L'affaire Dreyfus et l'engagement de la presse
Malgré les critiques de la presse de masse, il est à reconnaître qu'elle a aussi servi à défendre une certaine morale et des valeurs communes à tous les Français en les unifiant politiquement, linguistiquement et culturellement. Émile Zola salue finalement "la littérature du plus grand nombre" qu'elle a permise.
Le célèbre écrivain connait la presse puisqu'il a écrit dans diverses rubriques - y compris les faits divers - de plusieurs journaux dont le Figaro.
A partir de 1894 et jusqu'en 1906, la France va se déchirer pendant l'affaire Dreyfus. Alfred Dreyfus, capitaine de l'armée française, est - faussement - accusé d'espionnage et de trahison.
Les arguments des Dreyfusard et anti-Dreyfusard sont relayés par divers journaux d'opinion.
La presse de masse reste relativement neutre ou dreyfusarde sauf "Le petit journal" qui, lorsqu'il prend position contre Dreyfus, perd 600 000 lecteurs.
Zola prendra la parole dans un célèbre article publié à la une du journal L'Aurore du 13 janvier 1898 adressé au président de la République et intitulé d'un titre qui frappe le regard : "J'Accuse...!"
Dans cet article, il dénonce les erreurs commises par la justice et le gouvernement. Le titre de cet article est souvent repris pour dénoncer des injustices, et symbolise à la fois la tradition d'engagement politique de l'intellectuel mais aussi l'importance que peut avoir la presse comme 4e pouvoir.