Jour 11
Dimanche 01 juillett
Dimanche 01 juillett
J 11 : De Myvatn à Husey en passant par les chutes de Dettifoss
Quelle nuit mes amis ! La pluie tombe sans discontinuer et fort et dès que j'éteins la lumière, je sens que ce bruit a déclenché une envie de toilettes. Or les toilettes sont dehors déjà et en plus à 150m minimum. Je dois donc envisager de me rhabiller, dans le noir, de mettre mes chaussures de randonnée, faire 300m aller et retour puis me recoucher, en espérant que cette petite promenade humide ne m'aura pas trop réveillée. Aussi, je décide d'attendre et bien sûr, cela m'empêche de dormir. A je ne sais quelle heure, puisque la nuit ne tombe, pas je décide de me passer des toilettes et d'utiliser le gazon à proximité du chalet, en espérant que personne n'aura la même idée au même moment car il fait clair comme en plein jour. Bien sûr, il faut se rhabiller tout de même. Je me débats avec ma veste de pluie avant de comprendre que je l'ai mise sur un cintre qui me bloque l'entrée ! Enfin dehors, personne, ouf ! Entre temps, la pluie a diminué et cela reste vivable. Je me recouche mais je suis bien éveillée maintenant, alors je prends mon polar que je n'ai ouvert qu'il y a deux jours. Je refais une tentative et rien à faire ... l'envie de ressortir se fait pressante.
A 7h j'ai craqué et me suis levée définitivement. Cela m'a permis d'aller faire un tour vers l'aéroport pas loin mais immédiatement une sterne s'est posée sur le poteau d'entrée et m'a bien fait comprendre qu'il allait y a voir du grabuge si j'avançais plus loin. Pas contrariante car pas trop réveillée, je suis descendue vers l'auberge de jeunesse et me suis décidée à entrer, tout est ouvert tout le temps en Islande et là, je découvre une cuisine avec tout le matériel nécessaire et une magnifique salle à manger panoramique. Quand je pense à l'AM passée sous une grande tente de mess sale, bruyante et laissant passer l'eau, je décide de déjeuner là et il faudra me sortir par la force. Au moment de nous installer, des taïwanais sont en train de se préparer un petit déjeuner ou un mariage, on hésite. Toute la famille est aux fourneaux, même les messieurs et le four, les plaques, la bouilloire, le grille pain, les poêles, tout chauffe. J'ai pris en photo les deux PD, français et taïwanais, constatez par vous-même.
Nous partons, je voudrais bien revoir la partie très "fumante" du lieu, que nous n'avons fait que regarder de la voiture hier mais ce n'est pas sur la route. Erreur d'orientation et on fera 70 km non prévus au programme, des kilomètres très champêtres, très verts ce qui aurait dû nous alerter. Au retour. cette fois, le site est sur notre chemin et j'insiste pour les fumerolles et nous ne le regretterons pas. C'est le chaudron, la terre fume de partout, toutes les nuances de gris, de jaune, de blanc sont là avec des orangés surprenants. Difficile de ne pas faire une provision de photos et de vidéos.
Retard pour retard, on s'arrête encore un peu plus loin, le temps de faire quelques photos. Les verts, les ocres éclatent dans un pâle rayon de soleil et une sterne, royale, semble croire qu'elle n'a même plus besoin de s'égosiller, on ne s'approchera pas, nous sommes matés !
Nos retards vont s'additionner, au moment de repartir, je vois d'un seul coup, mon réfrigérant, oublié dans le réfrigérateur de l'accueil. Pas question de l'abandonner, donc demi-tour. Il y a des jours comme çà. Enfin partis, à 10h30, deux heures de retard sur les prévisions de la veille.
Nous roulons à la découverte de Dettifoss, la cascade la plus puissante d'Europe. Pour admirer ces chutes, il faut s’y rendre à pied par un chemin descendant près du fleuve Jökulsá á Fjöllum. Le vrombissement de Dettifoss se fait déjà entendre alors qu’elle n’est toujours pas visible, se cachant derrière les rochers gris bordant la rive du fleuve. En 10 minutes de marche, on atteint la cataracte. La puissance de la chute d’eau est impressionnante : 200 m3 d’eau par seconde s’abattent avec fracas du haut des 44 mètres, soulevant des embruns énormes visibles à plus d’1 km de distance et inondant la rive Ouest des gorges. Elle mérite bien son titre ! Pour ceux ayant vu le film « Prometheus » de Ridley Scott (2012), l’accès par la rive Est correspond au même point de vue qu’une des premières scènes du film.
Un côté de la rive est abrupt, rocheux, presque des orgues basaltiques et l'autre plus en pente douce est constamment arrosé par les chutes donc très vert, herbeux.
En continuant le long de la rive vers le Sud, on atteint la chute d’eau de Selfoss , moins puissante mais beaucoup plus charmante. De multiples filets d’eau s’engouffrent dans les failles de la roche pour tomber en un large arc de cercle, comme un rideau.
Petite pause déjeuner sur la 1 aux chutes de Rjukaudafoss sur le bord de la route où nous sommes pratiquement seuls. On commence à être très blasés sur les chutes. des chutes, ah oui et alors ?
On reprend la route 1 sur laquelle nous sommes presque seuls et nous sommes étonnés car le guide du Routard annonçait une route sans intérêt qui en fait nous paraît de toute beauté. Au début tout l'horizon est barré de volcans puis on débouche dans une vallée où les pentes des volcans sont plus proches de la route et toutes vertes. Le vert se mélange au caramel et au jaune de l'herbe grillée. Une petite rivière serpente doucement dans le fond de la vallée. On termine par deux majestueux colosses écrasant le voyageur de toute leur hauteur. Passées ces beautés, on retombe sur le désert mais toujours environné de sommets au loin. Une belle route !
De la route 1, nous devions gagner un site de macareux mais, située au nord-est de l’île, Borgarfjörður se mérite. C'est un long détour sur une route très belle mais très gravillonnée. Nous n'avons plus le temps et préférons rejoindre notre hébergement à Husey. Nous ne le regretterons pas c'est le bout du bout du monde après un beau chemin le long d'un immense et large delta.
L'auberge est peu occupée, nous posons les valises et partons marcher.
Deux heures à surprendre des oiseaux peu farouches (comme d'habitude, aller voir la page zozios) et à voir nager un gentil petit phoque qui semble aussi curieux que nous. Nous apprendrons par la suite que des braconniers ont tué sa maman et que les fermiers l'ont nourri quand il était tout petit. Il s'est donc accroché à ce petit bras de mer.
Un couple d'allemands n'a pas vu l'interdiction de marcher sur le sable, il a fait fuir un petit échassier qui a abandonné son petit. Ce dernier trottine sur la plage, inconscient du danger pendant que la femelle, affolée, tourne autour de nous à sa recherche. Ils se retrouveront et Richard a les photos de sa maman qui le remet au chaud sous son ventre.
Retrouvez tous les oiseaux de cette belle soirée dans la page zozios
Belle journée encore ! Il est 22h, je vais cesser d'écrire, car ici le wifi est dans la salle à manger des fermiers, dans un autre bâtiment et je vais les laisser en famille, même si chacun me dit que je ne dérange pas. Le polar va pouvoir avancer. Mais avant, quelques photos de notre bout du monde et une vidéo, sous un soleil ... du lendemain matin.