La municipalité de Sainte-Claire, dont la population est de plus de trois mille cinq cents personnes, est située sur un territoire d’une superficie de près de 89 kilomètres carrés. Elle se trouve dans la région administrative de Chaudière-Appalaches et fait partie de la municipalité régionale de comté Bellechasse.
La municipalité de Sainte-Claire, traversée par les rivières Etchemin et Abénaquis, nous rappelle le souvenir lointain de la présence autochtone dans notre région : Les Etchemins utilisaient la rivière pour descendre à Québec; les Abénaquis séjournaient chez nous pour la pêche, la chasse et la traite des fourrures. D’ailleurs, le promontoire de la croix illuminée sur le boulevard Gagnon, dite « La butte aux sauvages » était à l’époque, avec sa source d’eau et sa vue imprenable pour le guet, un site exceptionnel pour un campement autochtone.
La paroisse de Sainte-Claire est située sur le territoire concédé à Louis Jolliet, découvreur du Mississippi, le 30 avril 1697 par le gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac et l’intendant Jean Bochart de Champigny. Jolliet trouvera la mort en 1699, sans avoir eu le temps d’organiser et d’administrer sa nouvelle seigneurie, qui demeurera inexploitée pendant un siècle.
La vallée de la rivière Etchemin se développera grâce au dévouement et l’esprit d’initiative de la noble famille Taschereau. En 1781, par héritage, le seigneur de la Nouvelle-Beauce, Gabriel-Elzéar Taschereau, devint propriétaire du tiers de la seigneurie Jolliet, du droit légitime d’arrière-petit-fils de Louis Jolliet. En 1799, à la suite d’une série de transactions, le seigneur Taschereau parvint à mettre la main sur la totalité de la seigneurie.
De 1793 à 1800, la colonisation de cette nouvelle région s’intensifiera et les communications s’ouvriront avec la seigneurie de Lauzon, grâce à la route fixée par le grand voyer en 1801. On verra de nombreuses concessions octroyées par le seigneur Taschereau sur cette terre si longtemps abandonnée et à laquelle il donna le nom de Sainte-Claire, en mémoire de l’épouse de Louis Jolliet, Dame Claire-Françoise Bissot. En 1809, le seigneur Taschereau donna aux habitants un terrain de neuf arpents carrés afin d’y construire une chapelle. Ils nettoyèrent à ce dessein une place au milieu de la forêt sur l’emplacement actuel du monument du Sacré-Cœur. Toutes les huit ou dix semaines, le curé Raphaël Paquet de Saint-Gervais, venait porter les secours religieux à la mission de Sainte-Claire.
De la requête adressée par les colons à l’évêché de Québec, un décret canonique de Mgr Joseph-Octave Plessis érigeant la mission de Sainte-Claire en paroisse parait le 14 avril 1824. Deux jours plus tard, une pétition fut envoyée au gouverneur pour une reconnaissance civile. C’est ainsi que le 13 août 1824, Sir Francis Burton, lieutenant-gouverneur du Bas-Canada, émettait au nom de Georges IV de Hanovre, roi de Grande-Bretagne, le décret civil de la paroisse civile et catholique de Sainte-Claire de Jolliet, devenant la première paroisse catholique romaine civile reconnue par la couronne britannique après la Conquête du Canada.
En 1855, nous voyons la fin du régime seigneurial et la formation du régime municipal. En 1926, le conseil de Sainte-Claire de Jolliet décida de diviser la paroisse en deux municipalités : la municipalité de Louis Jolliet et la municipalité de Sainte-Claire. Enfin, la fusion des deux municipalités se concrétise avec l’enregistrement des nouvelles lettres patentes le 14 septembre 1977 et est désignée sous l’appellation « Corporation municipale de Sainte-Claire ».
Le hameau d’Abénakis est un petit hameau qui est compris dans les limites de la municipalité de Sainte-Claire. Ce hameau se situe à la confluence des rivières des Abénaquis et Etchemin, dans un territoire jadis parcouru par les Abénakis. Dans le magasin Patry, un bureau de poste fut en activité, d’abord sous le nom d’Abénaquis de 1883 à 1892, puis sous la forme qu’on connaît aujourd’hui de 1892 à 1969. À l’origine, ce nom a été attribué à une station ferroviaire du National Transcontinental Railway, futur Canadian National. Selon la mémoire populaire, la maison Patry aurait déjà appartenu à la Compagnie de la Baie d’Hudson, servant de poste pour la traite des fourrures. Cette partie de la municipalité fut aussi le berceau du développement industriel de Sainte-Claire, dû au pouvoir hydraulique de la rivière des Abénakis. Ici, la rivière, après avoir serpenté dans les Appalaches sur une vingtaine de kilomètres, se donne en spectacle en dévalant le dernier kilomètre en chutes, cascades et rapides, avant de se jeter dans la rivière Etchemin.
Que l’on arrive au village par l’une ou l’autre des routes venant des quatre points cardinaux soit de Saint-Anselme, de Saint-Lazare, de Saint-Malachie ou de Sainte-Hénédine, les collines ensoleillées et les vallées ombreuses se déroulent avec splendeur à partir des rives de la rivière Etchemin.
Plusieurs livres ou brochures ont été édités évoquant le récit de la municipalité de Sainte-Claire, dont le dernier produit pour le 200e de Sainte-Claire qui comprend près de 450 pages rédigées par monsieur Yvan De Blois, retraçant la vie de ses premiers colons à aujourd’hui. Ces écrits sont gardés précieusement dans les archives de la municipalité et peuvent être consultés dans un rayon consacré spécialement à cet effet à la bibliothèque municipale.
Pierre-Paul Deblois
Texte tiré du site web de la municipalité (2024) et d’Histoire du Québec. Municipalité de Sainte-Claire dans la région de Bellechasse