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Empreinte du confinement dans les rêves
Méthode
Relevé systématique de la présence de toute trace du Confinement (Covid, maladie, masque, crainte, ambiance spécifique, arrêt du travail puis reprise…) dans les rêves de 2020.
J’ai isolé les rêves de la période du 13 mars au 31 décembre 2020, soit à partir du confinement lié à la pandémie de COVID-19. Sur 23 souvenirs de rêves, 8 font explicitement référence au confinement, soit 34,78 %.
Question de recherche
Le confinement apparaît-il dans les rêves comme une menace, ou bien comme une atmosphère intégrée à la continuité onirique ?
Résultats
La frise chronologique met en évidence une évolution :
Joie (13/03/2020) et Force (18/03/2020) : soulagement de la contrainte professionnelle, exaltation à l’idée de consacrer du temps à l’étude du rêve.
Réflexion existentielle (25/03/2020) : association à Mort à Venise (ambiance mortifère) et au Jour d’après (pause ouvrant une réflexion sur l’essentiel).
Fin de la récréation (14/04/2020 et 27/04/2020) : retour imposé au travail, rupture avec la parenthèse.
Nouveau job (02/05/2020) : transformation ironique du retour professionnel, je me rêve compilant les données du confinement.
Mélancolie (05/05/2020) : nostalgie de la bulle protectrice, résistance au retour à la normalité.
Suspicion (10/06/2020) : seul rêve à évoquer directement la maladie, à travers un étouffement onirique et la méfiance diffuse dans les rues qui se repeuplent.
Discussion
Ces rêves montrent que le confinement n’a pas été pour moi un espace d’angoisse, mais une parenthèse d’observation et de réflexion :
Les premières images traduisent la libération et la joie, non la peur.
Les associations culturelles (Mort à Venise, Le Jour d’après) donnent une atmosphère aux rêves, plutôt qu’un contenu menaçant.
La reprise du travail est vécue comme une perte, un effacement du temps retrouvé.
La maladie n’apparaît que très marginalement, et sous forme d’une allusion unique.
Ces résultats contrastent avec certaines études quantitatives menées pendant la pandémie (par exemple en Finlande), qui comptaient le nombre de “menaces” dans les rêves et concluaient à une faible différence avec les corpus antérieurs. Ces approches statistiques, si elles éclairent certains aspects, réduisent le rêve à des items et manquent l’essentiel : sa logique narrative et subjective.
Mon journal de rêve montre au contraire que le confinement a été intégré comme un matériau narratif structurant, porteur de continuité et de sens. Plus qu’un simple reflet de l’actualité, le rêve en a fait une atmosphère où se sont rejouées des questions intimes : liberté, travail, respiration, rapport au temps.