Jour6
Mardi 26 juin
Mardi 26 juin
J 6 : De Broddannes à Holmavik (Broddanes)
Nous quittons notre belle auberge à regret. Toute la nuit (ou le jour, comme vous voudrez ) les sternes ont tournoyé au-dessus de leurs nids et ce matin, à peine le pied posé devant la porte, elles étaient déjà prêtes à attaquer. Mais....il fait beau !
Notre objectif de la journée est bien sûr de relier Sagastrond mais surtout d'observer les phoques sur la péninsule de Vatnsnes.
Encore un fjord magnifique à longer et nous arrivons à Hvammstangui pour aborder la fameuse péninsule. Seul fait d'importance toute relative, le réservoir crie à boire, nous avons sous-estimé nos besoins. De plus, vous n'allez pas à la pompe pour faire le plein. Vous choisissez une somme et le réservoir s'arrête au bon moment sauf que lorsque vous ne connaissez pas la voiture et ne maîtrisez pas encore le change, cela devient du sport. On s'améliore de jour en jour et je n'ai encore rien pris sur les chaussures ! C'est moi qui vais à la pompe car c'est moi qui paie, non pas que Richard se soit vu en american gigolo mais c'est moi qui ai la carte internationale qui nous évite les taxes bancaires (enfin, tout relatif, on a payé une somme pour en éviter une plus grosse).
On quitte encore une fois la route bitumée et on attaque la piste. Les yeux rivé sur la côte, à la recherche du moindre museau sympa, quitte à dévier un peu "follement" de notre trajectoire routière, nous donnons l'image de deux français qui auraient abusé de la bière (pas du vin, il est hors de prix). Après un essai raté, les voilà : un premier spot rocheux où ils sont peu visibles.
On se console avec le déjeuner : un sandwich (jambon ? mortadelle ? Je ne sais pas) ships (oui oui) et deux gâteaux à la cannelle (hum). Un petit café pour moi un peu plus loin et là sur la côte Ouest de la péninsule, à Illugastadir, nous pouvons enfin voir des phoques !! Ils sont là bien au chaud (enfin d'après eux) à se reposer. Une cabane nous permet de les observer et là encore deux paires de jumelles pour les touristes.
Et pendant que nous parlons animaux, parlons moutons. Ils paissent en liberté mais quand il faut les rentrer pour l'hiver, tout le monde s'y met, chacun parcourt le territoire et ramène ses moutons et ceux des autres. Ensuite on fait le tri dans ces grands enclos ou rettir. C'est bien sûr l'occasion de grandes fêtes.
Bien sûr, ce ne sont pas les seuls habitants de ces petits îlots : par exemple, le canard Eider y promène sa couvée. Et d'autres oiseaux que nous ne savons pas identifier et que vous retrouverez dans les pages ultimes.
Un peu plus loin, le Hvítserkur (islandais "chemise de nuit blanche") est une falaise de basalte sur la côte orientale de la péninsule Vatnsnes en Islande du Nord-Ouest . Environ 15m de roche, creusée en deux endroits et qui accueille des oiseaux nicheurs tels que les mouettes tridactyles et les fulmars. Une légende islandaise raconte qu'il s'agit d'un troll qui a été pétrifié par le soleil, ayant voulu détruire le monastère de Thingeyrar.
La route ne manque pas de charme, surtout avec ce temps "variable" qui lui donne des couleurs surprenantes.
Borgarvirki se situe à 177m d'altitude : il domine la région environnante. Borgarvirki est un phénomène naturel : c'est un neck ou nek (terme anglais signifiant « cou »), un relief volcanique résiduel en forme de pointe de grandes dimensions. Il correspond à une ancienne cheminée volcanique qui s'est solidifiée à la fin d'une éruption et qui a été ensuite dégagée par l'érosion. Cette structure de lave solidifiée résiste mieux à l'érosion que les matériaux d'éjection qui l'entourent. Une fois le cône érodé, il reste une aiguille qui est la relique d'un cône disparu.
Modifié par l'homme, les sagas islandaises mentionnent que dans les siècles précédents il a été utilisé à des fins militaires. En 1949, l'entrée principale a été rénovée par les travailleurs.
Un peu de courses à Blonduos et nous voilà dans notre BnB à Sagastrond; pas terrible depuis l'extérieur, on dirait un ancien garage. Le propriétaire, très gentil nous accueille et nous donne mille détails sur la région, les choses à voir, le bon truc pour manger pas cher sur notre route. Enfin, un "vrai" BnB.
On jette les courses dans le frigo et on part vite pour une vue qu'il nous a signalée : 25km de piste tout de même. À l'arrivée, très belle vue mais aussi sternes défendant leur territoire. Richard a encore failli y passer : 1m88 est plus facile à viser que 1m66.
Une halte au fond du fjord (photo ci-dessus) nous vaut une belle attaque de sternes !
Nous nous sommes habitués aux attaques des sternes arctiques qui défendent leur territoire avec une énergie et une agressivité incroyables. En général on en plaisante et on tient compte de leurs avertissements pour faire un large détour de manière à ne pas risquer de marcher sur leurs œufs, posés à même le sol sans le moindre nid. Habituellement, la première attaque en piqué est une charge d'intimidation : cris suraigus et passage à quelques centimètres de la tête. À la deuxième attaque on a droit généralement au bombardement aérien : largage d'excréments ou de régurgitations verdâtres et odorantes !
Si on insiste, on peut ressentir un coup violent et une douleur vive sur le sommet de la tête ! elles vous piquent et vous pouvez vous retrouver avec une belle entaille au sommet du crâne, striée de rouge et de vert ... Le rouge, c'est votre sang, et le vert, très odorant, c'est du vomi de poisson du fjord ... ! Un parfum de chez "Boréal ... parce que je le vaux bien", non ?
Nous nous résignons à quitter le terrain, vaincus devant les lois de la survie de l'espèce.
Des panneaux avertissent les automobilistes car au moment de la nidation, elles attaquent les voitures.
Sur la route du retour, de nombreux chevaux islandais, on approche de leur zone d'élevage. Importés par les vikings, ils ont une allure supplémentaire par rapport aux autres chevaux. Ils sont aussi plus trapus, me semble-t-il.
Ce soir, c'est Byzance :
Il est minuit vingt,
j' écris sans allumer la lumière,
dehors le village est éclairé
comme lors d' une fin de journée en France.