Jour 8
Jeudi 28 juin
Jeudi 28 juin
J 8 : De Akureyri au lac Myvatn en passant par Husavik (baleines)
et les chutes de Godafoss
Aujourd'hui, tout est sur les forces de la nature en Islande. En quittant Akureyri, je quitte aussi sans le savoir, ma souris d'ordinateur, cadeau de mes collègues, sniff ! Elle est restée coincée dans ma couette, voilà ce que c'est que de travailler de nuit, enfin, de nuit, tout est relatif !
On se dirige vers la magnifique "Cascade des Dieux", Goðafoss , pour se promener dans les différents points de vue et admirer sa puissance. Nous sommes partis tôt (encore) et il y a peu de monde quand nous arrivons. À voir la taille du parking, on a peur de ce qui se passe en été.
Même si la beauté de Goðafoss pourrait à elle seule justifier qu’on l’ait appelée « la cascade des dieux », son nom provient en fait d’une anecdote historique bien précise. En effet, avec l’importance croissante de la Couronne Norvégienne sur l’Islande à partir de la fin du Xème siècle, le processus de christianisation prend progressivement de l’ampleur, et s’impose parfois de manière violente sur le paganisme traditionnel. Lors de la réunion annuelle du Parlement islandais à Thingvellir en 1000, les représentants des différents clans se mettent d’accord pour faire cesser les combats entre religions, et pour que le pays adopte une religion officielle. La décision est laissée au médiateur et païen Thorgeir Thorkelsson, un homme sage et légitime aux yeux de chaque parti. Celui-ci se retire une journée et une nuit pour réfléchir, et déclare que l’Islande doit adopter le christianisme comme religion d’État. En rentrant sur ses terres dans le nord du pays, Thorgeir jette ses statues de dieux norses dans la Cascade des dieux, lui donnant ainsi son nom et marquant la conversion de son pays au christianisme.
Goðafoss est située sur le cours de la rivière glaciaire Skjálfandafljót. Celle-ci prend sa source plusieurs dizaines de kilomètres plus au sud, dans les hauts-plateaux de Sprengisandur, au nord-ouest du glacier Vatnajökull.
Goðafoss n’est ni la cascade la plus haute – « seulement » 12 mètres de haut -, ni la plus large – malgré ses 30 mètres de largeur -, ni la plus puissante, mais c’est l’une des plus majestueuses car l’eau s’y jette harmonieusement à la faveur d’une faille particulièrement régulière et structurée en arc de cercle.
le paysage autour n'est pas mal non plus !
Et les formes géologiques ne déparent pas dans le tableau.
Voulez-vous son mouvement et son bruit infernal ? C'est sur la vidéo.
Je n'ai pas su résister à ce cliché. Si les gens pouvaient se voir de temps en temps, de même que tous ces retraités qui sautent comme des cabris pour la photo ou singent le geste de Hussein Bolt !
Route vers Husavik où nous devons embarquer à 13h00. Comme nous sommes en avance, nous en profitons pour visiter le musée de la baleine. Impressionnante vidéo de découpage de l'animal, squelette entier de baleine occupant toute une pièce...
Nous embarquons enfin sur un bateau de pêche et oh joie ! nous ne sommes que 10. Je suis entrée la première et je cours m'installer sur la partie haute, assise sur le siège du capitaine. Position de choix pour voir et ne pas avoir mal au coeur. Alors petite précision, quand je dis, courir, relativisons, en sus de mes quatre couches, j'ai revêtu, comme chacun de nous,une épaisse combinaison qui nous donne des airs de cosmonautes. Le temps était ensoleillé ce matin, depuis il est devenu gris... mais il ne pleut pas.
À peine avons-nous navigué une demi-heure, que voilà notre premier mammifère marin. Emotion ! Elle va durer pendant tout le voyage, le capitaine a l’œil et la manière. Il les repère de loin, les autres bateaux lui signalent aussi les spots, tant et si bien que pendant tout le voyage nous ne ferons que scruter l'horizon et crier dès que nous en voyons une. Nous aurons la chance de suivre une mère et son petit. Je vous mets ici les vidéos et une photo de Richard. Ses photos sont splendides et quand on les passe vite, on a l'impression de voir la baleine plonger mais je n'ai pas trouvé comment insérer un ppt. À suivre donc.
Au retour, le capitaine vire pour rejoindre une troupe de rorquals ? Je n'ai pas bien compris et pas bien vu car ils étaient loin. Il est rare de les voir paraît-il. On peut raisonnablement le croire car notre guide botaniste, toute excitée, est allée chercher son appareil photo. Malheureusement, le bateau n'était pas capable de filer aussi vite mais Richard a eu le "clic" rapide. Une superbe après-midi, trois heures en mer avec deux heures d'observation, nous n'en espérions pas tant.
Au retour, pour nous récompenser de notre bon choix (restes d'analyse transactionnelle), de l'absence de mal de cœur, nous décidons de fêter ce résultat, en nous offrant une bonne glace. Si je rajoute cela aux féculents à la pelle, aux mauvais ingrédients depuis une semaine et à l'absence de sport, je vais revenir grosse comme les mammifères observés.
En attendant, nous pouvons dire, comme les anciens Islandais que nous sommes Harvilk" ce qui veut dire que nous sommes chanceux, nous avons pris une baleine échouée sur la plage car c'est l'hiver assuré en nourriture.
Et, cerise sur le gâteau, un petit macareux nous a fait la surprise de nager au bon moment !
Nous avions prévu de faire la route 82 aller et retour car elle est annoncée comme très belle mais 70 kms aller et 70 retour sur une mauvaise route ne nous tentent plus car le temps est devenu vraiment gris. Vous allez me dire, pourquoi le noter, puisque vous ne l'avez pas fait. Mais c'est pour un prochain voyage, mon ami(e) !
So direction le lac Mývatn , où nous aurons l'embarras du choix quand il s'agit de la nature et de ses différentes forces.
La déception est grande en arrivant à notre logement : petit cabanon comme prévu mais le strict minimum : deux lits, une seule table de nuit, pas de table, pas de lampe de chevet, et les douches, la cuisine, les toilettes sont à deux cent mètres. Petit moment de découragement car nous restons trois jours ici. En plus, pas de vraie cuisine, pas de micro-ondes et trois misérables feux pour un grand nombre de touristes. Nous n'avons pas de casseroles, pas de couverts sauf ceux du pique-nique. Heureusement la fille de l'accueil est française et nous dépanne. Un couple de garçons nous "prête" du beurre pour notre omelette (regrettable oubli). Il fait froid dans la salle qui n'est qu'une grande tente de plein air et qui se permet de fuir en supplément.
Mais bon ce soir, ce sera pipi de minuit dehors, il est hors de question que je fasse tout ce trajet pour aller aux toilettes, je ne pourrai jamais me rendormir. Comme il pleut, pas question de sortir en pyjama, il faut se rhabiller complètement ... Cerise sur le gâteau, les douches sont communes aussi, pas de rideau, pas de séparation.