Jour 17
Samedi 07 juillet
Samedi 07 juillet
Grasse matinée ce matin, lever à 8h40, un vrai cadeau. A 6h00 j'ai vu qu'il ne pleuvait pas et j'ai regretté de ne pas avoir réservé mon bus. Mais bon la journée va me donner tort.
Petit déjeuner d'enfer, du vrai et bon café dans une cafetière italienne et pour la première fois, de l'agneau à déguster ainsi que du beurre de cacahuètes. Bon vous devez vous dire que j'attache beaucoup d'importance à la nourriture mais nous sommes au sandwich fromage (sans goût) depuis deux semaines et demi et au riz, semoule ou blé le soir et parfois sans beurre, alors oui, je suis sensible à la moindre amélioration de l'ordinaire. J'espère que ma sœur lit ces lignes pour me gâter le jour de mon retour. Nous partons vers 10h, il fait 8°C
Il pleuvote, j'étais pour pleuvine mais pleuvote, proposé par Richard me va bien. Ciel gris, nuageux, pas de visibilité. Nous nous dirigeons vers Arnes, sous le sommet du Gnupverjahreppur. 10h15, cette fois, on ne chipote pas sur le vocabulaire : il pleut.
Petit arrêt pour mettre en boite un superbe parc à moutons sur la 32. L'enclos est circulaire et se présente un peu comme un enclos à corrida. On en a déjà vu un beau de loin et vous l'avez en photo mais celui-ci est remarquable car bien herbeux et en pierres.
Ne croyez surtout pas que nous avons pu jouir tranquillement de cet espace désert et sauvage. Un couple de sternes a tenu à nous faire savoir que nous n'étions pas les bienvenus et nous l'a répété jusqu'à ce que nous décidions de monter dans la voiture. Non mais, il faudrait savoir qui sont les reines dans ce pays : les touristes ou les sternes ?
Elles ne se doutent pas qu'elles m'ont fait un joli cadeau : ma prochaine sonnerie de téléphone portable.
La pjorsa coule à notre droite étalant ses méandres sur la plaine, méandres qui se transforment en petits lacs, ci et là. Le soleil se lève un peu et on a devant nous toute la chaîne de montagnes, on dirait un peu l'Ecosse.
Les champs de lupins s'étalent sur les petits îlots qui se forment ici et là dans les méandres. Les sommets deviennent plus bas et arrondis et leurs verts s'harmonisent avec le violet des lupins.
Des coulées de lave grise resurgissent de temps en temps dans le vert.
Puis nous attaquons des champs de lave presque inquiétants dans leur sévérité : noirs, gris, pailletés rarement du vert pâle de quelques mousses et lichens. Nous sommes dans le désert complet, pas une voiture, pas une habitation, nous sommes sur Mars, sur la lune, nous ne savons plus.
Belle vue sur l'Eyjafjallajökull
Nous prenons la 26 avec ses gravillons et ses trous, pauvre petite panda, elle en aura vu de toutes les pierres et trous. Objectif les chutes de Tröllkonufoss au pied du Bürfell sur la Pjorsa. Dans un paysage de morne plaine, on trouve de petites chutes assez impressionnantes vu le peu de relief. Le site est fermé par une porte non cadenassée ; il est bien indiqué qu'on peut faire des lâchers d'eau mais nous décidons d'oublier les déboires de cette pauvre institutrice française et de poursuivre notre visite.
Nous laissons sur la gauche, la piste F 225 qui mène au Landammanalaugar (rien ne me sera épargné alors je prends en photo le panneau, c'est toujours cela de pris) et une petite vidéo au cas où je n'aurais pas l'occasion de revenir.. Deux 4 X 4 se croisent et s'échangent des renseignements sur les gués.
Un panneau indique bien aux voyageurs l'interdiction de circuler sans 4x4 sur ces pistes ainsi que l'importance de respecter l'interdiction de marcher ou de circuler hors des sentiers balisés.
Un peu plus loin, encore quelques chutes, pas très hautes mais larges. Il est 12h15 et il fait 10,5°C
A gauche, en noir et vert, des "volutes" de lave aux courbes douces mais un peu comme de la danette vanille-chocolat que l'on viendrait de mélanger.
Arrêt à Skaro pour une petite église, perdue au sein d'une ferme. Elle est en tôle mais très jolie dans sa simplicité et son cimetière comme ceux que nous avons déjà vus, en mottes de terre, couvertes de végétation. Le retour à la terre dans toute sa vérité. Beaucoup accueillent un petit chêne. Une rivière serpente dans les champs. On souhaiterait presque s'étendre là et mourir mais bon l'heure n'est pas venue.
Les plaines s'étendent devant nous accueillant de nombreux chevaux car ici commence, la zone d'élevage de ces chevaux islandais. Les fermes alentour proposent toutes des séjours équestres, des "riding" de plusieurs jours. Et bien sûr, contrairement à ce qui se passe avec les moutons, les champs sont clôturés.
13h02 il pleut des cordes, 13h02 et trente secondes, il ne pleut plus.
Encore un petit arrêt à Marteinstunga pour une petite église en tôle, avec peut-être un peu moins de cachet mais toujours dans une ferme. Alors que j'avais fait remarquer que je n'avais vu qu'un chat depuis notre arrivée, en voilà quatre ou cinq qui surgissent d'une chatière. Photo bien sûr.
La pluie qui tombe avec force me console de mon abandon du Landmannalaugar et nous déjeunerons pour la Xième fois dans la voiture !
La journée est loin d'être terminée. Restent en effet, deux morceaux de choix : les chutes de Gullfoss et le site du Geysir. Je ne vous fais pas de dessin, même ceux qui ne sont jamais allées en Islande, connaissent ces deux lieux. Inutile de s' appesantir sur le fait que nous n'y serons pas seuls, les cars de tourisme déversent leurs flots de touristes. Je crains un peu la déception car je les ai vus tant de fois sur le web mais, non, il faut reconnaître que l'approche réelle reste vraiment magique ou étrange.
Les chutes de Gullfoss, c'est une véritable cataracte plongeant dans une fissure très étroite qui fait l'effet d'un grand canyon, les gorges de Gullfoss, longues de 2,5 km. Impressionnantes !
Elles doivent leur nom "chutes d'or" à l'arc en ciel fréquent qui les enjambe. Vous avez, je crois, bien mesuré la tonalité du voyage et n'attendez donc pas de nous une telle photo. Et pour vous en convaincre, si besoin était, voici nos compagnons d'infortune.
Rendons hommage au passage à Sigridür Tömasdottir (fille de Tömas donc, ne me demandez pas lequel) qui s'est opposée farouchement, au début du XXème siècle à un projet d'usine hydroélectrique, allant jusqu'à menacer de se jeter dans les chutes si elle n'obtenait pas la sauvegarde du site. Et elle n'est pas la seule femme héroïque du coin.
Nous les femmes, nous les femmes ....
Je vais privilégier la vidéo pour que vous ayez le bruit et la pluie mais auparavant quelques photos tout de même !
De là, comme le troupeau, nous enchaînons avec le site du Geysir.
C'est d'ici que vient le mot "geyser" soit un conduit souterrain, terminé à la surface par un petit cratère. Ce conduit est, en partie, rempli d'eau qui, chauffée (et sous pression), jaillit à la surface par intermittence et le phénomène se reproduit à une fréquence plus ou moins grande.
Le Grand Geysir, le plus célèbre, jaillit très irrégulièrement à des hauteurs de 10 à 15m alors qu'il pouvait atteindre les 30 à 60m en 1950.
Heureusement pour les touristes que nous sommes, l'un d'entre, le strokkur eux a la bonne idée de jaillir toutes les 5 ou 7 mn, à des hauteurs de 10 à 15m (parfois 30m) , hauteur et délai raisonnables pour attendre (sous la pluie battante) le jaillissement suivant.
Et bien sûr, rien de mieux qu'une petite vidéo !
Sur le reste des 3 km2 du site, se suivent mares d'eau bouillonnantes et sources d'eau chaude dans une belle atmosphère fumante et crachotante.
Admirez ces courageux végétaux qui affrontent les éléments contraires
Ne restait plus qu'à gagner notre point de chute à savoir Laugarvatn, vatn voulant dire lac.
Superbe auberge de jeunesse avec tous les équipements nécessaires, accueil digne d'un hôtel.
J'ai comme le pressentiment qu'il y aura du monde dans l'auberge, donc nous faisons cuire en avance notre riz quotidien et bien nous en a pris car une allemande a monopolisé la cuisine tout le temps ce soir et à 23h 30 remue placards et casseroles dans la cuisine qui jouxte notre chambre. Vivent les boules Quies !
Comme nous sommes arrivés tôt (17h) j'en profite pour chercher à faire le Landmannalaugar. Au final, je me trompe de compagnie par rapport à mes recherches d'hier (trek.is au lieu de trex.is) mais ce n'est pas plus mal, la randonnée sera guidée, il y aura bain chaud... Je suis aux anges. J'ai hésité longuement sur le choix du jour : lundi, mardi, les deux prévisions météo ne sont pas terribles mais lundi semble moins pluvieux. Voilà le précieux sésame.
Chacun de nous élabore son résumé dans la salle de détente munie d'un écran géant sur lequel on voit la Russie perdre son match si j'ai bien suivi.
Pour se consoler de la pluie, nous nous offrons un demi-litre de bière pression chacun, s'il faut une excuse à notre régime spartiate !
Dîner rapide et pour la deuxième pour fois, nous ressortons après le dîner pour voir le lac. Surprise, au bord de celui-ci coule une rivière chaude qui est retenue dans un petit bassin en pierres. Elle aurait des vertus curatives pour les maladies des yeux. On dit qu'elle aurait servi aux baptêmes des vikings qui refusaient de se tremper dans l'eau froide aux premiers temps du christianisme en Islande. Observez bien la petit fumée qui sort du ruisselet.
Un peu plus loin, un panneau indique de faire attention car du sable noir de la plage, sortent des bouillonnements chauds bien sûr. Toute une installation permet de récupérer cette chaleur pour chauffer le village. Surprenante Islande. Toute une famille sort des hots spots de l'hôtel d'à côté. Ils sont en tong, T-shirts et cheveux mouillés par à peine 8°C....
Une petite vidéo pour mieux voir les bouillonnements.
Je vais dormir car lundi je dois être au bus pour le Landmannalaugar à 7h. Ceux qui me connaissent mesureront facilement ma motivation.
Je dis bonsoir sans rancune à vous tous qui vivez à 30°C
De Steinholst à Laugarvatn