Un site pour redonner au rêve sa cohérence
« Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi. » — Sénèque
Pas d’autre choix que de cuisiner une irrésistible ratatouille, comme Rémy, pour convaincre Anton Ego. Métaphore parfaite : “tout le monde peut cuisiner”, disait Gusteau.
Eh bien, tout le monde rêve, et peut comprendre ses rêves.
En 2016, j’allais mal.
Classiquement, je suis allée voir un psychanalyste.
Classiquement, je lui ai offert un rêve.
Et classiquement, il m’a servi des poncifs freudiens.
Je l’en remercie : j’ai compris aussitôt que je me guérirais seule. Je suis sortie, et je me suis mise au travail.
Car, j’avais un trésor : mes rêves notés depuis l’enfance, une véritable Pierre de Rosette. J’allais les explorer comme on décortique patiemment des pinces de langoustines, pour en extraire chaque patte intacte.
Ce que j’ai découvert m’a dépassée.
Devant moi, un rempart : Freud.
Avait-il compris le rêve ?
Techniquement : en partie.
Téléologiquement : absolument pas.
Il fallait abattre ce mur.
« Tear down the wall », disait Reagan à propos de Berlin.
« Tear down this wall », scandait Pink Floyd.
Un de mes rêves a uni ces deux phrases.
Alors, j’ai fait tomber ce mur.
Et derrière, j’ai trouvé des ponts :
entre passé et présent,
entre mémoire et émotion,
entre langage et création.
Une logique imparable.
Une narrativité qu’Aristote n’aurait pas reniée.
Et surtout : l’être humain, dans toute sa variété.
J’avais trouvé mon Graal.
« Je meurs à petit feu, faute d’avoir quelqu’un avec qui parler d’insectes. »
Charles Darwin (lettre à William Darwin Fox, 12 juin 1828)
Remplacez insectes par rêves, et vous obtenez mon programme existentiel.
Je me reconnais aussi en Kristian Birkeland, premier à comprendre l’origine des aurores boréales.
Il fallut attendre les satellites des années 1960 pour qu'on l’admette.
Voilà ce qui me pend au nez si je ne prends pas les devants. "Malheureusement pour moi, il faudra attendre l’arrivée de l’imagerie quantique en 2350 pour que ma théorie soit unanimement acceptée."
Naissance du syndrome Birkeland.
Frida Kahlo, clouée à son lit, se peignait elle-même faute d’autre modèle.
Moi, je propose souvent mes propres rêves : c’est un sujet intime, pas obscène, pas freudien, simplement humain.
L’intimité rime avec vie privée. Pas avec sexualité. Et surtout pas avec Freud.
Il aurait été plus simple de me rattacher à un dogme, mais je n’en suis pas capable. Penser librement est une condition absolue.
Je travaille en dilettante sur le rêve depuis 2017, puis absolument depuis le 1er octobre 2019.
Ce jour-là, j’écrivais :
« Quand rien ne va, étudier le rêve est toujours un refuge chaud et salvateur, un cocon ; je retourne au nid, à l’état fœtal. »
Comme Léon d’Hervey de Saint-Denys, immense rêveur lucide (ce que je ne suis pas), je me pense :
« semblable au voyageur qui supplée à son défaut de science par l'exactitude de ses aperçus ; je peux apporter aussi mon contingent de notions nouvelles. »
Et même si l’on considère qu’une expérience subjective est peu scientifique, fallait-il pour autant renoncer à chercher ? Je ne le crois pas.
Âge — Un Jubilé dépassé
Lieu — Fœpzig [ˈfœp.zɪç]
Fonction — Aiguilleuse du Rêve
Capacités — Découvrir • Inventer • Créer • Imaginer (D’ici)
Qualités — Curiosité insatiable • Détermination inamovible
Capacités innées — Inventorier • Classifier • Catégoriser • Nommer • Schématiser • Modéliser
Reconnaissance — Prix Hartmann (mention honorable) – cf. Projet Elisa
Particularité — Je détiens tous mes rêves : notés dès mes 20 ans, plus une vingtaine de rêves d’enfance.
Grâce à eux, j’ai pu explorer un nouveau continent.
Mission — Je suis éfaufileuse du rêve : je le détisse, je le décortique.
Identité — Un pied dans la réalité, un pied dans le rêve. Fernando Pessoa disait que nous avons deux vies : celle de la réalité et celle des rêves. Je revendique cette double identité.