1.Définition:
La conjonctive palpébrale est une muqueuse fine, transparente et brillante, d’une épaisseur moyenne de 0,30 mm, qui tapisse la face postérieure des paupières supérieure et inférieure. Elle se compose de trois segments distincts :
La conjonctive marginale :
Située au bord libre des paupières, elle s’étend sur 1 à 2 mm de largeur.
Elle marque la transition entre la peau de la paupière et la muqueuse conjonctivale.
La conjonctive tarsale :
Fixée au tarse palpébral, elle est très vascularisée et adhère fermement au plan sous-jacent.
Elle contient les glandes de Henle, des cellules caliciformes sécrétrices de mucus, essentielles à la lubrification oculaire.
La conjonctive orbitaire :
Plus mobile, elle recouvre la partie profonde des paupières et est en rapport direct avec le muscle de Müller .
1.1.Vascularisation :
La conjonctive palpébrale est principalement irriguée par les artères palpébrales supérieures et inférieures, issues de l’artère ophtalmique. Ces artères forment deux arcades vasculaires (interne et externe) au niveau de la face antérieure du tarse, assurant un réseau dense au niveau de la conjonctive tarsale.
Les artères ciliaires antérieures contribuent également à la vascularisation via des rameaux superficiels destinés à la conjonctive limbique.
1.2.Innervation :
La sensibilité de la conjonctive palpébrale est assurée par plusieurs nerfs crâniens :
Nerf lacrymal (branche du trijumeau) : innerve le tiers externe de la conjonctive palpébrale.
Nerf nasal et nerf frontal : responsables du tiers interne et de la partie moyenne de la conjonctive palpébrale supérieure.
Nerf sous-orbitaire : innerve la région moyenne du cul-de-sac conjonctival inférieur.
1.3.Rôle fonctionnel :
Outre sa fonction de protection mécanique, la conjonctive palpébrale participe à la sécrétion du mucus, crucial pour la stabilité du film lacrymal et la protection de la cornée.
Elle constitue également une voie d’abord chirurgicale courante en ophtalmologie, notamment pour les interventions sur le globe oculaire ou les voies lacrymales.(6)(17)
Cette image illustre la conjonctive bulbaire et palpébrale ainsi que les culs-de-sac conjonctivaux .
2.Les culs-de-sac conjonctivaux:
Les culs-de-sac conjonctivaux (ou fornix conjonctivaux) sont des replis circulaires et continus de la conjonctive, situés à la jonction entre la conjonctive palpébrale et la conjonctive bulbaire. Ces structures permettent une mobilité optimale du globe oculaire tout en assurant une étanchéité protectrice. On en distingue quatre principaux :
Le cul-de-sac supérieur : Localisé entre la paupière supérieure et le globe, il se situe à 10 mm au-dessus du limbe cornéen supérieur. Il est soutenu par un ligament suspenseur fibreux, issu du fascia du muscle élévateur de la paupière et du muscle droit supérieur, assurant sa stabilité lors des mouvements oculaires.
Le cul-de-sac inférieur : Positionné entre la paupière inférieure et le globe, à 8 mm en dessous du limbe cornéen inférieur. Il est maintenu par un ligament suspenseur fin provenant du ligament de Lockwood. Ce ligament est situé juste en arrière du fascia capsulopalpébral (CPF), permettant la rétraction du fornix inférieur lors du regard vers le bas, ce qui facilite les mouvements du globe.
Le cul-de-sac externe : À l’angle externe de l’œil.
Le cul-de-sac interne: Près du nez, abritant la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire.(17)
Cette image illustre l'anatomie clinique de l'œil droit, en mettant en évidence les différentes structures de la conjonctive et des annexes oculaires. tels que la conjonctive bulbaire, tarsale et marginale, ainsi que le limbe et les culs-de-sac conjonctivaux. Des structures spécifiques comme la caroncule, le méat lacrymal et le repli semi-lunaire sont également signalées.