Prix 2017 "L'Attente"

Et notre lauréate 2017 est:

Laurène KLEM

Concours Jeunes Créateurs 2017

Pour la huitième année, l’association Jean Debruynne: "En Blanc Dans le texte"

L’association Jean Debruynne – En blanc dans le texte, s'est réunie en Assemblée générale, et a remis un chèque de 1 000 euros à une jeune nancéenne de 28 ans, Laurène Klem, pour son poème « Méditation » (site : http://www.ebdt.fr.).

Animatrice au Village du Livre de Fontenoy-la-Joûte, près de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), la lauréate a suivi des études dans l’ingénierie de projets culturels et s’occupe de l’organisation de manifestations, d’activités scolaires et …d’un concours d’écriture ! Elle est également administratrice dans une association langroise « Autre Moitié du Ciel », qui organise des événements autour des mots et de la poésie. Tout convergeait pour Laurène à participer au concours des Jeunes créateurs 2017 découvert sur Facebook, inspirée par un poème de Jean Debruynne sur l’ATTENTE : « Attendre n’est pas une parenthèse, c’est un choix qui entre à pied dans l’avenir … Celui qui attend est un veilleur » (Visages-Z’éditions, 1991).

« J’ai trouvé le texte proposé d'une grande actualité, confie t-elle, à une époque où l’information circule à la vitesse de la lumière sur nos appareils connectés. Je pratique la méditation depuis deux ans, tous les matins. C’est un temps pour soi pour se recentrer sur son souffle et où on laisse passer les pensées et les émotions sans s’y arrêter … Un exercice difficile, mais enrichissant, qui permet à la, fois de retrouver son intériorité et de mieux se lier au monde qui nous entoure en profitant de l’instant présent ».

Une jeune créatrice qui en est à son premier essai pour un concours et très heureuse de l’avoir gagné pour fêter le Prix, dans un premier temps, avec ses amis !

Le Prix Jean Debruynne récompense, valorise et soutient des jeunes créateurs âgés de 16 à 30 ans. L’association a pour vocation de rendre vivant les écrits de Jean Debruynne (auteur, chroniqueur, scénariste, parolier et prêtre de la Mission de France), mais aussi de permettre à des jeunes de s’exprimer par l’écriture, la poésie et l’expression musicale. Thème pour 2018 : « Marcher ! »

pour son poème

"Méditation"

Assise en tailleur sur le sol

Elle forme un lotus éclos

Les yeux fermés

La respiration régulière

Le temps s’arrête

Silence.

Dans son paysage mental

Une vaguelette se forme au loin

Une parole issue des méandres de sa mémoire

Insidieuse pique échappée d’une boîte de Pandore

Elle charrie les débris d’anciennes douleurs

Encouragée par les nuées chargées d’angoisse.

La colère monte monte

Alors que tonnent les battements de son cœur,

Puis la fureur déferle

Par une lame qui perce la paroi de son âme

S’abattant sur son esprit ensablé

Inconscient du ressac de ressentiment

Qui fait couler

Deux larmes sur les dunes de ses joues.

Mais ; elle attend

Que la tempête passe

Phare dressé au milieu de la tourmente

Elle éclaire les éléments déchaînés

Et observe le courant de ses pensées.

Patience.

Elle laisse la lumière dissiper les ombres du doute,

Aperçoit les trouées de ciel bleu

Formés par un espoir grandissant.

Une accalmie s’installe alors au rythme de son souffle

En balayant les derniers nuages noirs irascibles.

La colère descend, descend

Fait apparaître les remords à la dérive

Vite engloutis par les nouvelles vagues

Nées d’une brise de compassion.

Soulagé, le phare éteint son faisceau

Mais contemple la beauté de cette marine

Savourant l’instant présent

Et la félicité d’une paix retrouvée.

Laurène Klem reçoit le Prix Jean Debruynne pour son poème : ″Méditation ″


"Attendre n'est pas une parenthèse

c'est un choix de vivre qui entre à pied dans l'avenir".

Celui qui attend ne sait pas ce qui l'attend sinon il aurait rendez-vous.

Celui qui attend est un veilleur.

Il espère.

Il refuse de ne plus espérer.

C'est un subversif

Le désespoir ne peut rien contre lui.

Il espère justement parce qu'il n'a plus d'espoir.

Ceux qui se contentent d'attendre des trains, des métros ou des autobus ne savent pas ce que c'est que d'attendre.

Ils n'éprouvent que l'impatience.

Ils n'attendent pas. Ils s'énervent.

Il reste à apprendre le métier de guetteur

VISAGES. Jean Debruynne, © Z'éditions -Debruynne 1991 p12