Le pavillon en 1972 et le Microscope électronique Zeiss_G
Le 25 septembre 1972, une réalisation majeure était officiellement inaugurée au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Rouen sous la présidence de Jean Lecanuet, sénateur-maire de la ville.
En mettant en service le tout nouveau pavillon d'anatomie pathologique « Jacques Delarue », les autorités hospitalières et universitaires entendaient combler un retard évident par rapport aux pays anglo-saxons et germaniques.
Cet équipement moderne visait à propulser la médecine française et normande au rang des meilleures.
Imaginé par le cabinet d'architectes constitué de MM. Billard, Mahé, Lecerf et Lanquetuit, le bâtiment impressionne par son organisation fonctionnelle. L'ensemble représente une superficie totale de 3243 m², judicieusement répartie entre 2320 m² de locaux hospitaliers et 922 m² de locaux universitaires.
Déployés sur six niveaux (du sous-sol au 4e étage), les différents secteurs techniques ont été rigoureusement isolés pour répondre à leurs contraintes scientifiques particulières.
Cette structure abritait aussi bien un secteur d'histopathologie et de cytologie que des laboratoires spécialisés de cytogénétique, de neuropathologie ou d'histochimie.
Sous la conduite du directeur général André Sénat, du doyen Jacques Borde et du professeur René Laumonier, titulaire de la chaire d'anatomie pathologique, le pavillon répondait à une triple vocation indissociable.
Le diagnostic et les soins : L'étude des altérations cellulaires et tissulaires permettait de guider le traitement des tumeurs, des inflammations comme la tuberculose, ou des malformations.
L'enseignement : La structure intégrait une salle de travaux pratiques pouvant accueillir 50 étudiants, une bibliothèque et une salle de réunion pour les confrontations anatomo-cliniques.
La recherche : Grâce aux méthodes d'analyse modernes, le centre visait la compréhension des mécanismes lésionnels et l'identification des pathologies.
Pour exécuter ces missions, le pavillon fut doté des matériels les plus performants de son époque. Le secteur de microscopie électronique comprenait un microscope Zeiss EM9, un ultramicrotome Reichert UM2 et un pyramitome TM60 pour étudier les organites intracellulaires. Le laboratoire de cytogénétique réalisait les caryotypes chromosomiques humains.
Du côté de l'histochimie, une chambre froide à +4 °C, un congélateur à -80 °C et un cryostat permettaient la conservation des composants tissulaires.
La neuropathologie était équipée d'un microtome à celloïdine Jung K., tandis que l'animalerie disposait de trois pièces d'élevage pour souris, lapins et rats.
Enfin, la salle d'autopsie comptait quatre tables fonctionnelles Sagimco.
Grâce à ce plateau technique, Rouen affichait fièrement un laboratoire parmi les plus importants de France.