Jeudi 12 mai chez Myriam à 20h30 film + débat sur Aurovillee en Inde
l’expérience d’une autre manière de vivre ensemble : l’utopie réalisée ?
Il y a une semaine déjà, nous avons projeté un documentaire sur Auroville (voir photos en pièces jointes). Et j'ai pu constater que de nombreux sélistes, non seulement connaissaient, mais étaient allés sur place !!! Micheline et Florence n'ont pu venir mais Mireille nous a fait part de son expérience et Micheline nous a laissé un texte dans le document ci-dessous.
Pour ma part j'ai retenu que le spirituel tient une très grande place, le but est humaniste "faire émerger un homme nouveau", pour ce faire le politique et l'économique sont organisés spécifiquement, par exemple il n'y a pas de salaire, au magasin, on ne paie pas.... Evidement tout cela porte à certaines controverses!.... Le mieux étant d'aller se faire une opinion sur place.... Qui est partant ?
L’ashram d’Auroville a été créé en Inde au XXème siècle par Sri Aurobindo et Mère comme lieu communautaire d’échange d’amour entre les résidents, lieu « idéal » pour parvenir à la mutation qu’ils ont nommée : « l’homme supra mental ».
Le livre « La genèse du surhomme » a été écrit par Satprem qui a vécu avec Sri Aurobindo et Mère. Il explique leur pensée au sujet de l’évolution de l’humanité. De nombreux autres livres sont disponibles sur ce sujet.
L’idée de ces quelques lignes est d’ouvrir au désir d’en savoir plus :
Sri Aurobindo parle de l’homme « supra-mental », il évoque un changement de regard sur le monde, pour capter l’unité de ce qui nous entoure, ce qu’il appelle « la vérité ».
Page 6 : « Il existe un avenir plus merveilleux que tous les paradis électroniques du mental… le sommet de l’homme est dans quelque chose d’autre qu’il aspire à devenir… L’homme est un être de transition…C’est ce point de mutation qu’il nous faut trouver… »
Page 10 : « Ce que nous prenons par un affreux désarroi et un grand arroi de puissances nouvelles… »
Il s’agit de décrocher de la mécanique du mental par petites touches, en observant les détails en regardant les coïncidences. C’est une façon de lâcher l’ego pour entrer dans la loi du rythme, s’accorder, comme en musique à la vibration du moment.
Règles :
1. « tout va dans le même sens », il n’y a pas de négatif. Le moi est nettoyé pour cesser de penser sous la forme « c’est bien ou c’est mal, c’est utile ou nuisible, permis ou défendu, il faut expliquer et comprendre… » Ce moi nettoyé du poids du mental pense mais perçoit aussi en permanence la qualité d’être, la musique intérieure.
2. « la vérité est partout », il suffit de la regarder. Un jour un homme préhistorique a regardé une branche, une liane et un silex, il les a réunis et a construit un arc. L’homme actuel passera à l’homme « supra mental » le jour où il saura percevoir le monde à travers son être vibratoire, en s’accordant à la vibration de l’énergie qui met en mouvement le monde, l’homme verra la lumière qui est au cœur de chaque cellule des objets, des animaux et des végétaux qui nous entourent. Les cellules de son corps se mettront à capter le monde autrement, « c’est un fait organique ».
- ce n’est pas la voie de l’effort : c'est-à-dire vibrer sur des plans de conscience plus subtils comme les « saints », ni faire des exercices ou méditer, se priver.
- c’est la voie ensoleillée : c’est changer le fonctionnement de la cellule du corps. C’est un mouvement collectif qui est déjà en marche, c’est tout le monde ou personne. Il s’agit de s’arrêter 1.000 fois par jour pour être là, et s’accrocher aux gouttes de lumière, ouvrir sa conscience.
L’évolution n’est ni morale ni ascétique, elle est.
Il a fallut tout ce temps d’erreurs successives pour arriver à une saturation et une accélération. C’est l’espèce en mouvement.
Nous sommes passés de l’âge de vérité des Brahmanes (le front), à l’âge des guerriers (le cœur), puis celui des marchands (le ventre), puis l’âge noir (le sexe, la matière) qui est aujourd’hui. Le prochain âge est celui du « supra mental ». Soit nous nous perdrons dans la matière, soit nous la transformerons.
Page 54 : « C’est un fonctionnement très humble…quelque chose qui s’attache au moindre détail ».
Il s’agit de lâcher l’habitude de s’entre dévorer, nos secondes se peuplent d’éternité, appeler le nouveau monde le fait naître. Ce n’est plus « moi dans un corps », mais « un corps dans moi ».
3. le mouvement de la vie se fait du dedans vers le dehors :
Un coup sur un doigt fait naître un trouble intérieur, pour ce nouvel homme un trouble intérieur fait naître un coup dans la matière. Ce n’est pas un pouvoir prophétique ou de guérison, c’est une résonance avec chaque chose, chaque être, chaque mouvement. Le hasard est transformé en concordance.
Le monde est créé de la joie et pour la joie. Pour l’homme préhistorique une pépite d’or ne représentait rien. Pour nous il s’agit de voir ce qui est déjà visible ! Le paradis est déjà là sur terre.
4. creuser la seconde qui passe totalement
Regarder le quotidien en laissant le douloureux sans s’attarder, pour découvrir un « oui » partout. Nous ne cherchons pas, nous sommes cherchés par cette découverte, nous n’avons rien à faire, simplement « nettoyer » notre instrument, notre « ego ».
Platon parlait déjà de l’illusion du monde, il s’agit d’une sorte de naissance.
Cette ouverture d’énergie se fait par la gorge, l’habitude et le refus d’y croire représentent comme un béton armé qu’il est possible d’assouplir. Il s’agit de se laisser déranger.
5. la pensée est créatrice
Nos pensées positives nous mettent dans des ouvertures positives, des rencontres qui nous font du bien.
Page 235 : « Un jour tous les nerfs, tissus, cellules que nous avons démécanisés, purifiés, délivrés de leur engorgement d’inconscience, deviendront les libres chenaux de la Force supramentale et irradieront notre corps des lumières de l’Esprit, de la Joie de l’Esprit… transmuant le corps grossier… comme la cosse de la cytise éclate et livre sa cascade d’or. »
Ecrit à Pondichéry
Entre le 20 août et le 13 novembre 1970