Recherche

PROJETS DE RECHERCHE EN COURS: 


Le leadership, la qualité de vie au travail, la formation et le développement professionnel des directions d'établissements scolaires du Québec (chercheur responsable: Pierre Lapointe, Université de Montréal)

Financement Fonds québécois de recherche Société et culture (FQRSC, programme Soutien aux équipes de recherche) (97 109$)  

Durée: 2017-2019


Étude de cas limites de participation parentale à la gouvernance du système éducatif québécois et modélisation du processus d’apprentissage démocratique des parents et de l’institution

Financement Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) (69 800$)

Durée: 2016-2018

    Cette recherche compare l’évolution, de 1998 à aujourd'hui, de quatre cas de propositions d'innovation éducative par les parents ainsi que la réponse de l'institution à leur égard: 1- la demande d’accès à la formation à distance pour les jeunes, 2- le développement de la scolarisation à la maison, 3- le processus d’ouverture des écoles alternatives et 4- la demande de création d’une école autochtone au sein d’une commission scolaire.

    Le gouvernement du Québec s'est penché dernièrement sur sa démocratie scolaire avec la proposition d'un projet de loi «en vue de rapprocher l’école des lieux de décision et d’assurer la présence des parents au sein de l’instance décisionnelle de la commission scolaire» (Assemblée nationale du Québec, 2015). Cette proposition abandonnée s’inscrivait dans l’historique d’une volonté d’encourager la participation des parents à l’école, depuis le Rapport Parent. Toutefois, les structures décisionnelles proposées n’offraient toujours pas de lieu de participation démocratique pour les parents d’élèves qui recherchent une participation éducative plus directe que ne le prévoit le cadre normatif actuel, ou un modèle pédagogique différent, soit par une éducation hors d’un établissement scolaire, telle que la scolarisation à la maison et la formation à distance, soit par la création d’établissements scolaires s’inscrivant dans une mesure d’exception au regard de la Loi sur l’instruction publique, telle que les écoles alternatives et les écoles autochtones. Ces demandes dépassent les mandats des dispositifs de gestion d’établissement et de gouvernance locale des commissions scolaires, bien qu’ils y soient soumis lors des processus décisionnels qui les concernent. En fait, dans le cadre d’une gouvernance scolaire décentralisée, il est difficile d’identifier les instances décisionnelles les mieux placées et compétentes pour recevoir de telles propositions, y réfléchir, en juger et, éventuellement, les soutenir et les encadrer.

    En effet, si la décentralisation peut augmenter la responsivité du pouvoir aux communautés locales (Zajda et Gamage, 2009), il n’en est pas nécessairement de même pour les populations marginales ou minoritaires dans leur région. Ces dernières ne gagnent en légitimité et en pouvoir-faire que par le regroupement à une plus grande échelle, pour l’atteinte d’une masse critique de population et une mise en commun de ressources. Le respect du droit de ces citoyens de se faire entendre et de participer aux décisions politiques qui les concernent (Nussbaum, 2007; Sen, 1979) dépend alors d’une attention particulière du pouvoir central, au-delà des dispositifs communautaires ou locaux.

    L’intérêt de ces cas limites, du point de vue d’une gouvernance réflexive (Lenoble et Maesschalck, 2010), tient à leur quasi sortie du système éducatif. Ils peuvent ainsi révéler les lacunes de l’institution envers certaines populations ou la présence de freins à la participation citoyenne. Le potentiel de réflexivité ainsi créé pourrait engendrer un renouvellement de l’institution, à condition que se réalise un processus d’apprentissage démocratique double: celui des individus et celui de l’institution. En effet, par leur recherche de nouvelles solutions aux défis de l’éducation, ces parents offrent à l’institution qui veut bien les écouter une possibilité de se renouveler en accueillant leurs expérimentations pour mieux répondre à leurs besoins et à leurs aspirations.

    À partir d'entrevues avec des acteurs-clés des propositions d'éducation à la maison, alternative, à distance ou autochtone, d'observations présentes et passée des actions collectives des parents et de sources documentaires, cette recherche permettra de retracer leur évolution depuis le début du siècle pour décrire et modéliser cette participation des parents et la responsivité du système éducatif à leur égard, puis de formuler des recommandations à cet effet dans la perspective d’une gouvernance réflexive.

    La finalité de cette recherche est de contribuer à une gouvernance réflexive du système éducatif québécois, par 1- une meilleure compréhension du cheminement, au sein du système éducatif, de propositions d’innovation éducative provenant de parents et 2- une modélisation du processus d’apprentissage démocratique des parents et de l’institution. Les résultats de cette recherche produiront des connaissances sur ces propositions d’innovation éducative peu étudiées et des outils de formation pour éclairer les actions et les décisions des acteurs concernés, dans l'optique d'une gouvernance réflexive du système d'éducation québécois. 


Pour une gouvernance réflexive de l’«école à la maison» : l’apprentissage démocratique conjoint de parents-éducateurs et d’administrateurs scolaires

Financement Fonds de recherche du Québec - Société et culture (39 600$)

Durée: 2013-2016

   Cette recherche étudie l’adaptation du système scolaire québécois à un mouvement éducationnel en croissance sur tous les continents: l’«école à la maison», mouvement constitué de parents qui choisissent, pour leurs enfants, une expérience d’apprentissage en famille plutôt que la fréquentation scolaire. Elle soutiendra le travail conjoint de parents-éducateurs et d'administrateurs scolaires de deux régions québécoises pour la formulation de propositions de gouvernance de cette pratique dans leur région. J'étudierai le processus d'apprentissage démocratique de ces acteurs.

    Dans plusieurs états et provinces d’Amérique du Nord et d’Australie, le mouvement d'apprentissage en famille se développe depuis le milieu du siècle dernier et est déjà inscrit dans les structures sociales et éducationnelles. Au Québec, le mouvement est plus récent et l’interaction entre les parents-enseignants et les instances scolaires est en construction. La théorie de la gouvernance réflexive permet de lire cette situation comme un défi au plan de la gouvernance. Elle fait ressortir la nécessité d’un apprentissage social et démocratique de la part de l’institution et des parents-éducateurs, afin d’assurer une régulation démocratique et bénéfique de cette forme d’éducation. En effet, ce nouveau type d’éducation se distingue par des possibilités et des limites différentes de celles qu’on retrouve en contexte scolaire, ce qui en fait un lieu d’expérimentation pédagogique intéressant qui pourrait être porteur de nouvelles solutions à certains problèmes rencontrés en éducation. Par conséquent, un suivi de cette pratique apparaît souhaitable, afin d’apprendre de ses succès et de prévenir ses lacunes. 

    Cependant, d’une part, les administrateurs scolaires québécois ne peuvent s’appuyer que sur un mince cadre de référence légal et administratif; d’autre part, les collectifs créés par les parents (associations, OBNL, groupes de soutien) ne sont pas encore reconnus comme participants légitimes à la gouvernance de leur pratique. Au Québec, la structure et les ressources pour le suivi de cette pratique sont embryonnaires. Ainsi, un écart important est observable entre les normes énoncées et leur application. Pourtant, plusieurs formes de régulation par les autorités scolaires ou par les parents-éducateurs eux-mêmes ont déjà été discutées, implantées et évaluées dans d’autres pays. Il apparaît judicieux de s’en informer pour éclairer le choix de modes de régulation et de faire ce choix de façon concertée entre tous les acteurs concernés. Cette recherche-formation analysera les travaux de groupes de travail composés de parents-éducateurs et d’administrateurs scolaires dans deux régions du Québec. Ils viseront la production de propositions conjointes pour la gouvernance de cette pratique. Les résultats permettront 1- la modélisation du processus conjoint d’apprentissage et de participation démocratique des acteurs dans une optique de gouvernance réflexive et 2- la production de propositions concertées pour la gouvernance de l’«école à la maison» au Québec.

Résultats préliminaires: https://drive.google.com/file/d/0B0mcj_60xzVJRXZfbHdTcE9ncnc/view?usp=sharing


PROJETS DE RECHERCHE TERMINÉS:

Étude de la gouvernance d’un changement initié par un organisme communautaire autochtone dans le système scolaire québécois

Financement : Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (15 000$) et Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (UdeM-CRSH) (5000$).

Durée: 2015-2016


    Ce projet fut initié par le Centre d’amitié autochtone du Saguenay et soutenu par une entente avec plusieurs partenaires éducatifs régionaux et provinciaux. Il est né d’un désir de revitaliser les langues et les cultures autochtones (innu et atikamekw) au Saguenay et d’y instaurer des programmes éducatifs répondant aux besoins et aux aspirations de la population des jeunes Autochtones vivant en milieu urbain. Le projet d'ensemble a plusieurs volets: 1- volet primaire: école à projet particulier autochtone ; 2- volet secondaire: programme «cultures autochtones-études»; 3- volet  formation générale aux adultes : cours de langues innu et atikamekw ; 4- volet formation professionnelle: DEP en accompagnement dans l’apprentissage des langues et cultures autochtones; 5- volet formation et sensibilisation: formations sur les réalités autochtones pour les intervenants non autochtones ; 6- volet camp d’été : camp de jour pour les enfants autochtones durant l’été. Le premier volet (l'école primaire) vise une implantation dès septembre 2016.

    Plusieurs recherches témoignent de la pertinence sociale de ce type de projet et en particulier, d'une approche de gouvernance ascendante (bottom-up) pour permettre la participation des autochtones à la gouvernance de leur éducation et de l’enseignement de leur langue et de leur cultureL’objectif principal de cette recherche est de décrire le processus d’apprentissage collectif et démocratique des divers acteurs de cette initiative de changement dans la gouvernance de l’éducation québécoise. L’étude du mode de gouvernance et des résultats de cette initiative nourrira le développement de nouveaux savoirs en gestion de l'éducation et du changement institutionnel, pour les communautés des Premières Nations et pour les institutions comme le système scolaire québécois.


Perspectives d'administrateurs scolaires sur la scolarisation à la maison

Financement: Fonds québécois pour la recherche sur la société et la culture (64 000$), Fonds de démarrage UQAT (10 000$), Centre de philosophie du droit de l'Université catholique de Louvain (17 000$)

Durée: 2011-2014

    Il s'agit d'une recherche-formation auprès d’administrateurs scolaires responsables du suivi des enfants scolarisés à la maison dans quatre commissions scolaires. Après avoir communiqué leurs perspectives sur la problématique, en tant qu’acteurs capables de réflexivité sur les possibilités et les limites de leur rôle, ils sont invités à formuler leurs propositions pour la régulation de cette pratique éducative. Cette recherche vise à contribuer au développement harmonieux des interactions entre les parents-éducateurs et les commissions scolaires québécoises, dans l’optique d’une gouvernance réflexive de l’éducation. Elle vise également à décrire le processus d’apprentissage démocratique de ces acteurs institutionnels. 


À la recherche d’un modèle d’organisation pédagogique pour la réussite éducative des communautés autochtones

Financement Fonds de démarrage UQAT (10 000$)

Durée: 2013-2014

    La réussite et la persévérance scolaires représentent actuellement un défi chez les communautés autochtones québécoises. Par ailleurs, plusieurs écrits soulignent l’importance de l’intégration de la dimension culturelle dans l’apprentissage (Baby, 2013; CÉPN, 2009; Cole, Hakkarainen et Bredikyte, 2010; CSC, 2008; MELS, 2003), plus particulièrement par son influence sur la motivation et la participation des jeunes et de leur famille à des activités éducatives. Serait-il intéressant de réaliser cette intégration de la dimension culturelle jusque dans l’organisation pédagogique et sociale de l’éducation? Divers modèles d’organisation pédagogique implantés au Québec et ailleurs, soit les écoles éloignées en réseau, l’éducation intergénérationnelle, les collectifs d’apprentissage en famille, les centres de formation en entreprise et récupération et l’école occidentale régulière ont été évalués par des directeurs d’écoles de communautés autochtones, dans le cadre d’un cours en administration scolaire. Ils ont réfléchi au potentiel de ces modèles en termes d’adéquation aux valeurs culturelles et éducationnelles autochtones et de leur capacité à répondre aux besoins et aux caractéristiques des communautés en matière d’éducation. L'analyse a fait ressortir les forces et les défis de chaque modèle selon leurs commentaires. Des solutions conjuguées ou alternatives ont également émergé de ce travail.   


Vers une pédagogie de la gouvernance

Financement Fonds institutionnel de recherche (UQAT) (3925$)

Durée: 2013-2014

Cochercheurs: Carlo Prévil, Marie-Hélène Poulin, Véronique Landry

Je suis l’initiatrice d’une équipe de recherche multidisciplinaire qui s’intéresse à la «pédagogie de la gouvernance», c’est-à-dire à la production d’un savoir pédagogique pour l’accompagnement de la participation des acteurs dans la gouvernance de divers domaines d’intérêt public. Notre premier projet de recherche visait à décrire la structure de gouvernance d’une commission scolaire, ses forces et ses blocages en termes de participation des acteurs aux processus décisionnels. Les tensions politiques et financières vécues actuellement par les commissions scolaires ont entraîné la suspension de ce projet.


Pour une gouvernance réflexive de l'apprentissage en famille: l'apprentissage de l'action collective par trois groupes de parents-éducateurs québécois

Financement: Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (105 000$), Fondation Trudeau (200 000$), Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke (5000$)

Durée: 2004-2010

    J’ai réalisé une recherche-formation avec trois groupes de parents-éducateurs québécois désireux de faire connaître leurs perspectives et d'élaborer des propositions pour la régulation de leur pratique éducative. Issue de cette recherche, ma thèse doctorale décrit le processus d'apprentissage de l’action collective réalisé par ces groupes. Elle fournit des pistes de développement pour les interactions entre les parents-éducateurs et les commissions scolaires québécoises, dans l’optique d’une gouvernance réflexive de l’éducation. Elle propose un portrait-type du processus d’apprentissage de l’action collective ainsi qu’un programme de formation pour accompagner les collectifs émergents dans le développement de leur capacité à participer à une gouvernance réflexive de leur domaine. 


 L'«école à la maison» au Québec: un premier portrait d'ensemble

Financement: Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (17 500$)Fonds québécois pour la recherche sur la société et la culture (20 000$), Fondation Desjardins (5000$), Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke (3000$), Collectif de recherche sur les occupations

Durée: 2002-2004

    J'ai réalisé une enquête québécoise sur l'éducation à domicile, afin de décrire les familles qui font ce choix, leurs motivations, leurs conceptions de l'éducation et leur expérience. L'enquête a été réalisée au moyen de questionnaires en versions papier et en ligne. Les données quantitatives recueillies et les analyses statistiques effectuées ont donné lieu à des publications scientifiques et à mon mémoire de maîtrise, qui trace un premier portrait sociodémographique et motivationnel des familles qui choisissent l'«école à la maison» au Québec.