Chorégraphie : Carolyn CARLSON
Musique : René AUBRY
Décors et costumes : Olivier DEBRE
Danseurs : Marie-Agnès GILLOT, Kader BELARBI et le ballet de l'Opéra National de Paris.
Lieu : Opéra Bastille, Paris
Nature de l'oeuvre : Ballet
Courant artistique : Danse contemporaine
Domaine artistique : Art du spectacle vivant
Ce spectacle est né du désir d'Olivier Debré de traduire en peinture les évocations que lui inspire le sourire, premier d'entre les signes. A partir de ces peintures flamboyantes, Carolyn Carlson a mis en mouvement les danseurs sur une partition originale de René Aubry.
Ce ballet est composé de sept tableaux : signe du sourire, Loire du matin, Mont de Guilin, les moines de la Baltique, l'esprit du bleu, les couleurs de Maduraï, victoire des signes.
Ces tableau abstraits s'inspirent de différents lieux du monde : la Loire (le matin), et les Mont de Guilin (en Chine, les moines de la Baltique (symphonie crépusculaire en rouge et noir) et les couleurs de Maduraï (en Inde). Ils nous plongent dans des territoires picturaux aux couleurs tantôt solaires et profondes, tantôt tendres et mouillées.
La violence et le choc des formes colorées, des lignes et des cernes créent continuement une symphonie d'éclats et d'oppositions, de sensations émotionnelles : "Ce n'est pas ma volonté qui intervient, mais l'émotion qui me domine. Je ne suis sincère que dans le choc, l'élan", précise le peintre.
La danse évolue au fil du ballet, fluide et légère, virile et enlevée, puis sensuelle enfin. Passant de la technicité classique à l'épure contemporaine, le travail de Carolyn Carlson pose des signes-personnages sur les signes-paysages d'Olivier Debré. Il s'agit de dématérialiser la forme pour n'obtenir plus qu'un geste, une sensation.
De l'inflexion des doigts, jusqu'à la pointe du talon, dans l'arc tendu des épaules, dans le port du cou : tout fait signe. Avec une grâce et un amour parfois explicite ( quand Kader Belarbi pastiche Chaplin par exemple, dans "Loire du Matin")
Le temps semble recomposé : une lenteur absorbe toute idée de précipitation ou d'agression.
En outre, il y a aussi l'exaltation du groupe qui fait corps : c'est l'expression brute de l'énergie vitale, c'est l'eurythmie des alignements des danseurs, l'exaltation sereine d'une assemblée fluide et solennelle, jusqu'en son terme, suspendu, hors du temps. Comme le précise la chorégraphe, elle fait de la danse, une poésie du mouvement, de l'espace du temps.
Signes est une composition plastique et vivante, rythmée par la partition de René Aubry. Sa musique récompensée aux Victoires de la musique de 1998, nourrit l'effet atemporel de la composition . Aux sonorités traditionnelles s'ajoutent des effets électroniques qui replacent la création dans une dimension cosmique.
Ce ballet montre une symbiose entre la couleur, la danse et la musique, c'est la fusion entre le geste pictural, la musique et la danse. Signes est une chorégraphie lyrique, un hymne à la vie, au souffle premier, à l'harmonie. Les toiles des sept
tableaux forment un espace sans limite, particulièrement suggestif, où s'épanouissent les corps en mouvement. C’est une ode à la pureté, à la beauté et à l’entente jubilatoire des arts.