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Qui est Jean Debruynne ?

Prêtre de la Mission de France, après avoir été cheminot, tôlier-formeur, sociologue, il est devenu journaliste. 
Sa rencontre avec Jacques Prévert lui a donné la passion des mots et de la poésie. Il prétend que l'on n'écrit pas avec des idées mais avec des mots. Ayant fait " l'école d'éducation par le jeu dramatique " dirigée par Jean-Louis Barrault, il est convaincu que la scène est un carrefour d'humanisation de l'Homme.

Auteur de nombreux chants et chansons avec Raymond Fau, Gaëtan de Courrèges, Jean-Pierre Bonsirven, Jo Akepsimas, Mannick, Jean Humenry, le groupe " Nomade " et bien d'autres, il a publié de nombreux ouvrages de poésie, des romans, des livres pour enfants, des approches et des lectures de l'Evangile.

A la retraite, il a continué sa profession de journaliste comme bénévole au magazine Vermeil, au service des retraités.

Jean Debruynne est l'auteur d'un certain nombre de
spectacles, dont la plupart ont été mis en scène par Francis Morane, Sandra Solov, Pierre Chabert et Françoise Parmentier.
Auteur, entre autre, du jeu scénique de Gerland, à l'occasion de la venue du pape Jean-Paul II à Lyon et du spectacle du Trocadéro aux JMJ de Paris, Jean Debruynne a également à son actif de nombreuses productions audiovisuelles, notamment avec Jean-Pierre Vanhecke.

Sa casquette de marin pêcheur lui donnait cet air de navigateur qu’il était, à sa manière, devenu. La canne qui, ces dernières années, soutenait parfois son pas, disait sa fatigue, due à un cancer, mais aussi son désir de poursuivre le voyage, d’escale en escale. « Quatre-vingts ans, confiait-il d’ailleurs en mai 2005, alors qu’il fêtait, entouré de nombreux amis, son anniversaire, ce n’est pas un sursis ni une prolongation, ni un crédit accordé en prime. Quatre-vingts ans, c’est une naissance. »

À 80 ans, ajoutait-il, « je suis libre d’aller bêcher, ratisser, semer, arroser le jardin de l’Évangile ». Jean Debruynne s’est éteint samedi 8 juillet au Liban, où il séjournait depuis trois semaines pour un spectacle qu’il avait écrit et qui devait être donné pour les 7 000 ans d’existence de Byblos. Sa santé s’étant dégradée la semaine dernière, il avait dû être hospitalisé à Beyrouth.

Prénommé en réalité Jean-Baptiste, il était né en 1925 à Lille. Son père était originaire de Stenwoorde, en bordure de la frontière belge. Sa mère était alsacienne. Des précisions utiles, car Jean Debruynne avait sans doute hérité d’eux son caractère «un peu frontalier». Son enfance fut, comme on dit, «sans histoire». Certes, il n’aimait pas l’école. Quant à l’Église, elle lui apparaissait une autorité, un pouvoir, et les prêtres, dont certains étaient aussi ses professeurs, lui faisaient peur, ce qui a sans doute pesé dans ses rapports futurs avec l’institution. Ce qu’il aimait alors, c’étaient ces temps de solitude où il pouvait laisser aller son imagination, rêver de lointains.

C’est à l’adolescence que la vie de Jean Debruynne va basculer. Avec la guerre, la famille s’installe dans le Lot-et-Garonne. Il y fait l’expérience de la pauvreté et l’apprentissage de la différence. Il quitte en effet la ville pour la campagne, des églises pleines pour une église pratiquement vide. C’est pourtant là, sur ces terres où apparemment Dieu est absent, qu’il se sent appelé. « Ma vocation, dira-t-il plus tard, est née de l’absence, du désert où Dieu n’est pas. Le rien est devenu pour moi sacrement de la présence de Dieu. »