Jour 9
Vendredi 29 juin
Vendredi 29 juin
J 9 Excursion sur le volcan ASKJA
Nous partons aujourd'hui, découvrir une des plus fameuses caldeira. Pour cela nous sommes obligés de réserver une excursion avec un organisme de voyage car la caldeira se situe en plein dans le centre de l'Islande, sur des terrains impraticables par les voitures ordinaires. Il faut absolument un quatre roues motrices et être capable de traverser les gués. Il nous est interdit, par le loueur de voiture, et par la loi la loi islandaise, d'emprunter ces routes. En effet, dépanner quelqu'un dans ces endroits s'avère extrêmement difficile et très coûteux.
Le départ se fait de l'office de tourisme et on commence par de la bonne route. Très vite, cela dégénère mais ce sont des gravillons que nous avons déjà pratiqués. Nous traversons un immense champ de lave refroidie, on peut encore voir les torsions du liquide qui s'est figé. Et cela sur des km à la ronde.
Autour de nous que des volcans et pas de moindres. La route devient très accidentée et nous passons notre premier gué. Il n'est pas très profond. La guide nous propose un premier arrêt sur une petite rivière où coule une eau filtrée par les couches de lave. Il lui faut plusieurs années pour arriver jusqu'à nous et elle est réputée très bonne. En dehors de l'eau nous sommes contents de sortir du bus, le voyage va durer 4h/ 4h30 tout de même.
MR
Pendant le voyage, elle nous raconte l'histoire de cet islandais, banni de son pays pour avoir volé un mouton et qui est parti dans ce chaos rocheux et y a survécu plusieurs années. Il avait trois chevaux dont le cuir l'a protégé des grands froids et la viande de la faim. Il a mangé les plantes rares qui poussent ici dont l'angélique. On reconnaît que les fermiers du coin qui l'aimaient bien devaient lui apporter à manger en douce. Voler un mouton à cette époque était un crime puni sévèrement car les gens avaient faim donc on ne pouvait laisser faire. L'arrêt suivant nous permet de découvrir son abri qui est vraiment un trou. Comment imaginer survivre ainsi ?
Le paysage change, nous quittons les grands paquets de lave pour passer dans un désert de poussière volcanique, recouverte de temps en temps par de la ponce, jaune claire. Dépassent des petits tas noirs, tordus dans des formes inimaginables.
L'arrêt suivant est pour une cascade basse mais cependant très dynamique. l'eau qui circule est boueuse de cendres volcaniques.
En quittant la cascade, nous avons la chance d'avoir un beau reflet.
Avant dernier arrêt, essentiellement pour déjeuner vite fait mais comme nous avons apporté des soupes, nos nous contentons d'un bout de fromage sur du pain, de vrais islandais !
L'arrêt suivant est le bon, la consigne de la guide est de monter sur la caldeira, le chemin est fléché, il est 13h et nous devons être au bus à 15h 30. La montée se fait dans les cendres et la neige qui reste encore en plaques plus ou moins importantes.
Au bout de 40 mn de marche, on débouche sans avertissement, sur un énorme cratère tapissé d'un liquide blanc opalescent avec en arrière fond un lac bleu/vert. Impression unique, sentiment de chance de pouvoir admirer ce paysage.
Et puis il y a tout cet horizon peuplé de volcans, les sommets couverts de neige, les marrons, les ocres, le bleu, le blanc sale, le blanc laiteux, les noirs et les gris. On est littéralement saisi !
Des gens en bas se baignent dans le lac blanc dont l'eau est chaude. La guide nous a compté l'histoire de ces trois scientifiques séjournant trois mois pour des recherches. L'un part en excursion dans les volcans, les deux autres restent faire des prélèvements sur le lac. Au retour du premier, il n'y a personne sur le lac ou au camp et à ce jour, on n'a retrouvé aucun des deux hommes. Ils sont au fond de ce lac, un des plus profonds d'Islande. Premier obstacle à la baignade, non ? L'autre est la pente du volcan qui sera peut-être plus sèche en hiver mais qui est glissante, très raide et ...pleine de boue. Enfin dernier obstacle, je n'ai pris ni maillot, ni change, ni serviette. Richard n'est pas partant, je résiste au début, je fais le tour du sommet, me dis que cela reste déjà une belle expérience et une très belle vision.
Vous me connaissez je n'ai pas résisté longtemps et me suis décidée. La descente est ardue mais sans problème. Je suis un peu ennuyée de me déshabiller car j'ai enfilé ce matin, le grand caleçon destiné à me protéger du froid mais qui n'a rien de très sexy. Ce n'est pas le genre de sous-vêtements que l'on porte pour s'exhiber ! Comme je n'ai pas de maillot, je décide d'y aller ainsi car il y a trop de spectateurs au bord du cratère et avec téléobjectifs en plus.
L'eau est chaude, mais pas très chaude, je dirais à fleur de peau, la température d'un bon bain maison. Le sol est très boueux au début et comme on ne voit rien en transparence, il est un peu inquiétant d'y glisser ses doigts de pied mais rapidement, on peut nager. L'odeur est clairement, celle de l’œuf pourri mais on s'habitue très vite. La sensation est amusante, à 1100m d'altitude, dans un paysage plus que lunaire et par à peine, plus de 7°C et même moins si on rajoute le vent.
IL faut bien sortir, là je retrouve un slip propre dans mon sac à dos et j'abandonne l'idée de remettre un soutien-gorge. La jeune femme à côté de moi a la gentillesse de me prêter une serviette, ce qui n'est pas de trop. Une joyeuse et agréable expérience.
Il faut remonter et là, c'est de l'ordre de l'exploit car c'est de la boue sur une très forte pente que chacun a bien raviné mais bon je m'en suis sortie et Richard est bien déçu qui pointait son appareil sur moi à distance pour mettre en boite une chute.
Toutes les bonne choses ont une fin et nous repartons mais auparavant, une halte de 40mn nous permet de déguster enfin notre soupe chaude à 16h, l n'y a pas d'heure pour les braves. Le suivant mène à un canyon impressionnant que je ne manque pas d'explorer pour détendre au moins mon sciatique. Le trajet retour paraît long, nous avons déjà vu ces paysages et il n'y a aucune chance de découvrir une autre vision. De plus, nous sommes maintenant en descente et fortement secoués par la route, je sens que mes cervicales ont pris des libertés ou ont été délogées malgré elles.
Le soir nous découvre KO et c'est avec un petit dîner de rien que nous allons nous coucher. J'oubliais, comme d'habitude, le soleil s'est montré vers 17h, juste de quoi regretter qu'il n'ait pas été présent dans la journée.
Nous nous endormons avec le bruit de la pluie et l'inquiétude de voir celle-ci tomber demain car nous avons prévu une grande marche le matin et de petites l'AM mais tout en extérieur...
Nous confions nos vœux à la reine des elfes.