Comité de soutien à Jean-Marc Deperrois

 Gruchet-Le-Valasse

 Vous souvenez-vous de l'affaire de  "la Josacine empoisonnée"?


                     Si vous interrogez les gens sur les événements de l'année 1994, la plupart se souviennent de cette affaire de Josacine empoisonnée au cyanure, du tragique décès d'une petite fille de neuf ans, Emilie Tanay, du rappel du médicament dans tout le pays, de l'affolement des familles téléphonant avec angoisse à des centres d'accueil téléphonique débordés ... Cette affreuse affaire commence avec le décès d'une enfant, et l'immense chagrin de tous les siens. Nous ne les oublions jamais !


                    Certains se souviennent aussi  du procès qui se tint trois ans plus tard à Rouen. Jean-Marc Deperrois, maire adjoint de la petite commune de Gruchet-le-Valasse, comparaissait pour assassinat. D'après l'hypothèse de l'accusation, il aurait voulu empoisonner Jean-Michel Tocqueville, le mari de sa maîtresse, en empoisonnant un flacon de Josacine 500 trouvé chez ce dernier, et qui appartenait en fait à Emilie, invitée dans la maison pour le week end


                 Il n’y avait "pas de témoins, pas d’aveux, pas de preuves", selon les termes mêmes de l’avocat général Marc Gaubert, mais des témoignages contradictoires, des invraisemblances, et au terme des débats une condamnation qui a fait couler beaucoup d’encre. Il a semblé à bien des observateurs que le verdict, faute de certitudes, avait été commandé par l'émotion de tous devant ce drame. 


                 A l’époque, la possibilité de faire appel d’un jugement n’existait pas en Cour d’Assises. Des milliers de personnes, par lettre, ont manifesté leur colère et permis la naissance d’un comité de soutien. De son côté, Jean-Marc Deperrois, révolté par l’injustice  dont il faisait l’objet, s’est donné un unique objectif : prouver son innocence et obtenir la révision de son procès.


                 Parmi les lettres de soutien, il y eut celles de deux universitaires, agrégés de chimie, étonnés des résultats des analyses chimiques présentées au procès : elles ne leur paraissaient fondées que sur des hypothèses incertaines et non vérifiées. Ils ont alors sollicité le Professeur Rosset, universitaire de renom et expert auprès de la Cour de cassation. Ses conclusions ont confirmé et même amplifié leur point de vue : le cyanure présent dans le flacon de Josacine, ancien et dégradé, n'avait aucun rapport possible avec un cyanure neuf comme celui que Jean-Marc Deperrois avait acheté un mois avant le drame.

    

                Dans le même temps, Jean-Michel Dumay, chroniqueur judiciaire au journal le Monde,  entreprend la lecture méthodique du dossier. Au hasard d’écoutes téléphoniques effectuées par les enquêteurs, il achoppe  sur une conversation entre Jean-Michel Tocqueville (le mari prétendument visé) et son ami Denis Lecointre, employé d’ORIL, société où l’utilisation de cyanure de sodium est courante. Leur échange comporte les mots suivants : « Il faut qu’on sache, hein! - Ouais Ok !  - Il faut qu’on sache !  [...] Parce que t’a l’heure tu vas passer heu, à la télé, toi, avec ton produit qu’t’as mis dans la Josacine ! » 

                Ces propos tenus par deux protagonistes du drame martèlent  l’esprit du journaliste.  En novembre 2002, le journal Le Monde fait paraître une contre-enquête proposant l' hypothèse d'un accident domestique camouflé après coup: l'enfant aurait avalé par erreur un liquide cyanuré présent dans la maison, (destiné peut-être à tuer les souris) ; pour cacher ce tragique accident,  quelqu'un aurait empoisonné la Josacine après le décès de la petite. 

                Cette hypothèse sera reconnue plausible quelques années plus tard par la justice, sans que Jean-Marc Deperrois obtienne pour autant la révision de sa condamnation.

                

            A mi-peine, au terme de la loi, Jean-Marc Deperrois pouvait demander à bénéficier d'une libération conditionnelle. Mais il aurait fallu, pour l'obtenir, qu'il reconnaisse les faits, ce à quoi il se refusait absolument. L’homme condamné par erreur n’a que trois mots à la bouche depuis le début : «Je suis innocent !», et il est absurde d’attendre de lui qu’il reconnaisse ce qu’il n’a pas commis. Il restera donc deux ans de plus en prison et ne sera libéré qu'en 2006. 


            En avril 2005, une première requête en révision est refusée, les résultats des analyses chimiques et l'enregistrement de l'écoute téléphonique n'étant pas considérés comme des "éléments nouveaux".


           La deuxième requête en révision a été refusée le 10 février 2009. Elle se basait, entre autres, sur le fait qu'un mélange cyanure + Josacine dégage normalement une odeur d'ammoniaque,  ce qui n'était pas le cas du médicament d'Emilie le soir du drame : il ne sentait absolument rien d'anormal alors que la petite était déjà dans le coma. 


            En avril 2012, rejet de sa requête devant la CEDH (Cour européenne des Droits de l'Homme)

        

            Le 11 décembre 2009, au terme exact de ses trois années de libération conditionnelle, Jean-Marc Deperrois s'est exprimé aux journaux télévisés de 20 h sur TF1 et F2, et à la radio dans l'émission "Café-crimes" de Jacques Pradel : "J'ai décidé de parler aujourd'hui parce que je veux dire que je suis innocent" . 

Son combat continue ...

 

Comité de soutien à Jean-Marc Deperrois    

BP 29 - 76210  Gruchet-le-Valasse     

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