Le vol de l'Aigle

mise à jour du 23/11/2022

Le Vol de l'aigle est l'expression usuellement consacrée au retour de Napoléon Ier depuis l'île d'Elbe, entre le 1er et le 20 mars 1815.
Le départ des sept navires a lieu le 26 février vers 21 heures.
La flotte anglaise, mise en alerte par le capitaine Ady, du Partridge, se met en route le 26 dans l'après-midi mais ne peut l'intercepter.

Napoléon souhaite reconquérir son trône « sans verser une seule goutte de sang », il espère donc que les Français le rejoignent massivement.

Son trajet passe par les Alpes, puis Grenoble, Lyon, Autun, Avallon, Auxerre, Fontainebleau et enfin Paris.

1er mars : Golfe-Juan

ICIDEBARQUANAPOLEONEN. 1815 .

Le débarquement a lieu le 1er mars à 13 heures.
Napoléon est accompagné d'à peu près 1 200 hommes, et envoie un détachement composé de 25 soldats pour prendre Antibes, mais la ville refuse de se rendre et fait prisonniers les soldats.

Bonaparte est déclaré « traître » et Louis XVIII rassure les diplomates étrangers.
Dans le même temps, l'empereur d'Autriche apprend le retour de Napoléon.
Il effectue également le choix de son itinéraire, renonçant à passer par la vallée du Rhône en raison des importantes garnisons qui s'y trouvent mais aussi de l'opinion provençale, majoritairement royaliste

Depuis Golfe-Juan, Napoléon s'adresse aux soldats, il leur demande d'arracher tous les drapeaux blancs,
les faire remplacer par la cocarde tricolore, ensuite il annonce son parcours qui le mènera à Paris

L' Aigle, avec les couleurs nationales volera de clochers en clochers jusqu'aux tours Notre-Dame.

Notre-Dame : un clin d'œil aux Misérables (chapitre XI, palais de justice d'Arras) de Victor Hugo

"Cochepaille, tu as près de la saignée du bras gauche une date gravée en lettres bleues avec de la poudre brûlée.
Cette date, c'est celle du débarquement de l'empereur à Cannes, 1er mars 1815. Relève ta manche.
Cochepaille releva sa manche, tous les regards se penchèrent autour de lui sur son bras nu.
Un gendarme approcha une lampe; la date y était."

Le malheureux homme se tourna vers l'auditoire et vers les juges avec un sourire dont ceux qui l'ont vu sont encore navrés lorsqu'ils y songent.
C'était le sourire du triomphe, c'était aussi le sourire du désespoir.

     - Vous voyez bien, dit-il, que je suis Jean Valjean.

nuit du 1er au 2 mars : Cannes

Faute de clocher sur la plage du Soleil, de Golfe-Juan, qui n’était qu’un groupement de cabanes de pêcheurs, le premier clocher que l’Aigle trouva sur son chemin
et d’où il prit son envol fut celui de Cannes.
Aux abords de l'auberge Jacomin, Napoléon attendit d'abord des nouvelles de Cambronne, parti en avant-garde sur Cannes;
il attendit aussi le lever de la lune.
Il donna l'ordre du départ après 11 heures. La nuit était claire, le chemin aisé. 

 bivouac de Napoléon revenu de l'île d'Elbe, près de la chapelle Notre-Dame
1er au 2 mars 1815
archives municipales de la ville de Cannes

ICI

SUR LES DUNES AVOISINANT
L’ANCIENNE CHAPELLE
N.D.DE.BON.VOYAGE

NAPOLÉON

REVENU DE L’ÎLE D’ELBE
BIVOUAQUA
DANS LA NUIT DU 1ER AU 2 MARS 1815
AVANT DE S’ÉLANCER
VERS PARIS
PAR LE PÉRILLEUX CHEMIN DES ALPES

*     *     *     *     *

ce chemin devenu voie touristique a reçu par
les soins des syndicats d’initiative des régions
traversées le nom de

ROUTE NAPOLÉON

CETTE INSCRIPTION A ETE APPOSEE PAR LES SOINS DU SYNDICAT D’INITIATIVE DE CANNES

2 mars : Campe sur le plateau de Roccavignon.
Napoléon marche, le bâton à la main et fait une pause à Saint-Vallier-sur-Thiey.
Halte à Escragnolles, étape à Séranon.

3 mars : Castellane, nuit à Barrême.

4 mars : Digne-les-Bains

Napoléon a pris la route du Dauphiné, l'actuelle Route Napoléon, pour gagner Paris, route jugée plus sûre que la vallée du Rhône réputée favorable aux royalistes.
Le samedi 4 mars, l’Empereur atteint Digne, patrie de Pierre Gassendi, tout au début de l’après-midi et va s’attabler à l’auberge du Petit-Paris, cours des Arès.
L'auberge porte depuis le nom de restaurant du Grand Paris. La foule s’amasse, curieuse et peu enthousiaste.
Tandis que l’on trouve un imprimeur qui accepte de composer et de tirer la proclamation de la « Garde Impériale à l’Armée ».
(Extrait de « Histoire de Napoléon Bonaparte » par André Castelot).

La proclamation, imprimée le 4 mars, restera datée du premier mars 1915 et indique comme lieu en en-tête « Au Golfe-Juan ».
Passe la nuit au château de Malijai.

source : bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr)

5 mars : Gap

Franchit la Durance et arrive à Sisteron.
Le soir, il arrive à Gap entouré d'une foule enthousiaste.

C'est le moment pour aborder la récurrence de la communication sous forme visuelle et sonore.

Le chant du coq annonce la levée du jour.
Les cloches d'églises, remplacées plus tard par les horloges informent et calent l'activité humaine sur les différents moments d'une journée qui s'écoule.
Le personnage de Roland est associé à son épée Durandal, à son cheval Veillantif et à son cor.
L'olifant délivre à l'empereur Charles l'information sonore à distance : l'arrière-garde est attaquée.
Jusqu'à la Révolution, l'information circulait au pas des chevaux.
En 1793, Claude Chappe (1763-1805) inventa un ingénieux système aérien de communication.
Paris, sous le règne de Louis XVIII, n'apprit le débarquement par le télégraphe de Chappe que le 5 mars 1815, pour cause de brume.
De ce fait, les troupes ne furent interceptées qu'au lac de Laffrey, juste avant Grenoble, le 7 mars 1815.

7 mars : Laffrey

statue de Napoléon Ier (1929)

6 mars : Chauvet. Les paysans offrent de se joindre aux soldats mais Napoléon refuse. Il passe par le plateau Matheysin. Couche à Corps.
Il passe par La Mure puis se dirige vers Grenoble.

7 mars : « Prairie de la Rencontre » à Laffrey : l'Empereur rencontre les troupes royales qui se joignent à lui.
Puis Vizille, Brié-et-Angonnes, Eybens et arrive à Grenoble.

La prairie de la Rencontre est un lieu historique de France situé à Laffrey, au sud de Grenoble, le long de la route Napoléon.
C'est là que Napoléon, et le 5e régiment d'infanterie, venu à sa rencontre sur ordre du général Marchand pour l'arrêter dans son avancée dans la reconquête du pouvoir,
se font face le 7 mars 1815 sur les rivages du Grand lac de Laffrey.
Le 7 mars devant Laffrey, sur la plaine se trouve un bataillon du 5e de Ligne envoyé par Louis XVIII pour l'arrêter.
Napoléon s'avance seul au-devant des troupes sur ce qui est désormais nommée la « Prairie de la Rencontre » et leur parle ainsi:
« Soldats du 5e de Ligne, je suis votre Empereur, reconnaissez-moi ! »,
puis, devant l'indécision des soldats lui faisant face, il s'approche à portée de fusil, entrouvre sa redingote et s'écrie:
« S'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici.»
À ces mots, le 5e de Ligne mit bas les armes et se précipita vers Napoléon en pleurant.
Après cet épisode, Napoléon dit au général Cambronne : « C'est fini. Dans huit jours nous serons à Paris. »

Installée depuis 1929 dans la « Prairie de la Rencontre », la Statue équestre de Napoléon fait partie de la culture locale. 

8 au 19 mars

8 mars : Grenoble.
"Jusqu'à Grenoble, on me traita d'aventurier. A Grenoble, je fus prince."

9 mars : Passe plusieurs heures à Rives, arrive à Bourgoin.

10 mars : Lyon.

11 mars :  Lyon, prépare les décrets qui vont rétablir le pouvoir que son abdication lui avait enlevé.

12 mars : Lyon, reçoit les municipalités des environs.

13 mars : Villefranche, Mâcon.

14 mars : Tournus, Chalon.

15 mars : Autun.

16 mars : Avallon.

17 mars : Déjeune à Vermenton, couche à Auxerre.

18 mars : Auxerre, reçoit le maréchal Ney.

19 mars : Passe à Joigny et à Sens. Couche à Pont-sur-Yonne.

20 mars : Fontainebleau

blason de Fontainebleau
première abdication
tableau de Paul Delaroche
(17.07.1797 - 4.11.1856)

2. sable n. m. blason de FONTAINEBLEAU

lettre N avec étoile, tiercé en fasce : au premier, d’or, à l'aigle d'Empire de sable ; au deuxième, d'azur à la fasce ondée d'argent ;
au troisième, d'argent à la salamandre enflammée de gueules ; au canton des villes de seconde classe brochant.

En tant qu'Empereur, Napoléon a séjourné à Fontainebleau 180 jours : en 1804, 1805, 1807, 1809, 1810, 1813 et surtout du  31 mars au 20 avril 1814 (première abdication de Napoléon Ier) et enfin le 20 mars 1815 pour ce qui concerne ce jeu.

Non, laser, vous ne pouvez pas toucher Apollon (question no 31 du 1998-10-09)

En réponse à l'existence d'une statue d'Apollon, dépourvu d'arc, dite du Belvédère, dans Fontainebleau.

20 mars : Paris

Dimanche 19 mars :  Louis XVIII et son ministère quittent Paris.
Lundi 20 mars : Pont-sur-Yonne - Fontainebleau puis Paris (110 km).

Alors que Napoléon n'est pas encore dans la capitale, le drapeau impérial flotte déjà dans la ville.
Enfin, à 20 ou 21 h, Bonaparte entre dans Paris, où il est accueilli par une foule immense aux Tuileries.

Napoléon a réussi son objectif, il a reconquis son trône « sans verser une seule goutte de sang »

L'expression  « Les Cents jours » vient d’une déclaration en date du 8 juillet 1815, faite par le comte Gilbert-Joseph-Gaspard Chabrol de Volvic,
préfet de la Seine qui attend à la barrière Saint-Denis le roi Louis XVIII de  retour à Paris et lui fait cette adresse :
« Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où votre Majesté, forcée de s’arracher à ses affections les plus chères,
quitta sa capitale au milieu des larmes et de la consternation publique. ».

Le roi fuit Paris le 20 mars 1815, jour d’arrivée à la capitale de Napoléon, soit 110 jours effectifs entre la fuite de Louis XVIII vers Gand et son retour à la capitale.

En 1819, Benjamin Constant reprend l’expression dans Mémoires sur les Cent Jours  pour désigner la période du retour de Napoléon.  

8 juillet : Fouras

ICI

LE 8 JUILLET 1815

NAPOLÉON 1ER A QUITTÉ LE CONTINENT

POUR  L’EXIL

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L’EMPEREUR A ÉTÉ PORTÉ JUSQU’A LA BALEINIERE

PAR LE MARIN BEAU NATIF DE FOURAS

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DON DU BARON GOURGAUD
ARRIÈRE PETIT FILS DU GÉNÉRAL GOURGAUD 

Fouras est le prélude à l'exil de l'empereur, abordé dans l'énigme 560.
Les textes des stèles de Golfe-Juan, Cannes et Fouras commencent par « Ici ».
Le texte du premier paragraphe commence par « c’est là », 2 tournures associées à l’indication d’un lieu précis.
Quant à la fin des Cent Jours, on trouve, selon les auteurs :

18 juin 1815 : défaite de Waterloo
22 juin 1815 : seconde abdication, rédigée à l’Elysée
8 juillet 1815 : retour du roi
• 8 juillet 1815 : Napoléon embarque à Fouras sur le navire « La Saale »,  il quitte définitivement le territoire « continental ».

Total : 110 jours