JOUR 13
Mardi 03 juillet
Mardi 03 juillet
J 13 : De Stoövadjorour à Höfn
Départ de Stöovadjorour sous la pluie pour changer un peu. Le beau temps ne pouvait pas durer sinon ce ne serai pas l'Islande. On s'adapte et on décide de rester au chaud pour faire nos évaluations d'hébergement. Difficile corvée.
Il est 10h 17 quand nous partons, il fait 11°C. On devine les fjords plus qu'on ne les voit car le brouillard s'ajoute à la pluie.
15 km plus loin, il ne fait plus que 8,5°C et on distingue des petits îlots de lave perdus dans l'eau du fjord.
A Breidslavik on traverse le fjord sur une mince bande de sable. Les sommets du Graenafell à droite sont toujours dans le brouillard. Le phare de Gislatangi marque l'entrée dans le fjord de Befjörour. La déception continue car on ne fait que distinguer vaguement les couches de lave couvertes de végétation.
Sur la côte, parfois, des "champs d'oiseaux".
Belle rencontre dans la mâtinée. En arrêt devant une maison style, facteur cheval, je me décide à entrer. Là un homme fort sympathique, avec des allures de vieux marin (ce qu'il était avant son accident) travaille l'os de renne et les pierres. Son jardin est un joli fouillis de pierres volcaniques de toutes sortes, de sculptures, de petites maisons en bois. Il est convivial, généreux et passionné. Il ne vend pas certaines pierres, dommage ! Une chanson française passe à ce moment-là et il nous montre ses disques, parle de la France. Un artiste dans toute sa simplicité, un homme dans son apparence très homme mais qui exprime sa sensibilité à sa façon. Je lui fais remarquer sa gourmandise en voyant les gâteaux à côté de lui et il nous montre des cartes envoyées du monde entier, ainsi que des plaques de chocolat, des bonbons, sucreries taïwanaises...Je lui promets de lui envoyer des capsules et des étiquettes de champagne.
Dans la maison d'à côté, que je soupçonne d'être celle de son fils, c'est le règne des petites maisons qui semblent être à l'Islande, ce que sont les nains de jardins pour les français.
Remarquez bien, il y en a pour tous les goûts car les nains sont là aussi et, plus fort encore, une tour Eiffel et me semble-t-il le moulin rouge !
Le moral au beau fixe (il faut bien que l'on puisse caser l'adjectif "beau" ailleurs que sur le temps et pour les paysages, "beau" est trop restrictif), nous repartons vers Höfn qui est notre point d'arrivée. La lagune d'Alftafjörour présente des parties sauvages, avec des sommets au raz de la route.
Un petit détour pour une église au fond d'un chemin perdu où deux chiens très joueurs nous accueillent. L'église est, comme toujours très simple, nous sommes chez les luthériens et le cimetière, paisible et très champêtre. Il vous donnerait envie de reposer là, tout de suite, pour l'éternité mais Richard n'est pas de mon avis, je remets donc à plus tard.
Pour les lecteurs de polars islandais, vous reconnaîtrez la particularité des noms de famille avec ......son pour le fils de ... et .....dottir pour la fille de ...
Le tout au milieu d'un paysage sauvage.
On reprend la route qui ne se dégage pas mais tout de même c'est mieux ou nous voulons que ce soit mieux. De fjord en fjord, nous approchons d'une plage réputée pour son rocher perdu au milieu de l'eau avec sa chevelure d'herbe : Stapavik se dresse dans l'eau couvert d'une végétation qui lui donne un air de sortir de chez le coiffeur (enfin apprenti coiffeur). Des mouettes couvent au sommet et se disputent à en postillonner. Font-elles des commentaires sur les touristes qui les prennent en photo, nous ne le saurons pas.
Quand Richard, les prend en photo, elles se sont calmées. Une falaise sévère abrite aussi d'autres oiseaux mais beaucoup de mouettes.
Arrêt à Dupivogur où le Bülandstaudir (1069m) est le plus haut sommet d'Islande se jetant directement dans la mer. La vue .... sur le panneau d'information est remarquable mais ce sera pour la prochaine fois. Petit tour sur le port et sur la vue (bon enfin vous avez compris). Nous sommes un peu déçus par le port, pas très glamour et décidons de nous réfugier au musée, musées qui sont là pour réchauffer les voyageurs, on le sait mais celui-là est de peu d'intérêt sauf pour les islandais. Et surtout les entrées sont vendues au comptoir restaurant donc quand vous arrivez pile à la même heure qu'un car de touristes affamés, de ceux qui déjeunent au restaurant (les chanceux), vous devez vraiment avoir envie de vous cultiver ou ... de passer un moment au sec et au chaud.
Impossible de manger dehors, de plus la seule table de PN est trempée, aussi c'est dans la voiture, garée de façon à avoir une belle vue sur le port, que nous dégusterons notre Xième et identique PN : deux bolinos, des ships et un yaourt. Me restent en mémoire les délicieux gâteaux exposés sous mes yeux pendant ma longue attente. De plus ici c'est le pays de la langoustine... Enfin, voici notre vue pendant le déjeuner !
Nous reprenons la route qui nous console ...
Nous cherchons la plage des cygnes : un phare attire notre attention et c'est ainsi que nous découvrons la plus grande population de cygnes d'Islande. Ils sont tous sur le lac, c'est d'une grande beauté. J'essaie de les rejoindre sans avoir bien estimé les nombreux méandres du lac et .... la plage de galets (C'est tout au bout à gauche de la photo 2).Bien sûr ils reculeront chaque fois que je m'approcherai et je devrai rebrousser chemin de galets, non ... de galère car bien sûr, les galets ne suffisaient pas à rendre le cheminement pénible, le vent souffle et pas dans mon dos. J'avance, courbée en deux, étonnée de voir les touristes des cars proches, penchés sur la plage, comme en quête d'un trésor. Je m'informe, ils ramassent ... des galets. Mais que peuvent bien raconter les guides ? Bénéfice net, je me suis bien réchauffée.
Les voilà tout de même les fameux cygnes. N'attendez pas de photo de Richard, il n'aime pas les cygnes, même s'il prétend le contraire, ppppfffttt ! Toutes mes excuses, ils étaient rangés dans le fichier du 04 juillet.
Galets sur lesquels, comme partout en Islande, s'accroche, courageuse, tenace, une végétation résistante à toutes frustrations. Ici la plage est parsemée de magnifiques touffes fleuries : voici la Mertensia Maritima, une plante courageuse qui défie les conditions arctiques. A la mi-juin elle est en pleine floraison. Un peu "affolée" par le vent, le froid, je lui lance un petit message d'encouragement : "Tiens bon la Martensia! ".
Ses feuilles charnues sont comestibles et ont un goût d'huître prononcé, ce qui lui a valu, en anglais, le nom de "Oister plant" (en islandais "Blálilja", muguet bleu ?).
Sur la route, d' autres paysages, d'autres rencontres ...
Höfn, notre point d'arrivée est un peu décevant, une grande bourgade mais sans charme. Nous arrivons à notre guesthouse et là surprise, malgré les précisions envoyées à chaque hébergement, nous n'avons qu'un lit. Quand je dis à notre hôtesse que ce n'est pas ce qui était demandé, la gentillesse disparaît brutalement et au lieu d'excuses, nous essuyons les menaces. Une voisine est appelée en renfort car elle parle un meilleur anglais. Nous lui expliquons la situation particulière de notre "couple" et les précautions prises à chaque réservation, ce qu'elle comprend, comme elle comprend bien que j'ai dû préciser mais que la dame n'en n'a pas tenu compte, pensant qu'un couple pouvait bien dormir dans ce grand lit. Bon il est grand et il y a deux matelas séparés sur un sommier commun. Je décide de laisser tomber et on accepte. La gentillesse ne revient pas pour autant et là on apprend qu'on doit payer en liquide et de suite ; également que le PD est à 8h pas avant, pas après. Peut-on faire chauffer une soupe ? Non. Notre réfrigérant est accepté de mauvaise grâce dans le congélateur, mauvaise grâce qui se reproduira demain matin, quand nous demanderons de l'eau chaude pour la thermos.
Elle nous a bien recommandé un restaurant.. Pas cher mais rien à moins de 20€ et le food truck du coin demande 16€ pour le fish and ships ! A ce prix là nous sommes revenus à nos plats lyophilisés. Nous avons dîné sur sa terrasse, dehors pendant qu'ils mangeaient au chaud. En petite compensation, trois petits LU...
Richard dort et moi je tape sur la tablette en pleine nuit comme si j'étais en pleine AM. Masque ce soir pour dormir.
Vous avez trente degrés en France paraît-il...