Prix 2014 "Bonheur"

Ce matin bien avant l’heure

Retrouvez l'émission "C'est aussi de l'info" sur RCF :

interview de Jacques Carton qui présente l'association et le prix Jean Debruynne

et de Jorge- Mario Agudelo-Echeverry, lauréat du prix 2014 (de la 24ème à la 29ème minute, puis de la 30ème à la 47ème minute).

Les lauréats 2014

Étudiants à l’École nationale supérieure des arts de la marionnette,

Perrine Capon,

Jorge Mario Agudelo,

remportent le prix Jean Debruynne 2014 pour la poésie «Le marchand de bonheur».

«Aujourd’hui, beaucoup de personnes sont porteuses de bonheur, affirment Perrine et Jorge- Mario.

Ce sont souvent des gens d’une grande simplicité.

Nous avons rencontré Mimi, une personne âgée qui écoutait tranquillement de la musique avec son poste radio dans une rue piétonne de la ville. Elle nous a touchés et fait penser au texte de Jean Debruynne que nous venions de lire:

«Ce matin, bien avant l’heure…».

Nous avons rédigé la poésie «le marchand de bonheur», texte que nous avons remis à Mimi, notre amie porte-bonheur !».

Ecouter l'oeuvre !

Salon du livre

Samedi 21 mars 2015

Remise du Prix Jean Debruynne

à Perrine et Jorge,

les lauréats du prix 2014

au stand des Presses d'Ile de France

Ce matin bien avant l’heure

Dans la rue de la Butte aux Cailles

Et bien avant qu’il ne s’en aille

J’ai croisé le marchand de bonheur.

Il ne portait ni beaux atours

Ni grand chapeau à plumes blanches

Ni pourpoint de fête ou jabot du dimanche

Il s’habillait de tous les jours.

Essoufflé comme s’il avait couru

Ne roulant ni en limousine

Ni en coupé ni en berline

Il marchait à pied dans la rue.

Je n’en suis toujours pas revenu

Il ne roulait pas en carrosse

Le marchand de bonheur, comme un gosse

Dans la rue marchait pieds nus.

Jean Debruynne

Extrait de: Ces canailles de la Butte aux Cailles

Arcadia Editions

L’œuvre primée

"Le Marchand de Bonheur"


Poème de Perrine Capon, et Jorge Mario Agudelo,

Le marchand de bonheur,

Dis moi où je le trouve,

si c'est un clown,

ou s'il vend la confiture...

Le marchand de bonheur,

Dis moi où je le trouve,

et-comme il sera vêtu,

tu dis qu'il sera pieds-nus?

Le marchand de bonheur,

dis-moi où je le trouve,

quelle fenêtre j'entrouvre,

à quelle porte sonner

ou à qui je peux demander.

Le marchand de bonheur,

dis-moi où le chercher!

Il n'est pas dans les supermarchés

mais je n'crois pas qu'il soit caché

Le marchand de bonheur,

c'est le monsieur

qui vend la menthe au marché?

Tu sais, cette dame-là, oui

qui s'appelle Paula, Monique;

Fatou, ou Jésus Christ

qui est assise rue de la République

près du distributeur automatique...

Tu sais, cette dame là, tu vois,

la toute petite, la très âgée,

celle qu'on ne voit presque pas,

la minuscule, la si fripée …

Tu te souviens, quoi !

De son petit poste à musique

crachant mélopées et rythmiques,

et de sa voix gueulant à tue-tête

sur le son des-cassettes.

Tu te rappelles, non

ses yeux fermés et la beauté

de son indifférente tranquillité

elle, barbouillant de chansons

les pavés, les murs, les piétons

à tout va et surtout à tout prix

«gratuit, gratuit, gratuit! »

Je dois te dire, cette dame-là,

au milieu du vacarme économique,

des oublie-tout, des trucs pratiques

elle manquerait si elle n'y était pas