Jour 14
Mercredi 04 juillet
Mercredi 04 juillet
J 14 De Höfn à Hörgsland en passsant par le Jokulsarlon
Ce matin levée à 7h30 à puisque notre hôtesse ne nous a pas laissé le choix ! Heureusement, si le parler est brutal, la cuisine est douce. Quel petit déjeuner, mes amis ! Fruits à profusion, grande plat très bien présenté avec saumon fumé du coin, tomates, fromages, crevettes, concombre…. Quatre sortes de pain, tous plus délicieux les uns que les autres et deux délicieux yaourts avec des myrtilles énormes et gouteuses à souhait ainsi que des fraises, très généreusement servies. Thé ou café, confiture d’oranges et beurre. Hum, on a mangé jusqu’à n’en plus pouvoir. J’ai eu l’explication à la fin du festin. Madame est cuisinière et sa fille est installée comme restauratrice en Belgique. Elle propose une cuisine islandaise améliorée, nous dirons une cuisine des pays du nord. A elles deux, elles ont écrit un beau livre de cuisine. Je n’ai pas ménagé mes compliments car si je ne suis pas contente du coup des lits et de la manière de le traiter, je dois reconnaître que c’est une chef en cuisine. En fait, on a pas mal dormi (enfin pas plus mal que d’habitude) car chaque lit mesurait 1m de largeur et matelas et sommier ne grinçaient pas.
Je n’ose pas le dire, ce matin, c’est encore pluie et brouillard. Hier en pleine « nuit » je lisais dans la chambre sans lampe allumée, j’avais plus de luminosité. Nous savons qu’il y a autour de nous de superbes sommets mais nous ne voyons que les traînées de brume. Je redis que par ces temps-là, le monde n’appartient pas aux lève-tôt mais à ceux qui savent attendre la dissipation des brumes matinales, au fond du lit à digérer le copieux petit déjeuner. Personne ne veut me croire et pourtant ce matin, nous devons longer le fameux Vatnajökull, le plus grand glacier islandais : 8400km2 soit environ la taille de la Corse, (tout est démesuré ici) mais aussi plus grand d’Europe. A certains endroits, la glace peut atteindre 1km d’épaisseur. Ce que nous espérions voir ce matin, tout le long de la route, ce sont ses langues glaciaires qui viennent frôler la route n°1. La pluie passe encore mais la vue, non ! Très remontée, je propose quand je vois la brume remonter un peu, de faire demi-tour et de refaire le trajet. Bien nous en a pris car la brume, temporairement hélas, s’est levée et sans contempler tout le spectacle que nous aurions dû voir, nous avons tout de même un bel aperçu.
Je retire tout ce que j'ai dit sur Richard et les cygnes. Mais qu'ils sont farouches, ce sont les seuls oiseaux que aurons eu du mal à approcher. Toute la troupe s'est envolée après cette photo.
Là, très franchement, je n'aimerais pas habiter ici !
Mais le clou de la journée, le "best of Island", c’est le Jökulsarlon, grand lac qui a été formé par la fonte de glace du glacier de Breidamerkur, qui fait partie du grand parc national de Vatnajokull. C'est le clou de tous les « tours » d’Islande avec ses « icebergs » flottants.
Des noms de dingues je sais, alors pour vous aider à lire cet article vous pouvez écoutez la prononciation de Jokulsarlon en ligne :
Bien sûr, on doit ce paysage polaire à la régression du glacier qui a débuté dans les années trente. La pluie redouble mais le parking est plein. Depuis que nous avons rejoint le sud, les voitures et surtout les bus sont plus nombreux.
Le spectacle en vaut la peine même s’il a été vu et revu sur internet ou lors de documentaires. Des blocs de glace énormes dérivent sur le lac bleuté. Certains sont transparents, d’autres blancs, gris et les plus beaux sont bleus. Avec un peu d’imagination, on peut y retrouver des formes connues. La plage est en sable noir et galets, on l’appelle aussi la plage aux diamants. On se trempe mais on a du mal à partir. Un peu plus loin, on retrouvera un autre point d’observation et rien et certes pas la pluie, ne nous empêchera d’y retourner.
Admirez les bleus, non pas ceux de dimanche 15.
Ceux qui n'effraient pas les oiseaux.
Contemplez les arches
Certains se font menaçants.
D'autres semblent danser, comme immortalisés par une Camille Claudel.
Pour les enfants, les engins planétaires ne manquent pas.
Il y a aussi les "pas propres" qui ont accumulé toute l'érosion glaciaire.
Et bien sûr, puisque nous sommes en Islande, les trolls sont de la partie !
Vous avez aussi les glaçons aux formes bizarres, si vous trouvez que le climat est trop doux.
Pour finir, une petite salade composée ?
Un parking un peu plus loin nous permet d'avoir une vue plus élargie
sur l'ensemble du glacier et de son lac.
La route s’approche de plus en plus des langues glaciaires et le spectacle est beau mais on devine combien il doit l’être plus encore sous le soleil et ne parlons même pas du soleil couchant.
Petite halte à Hof et pas Höfn, hameau de quelques maisons mais où se trouve encore une église de 1884 à toit herbeux, dans un décor encore une fois, incroyable.
Récipient pour la trempe
Accolé à l'église, un cimetière attendrissant : les tombes sont des buttes rectangulaires de terre, recouvertes d’herbes et ensuite de végétaux divers, suivant le goût des familles. Cela donne un aspect très « retour à la terre » dans tous les sens du terme.
S'il avait fait beau, nous pouvions envisager de randonner un peu du côté du Svinafellsjökull mais là, cela ne représente guère que l’avantage de se faire tremper, sans aucune vue.
Il est possible d'approcher le Skafttafellsjökull et pour ce faire, nous nous engageons alors, dans une route d’accès, la 988, qui se révélera être la pire de tout le voyage. Nous sommes limite route F et peut-être pas si limite que cela. Les trous sont énormes et tapissent presque toute la route ; de grosses pierres font saillie, je ne sais plus par quel côté passer mais bon, on arrive à bon port, au bord même du glacier. On aperçoit les crevasses sur le côté.
Le parcours est montagneux d’un côté et très champêtre de l’autre, couvert de lupins. Beaux les lupins mais rien de tel pour vous tremper la partie basse du pantalon qui avait résisté aux rafales. En prenant cet itinéraire, je me suis retrouvée avec un italien fort sympathique, du Val d’Aoste. Nous avons parlé un peu du pays.
Il est l’heure de déjeuner, que nous prendrons, un peu plus loin dans le lit du glacier, sur le terrain libéré par le réchauffement climatique. Difficile de ne pas en vouloir à tous les pollueurs que nous sommes ! Inconfort du déjeuner dans la voiture mais vue magnifique sur le large, ventru Skeidarärjökull. La largeur du glacier est impressionnante si sa longueur a perdu de sa superbe.
Reprise de la route pour, hélas, rejoindre notre hébergement à Hörgsland. Nous nous installons sous la pluie. Et, découragés, décidons de ne pas repartir pour d’autres visites qui ne pourraient être dans cet endroit, que des randonnées. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avions prévu cette courte étape, pour randonner. Pleine d’énergie positive, je me dis que je vais pouvoir écrire cette page tranquillement, ajouter des photos, peut-être, résoudre mes problèmes d’internet…. Eh bien, non, les elfes ne sont pas avec nous mas contre nous : le wifi fonctionne à peine, autant dire pas du tout. Pas question de perdre sa zénitude, j’écris sur une page word, que je transférerai demain. Demain est risqué car nous serons sur l’ïle de Vestmannaeyjar où se déroule un festival, nous obligeant à prendre un ferry tardif. Je risque soit de faire la fête, soit de visiter tard et de ne plus avoir le temps d’écrire. Nous verrons bien.
Vous reprendrez bien un petit volcan pour la nuit ?
Pour les plus curieux, un petit cours de physique, on ne se refait pas !
Pourquoi certains icebergs sont-ils bleus ?
Parce qu’ils sont faits de glace pure, avec peu de bulles d’air. La lumière blanche qui pénètre l’iceberg subit une absorption sélective selon les longueurs d’ondes qui la constituent. Les grandes longueurs d’ondes, comme le jaune et le rouge, sont absorbées en premier, les courtes comme le bleu subsistent plus longtemps. A 30 m de fond, dans la glace, seul le bleu n’est pas totalement absorbé. De plus, en rebondissant sur les molécules de glace, les ondes subissent un important phénomène de diffusion. Les fréquences du bleu semblent alors amplifiées. La fraction de lumière qui ressort, privée de ses radiations rouges, donne sa couleur bleue à l’iceberg.
Les icebergs blancs, eux, sont formés par accumulation de neige. Leur glace contient beaucoup de bulles d’air. La lumière pénètre peu, car elle se réfléchit à leur surface. Après une infinité de réflexions, la lumière ressort sans avoir subi d’absorption. Conséquence : elle est toujours blanche.
Reformulons :
La plupart des icebergs nous paraissent blanc car la neige compressée et les bulles d'air reflètent toutes les longueurs d'ondes.
Dans le cas d'un iceberg bleu, les bulles ont été chassées sous l'eau et seules les longueurs d'ondes du bleu et du vert sont reflétées.
Dans le cas du noir, c'est parque que de la poussière volcanique a été coincée dans la glace.