La peau de la paupière supérieure présente des caractéristiques uniques. Il s'agit de la peau la plus fine de l'organisme, mesurant souvent moins de 1 mm d'épaisseur, avec une quantité minimale de tissu adipeux sous-cutané. Cette quasi-absence de coussinet graisseux favorise l’apparition des fines ridules caractéristiques du vieillissement, en particulier au niveau de la peau préseptale mobile. Cette finesse et cette faible teneur en graisse sous-jacente sont essentielles pour permettre les mouvements rapides et répétés des paupières lors du clignement, garantissant ainsi une flexibilité maximale.
En raison de ces particularités, la peau palpébrale contient peu de structures annexes, notamment de glandes sébacées. Cette spécificité constitue un défi en chirurgie reconstructrice, le principe de « remplacer le semblable par le semblable » limitant les options de greffe. La peau de la paupière controlatérale est souvent considérée comme le site donneur idéal, tandis que d'autres zones de prélèvement peuvent s’avérer trop épaisses et inadaptées sur le plan esthétique.
Chez les sujets âgés, la peau devient redondante, ce qui en fait une excellente source de greffe cutanée pour la reconstruction palpébrale. La laxité et l’élasticité de la peau des paupières permettent la fermeture primaire de pertes de substance pouvant atteindre jusqu'à 30 % de la paupière, tout en préservant la fonctionnalité et l’harmonie esthétique de la région.
Dans la partie latérale de la paupière inférieure, une fine couche de tissu adipeux sous-cutané est présente, contrairement à la région médiale, au niveau du sillon naso-jugal (ou tear trough). À ce niveau, la peau recouvrant le muscle orbiculaire de l'œil est presque translucide, expliquant l’aspect bleuté caractéristique du sillon naso-jugal. Cet effet de translucidité est également observé au niveau de la paroi nasale latérale, contribuant à l’aspect distinctif de cette région du visage.(6)(7)(8)(11)
Séparation de la peau du muscle orbiculaire des paupières pré-septal lors d’une blépharoplastie de la paupière supérieure. La peau palpébrale est extrêmement fine et dépourvue de graisse sous-cutanée. (7)
Dissection anatomique d’un spécimen céphalique masculin :
a : vue non disséquée mettant en évidence les différences de qualité, d'épaisseur et de texture entre la peau de la paupière et celle de la joue ;
b : après retrait de la peau, absence de graisse sous-cutanée en superficie de la portion pré-septale du muscle orbiculaire des paupières. En revanche, dans la portion orbitaire du muscle (ligne rouge), une quantité significative de graisse sous-cutanée est présente. Ici, on observe la graisse sous-cutanée médiale de la joue (= coussinet adipeux malaire). (12)
Région infra-orbitaire de l'œil gauche, vue de profil gauche.
Une dissection précise a été réalisée entre la couche 1 (peau) et la couche 2 (graisse sous-cutanée). MeSF : graisse superficielle médiale, également appelée coussinet adipeux malaire ; NF : graisse nasogénienne ; OOM : muscle orbiculaire des paupières.
La flèche blanche indique la peau recouvrant le compartiment adipeux nasogénien, tandis que la flèche noire désigne la peau recouvrant la région infra-orbitaire. On note des différences dans les caractéristiques de la peau, correspondant aux limites des compartiments : la peau de la région infra-orbitaire est fine et transparente, avec une absence de graisse sous-cutanée en regard du muscle orbiculaire des paupières sous-jacent.(12)
Situé directement sous la peau de la paupière.
Exempt de graisse : composé uniquement de tissu aréolaire (tissu conjonctif lâche).(11)