À la veille des congés d’été, deux évènements pourront susciter l’intérêt des Orcéens, car ils concernent l’avenir de la commune, qui est désormais en risque de ne plus naviguer sur « un long fleuve tranquille ».
Le CFU
Le premier, c’est la présentation, en conseil municipal du 25 juin 2026, du « Compte Financier Unique » de l’exercice 2025 : le CFU est le bilan comptable de l’année écoulée. Contrairement au budget provisoire et à ses décisions modificatives, qui sont prévisionnelles, et permettent parfois de jouer avec la réalité, le CFU est très encadré et reflète l’état réel des finances de la ville.
Sa lecture acte la spirale dangereuse dans laquelle la commune a été entraînée depuis quelques années par D. Ros, puis R. Darmon : les recettes ne couvrant plus les dépenses, ne pas assainir la situation (avant les élections…) a contraint à emprunter toujours plus. Ce constat a déjà été produit, non seulement par le Cour Régionale des Comptes à l’automne 2025, mais aussi par le cabinet de conseil qui accompagne la commune dans sa politique financière, et a averti les maires de cette trajectoire funeste.
La lecture de ce document est technique : je le mets néanmoins à la disposition de tous sous ce lien.
L’étrange manifestation du maire
Le second, est la tenue, en ce 1er juillet, d’une inédite manifestation du maire, devant l’hôtel de ville, où il s’est fait accompagner par le président de l’agglomération, le député, un sénateur ainsi que par d’autres maires voisins… qui devaient être tous bien embarrassés de participer à ce qui peut s’apparenter à une comédie, comme vous le lirez.
Son objectif affiché ? Protester contre la baisse des dotations de l’État à la commune d’Orsay.
Si, effectivement, la Dotation Générale de Fonctionnement (la DGF) d’Orsay a bien été diminuée en 2026, cette baisse est continue depuis des années, et n’a rien de surprenant. Notre État est très endetté, et il n’apparaît pas déraisonnable que les commune participent à l’effort commun de redressement.
Plus étonnants sont les arguments avancés par le maire dans un article du journal « Le Parisien » en date du 1er juillet 2026 :
- l’ignorance dans lequel le maire affirme être quant aux modalités de calcul de la DGF : or, ce calcul est public, même s’il est complexe, et les services de la ville ont tout à fait les moyens de lui expliciter le mécanisme de cette baisse. En fait, la dotation nationale est la même que celle de 2025, et la baisse orcéenne est due à l’augmentation des dotations de péréquations, qui permettent de soutenir davantage les communes en difficulté sociale (via la Dotation de Solidarité Urbaine) ou locale (via la Dotation de Solidarité Rurale) : faut-il remettre en cause le principe même de la solidarité entre communes ? Je ne le pense pas.
- l’impact de l’Opération d’Intérêt National sur le plateau de Saclay : au contraire, l’augmentation de la population entraînera mécaniquement une augmentation de la DGF, et les équipements seront quasi intégralement assurés par l’État, via l’Établissement Public d’Aménagement.
Dans l’article, le maire affirme par exemple à propos de la future école de Corbeville : « La nouvelle école sera sans parking et sans logement pour le gardien. »
La première affirmation est tout simplement fausse car un parking y est bien prévu, et le fait qu’aucun logement de gardien n’y soit envisagé met simplement cette école au niveau des autres écoles de la ville (très peu de villes ont en effet des écoles gardiennées).
Mais, surtout, cette réduction est tout à fait minime vis à vis du budget de la ville : elle représente une baisse de 281 k€ par rapport à la dotation 2025, c’est à dire moins de 1% des recettes de fonctionnement de la ville : ce n’est pas cette baisse qui va mettre la commune en faillite.
Les gros sabots
Mettre côte à côte ces deux événements me fait conjecturer que cette dernière manifestation n’est qu’une tentative, où le maire a chaussé ses gros sabots pour :
- préparer les Orcéens à de futures réductions de services, incontournables pour prévenir, du fait de l’état des finances de la ville, le risque d’une mise sous tutelle à terme ;
- tenter de rejeter la faute de ces décisions sur l’État, alors que nos difficultés sont surtout le résultat d’une politique dépensière, depuis plusieurs années, bien mise en évidence, par exemple, de façon emblématique par le dérapage des frais de bouche de l’ancien maire.
Pour le nouveau maire, la situation n’est pas simple car il a nié continûment ces difficultés financières durant la campagne électorale et même depuis sa réélection.
Il nous reste à parier sur les choix (effectivement difficiles) auxquels la commune devra se résoudre. Par exemple :
- fermeture du stade nautique (comme l’ont fait les communes de Longjumeau ou de Monthléry faute que l’agglomération ait choisi de mutualiser toutes les piscines) ;
- réduction des effectifs des agents (plus de 10 agents au service de communication permet d’assurer au maire d’avoir sa photo partout, mais bon…) ;
- réduction du nombre de berceaux des crèches municipales ;
- réduction des subventions aux associations orcéennes (837k€ au budget 2026 quand même) ;
- vente du patrimoine immobilier municipal (le château de la Pacaterie ?).
Il n’y a là rien de réjouissant.
Dommage néanmoins que le maire et les élus majoritaires aient choisi de taire ces problèmes financiers que j’avais pourtant bien mis en évidence, et ce depuis plusieurs années. Et qu'ils n'aient pas choisi plus tôt de s'engager vers une politique de retour à l'équilibre.
Le maire n’est pas adepte de la transparence, mais je regrette que ses élus n’aient pas manifesté quelque indépendance et se satisfassent de cette situation : la « politique de l’autruche » reste fondamentalement court-termiste.
Nous en paierons tous les pots cassés : en sabots, on manque d'adresse !
Une double absolution
En mars 2025, le maire d'Orsay, M. Darmon, a porté contre moi des accusations infamantes de "harcèlement sexuel". Malgré mes dénégations d'avoir commis la moindre faute, il m'a retiré mes délégations d'adjoint et toutes les charges que je portais pour la commune. Il a aussi produit un signalement me visant au Procureur de la République. Néanmoins, et c'est significatif, aucune plainte n'a été déposée à mon encontre.
L'absolution de la police judiciaire
Après enquête des services de police judiciaire, j'ai été avisé en septembre 2025 de la proposition de l'enquêteur de police du classement sans suite de ce signalement, ce qui, du fait de la qualification portée (harcèlement), est excessivement rare, et témoigne bien de la vacuité de l'accusation. Le procureur a signé en décembre 2025 ce classement, disponible ici.
L'absolution de mon parti politique
Parallèlement, la première adjointe, Anne-Charlotte Benichou, m'avait aussi signalé à notre parti (Les Écologistes) avec la même qualification diffamatoire. La procédure a pris du temps, mais, après une double enquête, la commission nationale de discipline du parti m'a aussi totalement absous en janvier 2026 par un courriel disponible ici. Cet autre signalement s'est donc révélé tout aussi mensonger que le premier : le témoignage d'A-C. Benichou n'a pas été jugé crédible.
Le parti Les Écologistes est particulièrement soucieux du sort des femmes victimes de harcèlement sexuel : de ce fait, cette absolution est d'autant plus significative et démontre bien l'inanité des accusations qui m'ont visé.
Pourquoi le maire m'a-t-il accusé ?
Ce double acquittement montre bien que ces accusations étaient imaginaires ; elles n'avaient en fait qu'un but, parer au projet que je portais de monter une liste écologiste autonome, concurrente au premier tour de celle du maire : en janvier 2025, l'unanimité des adhérents orcéens du parti Les Écologistes avait en effet validé de mettre ce projet au vote, ce qui devait être fait le 16 mars. Or, c'est le 14 mars que le maire a porté ses accusations, empêchant la tenue de la réunion, qui n'a jamais eu lieu.
Un complot hasardeux, qui risque de se retourner contre son initiateur
Pourquoi le maire s'est-il lancé dans une telle action, hasardeuse du fait de l'absence complète de charges. Il est probable qu'il a craint d'être distancé au premier tour des élections : en effet, il n'est élu que depuis peu, qui plus est à la suite d'une cascade de démissions ad hoc, ne s'est auparavant guère investi à Orsay (il a surtout vécu à Gometz). A contrario, je suis Orcéen depuis plus de 40 ans, élu depuis 18 ans, adjoint au maire 10 ans durant, dont premier adjoint pendant 4 ans. Mes huit enfants ont été élevés à Orsay. J'ai enseigné à des milliers d'élèves au lycée Blaise Pascal.
Ma notoriété est donc consistante : la qualité de mon investissement et de mon travail n'ont jamais été remises en cause par personne.
Rétablir mon honneur
J'ai entamé à l'encontre du maire des poursuites judiciaires pour rétablir mon honneur et dénoncer des comportements éthiquement inadmissibles, même en politique : en particulier, M. Darmon comparaîtra en novembre 2026 devant le tribunal judiciaire d'Évry, pour diffamation.
J'aurais pu être écœuré par ces méthodes, venant d'un maire et de personnes que je pensais amies, et abandonner l'affaire. Je ne m'y résous pas : ce qui me porte, c'est l'honneur bafoué de ma famille à travers ma personne : la mémoire de mes parents, tous deux résistants, et l'honneur de mes descendants et celui des leurs.
Je défends notre nom, mais aussi une conception de la démocratie locale, transparente et respectueuse, qui est celle de mon parti.