Huile sur toile 52 x 72 cm
PREMIER TEMPS : Décrire l’œuvreDescription personelle : ce que vous avez perçu sans réfléchirDescription objectiv de la toile : Une dominante de gris, peu de couleurs, sauf des bleus et touches de jaune et rouge Peu de matière sur la toile 3 temps : 1- des pigments 2- un grattage qui fait ressortir la toile et son apprêt blanc 3- des traits de spatule qui ne couvrent pas toute le toile (rare), et opposés DEUXIEME TEMPS : comprendre l’œuvre 1- Travail sur l’auteur : En quoi est-ce un peintre marqué par toute l’histoire du second XXe siècle ? http://www.gerhard-richter.com/ N’hésitez pas à voir de nombreuses œuvres de l’artiste. -informations sur l’enfance : Famille victime de la guerre, un père obligé de partir dans l’armée et qui revient traumatisé, qui perd son emploi au retour…- information sur sa jeunesse, jusqu’à ses 29 ans : Jeunesse et formation dans l’Allemagne de l’est, en RDA, obligé de travailler selon l’art officiel communiste, très traditionnel. - 1961 : Lors d’un voyage à l’ouest, il voit des œuvres et se décide à quitter la RDA. En mars 1961, il fuit avec sa femme et s’installe en RFA, quelues mois avant que le Mur ne se referme. 2- Mouvement artistique : voir le site http://www.hyperrealism.net/ pour voir des œuvres - un mouvement américain né dans les années 1960, qui veut une rupture avec l’abstraction, et avec l’art conceptuel. - un retour du réel, retour de la technique de la peinture traditionnelle, retour de la figuration- volonté de montrer le réel, sans rien y ajouter, sans parti pris. De mettre en avant des scènes auxquelles on ne fait plus attention- une méthode : de la peinture faite à partir de photographie, ce qui permet de peindre avec une distance de son sujet. - volonté de gros plans, ou d’agrandissements démesurés ce qui permet de dire que les hyperréalistes font souvent aussi de l’abstrait. - peu d’intérêt des critiques d’art, surtout en Europe. - un lien net avec le POP Art : le Pop Art a permis de ramener du réalisme dans l’art, du quotidien, du banal- mouvement qui inspire l’Europe sauf que le travail sur les thèmes, sur les couleurs ou la lumière donne une dimension poétique ou politique ou philosophique. Les artistes européens font un constat et donnent une analyse du monde. 3- Travail sur le cadre voulu par l’artiste : Hyperréalisme ou abstraction ? 4- Pourquoi peindre le 11 septembre 2001 ? Extrait d’un entretien, printemps 2011, par Nicholas Serota Nicholas Serota : Dans le cas de Septembre, aviez vous songé en 2001 à la possibilité de peindre un tableau inspiré du sujet, ou l’idée est-elle venue bien plus tard ? Gerhard Richter : Quatre ans plus tard, à vrai dire. Bien que les images publiées dans les journaux m’aient bien entendu profondément choqué, je ne pensais pas qu’il soit possible de peindre cet instant, […], pour le célébrer comme une méga œuvre d’art. NS : Vous vous êtes donc efforcé de trouver un moyen de traiter le sujet sans le rendre spectaculaire ? GR : Absolument, en me concentrant sur son incompréhensible cruauté et son caractère atrocement fascinant… NS : une fascination visuelle … GR : oui, mais ce n’est pas une œuvre d’art de Ben Laden. NS : A quel moment en avez-vous exécuté les dessins préparatoires ? Immédiatement avant le tableau, ou longtemps avant ? GR : Probablement un an plus tôt, je ne sais pas. NS : Et les dessins sont bien plus grands que le tableau. GR : Ce sont deux dessins différents. Je ne m’étais pas rendu compte qu’ils se rapportaient à ce thème. NS : Vous ne vous êtes pas rendu compte qu’ils ne se rapportaient pas à ce thème ? GR : Non, c’est Benjamin Buchloh qui a vu le rapport. De mon point de vue, il s’agissait tout simplement de deux dessins parfaitement abstraits. NS : Il a donc reconnu la relation qui les liait ? GR : Oui, puis je l’ai vue moi aussi. Je parviens si bien à exclure certaines choses de mon esprit qu’il arrive même parfois de ne pas savoir ce que je fais. Il m’est déjà arrivé d’oublier complètement des photographies d’évènements terribles, de meurtriers ou de victimes, que pourtant j’avais peintes. Cela a peut-être un côté positif. NS : Parce que même si vous abordez un sujet très fort, il doit à un certain moment vivre et évoluer en tant que peinture. GR : en tant que peinture, absolument, pas en tant que spectacle ou en tant qu’illustration. Dans Panorama, ed. Centre Pompidou, 2012. TROISIEME TEMPS : ANALYSE et SYNTHESE :En quoi c’est une peinture d’histoire, d’un moment historique 1- Est-ce un tableau hyperréaliste ou plutôt abstrait ? Le travail est réaliste par certains côtés.Abstrait surtout grâce au cadrage et au flou, ui sert à mettre de la distance Le gris dominant montre le manque de réalité de la scène. 2- Qu’ajoute Richter pour achever sa toile ? Pourquoi ? Par les coups de raclette ou de spatule, il met un rideau de matière entre la scène et le spectateur. C’est encore une distance qu’il impose. IL ne veut pas de voyeurisme. En plus les traits font comme des marques de BD impliquant la vitesse. Comme ils vont dans les deux sens, ce sont des marques contraires qui montrent l’opposition. 3- Quel sens donner à ce nuage gris ? Le grand nuage gris qui couvre un quart de la toile permet d’évoquer le massacre, la mort, sans la montrer. Richter a toujours cherché à témoigner des massacres du XXe siècle, sans y arriver. Il choisit aussi de ne pas mettre de couleurs vives pourtant présentes dans l’incendie. C’est le gris de la distance qu’il impose. 4- Pourquoi le tableau est-il de cette taille, assez petit en fait ! Il a la taille d’un écran de télévision. Richter oppose ainsi une peinture, image fixe face à un moment hyper médiatique, vu partout dans le monde en temps réel. C’est une entrée dans le drame, mais de manière intemporelle, et sans le coté hypnotique, voyeuriste des images télévisées. 5- Pourquoi peindre le 11 septembre 2001 ? Ce sont des images dans toutes les têtes des contemporains. Il veut dépasser l’image du massacre pour en faire un moment artistique, mais digne et retenu. Il veut témoigner et faire entrer dans l’art intemporel que permet la peinture un moment d’histoire : c’est le premier jour du XXIe siècle, un acte qui fait basculer le monde. QUATRIEME TEMPS : quelle est l’importance du 11 septembre ?- Entre 9h03, moment du second impact et 9h58, moment de l’effondrement de la tour Sud, la seconde attaquée- Un bâtiment emblématique de la puissance américaine, World Trade Center. - Un emblème de la mégalopole américaine. - Beaucoup d’entreprises travaillant pour la Bourse de Wall Street. - 3000 morts- Une attaque directe du sol américain, des américains tués sur leur sol. - Un attentat spectacle voulu par Al-Qaïda, un attentat relayé par toutes les télévisions du monde en direct- Un attentat qui montre la position fragile des États-Unis comme seule puissance mondiale. - Un choc mondial : le terrorisme comme œuvre de destruction immense, l’existence de mouvements terroristes aussi puissants et organisés. - Des conséquences de taille : - attaque avec la coalition de l’ONU de l’Afghanistan en 2001, c’est la base arrière du mouvement terroriste - attaque sans l’ONU et avec peu d’alliés de l’Irak, sous le prétexte que c’est un pays dangereux. Mais les Etats Unis, veulent avoir la main sur leur pétrole - irruption de l’Islamisme (vision très particulière de la religion de l’Islam) et une opposition de ces groupes face à la mondialisation de la culture.