La distinction entre Dainichi et Amida réside dans la différence entre l'Univers lui-même et une représentationdu sauveur. Bien que tous deux soient des « Nyorai » (bouddhas illuminés) et se ressemblent quelque peu pour un œil non averti, ils jouent des rôles opposés dans le bouddhisme japonais.
Dainichi Nyorai (La Source Cosmique)
Nom japonais : Dainichi (littéralement « Grand Soleil »).
Nom sanskrit original : Vairocana.
Qui est-il ? Il n’est pas simplement un Bouddha ; il est l’incarnation de l’Univers tout entier. Dans le bouddhisme Shingon (ésotérique), tous les autres Bouddhas (y compris Amida et le Bouddha historique) ne sont que des émanations ou des reflets de Dainichi. Il est la vérité absolue.
Son rôle : Il représente le « centre ». Il ne vous « sauve » pas au sens traditionnel du terme ; vous méditez plutôt pour réaliser que vous et lui ne faites déjà qu’un.
Où le trouver : Au cœur de la secte Shingon (bouddhisme ésotérique).
Dainichi est le seul Nyorai à s'habiller comme un prince. Il porte une couronne, des colliers, des bracelets et des robes de soie princières. C'est parce qu'il est le « roi » du cosmos.
Dainichi adopte souvent la posture du « Poing de la Sagesse » (ou « Chicken-in »). Sa main droite forme un poing et saisit l'index tendu de sa main gauche.
Amida Nyorai (Le Sauveur compatissant)
Nom japonais : Amida (de « Lumière infinie » et « Vie infinie »).
Nom sanskrit original : Amitabha.
Qui est-il ? Il est le Bouddha qui règne sur la Terre Pure occidentale (un paradis). Il était autrefois un moine qui fit vœu de sauver tous les êtres souffrants.
Son rôle : Il est un Sauveur. Il a promis que quiconque invoque son nom (Namu Amida Butsu) avec sincérité renaîtra dans sa Terre Pure après la mort, échappant ainsi au cycle de la souffrance.
Où le trouver : Au cœur des sectes de la Terre Pure (Jodo-shu et Jodo Shinshu), qui sont les formes de bouddhisme les plus populaires auprès des laïcs au Japon.
Amida (comme la plupart des bouddhas) s'habille comme un moine. Il porte une robe simple, pas de bijoux, et sa tête, sans couronne, est marquée par une sorte de casque ou de tiare avec des boucles en forme de coquille d'escargot.
Amida présente souvent le mudra de méditation ou le mudra d'enseignement, où son pouce touche son index (formant un cercle). S'il est assis : ses mains reposent sur ses genoux, les doigts formant deux cercles.
S'il est debout : une main est levée, l'autre est abaissée, les deux formant un cercle, un signe d'approbation ou d'acceptation.