Fiche de lecture réalisée à partir de mes notes personnelles et mise en forme avec gémini AI.
Texte non publié en français. Traduction DeepL
Juin 2025
Partie 2 : Synthèse Analytique Exhaustive (Cœur de la Mission)
Conversations internalisées continues
Compréhensions de la thérapie narrative et le « Contre-interrogatoire » (Counterviewing)
1. Auto-surveillance/Audience (Self-surveillance/audience)
2. Illégitimité (Illegitimacy)
3. Peur Croissante (Escalating Fear)
4. Imagination Négative/Comparaison Désobligeante (Negative imagination/invidious comparison)
5. Chamailleries Internalisées (Internalised bickering)
8. Culpabilité Paralysante (Paralysing guilt)
PS : Une brève histoire de longue connexion
Les questions fondamentales qui animent l'enquête de Stephen Madigan tout au long de l'article sont les suivantes :
Comment les problèmes personnels persistants sont-ils maintenus par des "habitudes de langage préjudiciables" spécifiques, qui sont en réalité des dialogues culturels internalisés ?
Comment un thérapeute peut-il aider une personne à localiser les origines de ces conversations internes privées dans des discours publics, historiques et institutionnels (psychologiques, religieux, de genre, etc.) afin de dépathologiser son expérience ?
Quel type de questionnement thérapeutique — un "contre-interrogatoire" (counterviewing) — est nécessaire pour déconstruire activement ces habitudes et reconnecter les individus avec des récits de soi alternatifs et préférés ?
De quelle manière un thérapeute peut-il adopter une position explicitement non neutre pour résister aux descriptions du problème et collaborer avec le client à la création de nouvelles possibilités ?
L'article identifie et analyse huit « habitudes de langage préjudiciables » et internalisées qui contribuent à l'existence et au maintien des problèmes dans la vie des gens.
Ces habitudes de langage — telles que la perfection, la culpabilité paralysante ou la peur croissante — ne sont pas considérées comme des défauts individuels, mais comme des dialogues culturels appris et soutenus par des normes sociales dominantes.
La pratique thérapeutique proposée, appelée « contre-interrogatoire » (counterviewing), vise à déconstruire et à déstabiliser activement ces habitudes discursives.
Le processus de déconstruction implique de localiser l'origine historique et culturelle de ces habitudes (par exemple, dans la religion, l'éducation, les idées psychologiques populaires) afin de les séparer de l'identité de la personne.
Pour chacune des huit habitudes, l'article fournit une description de ses tactiques et une liste détaillée de questions de « contre-interrogatoire » conçues pour exposer ses exagérations, sa logique fallacieuse et ses effets néfastes.
L'habitude de l'« auto-surveillance/audience » est décrite comme un processus fondamental où le problème recrute une audience imaginaire négative pour surveiller et juger constamment la personne.
Le concept d'« illégitimité » est exploré comme une habitude qui amène les personnes à se sentir comme des « réfugiés dans leur propre vie », déconnectées et indignes, en les mesurant à des normes culturelles de légitimité et de normalité.
La déstabilisation de ces habitudes vise à créer un espace pour la « re-mémoration » (re-remembering) d'aspects de la vie de la personne qui existent en dehors des descriptions du problème.
L'objectif final est de revitaliser un sentiment de possibilité et de reconnecter les personnes avec leur « communauté de soutien » (community of concern) — ceux qui détiennent des histoires d'appréciation et d'espoir à leur sujet.
Le thérapeute adopte une position active et non neutre, en se tenant aux côtés de la personne pour résister aux descriptions pathologisantes que les discours professionnels et le problème lui-même imposent.
Introduction
Stephen Madigan (2003) commence son article par une citation de la philosophe Judith Butler sur la nature des « actes de langage préjudiciables » (injurious speech acts), qui peuvent à la fois paralyser celui qu'ils visent et produire des réponses inattendues.
Madigan invite le lecteur à une expérience de pensée : fermer les yeux et écouter une conversation internalisée de culpabilité, de perfection ou de peur croissante. Il note que ce dialogue interne est souvent convaincant, envahissant, et qu'il est présent en nous depuis très longtemps.
L'article se propose d'explorer une série de questions fondamentales sur ce phénomène : D'où vient ce discours terrible ? Qu'est-ce qui lui donne tant d'influence ? Pourquoi tant de personnes font-elles l'expérience de conversations internes négatives similaires ? Et comment ce discours interne soutient-il des problèmes comme la dépression, l'anorexie ou la violence ?.
Madigan situe son questionnement à l'intersection de son expérience personnelle et pratique, d'une perspective poststructuraliste sur le discours et le pouvoir, et d'une lecture attentive des trois modes d'objectivation de Foucault. Il précise qu'il ne traite pas le contenu de ce langage préjudiciable comme un phénomène isolé propre à l'individu, mais qu'il le situe et l'examine « au sein des normes culturelles qui le soutiennent, le maintiennent et lui permettent d'exister ». Le langage préjudiciable n'est jamais un texte original ou authentique.
Madigan choisit de se concentrer sur huit habitudes de langage préjudiciables spécifiques :
l'auto-surveillance/audience,
l'illégitimité, la peur croissante,
l'imagination négative/comparaison désobligeante,
les chamailleries internalisées,
le désespoir, la perfection et
la culpabilité paralysante.
L'article vise à illustrer comment ces conversations problématiques sont créées et maintenues, et comment elles deviennent des habitudes. Il propose également une discussion complète sur la pratique de déconstruction et de déstabilisation de ces habitudes discursives.
Conversations internalisées continues
Madigan explique que nous apprenons les codes de notre culture par imitation, en copiant ce que nous voyons et entendons.
Notre manière de parler et de voir le monde se façonne à travers une sorte de « 'Karaoké' internalisé et fragmenté de l'autre ». Nous participons à un rituel de conversations internalisées continues avec nous-mêmes (et des autres imaginaires) pour nous mesurer au monde extérieur et déterminer si nous sommes « normaux ».
Madigan illustre ce phénomène par la description d'une conversation mentale au saut du lit : en quelques minutes, nous examinons notre corps, notre compte en banque, nous nous comparons à des étrangers, nous revivons des souvenirs, et nous nous sentons coupables de choses passées.
Il complexifie ensuite l'exemple en y ajoutant l'habitude de la « culpabilité paralysante ».
L'examen du corps devient alors une cascade d'auto-accusations : « Mon Dieu, je devrais faire du sport, pourquoi ai-je arrêté ? [...] Je suis la personne la plus paresseuse que je connaisse. [...] ».
Cette conversation est ensuite imaginée avec la participation combinée de la culpabilité, de l'imagination négative, de la perfection et de la peur croissante, montrant comment ces habitudes peuvent détourner une pensée et la transformer en une vision déficitaire et totalisante de soi-même, qui peut ensuite s'étendre à d'autres contextes de vie (partenaire, parent, etc.). Madigan critique la vision psychologique dominante qui tend à coller le problème à la personne, à privatiser les problèmes en les localisant à l'intérieur du corps ou du psychisme des gens.
Compréhensions de la thérapie narrative et le « Contre-interrogatoire » (Counterviewing)
Madigan rappelle que l'un des aspects centraux de la thérapie narrative est de faire émerger des « soi alternatifs » re-mémorisés qui existent en dehors du domaine de l'identité problématique. Sa pratique vise à déconstruire, re-mémoriser et « re-membrer » (re-membering) ces soi alternatifs.
Il introduit ensuite le concept de « contre-interrogatoire » (counterviewing) comme une position thérapeutique pour aborder les habitudes problématiques. Ce contre-interrogatoire propose un réexamen et une localisation culturelle plus large des conversations problématiques, la co-production de possibilités génératives impliquant une appréciation manifeste des capacités et des qualités des personnes, et le rejet des idées psychologiques populaires. Le contre-interrogatoire est une position intentionnelle et non neutre du thérapeute, qui implique de discuter, déconstruire, questionner, situer, exposer et nommer les conséquences des huit habitudes sur la vie de la personne.
1. Auto-surveillance/Audience (Self-surveillance/audience)
Description : Cette première habitude combine un processus d'auto-surveillance internalisé (se regarder, se contrôler, se juger) avec une « audience » de soutien au problème (les pensées des autres qui nous regardent, nous contrôlent et nous jugent). Elle nous dirige vers ce que nous pensons que l'autre (qui, selon nous, nous regarde) pense de nous, le tout dans le cadre narratif négatif du problème. Madigan explique que pour construire un dossier à charge contre une personne, l'auto-surveillance et l'audience se rejoignent de manière négative. Il prend l'exemple d'une personne venant de vivre une rupture difficile. La culpabilité pourrait produire une conversation l'accusant d'être un mauvais parent, un mauvais employé, etc., tandis que l'imagination négative pourrait prédire qu'elle n'aura plus jamais de relation réussie. Dans un tel scénario, cette audience négative peut inclure un large éventail de personnes et d'institutions (les enfants, la famille, les amis, les collègues, le juge, Dieu, etc.), vivantes ou mortes. Le problème utilise ces perspectives, les déforme et les présente comme une histoire convaincante qui renforce ses positions rhétoriques contre la personne.
Questions de contexte à considérer :
« Qu'est-ce qui/qui constitue une audience pour cette vision problématisée particulière de vous-même ? »
« Qui est le porte-parole ? Que dit-il/elle ? »
« Quel est l'effet de ce discours ? Qu'est-ce qui soutient ce discours ? »
« Leur discours influence-t-il les opinions que vous avez de vous-même ? »
« Ces récits négatifs imaginés que vous percevez que les autres ont, affectent-ils la façon dont vous menez votre vie et dont vous vous rapportez aux gens ? »
« Par quels moyens l'audience négative est-elle soutenue ? »
« Qu'est-ce qui/qui constitue l'audience alternative qui vous soutient ? »
« Si votre communauté de soutien avait l'occasion de parler, que dirait-elle de vous ? Pourquoi dirait-elle cela ? »
« Comment expliquez-vous la différence entre les histoires de vos supporters et les histoires du problème quant aux récits qu'elles présentent comme étant des comptes rendus véridiques ? »
« Quelles sont les principales influences discursives qui affectent votre système d'auto-surveillance interne ? »
« Comment sont-elles devenues si puissamment persuasives et séduisantes pour vous ? »
« Quand l'auto-surveillance est-elle la plus auto-soutenante ? »
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Pourquoi cette conversation préjudiciable voudrait-elle vous séparer de votre meilleure connaissance de vous-même et des personnes qui vous aiment ? »
« Pensez-vous que la rupture relationnelle a changé chaque aspect de qui vous êtes en tant que personne ? »
« La rupture a-t-elle d'une manière ou d'une autre retourné contre vous chaque personne qui vous a autrefois aimé, y compris vous-même ? »
« Avez-vous l'impression que le problème vous a fourni une vision "paparazzi" négative de vous-même ? »
« Le problème a-t-il créé une campagne de ragots sur votre vie ? Quelles sont vos pensées sur les ragots et les ragoteurs ? »
« Y a-t-il des idées exceptionnelles avec lesquelles vous avez grandi concernant les relations qui vous empêchent actuellement d'avoir une vision différente et peut-être plus philosophique/réaliste de votre situation ? »
« Y a-t-il des connaissances particulières de la psychologie populaire sur les relations et le genre qui semblent soutenir cette vision négative de vous-même ? »
« Y a-t-il des opinions religieuses sur les relations qui semblent soutenir cette vision négative de vous-même ? »
« Avez-vous déjà commis un crime odieux contre l'État ? Alors pourquoi le problème essaie-t-il de vous laisser tomber et de vous infliger une peine de prison à vie ? »
« Si vous étiez seul(e) à prendre votre défense, que pourriez-vous dire en votre nom ? »
« Comment se fait-il que l'habitude vous ait d'une manière ou d'une autre fait croire que vous êtes médium dans une pratique de prédiction négative ? »
« Étiez-vous conscient(e) que vous pouviez lire les perceptions des autres sur vous avec une précision de 100 % ? »
« Comment se fait-il que vous ne soyez jamais capable de lire les perceptions positives d'une personne à votre égard ? »
« Auriez-vous du succès si vous fondiez la ligne directe 1-800-médium-négatif ? »
« Trouvez-vous parfois étrange que le problème essaie de vous convaincre que pratiquement tout le monde est contre vos actions et votre point de vue ? »
But : L'objectif de ces questions est de commencer à démanteler la logique de l'auto-surveillance. Elles visent à :
1) Exposer la rhétorique du problème en la nommant (campagne de ragots, paparazzi) et en questionnant son caractère totalisant ("chaque aspect de qui vous êtes").
2) Situer le problème dans des discours culturels plus larges (psychologie populaire, religion).
3) Contester la prétention du problème à la vérité en utilisant l'humour et l'exagération pour révéler son absurdité (la ligne directe de médium négatif).
4) Créer une ouverture vers un récit alternatif en invitant la voix de la personne ("que pourriez-vous dire en votre nom ?") et celle de sa communauté de soutien réelle.
2. Illégitimité (Illegitimacy)
Description : Madigan retrace son intérêt pour cette habitude à ses lectures de Michel Foucault, à un entretien avec Michael White et à son travail avec sa collègue Vikky Reynolds auprès de réfugiés victimes de torture. Ces hommes, du fait de la brutalité, de l'emprisonnement et du déracinement, vivaient des expériences de déconnexion et d'illégitimité. S'inspirant de ces histoires, Madigan a commencé à voir comment cette expérience d'illégitimité pouvait être localisée dans l'anomie et l'isolement social de nombreuses autres personnes qu'il rencontrait. L'habitude de l'illégitimité se nourrit de la question de savoir "qui a le droit de raconter l'histoire de la personne/du problème". Lorsque les problèmes et les professionnels remettent en question la légitimité et les droits d'une personne, un sentiment de moindre valeur peut s'installer. Les personnes peuvent se sentir comme des "réfugiés dans leur propre vie", détachées de l'amour et de la connexion, sans aucun lieu d'appartenance ou de sécurité. Elles font alors l'expérience de se sentir frauduleuses ou déficitaires. L'habitude de l'illégitimité parle de ce manque de connexion, de visibilité et d'appartenance dans la vie quotidienne , et la conversation interne qu'elle génère est une conversation de blâme, condamnant la personne pour être une "perdante dans sa propre vie". Le travail thérapeutique consiste à remettre en question les idées dominantes sur ce qui est considéré comme normal/anormal et à relier les expériences d'illégitimité à des ensembles de valeurs culturelles plus larges.
Questions de contexte à considérer :
« Qui détient le pouvoir de construire l'histoire de la personne légitime ? »
« Comment les normes de légitimité sont-elles produites ? »
« Quelles pratiques discursives et disciplines sont impliquées ? »
« Quel savoir/pouvoir est impliqué dans le fait de dire qui est normal et qui ne l'est pas ? »
« Quelles sont les histoires dominantes de légitimité qui aident à construire cette histoire d'illégitimité ? »
« Par quels moyens ces histoires sont-elles négociées et diffusées ? »
« Quelle place le sentiment d'appartenance occupe-t-il dans l'expérience de la légitimité/illégitimité ? »
« Comment commence-t-on à se percevoir comme un "réfugié" dans sa propre vie et sa propre communauté ? »
« Quelles sont les histoires alternatives qui aident à déconstruire cette histoire d'illégitimité et à se re-souvenir d'autres aspects préférés de nous-mêmes ? »
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Avez-vous une idée de qui soutient cette histoire selon laquelle vous n'avez pas votre place ? »
« Y a-t-il des opinions que la société entretient qui vous donnent l'impression qu'il serait difficile d'être considéré comme un citoyen légitime ? »
« Y a-t-il eu des histoires particulières racontées sur vous par des influences puissantes (patrons, livres, enseignants, télévision, médecins, etc.) qui ont renforcé votre expérience de sentiment d'impuissance ? »
« Y a-t-il eu des moments où vous avez remis en question la vision illégitime que quelqu'un avait de vous comme étant illégitime ? Si oui, qu'est-ce qui a rendu cela possible ? Et qu'est-ce que cela a rendu possible ? »
« Y a-t-il eu d'autres personnes dans votre vie qui ont reconnu votre légitimité ? Si oui, qui, et que vous souvenez-vous qu'ils aient dit ? »
« Comment vous ont-ils montré cela et pourquoi pensez-vous qu'ils croyaient en votre légitimité ? »
« Trouvez-vous parfois que plus vous essayez de prouver votre valeur légitime à quelqu'un (ou à un groupe), plus vous finissez par vous sentir illégitime ? Que vous dit cette expérience à propos de ce groupe ? »
But : Ces questions visent à dénaturaliser le sentiment d'illégitimité. Elles invitent la personne à ne plus le voir comme un défaut personnel mais comme une construction sociale. Elles cherchent à identifier les discours de pouvoir externes qui soutiennent ce sentiment. Surtout, elles cherchent activement des contre-exemples : des moments de résistance passés et des relations qui ont validé et reconnu la légitimité de la personne, afin de commencer à construire un récit alternatif basé sur l'appartenance et la valeur.
3. Peur Croissante (Escalating Fear)
Description : Cette habitude se distingue de la peur raisonnable, qui peut mener à l'élaboration de plans de sécurité. La peur croissante est différente ; elle promeut un dialogue de pensées insidieuses, irrationnelles et souvent exagérées. Elle crée un "film d'horreur" des pires cauchemars d'une personne, paralysant ainsi les nouvelles idées et contrecarrant toute tentative de mouvement vers la liberté. Cette conversation interne peint des scénarios de mort, de destruction et de rejet. Une tactique majeure de la peur est de jouer sur les deux tableaux : elle crée des scénarios effrayants et, en même temps, blâme la personne d'avoir peur. Cela crée une "peur de la peur" qui lui permet de prendre possession du discours.
Questions de contexte à considérer :
« Y a-t-il des idées communes à notre communauté (ou à la psychologie, au monde de l'entreprise, à la religion, etc.) que vous craignez ? »
« Y a-t-il des idées sur vous-même que vous sentez être communes à notre communauté [...] que vous craignez ? »
« Est-ce que votre position dans la hiérarchie sociale vous effraie au point de vous empêcher de suivre votre cœur et vos propres idées de quelque manière que ce soit ? »
« Le fait de ne pas être une personne de la classe privilégiée vous rend-il d'une manière ou d'une autre craintif quant à ce que vous n'êtes pas ? »
« Y a-t-il eu des idées spécifiques sur qui vous êtes et comment vous devriez agir qui vous ont effrayé au point de vous laisser sans voix ? »
« Si vous pouviez trouver un moyen de repousser la peur pour parler à ces idées, que vous entendriez-vous dire ? »
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Avez-vous le sentiment que la peur a lancé une campagne de terreur contre votre vie ? »
« Comment la peur parvient-elle à faire des ravages dans votre imagination ? »
« Les peurs tentent-elles de vous enfermer et de ne vous laisser aucune issue ? Vous mènent-elles finalement à une impasse ? »
« Cette peur s'appuie-t-elle parfois sur des événements quotidiens du monde entier et les amplifie-t-elle de manière démesurée pour vous faire perdre la tête - en vous disant que cela pourrait vous arriver ? »
« Y a-t-il des idées communes à nous tous dont la peur tire parti (c'est-à-dire la perte d'emploi, la mort, la maladie, la solitude) ? »
« La peur vous donne-t-elle parfois l'impression d'être un passager dans votre propre vie ? »
« Surprenez-vous parfois la peur en train d'exagérer ? »
« Y a-t-il des moments où la peur peut être retournée contre elle-même, où elle devient effrayée que vous fassiez des mouvements pour lui tenir tête ? »
« Si vous avez peur, est-ce que cela signifie qu'il y a quelque chose dans votre vie qui vaut la peine d'être protégé ? Qu'est-ce qui, dans votre vie, vous semble valoir la peine d'être protégé ? »
But : Ces questions visent à déconstruire la logique de la peur. Elles la personnifient comme un "terroriste" pour créer de la distance. Elles exposent ses tactiques d'exagération et de généralisation. Elles cherchent des moments de contre-pouvoir, des "failles" dans la domination de la peur. La question finale est particulièrement puissante : elle recadre la peur non pas comme une faiblesse, mais comme un indicateur de ce que la personne valorise et cherche à protéger, reliant ainsi la conversation à ses engagements et à ses valeurs.
4. Imagination Négative/Comparaison Désobligeante (Negative imagination/invidious comparison)
Description : Cette habitude fonctionne en rassemblant uniquement des informations négatives du passé et du présent qui correspondent au cadre du problème, pour ensuite prédire "plus de la même chose" à l'avenir. Elle produit une description superficielle de la personne, omettant les expériences de survie, d'amour et de connexion. L'imagination négative génère un "scénario du pire" constant , tandis que la comparaison désobligeante compare toujours la personne vers le bas, la laissant avec le sentiment de ne jamais être "à la hauteur". L'auteur donne l'exemple d'un grain de beauté sur son avant-bras qui, par imagination négative, se transforme en une réflexion sur son propre enterrement , ou d'une jeune femme anorexique qui se sentait jugée négativement par les panneaux publicitaires, les animaux de compagnie et les inconnus.
Questions de contexte à considérer :
« Avez-vous le sentiment qu'il y a d'autres forces à l'œuvre qui aident les gens à se sentir négatifs à propos d'eux-mêmes ? »
« Y a-t-il des idées populaires qui aident les gens à se sentir si mal dans leur peau en tant que parents, employés, partenaires, enfants ? »
« Quelles idées nous aident à croire que nous n'en faisons jamais assez ? »
« Qu'est-ce qui nous a appris à croire que tout le monde a le droit d'être traité correctement sauf nous ? »
« Vous demandez-vous parfois pourquoi la négativité n'a jamais une seule bonne chose à dire sur les gens en général, sauf quand elle veut nous comparer à cette personne pour nous rabaisser ? »
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Comment l'imagination négative capture-t-elle l'histoire complète de votre personnalité ? »
« Quels moyens utilise-t-elle pour créer une histoire de négativité aussi convaincante ? »
« Quelles idées courantes sur ce que vous "devriez être" sollicite-t-elle pour sceller toute expérience de vie alternative hors de sa description et de son récit de votre vie ? »
« Comment l'imagination négative prend-elle de l'ampleur dans l'histoire du problème ? »
« Qu'est-ce qui aide à créer une fuite dans le cadre de l'imagination négative ? »
« Y a-t-il des moments où vous êtes libre de toute comparaison ? Comment appelleriez-vous ces moments ? »
« Avez-vous des relations qui vivent en dehors de la comparaison négative ? »
But : L'objectif est de percer des trous dans la logique apparemment hermétique de la négativité. Les questions de contexte situent le problème dans des discours culturels plus larges ("quelles idées nous aident à croire..."). Les questions de contre-interrogatoire cherchent à exposer les mécanismes de la négativité ("comment capture-t-elle l'histoire complète ?") et, de manière cruciale, à rechercher des exceptions — des moments, des relations ou des "fuites" où la négativité n'a pas le dessus. Cela permet de prouver que le récit négatif n'est pas total et d'ouvrir la porte à des récits alternatifs.
5. Chamailleries Internalisées (Internalised bickering)
Description : Cette habitude implique des actes de langage d'argumentation et de contre-argumentation internes qui, avec le temps, érodent la confiance en soi. Madigan s'appuie sur les recherches de la Ligue Anti-anorexie/boulimie de Vancouver pour illustrer ce phénomène. Dans le contexte des troubles de l'alimentation, ces chamailleries prennent des proportions énormes, avec un débat interne quotidien sur le comptage des calories, l'exercice, etc. La personne est bombardée de "devrait" et "ne devrait pas", ce qui est un "travail épuisant". Même après qu'une décision est prise, un débat commence pour savoir si c'était la bonne. L'auteur donne aussi l'exemple d'un couple dont les conflits internes étaient 100 fois plus nombreux que leurs disputes réelles, au point qu'ils avaient du mal à distinguer ce qui avait été dit de ce qui avait été imaginé. La tactique de cette habitude est de débattre pour créer la confusion, en prenant souvent les deux côtés d'un argument, ce qui mène à une "paralysie de l'analyse".
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Y a-t-il des codes moraux ou des règles que vous avez internalisés concernant des manières spécifiques de vous comporter sur lesquels les chamailleries s'appuient ? »
« Y a-t-il des aspects de la société dans laquelle vous vivez qui soutiennent les chamailleries et les disputes ? »
« Avez-vous une idée de qui argumente pour et qui argumente contre dans ces nombreuses chamailleries internes ? »
« Avez-vous déjà été conscient de ce qui ou de qui pourrait se cacher derrière ce dialogue en dehors de vous-même ? »
« J'ai entendu dire que nous parlons intérieurement à environ 1 200 mots par minute. Y a-t-il déjà eu des moments où vous pouvez regarder en arrière et évaluer quelle partie de votre journée a été consacrée à vous chamailler avec vous-même ? »
« Y a-t-il eu des moments où vous en avez eu assez et où vous étiez épuisé(e) par ces "conversations continues qui ne mènent nulle part" ? »
« Remarquez-vous parfois le calme que vous ressentez lorsque les chamailleries internes se taisent ? »
« Comment est ce calme ? »
« Quand êtes-vous le plus susceptible de le ressentir ? »
« Y a-t-il un moyen de célébrer et d'apprécier ces moments de calme ? »
« Que signifierait être libéré(e) des chamailleries centrées sur le problème ? »
« Vous est-il déjà arrivé de vous surprendre à écouter les chamailleries et à les trouver amusantes ? »
But stratégique : Ces questions visent à externaliser le débat interne en le situant dans des règles sociales et en demandant "qui" parle. Elles cherchent à souligner le coût de cette habitude (l'épuisement, le temps perdu) et, de manière cruciale, à identifier des moments d'exception — le "calme" — pour ouvrir un espace vers une expérience préférée et explorer comment la cultiver.
6. Désespoir (Hopelessness)
Description : Cette habitude offre une vision descendante qui rend toute aide, communauté et connexion vaines. C'est une capitulation face à la croyance que toute expérience d'espoir est dénuée de sens. Elle dirige les personnes vers une vision de leur vie comme une "impasse". Madigan illustre cela avec l'exemple d'un homme qui, à la retraite, a adopté la vision de la société selon laquelle sa vie était terminée et a sombré dans le désespoir au point de vouloir se suicider. Un autre exemple est celui d'un jeune de quinze ans, harcelé, dont le désespoir avait bloqué toute autre vision de lui-même, comme celle d'un "excellent étudiant" ou d'un ami talentueux.
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Quelle est l'histoire du désespoir dans votre vie ? »
« Y a-t-il eu un moment où il est entré pour la première fois dans votre vie ? »
« Y a-t-il une croyance particulière ou une personne en particulier qui aide le plus une vision désespérée de vous-même ? »
« Sur quel problème spécifique le désespoir prospère-t-il ? Pourquoi choisit-il ce problème ? »
« Y a-t-il eu un moment où vous avez ressenti un peu d'espoir pour vous-même ? Quand était-ce ? »
« Est-ce que quelqu'un d'autre serait au courant de cette période ? Si oui, qui ? »
« Y a-t-il des lieux d'espoir dont vous vous souvenez qui sont actuellement bloqués par le désespoir ? »
« Si l'espoir devait être redécouvert dans votre vie, quelles qualités, compétences et connaissances actuelles que vous possédez lui donneraient de la pérennité ? »
« L'amour que vous vous portez est-il d'une quelconque aide pour la restauration de l'espoir dans votre vie ? Si oui, comment ? »
But : L'objectif est de s'opposer au récit totalisant du désespoir. Les questions cherchent à historiciser le problème ("quand est-il entré ?") et à identifier ses alliés. Elles recherchent activement des "résultats uniques" (des moments, même infimes, d'espoir) et les personnes qui pourraient en témoigner, afin de prouver que le désespoir n'a pas toujours été dominant. Enfin, elles connectent la possibilité de l'espoir aux ressources internes de la personne (qualités, compétences, amour de soi).
7. Perfection (Perfection)
Description : Madigan affirme de manière catégorique que "la perfection n'existe pas !!". Il décrit comment, pour les membres de la Ligue Anti-anorexie, la perfection "déplaçait toujours la barre un peu plus haut" dès qu'un objectif était atteint, ne laissant aucune place à la célébration. Cette habitude n'affecte pas que les troubles alimentaires ; elle touche aussi les parents ("La malédiction de la parentalité parfaite" ) et les professionnels. Un cadre supérieur l'a décrite comme un "maître d'œuvre en colère". L'exemple le plus frappant est celui d'un PDG qui, après des années de surmenage à la recherche de la perfection, a subi une crise cardiaque, suite à laquelle la perfection lui a dit qu'il était "faible" et qu'il devait continuer à travailler aussi dur qu'avant. L'auteur distingue la quête de l'excellence de la tyrannie de la perfection, qui implique des idéaux inatteignables et des jugements sévères.
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Pouvez-vous vous rappeler les façons dont vous avez été formé(e) et poussé(e) vers des idées de perfection, même si la perfection n'est pas possible ? »
« Pensez-vous que c'est une question de perfection qui crée toute cette pression et ces pensées impérieuses ? »
« Pensez-vous que les pensées impérieuses de la perfection ont quelque chose à voir avec le fait que votre médecin vous ait diagnostiqué un trouble obsessionnel-compulsif ? »
« Pensez-vous que le trouble obsessionnel-compulsif n'est qu'une affaire de perfection insistante ? »
« De quelles manières les normes de perfection vous rendent-elles aveugle à vos réalisations en tant que personne/parent/partenaire/employé, etc. ? »
« L'idée de perfection vous a-t-elle d'une manière ou d'une autre donné une idée de vous-même comme étant moins que valable ? »
« De quelles manières la perfection nie-t-elle votre capacité à écouter les louanges des autres à votre égard ? »
« La perfection semble-t-elle parler de la coupe de la réussite comme étant à moitié vide ? »
« Avez-vous le sentiment que vous pourriez un jour satisfaire la voix critique de la perfection ? »
« Si vous deviez rejeter votre formation aux idéaux perfectionnistes, quels aspects de vous-même et des efforts que vous avez faits pourriez-vous célébrer ? »
« Les pressions de la perfection sont-elles différentes entre les hommes et les femmes ? »
« Y a-t-il d'autres normes selon lesquelles vous pourriez mesurer votre vie (normes de plaisir, d'apprentissage, d'amour) autres qu'une quête de la perfection ? »
But : L'objectif est de démanteler l'idée de perfection comme étant un but souhaitable ou même possible. Les questions relient cette pression à des diagnostics psychologiques (TOC) pour la recadrer , elles mettent en évidence ses effets négatifs (rendre aveugle aux réussites et aux compliments) , et elles invitent à imaginer et à célébrer des manières alternatives de mesurer la valeur d'une vie.
8. Culpabilité Paralysante (Paralysing guilt)
Description : Madigan distingue la culpabilité appropriée de la "culpabilité paralysante", qui peut provenir de discours institutionnels dominants. Une tactique clé de cette culpabilité est d'argumenter "des deux côtés sans relâche", ne laissant aucun répit. Il donne deux exemples : un jeune homme qui se sent coupable d'être resté silencieux sur les abus sexuels qu'il a subis, puis coupable d'en avoir parlé ; et une femme qui se sent coupable de rester dans une relation abusive "à cause des enfants", et coupable de ne pas partir car elle se considère comme un "horrible modèle" pour ses filles.
Questions de contre-interrogatoire (Counterviewing questions) :
« Quand vous regardez l'histoire, quelles conversations de culpabilité ont été utilisées comme instruments de contrôle social ? »
« Comment les conceptions de la culpabilité ont-elles été utilisées pour influencer la population vers des manières d'être spécifiques ? »
« Pensez-vous que les hommes et les femmes sont formés de la même manière à la culpabilité ? »
« Y a-t-il des expériences dans votre vie pour lesquelles on vous a fait sentir coupable à tort ? »
« Y a-t-il des expériences dans votre vie pour lesquelles vous ne vous sentiez pas coupable à l'époque mais pour lesquelles vous avez maintenant des remords ? »
« La culpabilité vous a-t-elle déjà été utile ou importante ? Si oui, comment ? Pourquoi ? »
« Y a-t-il eu des moments où la culpabilité a cessé d'être utile pour devenir problématique ? Si oui, comment ? Pourquoi ? »
« Que pourraient représenter vos sentiments de culpabilité ? Signifient-ils que vous défendez quelque chose ? »
« Qu'est-ce que vous défendez, en quoi croyez-vous ? Pourquoi est-ce important pour vous ? Quelle est l'histoire de cette importance ? »
But : Ces questions visent à politiser et à contextualiser la culpabilité plutôt qu'à la traiter comme un simple sentiment interne. Elles explorent ses fonctions utiles et problématiques pour en nuancer la compréhension. La manœuvre la plus importante est de recadrer la culpabilité, non comme une preuve de méfait, mais comme un indicateur de ce que la personne valorise profondément ("que défendez-vous ?"), la transformant ainsi d'un problème en une porte d'entrée vers les engagements et l'identité préférée de la personne.
PS : Une brève histoire de longue connexion
Madigan termine la discussion des habitudes par une histoire personnelle sur la connexion, qu'il identifie comme un contre-remède à l'isolement dans lequel les problèmes prospèrent. Il raconte que son père, pendant trente ans, visitait chaque lundi soir "les vieux copains" dans une maison de retraite locale, disant : "Nous sommes la seule famille qu'ils ont". Aujourd'hui, son père réside lui-même dans une maison de retraite en raison de la maladie d'Alzheimer, et les mêmes amis avec qui il rendait visite aux autres viennent maintenant le voir. Cette histoire sert de rappel constant à l'auteur que l'une des tâches principales des thérapeutes est d'aider les gens à se reconnecter avec ceux qui leur sont chers et qui portent des histoires d'espoir et d'amour à leur sujet.
Conclusion
Madigan y met en scène un dialogue interne où il est lui-même assailli par les habitudes de langage qu'il vient de décrire. Il se demande s'il aurait dû rendre le texte plus académique, s'il a eu tort de mettre ses idées théoriques en notes de bas de page, s'il aurait dû donner de meilleurs exemples, et s'inquiète de la critique des "chiens de garde de la théorie narrative" et des praticiens. Il se demande s'il a été trop auto-référentiel et si, en conséquence, il ne sera plus jamais invité à donner des ateliers. En refusant de laisser ces habitudes prendre le dessus, il termine en invitant cordialement tous les lecteurs à lui faire part de leurs réactions.
Appendice
L'appendice présente un questionnaire intitulé "Le poids est terminé" (The weight is over), que l'auteur a élaboré avec un groupe de personnes souffrant d'hyperphagie boulimique et d'obésité. Ce questionnaire a été conçu pour solliciter les connaissances locales des participants sur le problème, en utilisant le cadre des huit habitudes de conversation. Il contient des questions telles que :
« Pouvez-vous identifier la tactique conversationnelle numéro un que le problème utilise pour vous imposer ses méthodes débilitantes ? »
« Croyez-vous qu'il utilise un dialogue de désespoir en vous disant que, à en juger par les recherches sur les échecs des autres, vos efforts pour la santé sont vains ? »
« Qu'est-ce qui vous aide le plus à pouvoir contrecarrer l'idée que vous êtes une personne illégitime à cause de votre taille ? »
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