De grandes controverses entourent historiquement le bilinguisme, en particulier quand il est question de celui qui caractérise les jeunes issus de groupes minoritaires, dont la langue des parents s’inscrit en rupture avec celle de l’école.
Les difficultés d’adaptation, les décalages linguistiques et culturels souvent observés sont autant de facteurs d’inquiétude qui justifient souvent l’éradication pure et simple de la langue autre dans l’espace scolaire.
La non-réussite scolaire d’un nombre important des enfants issus des groupes minoritaires accuse leur relation à plus d’un code linguistique (ou plus exactement la représentation qu’on se fait de cet échec).
Au niveau de la recherche, on peut distinguer trois grandes périodes (qui se chevauchent en partie) dans les travaux consacrés au bilinguisme de la petite enfance :
la période des “détriments” la période des “effets neutres” la période des “effets favorables”.
Les premières recherches entreprises signalent essentiellement les effets négatifs du bilinguisme sur le développement de l’intelligence chez les jeunes bilingues.
La seconde période est marquée par la prise en compte des facteurs sociaux dans la recherche, et la mise en évidence que le bilinguisme n’a pas d’effets notoires sur le développement de l’intelligence.
Enfin, les travaux développés notamment au Canada au début des années 1960 marquent le commencement d’une véritable revalorisation du bilinguisme, en avançant la possibilité d’effets bénéfiques, liés en particulier à un mode de fonctionnement cognitif plus flexible et abstrait, et la possibilité pour les bilingues de transférer les acquis d’une langue vers l’autre.