Jour 7
Mercredi 27 juin
Mercredi 27 juin
De Skagastrond (vatnsness) à Akureyri
Nous quittons notre maison particulière vers 8h30 ce matin en coupant la péninsule. Nous n'aurions pas osé prendre cette route avec notre voiture sans les conseils de notre logeur. Les cultures et les élevages sont plus nombreux, surtout celui du cheval. On en voit dans tous les champs. .
Ceux-ci semblent parsemés de neige en raison des ballots de foin ensachés en blanc. Au passage, la tentation est grande, non petite, de se couler dans un hot spot sur la route mais bon à l'idée de se relaver les cheveux propres de ce matin, non.
Saudarkrokur ne nous intéresse que pour l'essence et nous filons vers la ferme ancienne de Glaumbaer. Tout a été restauré et très soigneusement : les différents bâtiments sont construits avec des murs de tourbe et les toits sont déjà végétalisés !
La ferme est présente depuis le XIème siècle. Sa taille et forme ont changé au cours du temps, et la ferme a été déplacée sur la colline dans l’intérêt commun. En 2002, les restes des bâtiments du Xème et XIème siècles ont été retrouvés dans le champs à l’est de Glaumbær. Il semble que le déplacement ait eu lieu sous Snorri Thorfinnsson, fils de Thorfinnur Karlsefni et Guðríður Thorbjarnardóttir. Selon les récits, Snorri est le premier fils d’européen à être né sur le continent américain.
Glaumbær est probablement la maison la plus riche en tourbe d’Islande. Les pierres présentes dans ses murs proviennent d’autres fjords et la tourbe est parfaitement découpée. Il y a aussi du bois flotté et du bois importé dans les cadres et ponts. Les bâtiments de ferme diffèrent en âge, types et matériaux. Ils ont été construits selon les besoins des habitants.
Voici le plan de l'intérieur de la maison principale.
L'emplacement est superbe, les anciens savaient choisir leurs lieux de vie.
Nous repartons dans ce paysage agreste et retrouvons nos paysages de fjords pour atteindre Holar. En pleine campagne, ce centre religieux a conservé sa belle église (1er archevêché d'Islande), un centre culturel qui abrite actuellement des universités dont une consacrée à l'agriculture et un important centre équestre : école et centre de recherche, de valorisation du cheval. Le décor est calme et splendide et les étudiants forcé de travailler, il n'y a rien aux alentours. Nous retrouvons une ferme de tourbe mais qui ne se visite pas.
Encore une fois, les lieux sont magiques, les étudiants ont un décor inimaginable.
Direction le nord, toujours, nous approchons du cercle polaire tout de même ! Sur la route, arrêt à Hofsos avec sa superbe piscine qui donne sur un paysage à couper le souffle, le tout en plein air bien sûr, l'eau est chaude. Là encore nous reculons devant l'expérience, en se trouvant toutes sortes de raisons.
Grafarós était un centre de commerce de 1835 à 1915. Ce sont les Britanniques Henderson qui ont fait du commerce de 1861 à 1868, ce qui a amélioré les modèles commerciaux, et les gens de Skagafjörður ont loué le seigneur de leur avoir envoyé Henderson. À Grafarós, il y a beaucoup de ruines de commerce, d'habitation et de dépendances. Mais il y a surtout la vue !
Nous décidons de pique-niquer un peu plus loin sur un superbe promontoire avec toujours, je n'ose le dire, une vue superbe. Des Islandais sont sur la table de pique-nique, nous discutons un peu. Ils sont de Reykjavik et viennent dans le nord pour le soleil ! Nous savons maintenant que nous n'allons pas vers le beau temps.
Pendant que je sieste sur le banc (c'est un peu dur ce matin !), Richard profite d'un rayon de soleil pour capturer les champs de lupins en photo et certainement des oiseaux.
Le petit port de Siglufjörour nous accueille avec ses belles petites maisons de couleur et son musée du hareng.
Nous avons hésité : pourquoi visiter ce petit musée ? Nous sommes venus pour la nature. Nous sommes ressortis enchantés et bluffés par le nombre d'objets recueillis sur la période du début de siècle où le premier norvégien est venu installer une " ferme " à hareng puis une véritable usine.
Un hangar a été construit autour des bateaux de cette époque et cette partie de la visite est remarquable. On peut monter sur le bateau, s'installer comme capitaine ou comme marin dans la soute. La salle des machines à vapeur recèle des trésors, les pièces sont encore équipées avec des supports en porcelaine...
Des visages de marins, de femmes en tabliers, d'hier et d'avant hier nous sourient ou prennent l'air grave et je me réjouis, en les voyant, du développement des musées des techniques agricoles et industrielles qui permettent de mettre en valeur et de conserver ce patrimoine.
Les routards repartent. Belles vues sur la mer et la côte, puis traversée de vallées spectaculaires avant d'atteindre le fjord d' Eyjafjörður, l'un des fjords les plus longs du pays et la capitale de la « capitale du nord », Akureyri , culturelle, avec de nombreux restaurants et cafés. Au bord de l’Eyjafjörður, dans un cadre de prairies fleuries de lupins, la vue sur la ville est belle ... mais nous avons oublié de l'immortaliser.
Akureyri, dont le nom signifie « le champ de l’île » est la capitale du Nord de l’Islande et deuxième ville du pays avec ses 15000 habitants. Elle est à 100km sous le cercle polaire, mais possède un des meilleurs climats de l’Islande et aussi un des plus beaux sites naturels du pays.
La ville vit surtout de la pêche et des industries de transformation du poisson. Il y a deux odeurs marquantes en Islande, l’odeur d’œuf couvé des eaux géothermiques, due à l’anhydride sulfureux, et l’odeur du poisson … À propos de cette dernière, quand on dit aux Islandais que ça pue, ils répondent : « Mais non ! pas du tout ! c’est l’odeur de l’argent ! » La « capitale du Nord » ressemble plutôt à un village.
On se gare en « centre ville » et nous voici dans Hafnarstræti, l’unique rue piétonne avec quelques magasins sur une centaine de mètres, mais aussi la rue de notre auberge Akureyri Backpapers dont le nom m'évoque une série... récente. À vous de trouver. Nous détonnons un peu dans ce lieu très "djeun".
Mais bon, nous sommes là, la chambre est agréable, au 4ème étage avec des sanitaires au sous-sol mais avec sauna et deux bières d'accueil. Il faut passer devant quelques clients, en pyjama, pour aller aux douches mais personne ne vous regarde, le match avec la suède donne le ton dans l'auberge.
On garde les bonnes habitudes de déménagement des tables de nuit, surtout que Richard dort en deux minutes vers 22h alors que je tapote ( et non papote) jusque minuit.