Jour 2
Vendredi 22 juin
Vendredi 22 juin
La péninsule de SNAEFELLSNES et le parc national du SNAEFELLSJÖKULL
Levés à l'aube (enfin, pas vraiment), ce matin petit déjeuner avec beurre de cacahuètes comme au Québec, de quoi faire resurgir tous les bons souvenirs de jeunesse. Personne ne parle anglais à la préparation et il n’y a personne à la réception. Difficile dans ces conditions de faire comprendre que, malgré ma demande express, répétée, nous n’avons qu’un lit car deux matelas effectivement mais un seul drap de dessous. Comme on a séparé les lits hier soir, j’ai dormi sans drap de dessous. Les aléas de la vie à deux sans être un couple. Je finis par joindre une responsable au téléphone qui me le promet pour la soirée. C’est quand même notre deuxième hôtel et notre deuxième oubli.
Notre route est carrossable et on roule bien sans personne aux alentours. Le premier arrêt est une étrange église plantée seule sur la petite colline. Avec ses bardeaux blancs, son petit toit pointu, elle est émouvante dans sa sobriété, son isolement. Un petit cimetière lui est accolé avec de drôles de tombes « en patio » je dirais ; un grand carré délimité par un petit mur bas encadre une zone herbue avec quatre ou cinq tombes. De nombreuses sont surmontées d’oiseaux.
En poursuivant, on arrive sur le village d’Hellisandur dont le seul intérêt est son musée maritime. Les villages islandais ne présentent pas de place centrale, de mairie ou d’hôtel de ville. Les maisons sont regroupées et il est même parfois difficile d’identifier un café ou un centre d’information. Première salle du musée, classique avec oiseaux, roches, fossiles… Pas de quoi révolutionner un prof de SVT. La deuxième salle présente les méthodes de pêche et du traitement des poissons au début du siècle. Le bateau à 7 rameurs m’impressionne : quand on voit les vagues et les falaises ici, quel courage il fallait pour nourrir sa famille. Une reconstitution en maquette d’un village de bord de mer permet de mieux comprendre la vie de ces marins. À l’extérieur, une maison avec ses toits de végétation permet encore de mieux « sentir » les conditions de vie spartiates.
En quittant Hellisandur on entre dans la parc national du Snaefellsjökull.
Volcan gigantesque recouvert d'une calotte glaciaire mais nous ne la verrons pas, elle est dans le brouillard.
On continue sur la route 52 qui nous mène vers Öndverdarnes et nous quittons le bitume pour le gravier, première expérience.
La route nous mène aux falaises couvertes d'oiseaux, mais avant nous avons la chance de cheminer quelques minutes avec un petit renard arctique !
La route nous mène vers la plage de Skarösvik (il est partout !). À l'embranchement, nous prenons à gauche, vers le phare de Hvalrauf, perché au-dessus de falaises. Au bout d'un promontoire, des falaises gigantesques avec des milliers d'oiseaux et le vent et les vagues.
Plus au sud, la plage de Djüpalonssandur est une belle plage de sable noir et galets entremêlés.
On y trouve de grosses pierres rondes qui servaient de "test d'embauche" pour l'embauche des matelots. La plus grosse atteint 154 kilos et bien sûr tous les touristes mâles tiennent à faire démonstration de leurs heures de salles de gym.
Sur la plage également gisent les débris d'un chalutier anglais échoué en 1948.
Les basaltes prennent des formes extraordinaires ! Il est difficile de partir de ce lieu !
Entre les deux plages et notre pique-nique très sommaire, sur le rebord du phare, je visite les grottes de lave de Vatnshellir. Il s'agit de tunnels de lave, dont le plus bas aurait été formé il y a 6000 à 8000 ans. Il est nécessaire de s'équiper !
Un tunnel de lave est formé par une coulée volcanique qui s'est refroidie en surface en formant une croûte solide mais dont le cœur est resté fluide, permettant à la lave de continuer à s'écouler. Lorsque la coulée cesse d'être alimentée par la lave en fusion, elle se vide et laisse une cavité en forme de galerie. Les dimensions sont très variables ; les plus longs tunnels peuvent atteindre plusieurs kilomètres de développement.
On descend dans le tunnel par un long escalier métallique en colimaçon et on évolue dans une suite de formes étranges, noires, brillantes ou mates. On est très vite assez contents de ne pas être seul(e)s ! On suit la coulée de lave séchée à l'origine de la grotte sur 200 m de long et jusqu'à 35 m de profondeur. Elle est notamment connue pour avoir été citée par Jules Verne dans son oeuvre "Voyage au centre de la Terre" comme le chemin pour se rendre en Italie.
Au cours de la visite , j'ai pu observer des stalactites de basalte figées sur les plafonds des tunnels.Elles se sont formées lorsqu'une lave encore pâteuse, ou une roche qui a été ramollie par de nouvelles montées en température, s'est égouttée. Et bien sûr on aura aussi des stalagmites qui se forment lors du bouillonnement de la lave. Au fond de la grotte, le guide nous fait faire l'expérience du noir complet pendant quelques minutes. Pendant plusieurs minutes, il n'y a plus que nous et les sons de la grotte.
En rentrant vers l'hôtel, une petite église noire attire notre attention avec son cimetière sans grand ordre. On dirait que chacun s'est posé là où il le souhaitait. On retrouve les "patios" et les oiseaux posés sur les tombes mais aussi les gros blocs de basalte. En nous approchant du rivage, nous dérangeons une sterne ; aussitôt la réponse est violente, elle nous attaque très violemment, les oiseaux d'Hitchcock quoi ! On l'avait lu mais il faut voir la façon dont elle vise notre crâne et la différence de taille ne l'impressionne pas.
À la sortie de ces deux plages ventées et pluvieuses, à Hellnar, un petit restaurant minuscule mais bien coté nous tend ses tables, sa chaleur et ...son chocolat chaud. Nous sommes à l'intérieur pendant que les islandais se "réchauffent" dehors : le choc des civilisations ! Précision, les photos sont tirées du web, un jour de beau temps.
Sur le chemin du retour, comme pour nous narguer, le temps s'améliore, le brouillard se lève et nous pouvons alors commencer à voir les superbes sommets enneigés du volcan, les pentes à l'infini de volcans secondaires, le vert, le gris, le jaune-vert de la végétation, c'est vraiment magique et nous pouvons ainsi mieux mesurer ce que nous avons manqué ! Une raison pour revenir....
Ce soir pour se consoler, restaurant : pas de folie juste le poisson du jour très bien préparé et présenté : 30 € ! Vous comprendrez pourquoi nous avons emporté sachets de riz, pâtes, couscous, plats lyophilisés...
Richard ressort pour mettre en boîte avec un peu de soleil et c'est la cascade d'Olafsvik qui en profite pour s'immortaliser.
On recompose la valise car il faut s'adapter à notre façon de vivre les journées. Alors des sacs se forment, des vêtements changent de place, d'autres ne quitteront plus la voiture.
Richard dort déjà depuis deux heures et moi je tape encore sur la tablette et non sur des bambous, mais nous avons cette fois deux lits avec chacun son drap de dessous. Ouf la morale est sauve.
Une petite vidéo pour résumer ? La plus proche des couleurs que nous avons eues !