Jour 15
Jeudi 05 juillet
Jeudi 05 juillet
De HÖRGSLAND aux ÎLES WESTMANN (arrêt à Dyrholaey )
Je rédige cette page en retard car je n'ai pas eu de temps libre dans la soirée comme vous le verrez plus loin. J'ai d'ailleurs coupé la journée en deux pour en rendre compte.
La chambre était petite hier mais le PD, géant : saumon, plein de confitures et de pains différents. Je me dis toujours que j'ai mangé pour la journée mais à midi, enfin plutôt à 14h je mange à nouveau sans problème. Il n'y a pas de balance ici, la seule que j'aie trouvé me donnait deux kilos de moins mais c'est pour encourager les islandaises à manger en prévision de l'hiver (Rectificatif le 16/07 : la balance rémoise affiche 2.5 kg de moins le jour du retour mais déjà 500g de repris ce week-end).
Il fait 11°C quand nous partons sous un soleil timide mais soyons honnêtes, un soleil. Il nous permet au moins de voir ce que nous traversons et comme il insiste, nous décidons de faire demi-tour pour tenter de voir le Vatnajökull depuis la route et nous sommes récompensés. Il est là, magnifique sous le soleil, nous avons fait ce qu'il fallait. On en profite à l'aller et au retour en plus. Photos bien sûr mais le vent souffle à faire bouger le téléphone. Le glacier est bien visible, les différentes couches de lave aussi en tons de verts.
Au passage, encore des chutes d'eau mais on se blase un peu, il y en a tant ici que cela doit surprendre un islandais qui viendrait en France : pas de chutes ici ?
Nous traversons des champs de mamelons, je ne plaisante pas. Quand la lave coule, il y a, certaines fois, des projections le long de la coulée. Cela donne ces énormes taupinières recouvertes de mousses. Vous ne les verrez pas, Richard, peu géologue, a pensé que nous en retrouverions sur le chemin ; il a passé le sien, enfin le nôtre et pour l'instant pas encore revu un tel paysage. J'ai gardé en boite, des champs de lave torturés, emmaillotés de lichens et mousses dans les gris-verts. Le côté "doudoune" est vite contrebalancé par le côté inquiétant, monstres tapis... ou trolls prêts à surgir et à vous emporter au fond d'un cratère.
A droite se dessine déjà le sommet du Myrdalsjökull, gigantesque lui aussi, il occupe devant nous le quart du paysage. C'est un immense glacier qui s'offre à nos yeux depuis la route.
Nous avons le temps, nous faisons un petit détour ( quand on dit petit c'est relatif car sur une route cabossée, le crochet est vite un long périple) pour admirer une petite église perdue au milieu de nulle part. Elle nous offre déjà un point de vue magnifique sur tous les volcans environnants (je croyais avoir fait une vidéo eh bien non !). C'est une des plus anciennes et elle a même été le siège d'un monastère, ce qui est surprenant car le catholicisme est peu présent en Islande. Il a été vite détrôné par le luthéranisme. Le cimetière présente les mêmes tombes en terre recouvertes d'herbe.
Deux bâtiments de ferme à toit végétalisé sont encore là, dans leur jus, peut-on dire. Ils montrent un contraste saisissant en une architecture qui prend appui sur l'environnement et une autre qui utilise des matériaux extérieurs.
Les champs de lupins en fleurs colorent notre route et renforcent l'effet du soleil.
Toujours bien détendus car nous avons le temps avant le bateau de 17h, nous décidons de faire le Pakgil et là je ne vais pas trouver les mots. J'étais très déçue et contrariée car je n'ai réservé le ferry que quelques jours avant le départ pour l'Islande mais encore quatre semaines avant notre arrivée sur les îles Westmann. Je pouvais réserver tous les les ferrys y compris celui de 11h que nous souhaitions prendre, tous les jours pendant nos trois semaines de voyage ... sauf CE jour, jeudi 05 juillet. Ce jour était le seul du mois où l n'y avait pas de ferry avant 17h, de quoi rager, non ? Bénie soit cette malchance ! Sans elle nous n'aurions jamais pénétré dans ce lieu magique : le PACKGIL Là je vous transcris le Routard car je ne saurais mieux décrire l'endroit et les sentiments qui vous animent en le parcourant et j'attends avec impatience les photos de Richard (les voici, les voilà ce 24/07)car les miennes ne rendent pas justice à ce lieu, pas davantage, cette modeste vidéo. J'ai renoncé au bout d'un moment, faisant confiance à la technique de Richard. Nous avons pensé tous les deux, au même moment, que seule notre mémoire, garderait la beauté et la magie de ces paysages.
" Trajet de 12 km de pur plaisir dans un paysage jubilatoire. On commence par une montée plutôt tranquille dans de verts ballons herbeux à moutons, mignons, mais bon on se dit : il exagère le routard. "
"Après 7 km on atteint un point de vue en surplomb d'une large et superbe baie glaciaire : la rivière Mulakvisi ramifie ses eaux d'argent dans un lit de graviers noirs. C'est à couper le souffle... "
"Puis la piste cabotine, se faufile, se joue des dos d'âne, livrant des points de vue toujours plus surprenants..."
"a dernière partie est la plus spectaculaire, dans un environnement de hautes collines couvertes d'herbes de la tête aux pieds mais laissant apparaître des bouts de roche noire torturée (un des lieux de tournage de la fameuse série Games of Thrones).
"La piste finit en impasse ....". Une impasse dans laquelle nous aurions bien déjeuné si ce n'est qu'il était beaucoup trop tôt.
Mais quel plaisir de la refaire en sens inverse même si on est plus que chahutés sur ce chemin de paradis.
Alors je dis, je redis Merci le ferry !
Etape suivante : Vik. Manque de chance, ils refont la route qui mène à la petite église d'où nous aurions pu découvrir la vue sur toute la ville. Nous n'avons plus le temps de la faire à pied car nous avons encore plein de choses à voir et surtout à chercher : les macareux que Richard veut absolument mettre dans sa boite magique. Nous choisissons la plage la moins connue, celle de Reynir mais elle présente de belles orgues basaltiques et un sable noir. Trois rochers noirs, détachés de la falaise, un peu comme à 'Etretat, se dressent dans l'eau et les vagues viennent s'y écraser.
Pas n’importe quelles orgues, celles-ci sont torturées dans tous les sens, il y en a de toutes les tailles. J 'ai ramassé du sable mais n'ai pu ramener les orgues.
Quel spectacle encore une fois et quel VENT. Nous marchons courbés en deux, le vent nous pousse, nous bouscule, nous frigorifie, nous soulève presque du sol. On reste là un temps fou malgré le vent, le froid ; on se dit X fois c'est la dernière photo et on en refait une. Mais pas de macareux.
On met tous nos espoirs dans le deuxième site, le plus connu, celui de Dyrholaey mais là aussi, le vent nous maltraitera (et ce n'est que le début mais nous ne le savons pas encore) et toujours pas de macareux. Les islandais utilisent le suffixe "ey" pour désigner les îles. Alors pourquoi Dyrholaey, bien planté sur la terre ferme ? Parce qu'elle fut d'abord un îlot volcanique, rattachée par la suite au rivage, par une suite d'éruptions volcaniques. Les vagues, ici peuvent atteindre la taille d'une maison à un étage, les conseils de prudence sont nombreux. La plage offre une belle vue sur Reynir que nous venons de quitter et qu'il est possible de rejoindre à marée basse visiblement.
De cette partie, on peut admirer, la belle arche, si haute que les bateaux de pêcheurs l'empruntaient auparavant. les piliers de pierre qui l'entourent, faisaient eux aussi partie du même bloc avant d'être séparés par l'érosion.
Notre premier macareux enfin! Bon ils devraient être une bonne centaine à piailler mais le mauvais temps a fait "s'envoler" (parce qu'il faut bien garder un peu d'humour) toutes nos chances !
Le mien est tout petit mais Richard a capturé une belle image à cette distance !
Je vous retrouve page 15 bis pour la suite de cette saga du 05 juillet.