Depuis le mois d'octobre, l'héroïque ville d'Arras, sur laquelle les projectiles allemands se sont acharnés, a compté chaque jour de nouvelles et cruelles meurtrissures. Les rues sont désertes, les maisons muettes. Et pourtant trois mille habitants sont encore là qui attendent patiemment la fin de leur long cauchemar, car leur confiance est inébranlable. Ils vivent sous terre comme les soldats dans leurs caves. Cette vue intérieure de la gare, misee en état de défense, donne une idée exacte de la situation actuelle de la ville.
Dans la gare en partie détruite, s'élèvent des barricades de pavés a meurtrières
Il est difficile de se faire une idée, même approximative, de la somme de patience et de souffrances, de privations et d'endurance qu'il a fallu aux défenseurs d'Arras pour résister. La ville est considérée comme imprenable. On estime que les généraux allemands devraient sacrifier au moins 20.000 hommes pour réussir. Un tel chiffre demande réflexion, aussi nos soldats sont-ils sûrs d'eux-mêmes. C'est avec sérénité qu'ils attendent de nouvelles attaques et cette perspective ne leur fait pas perdre leur bel appétit.
Le buffet de la gare sert aujourd'hui de salle a manger a des soldats