aide apportée à la personne âgée ou comme un bon copain, un bon vivant avec vos amis. Bref, cela renforce votre estime de soi et cela vous aide à vous sentir bien dans votre peau et dans la façon dont vous êtes au monde.
Vous l’aurez déjà compris, d’autres histoires nous sont nuisibles. Elles peuvent être véhiculées par l’entourage ou les traditions familiales ou culturelles, mais le plus souvent nous nous les approprions voire nous nous les construisons ces histoires nuisibles.
Pensez à cet échec, par exemple, à un de vos examens. Vous vous étiez préparés mais vous n’avez pas pu démontrer vos connaissances lors de l’examen. Vous pourriez penser que vous êtes nul, que vous n’avez pas le niveau. Il suffit pour finir de s’en convaincre que vous pensiez à la raillerie d’un de vos camarades et l’histoire est clôturée: vous êtes un bon à rien ! Vous vous imaginez que c’est sans doute le stress: oui !c’est forcément le stress, vous ne gérez pas comme il faut vos émotions. Vous vous dites forcément que vous manquez de confiance en vous, c’est sur! Pour peu que vous pensiez associer cette histoire à une autre histoire, celle de vos premières difficultés à parler en public, à vous exprimer ou aux premières déconvenues en termes de séduction, l’histoire que vous vous racontez sur vous même se valide d'elle-même !
La plupart des histoires que l’on se raconte sont un mélange des deux.
Lorsque l’on se concentre sur une seule histoire, elle devient alors dominante et elle tend,à notre insu, à recruter un public et des "preuves" pour légitimer son existence.
Quitte à délirer un peu, les histoires que l’on se raconte, les récits, sont de véritables êtres vivants, de vrais parasites vivants, des récits parasites qui s’invitent comme cela, dans notre vie, sans y être invité. Les récits s'invitent à la table de notre vie simplement parce que nous avons besoin d'eux, de nous raconter des histoires pour comprendre le monde.
Ces histoires dominantes à problèmes, les récits néfastes que l’on se raconte s'incrustent dans notre vie. Ils prennent beaucoup de place parce qu'ils grandissent vite, parfois trop vite lorsque les histoires à problèmes se nourrissent des récits normatifs véhiculés par les discours culturels de la société. Ce sont finalement touts les enjeux de pouvoir, de normalisation et de ségrégation de la société qui façonnent et entretien l'histoire à problème.
C’est peut-être difficile à comprendre, mais pour vous y aider je vous invite à regarder ces deux vidéos :
La première vidéo de l'Organisation mondiale de la santé illustre comment “La dépression”, la dépression comme récit, comme histoire, comme une entité narrative vivante vient progressivement s’incruster dans la vie d'une personne: elle modifie alors le discours et la réalité que la personne se raconte. Elle modifie radicalement ce que la personne voit, ce qu’elle ressent même ce qu'elle pourrait penser d'elle-même. Bien que la vidéo soit utilisée dans un autre contexte informatif, elle illustre parfaitement ce qui se passe lorsqu'une histoire unique devient dominante.
La seconde vidéo, il s’agit d’une vidéo de Barack Obama. Du fait de sa place et de sa fonction, Barack Obama est prisonnier d’un rôle, d’une fonction, d’une identité. Ce qu'il veut dire de sa vrai expérience de vie, il ne peut le dire ouvertement. Voyons comment il s'en sort....
Rappelons le contexte: c’est le discours annuel du président des Etats Unis d’Amérique au dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche en 2015. C’est un moment politique important. Pour exprimer le fond de ses ressentis, Barack Obama qui est dans son 2ème mandat, ne peut pas se représenter et il décide de se faire accompagner par un traducteur qui va jouer et exprimer son ressenti et sa colère.
Cette vidéo peut illustrer la dissociation entre une histoire dominante unique (le discours policé et normatif officiel du président) et l’histoire alternative ( les intentions, les valeurs, les aspirations réelles de Barak Obama). C’est aussi une métaphore de ce que peut être une conversation narrative, permettre, ici par exemple, à l’histoire sur la colère de trouver sa juste place dans la vie de la personne.
Vous recherchez peut-être une thérapie parce que vous êtes prisonnier d'un récit, d'une histoire qui a pris les devants dans votre vie.
Cette histoire dominante a grandi. Elle s'est développée. Elle a gagné en force et en intensité au point de consumer et d’atrophier votre vision du monde et de la vie.
Aujourd'hui, vous ne savez peut-être plus ce que vous devez faire ?
Colère, Tristesse, Anxiété, Dépression, Doute, Désarroi, Injonctions, Voix, Persécution, Dévalorisation, Manque d'estime de soi, Problèmes de communication au travail, dans le couple, etc. autant de maux qui viennent s'ajouter aux mots de votre histoire dominante.
Ces histoires, ces mots, ces récits sont devenus si importants que ces discours orientent votre vie. Ils prennent des décisions à votre place, parlent de vous à votre place !
MAIS SACHEZ que vous n'êtes pas QUE cette histoire dominante !
Vous pouvez redevenir l'auteur, l'écrivain de vos propres histoires.
Ne laissez pas les histoires dominantes guider votre vie !
Vous pouvez écrire des chapitres supplémentaires, lier différemment les événements de vie, rajouter des notes de bas de page ou écrire un autre épilogue de votre récit de vie.
Il est toujours possible de réécrire son histoire ! Elle n'est jamais figée par et dans une lecture unique.
Écrire une nouvelle histoire avec l'approche narrative va vous aider à comprendre votre vie d'une nouvelle manière. Sortir, par exemple, de l'influence de l'Histoire unique à problème à laquelle vous croyez pour retrouver un pouvoir d'agir sur les récits qui vous dominaient jusqu'alors. N'oubliez pas.....
L'expert, c'est vous ! Oui, VOUS, pas votre Psy !
Personne d'autre ne sait mieux que vus à quoi ressemble votre vie !
Vous avez des capacités et des compétences que vous ne voyez plus parce que l'histoire dominante à problème vous a rendu aveugle et sourd.
L'approche narrative honore la sagesse, la perspicacité et les actions que vous abordez dans les conversations narratives. C'est une approche qui honore l'expertise, le vécu et l'expérience des personnes. Certes votre thérapeute a une formation. Il a une expérience et les connaissance nécessaires pour vous aider à créer le changement, mais l'expert, au final, c'est vous !
L'approche narrative est une pratique collaborative et engagée.
Collaborative parce c'est un partage égalitaire de savoir, de connaissance et d'expériences, engagée parce le praticien est là pour vous accompagner à prendre conscience des différents chapitres de votre histoire et la manière dont certains récits, histoires, discours ont pu troubler le lien que vous avez avec vos forces, vos compétences, vos intentions, vos valeurs, vos actions, vos rêves et aspirations.
Le praticien narratif ne sait pas à l'avance quelle est l'histoire que vous devez écrire. Il ne vous diagnostiquera pas ! Il ne vous dira pas ce que vous devez faire précisément pour traiter telle ou telle histoire, mais il collaborera avec vous à l'écriture du scénario de votre vie.
" Je suis anxieux",
"Je suis timide. Je ne peux pas parler en public. Je rougis"
"Je suis nul de toute façon. Je n'arrive pas à bien faire les choses"
" Je suis un échec pour moi et ma famille. Je ne fais rien de bien. Pourquoi vivre ?"
Vous avez sans aucun doute déjà entendu des personnes prononcer de telles phrases.
Vous les avez peut-être pensés vous même.
De telles déclarations font de VOUS le problème ! Elles vous identifient au Problème. Vous avez intériorisé ces récits au point de ne plus faire la différence entre vous, votre identité, qui vous êtes réellement et le Problème !
L'approche narrative nous demande de faire une "pause" sur cette façon de penser.
L'approche narrative vous invite à renégocier le lien que vous avez avec VOTRE PROBLÈME pour découvrir, expérimenter, vivre le fait que LE PROBLEME, C'EST LE PROBLÈME ! VOUS N'ÊTES PAS LE PROBLÈME !
" Vous n’êtes pas anxieux", l'anxiété vous fait perdre le sommeil et elle vous donne le sentiment d'être dépassé par les événements.
-"Je suis timide. je ne peux pas parler en public. Je rougis". La timidité vous pousse à douter de vous-même. Elle vous prend votre parole. Vous baillonne."
" Je suis un échec pour moi et ma famille. Je ne fais rien de bien. Pourquoi vivre ?". L'échec s'est introduit dans votre vie et vous pousse à penser que vous ne faites rien. Comment la honte de l'échec s'y prend pour vous convaincre ?
Dans ces formulations, distinguer LE PROBLÈME de VOTRE PERSONNE est quelque chose de subtil, mais de FONDAMENTAL en pratiques narratives. Cela s'appelle "Extérioriser le problème".
Lorsque le problème est en dehors de VOUS, VOUS aurez un pouvoir d'agir sur lui !
Vous aurez la potentialité de le considérer pour ce qu'il est: un problème différent de vous. Il est différent de vous et il a une identité propre, des intentions et une modalité de fonctionnement différente de VOUS.
Lorsque le problème est en dehors de vous, vous êtes capable de considérer tel quel d'agir en conséquence et de créer le changement. La vidéo précédente de l'Organisation mondiale de la santé peut aussi être vue comme une métaphore de l'extériorisation de la dépression pour aider à interagir avec la dépression et renégocier les liens que vous entretenez avec elle d'une autre manière.
Quand une personne, un couple, une famille, une équipe découvrent l'extériorisation du problème et qu'ils comprennent que le problème n'est pas telle ou telle personne de l'entourage ou que le problème n'est pas lié à une personnalité, une mauvaise gestion du stress ou des émotions, et. , ce changement de mentalité, cette nouvelle lecture, cette nouvelle écriture de l'histoire permet de trouver des ressources ensemble, en équipe, pour renégocier les liens avec le problème.
Je me suis appuyé sur la publication de AUTHOR: CHERIISHCOUNSELING de https://cheriishcounseling.com/2019/10/15/what-is-narrative-therapy/ comme trame de cette page Web.