Jour 15 Bis
Jeudi 5 juillet après déjeuner
Jeudi 5 juillet après déjeuner
De HÖRGSLAND aux ÎLES WESTMANN (à partir de Dyrholaey )
Sur la route maintenant c'est l'Eyjafjallajökull qui se dresse, celui qui a bloqué nos avions et fait souffrir plus d'un présentateur télé. Nous longeons à nouveau des champs entiers de lupins d'un beau violet. Ils sont présents sur l'île en grande quantité, colorant les pentes de nombreux sommets ou tapissant comme ici, de nombreux prairies (même si ma photo ne les met pas en valeur).
Nous arrivons à Skögar qui a pour seul attrait, ses chutes, celles de Skogafoss. Elles se méritent : 380 marches à grimper et nous n'avons pas encore déjeuné mais pas question de faire cette grimpette, le ventre plein. On n'a pas le loisir de photographier en montant ni en descendant donc on fait les photos au sommet et à la base. Son rideau d'eau de 25m de large et son cadre de verdure lui donnent un air majestueux. En haut, comme en bas, mieux vaut être couvert, elle éclabousse ! On remet donc une cape de pluie sur harnachement journalier.
Nous profitons de la partie herbeuse au centre du parking pour déjeuner sur une table avec vue sur les chutes. La pelouse est recouverte de tentes et d'affaires de campeurs qui ont certainement remballé ce matin, une tente bien humide de la veille et qui profitent du soleil de la journée. Avalanche de couleurs ! Ils doivent revenir de la randonnée extraordinaire à faire, à partir du haut de la cascade. Elle démarre de Fimmvörouhals jusqu'à Porsmörk, soit 30km à l'ombre de l'Eyjafjallajökull. Les plus entraînés la couvrent en une dizaine d'heures, la plupart prennent leur temps (et leurs tentes) et s'offrent deux jours.
Cette fois, c'est fini, plus aucune halte avant le ferry. Avant l'embarquement, je profite de l'attente pour ramasser du sale noir fin.
La traversée est bien ventée, la mer très agitée donc je décide de rester sur le pont, les yeux fixés sur l'horizon et quel horizon ! La quinzaine d' îles, apparues il y a environ 11 000 ans de cela (une bagatelle en temps géologique !) se voit très vite et je passe d'un bord à l'autre pour ne rien rater, cherchant "mon" île Surtsey, celle que j'ai vu naître.
Les mouettes nous accompagnent et je parviens à suivre en vidéo l'une d'elles qui colle à notre ferry. Munie d'un simple Samsung, sur un bateau qui tangue et un oiseau virevoltant, je ne suis pas mécontente du résultat. En revanche, j'ai raté les autres vidéos...
Richard a capturé la même, figée par l'appareil.
Les petites îles alentour sont occupées souvent par une unique habitation. On ne peut s'empêcher d'envier celui ou celle qui vit là, tout en frissonnant à l'idée de la première tempête. Qui vit là ?
L'arrivée sur l'île est très jolie avec cette grande falaise ocre, parsemée de nids d'oiseaux.
A peine débarqués sur Heimaey, la plus grande des îles de l'archipel, nous partons à la recherche de notre hébergement : il n'y a pratiquement aucune signalisation dans ce pays, alors cela s'avère, parfois, allez soyons francs, souvent, difficile. Enfin nous nous installons, encore une fois dans une petite chambre avec peu de place pour les valises (je bénis mon achat de système de rangement ) et un emplacement en entresol. Notre hôtesse nous indique le spot de macareux mais nous conseille d'attendre 21h voire 22h car à 18h ils sont en pleine mer, surtout avec ce vent ... car il il s'est encore levé un peu plus.
Photo tirée du blog Chemin de traverses car je n'en ai pas fait de la ville.
Qu'à cela ne tienne, nous allons escalader les deux volcans de l'île et en premier l'Eldfell.
Toujours un peu de mal à trouver le départ du sentier, pas signalé sur la route et là oh la la, après notre grimpette aux chutes, se présente à nos yeux, un beau dénivelé. Nous aurions dû nous en douter, c'est un volcan tout de même, mais bon, on espérait, une "face nord" moins abrupt. Bien sûr le vent ne nous a pas oubliés et il nous oblige à chercher dans nos dernières forces. Nous sommes sur un volcan très orangé, écarlate, très "poussiéreux" avec la belle forme classique de tous les livres. Ce cratère a surgit en 1973 lors d’une éruption qui a dévasté plus de 400 habitations et durant laquelle il a fallu évacuer l’île. D’ailleurs, Eldfell signifie « montagne de feu » en islandais.
Dans la côte, un jeune couple nous avertit que c'est très "wendy" là haut mais on ne s'inquiète pas, ce n'est que du vent. Inconscients que nous sommes, nous aurions dû nous méfier de cet avertissement venant de deux jeunes gens, à priori, aventureux, du moins plus que nous. Soyons francs, nous avons pensé, sans nous le dire, qu'ils nous prenaient un peu pour deux personnes âgées, à protéger. Sentiment louable s'il en est mais qui gomme pour nous le message de danger. Des vieux, où çà ? Arrivés au sommet, nous sommes obligés de nous agripper au poteau qui se trouve miraculeusement là pour ne pas tomber et je n'exagère pas. Des nuances rouges et ocres s’entremêlent sur le volcan.
A certains endroits, le sol est encore si chaud qu’on peut faire fondre des marshmallows dans les petites cavités qui parsèment le cratère mais nous ne les verrons que de loin (photo) car Il est impossible ce soir, d'aller marcher sur la crête pour les approcher.
Photo tirée du blog Chemin de traverses.Nous luttons quelques minutes pour embrasser le paysage, jusqu'à être quasiment gelés sur place.
En raison du vent, j'ai renoncé à sortir l'appareil, trop léger pour résister. Richard a tenu bon et voici ses vues ( à l'exception de la première) depuis l'Eldfell, le panorama est à 360°.
Photo tirée du blog Chemin de traverses.Sur certains de c es clichés, notez, l'arrêt bien visible de la coulée de lave de 1973.
La descente est plus douce car nous nous trompons de chemin (tiens il y avait plus facile ?) mais retrouvons tout de même notre courageuse petite panda.
Ce n'est pas fini, il reste l'autre, un deuxième volcan, l'Helgafell, dont la dernière éruption remonte à 5 000 ans. On entame la montée mais nous découvrirons plus tard que nous l'avons abordé du mauvais côté et ne pourrons aller au sommet. De toute façon, le vent ne faiblit pas et ne nous laisse pas le choix.
Dîner avec nos derniers féculents de France : heureusement que je n'ai pas emporté de pâtes car elles ne se vendent pas en sachet cuisson, sinon j'en serais aussi écœuré que du riz et de la semoule.
Le dîner terminé, nous repartons pratiquement, comme s'il faisait jour, on ne voit jamais la différence.
Notre but est une petite cabane d'affût sur la falaise. Nous la trouverons et là, cachés, avec des petites fenêtres en bois qu'on ouvre suivant besoins, nous guetterons les macareux jusque 22h. Le vent doit les pousser soit à ne pas rentrer de suite soit à être déjà rentrés mais au chaud dans leurs nids. Les visiteurs viennent sur l'île pour eux, pas moins de huit millions y reviennent chaque année.
La cabane est un cliché du lendemain matin et déjà il ne fait plus soleil, ce serait de la gourmandise !Alors, nous les avons vu, nos macareux, à force de patience, mais pas autant que nous l'espérions et comme il faut mettre un peu le nez dehors et surtout les mains (sans gants pour appuyer sur le déclencheur), nous finissons gelés et décidons de rentrer. Je vous mets un de mes clichés, comme preuve mais là encore l'appareil de Richard fait mieux que moi.
En français, on les appelle Macareux moine, ou encore “perroquets de mer”, ici c'est "puffin". D’ avril à août, ils nichent dans les falaises d’Islande. Chaque famille a son terrier qu’elle retrouve d’une année sur l’autre. C'est très drôle de les voir se lancer de la falaise. Ils glissent, ils trébuchent, tombent dans le vide et se laissent planer. L’atterrissage sur la falaise est tout aussi chaotique. C’était super mignon à observer. Et quand je dis pataud, c'est pataud vraiment, on aurait presque envie de les aider et on dit aïe dans sa tête, on rentre les épaules, quand on les voit attérir
Une fois que les petits sont nés, toute la famille reprend son envol pour retourner à la vie en haute mer (en général mi-août). En août, septembre, les macareux forcent leurs petits à sortir du nid en cessant de leur apporter à manger. Seul moyen de survivre donc, prendre leur envol. Attirés par les lumières de la ville, ils quittent les falaises, de nuit, par centaines. Les enfants de l'île, ont le droit se coucher tard ces soirs-là ; ils parcourent les rues de la ville, carton sous le bras, pour mettre les oisillons à l'abri des chats, avant de les relâcher le lendemain, dans la nature.
Bien sûr, les mouettes sont partout sur les falaises, mais bon, nous sommes un peu honteux mais ce n'est pas elles que nous sommes venus "dénicher".
Petite précision cependant, sur la photo des volatiles,
et celles ci-dessous, il est 22 h 00,
admirez la profondeur de la nuit islandaise en juillet !
Vous comprenez mieux maintenant, après ce récit de la journée, le retard dans la rédaction de ces petites nouvelles. Nous n'avons pas utilisé très souvent cette possibilité de ressortir après dîner, grâce à cette nuit qui ne vient pas où ce jour qui ne disparaît pas, comme on veut. La première raison est le mauvais temps quasi permanent et la seconde, des journées déjà bien remplies. Quand on vient pour 4 ou 5 jours, voire une semaine, il est possible de repousser les limites de la fatigue mais sur trois semaines, il est nécessaire de réguler ses forces. Compte-tenu du raccourcissement de notre séjour sur l'île, il le fallait bien même si la journée avait été bien remplie comme vous pouvez le lire.
Bon, là je ne tiens plus, mes yeux se ferment... tant pis pour les fautes...