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Visages récurrents
Méthode
J’ai comparé la présence, dans mes rêves de 1994 et de 2020, de personnes issues de mon entourage réel, en ne retenant que les catégories 4, 5 et 6 du Carré magique (autrui réel, avec ou sans transformation).
L’analyse porte sur deux niveaux :
Individuel : identification des personnes récurrentes, présentes dans les deux périodes.
Catégoriel : répartition de ces visages récurrents selon deux sphères principales, familiale et affective.
Question de recherche
Existe-t-il des personnes récurrentes entre mes rêves de 1994 et ceux de 2020 ? Sont-elles également présentes dans ma réalité de 2020 ?
Résultats
Cette catégorie regroupe exclusivement des personnes de mon entourage réel, vivantes ou décédées, représentées dans mes rêves avec ou sans transformation. On observe que 14 personnes apparaissent à la fois en 1994 et en 2020, toutes issues du milieu affectif ou familial — ce qui n’a rien de surprenant.
Parmi elles :
La moitié appartenait à ma sphère amicale en 1994, mais ne faisait plus partie de mon paysage social en 2020.
Une personne était déjà éloignée de ma vie quotidienne en 1994, ce qui rend son retour à 26 ans d’écart d’autant plus significatif, d’autant plus qu’elle est « améliorée » dans les deux occurrences.
Certains individus reviennent pour ce qu’ils représentent :
Par leur fonction : un ami étudiant en médecine en 1994 incarne à lui seul la médecine dans mes rêves, tel un Horace Bianchon balzacien.
Par leur nom : un autre porte le même prénom que mon père, ce qui confère à sa présence une résonance particulière.
Par leur valeur emblématique : ils condensent une époque, un milieu ou une étape de vie.
Les six autres personnes appartiennent à la sphère familiale, présentes dans ma réalité en 1994 comme en 2020. Leur proportion diminue cependant, car ma famille « descendante » a pris le pas sur la famille « ascendante ». Le contexte exceptionnel de 2020 (année de restrictions de déplacement), peut aussi expliquer cette baisse.
Discussion
Ces résultats montrent que les rêves redessinent la carte des relations humaines :
certains territoires amicaux s’effacent dans la réalité, mais continuent de résonner oniriquement, parfois de façon méliorée ;
d’autres figures persistent comme des points fixes, liées au nom, à la fonction ou au rôle symbolique ;
la famille conserve une place d’ancrage, même si ses contours se réorganisent avec le temps.
Le rêve fonctionne ici comme un espace de résonance et de mémoire : il garde vivants des liens disparus et hiérarchise les présences selon leur valeur affective ou symbolique.