Jour 10
Samedi 30 juin
Samedi 30 juin
Ce matin, c'est la pluie qui a réveillé Richard et moi un peu après. Il est presque 9h, preuve que nous étions fatigués. Le moral est atteint par ce mauvais temps qui ne pouvait survenir un plus mauvais jour mais je me console en me disant qu'on a bien fait de modifier notre planning d'hier et de grimper à l'Askja.
Après bien des hésitations, nous décidons de ne pas faire le sentier qui monte à Krafla mais de modestement prendre la voiture et entamer directement le tour du cratère. IL pleut des cordes, nous voyons les gens taper leurs chaussures pleines de boue, et secouer leurs vêtements trempés. La montée est encore une fois glissante mais la pente est moins forte qu'hier.
Encore un magnifique cratère avec un lac bleu claire laiteux mais les pentes sont trop fortes pour imaginer descendre. Pas de bain dans le Krafla !
La croûte terrestre est particulièrement fine dans la région. Les champs traversés pour venir étaient fumants. Nous sommes au croisement de deux phénomènes géologiques majeurs : l'émergence de la dorsale médio-océnanique avec son volcanisme constant de lave liquide et la naissance d'un rift, c'est à dire la formation d'un mer avec création d'une future dorsale et au milieu du rift, des volcans. La preuve est un peu plus loin de notre parking avec un lieu où les bassins bouillonnants sont couverts de vapeur d’eau et de grosses bulles grises explosent à la surface des marmites de boues…Sur la gauche de ce cratère, se profile une énorme masse orangée, blanchâtre et orangée, recelant du soufre.
Au pied se trouve le site géothermique de Hverir. L’odeur d’œufs pourris y est assez violente mais la beauté du site compense l'irritation de nos naseaux : les couleurs y sont comme saturées, l’orange-jaune du souffre est intense, le bleu est turquoise, le vert de la végétation est fluo, le tout forme un panorama surprenant et magnifique. L'activité souterraine est proche, c’est impressionnant !
Au milieu de ce paysage presque irréel, se promène tranquillement ... un mouton. Ce n'est certes pas le meilleur endroit pour pâturer mais peut-être cherche-t-il des sels minéraux ?
Il pleut à verse, nous abandonnons toute idée de rando. Nous rendons les armes, pour la première (et la dernière fois).
Se consoler en mangeant c'est un truc que savent faire tous les français, alors nous achetons du poisson et nous ferons un vrai repas à midi. L'ambiance est d'ailleurs à la grande bouffe sous notre tente cuisine. Certains ont des camping cars donc toute la vaisselle et les produits nécessaires, d'autres plus masculins se rabattent sur les saucisses knoll. Nous ce sera tomates / Merlan au beurre(nous avons trouvé du beurre en petits morceaux) / Petits pois carottes et salade de fruits. Un vrai luxe depuis le début du voyage
Nous n'avons pas le courage d'affronter à nouveau la pluie pour retrouver notre cabane donc nous restons à proximité de la bouilloire et peaufinons notre préparation des jours à venir : Lonely Planet pour Richard et Routard, pour moi, aucun site remarquable ne nous échappera.
A 16h pause, je pensais aller faire une sieste et puis j'ai renoncé en me disant que ce soir je lirai un peu si le blog est rempli.
Je pensais aussi avoir le courage de me plonger dans le "Blue Lagon" du coin qui a bonne réputation, moins surfait que celui de Reykjavik mais au final, non, je reste au chaud. Je me contenterai de la vidéo ... sous le soleil. En fait on a beaucoup "pensé" aujourd'hui !