Résumé
Depuis le meurtre de son épouse, l'inspecteur Thomas Lynley n'a pu se résoudre à reprendre son poste à Scotland Yard. Lorsqu'une femme est retrouvée égorgée dans un cimetière londonien, sa remplaçante, Isabelle Ardery, y voit l'occasion rêvée de résoudre une affaire criminelle qui pourrait donner de l'élan à sa carrière. Mais, loin de faire l'unanimité au sein de son équipe, elle comprend qu'il lui sera difficile de parvenir à ses fins sans l'aide du très respecté Lynley, qu'elle appelle en renfort.
Dans cette seizième enquête de l'inspecteur Lynley qui signe ici son grand retour au Yard, Elizabeth George plonge au coeur de la violence humaine, que même une société aussi policée que la société britannique ne peut contenir.
Précisions
Si ma compréhension de l'américain parlé rapidement par Elizabeth George était meilleure, j'aurais retranscrit ses commentaires sur Le cortège de la mort, lors de son passage à la librairie Warwick (voir la vidéo).
Mon anglais étant ce qu'il est, je vous donnerai simplement le lien wikipédia sur la New Forest dans le Hampshire et surtout le site du gouvernement britannique sur la New Forest.
Je vous conseille également de regarder la vidéo mentionnée ci-dessus. Elizabeth George recommande un livre à son public (JFK and the unspeakable : Why he died and why it matters), explique le fonctionnement de la New Forest (les règles en vigueur et le mode de vie dans cette région), lit le passage de l'entretien de Barbara avec Ardery, et répond à des questions du public. Les sujets abordés sont aussi variés que la série TV (écrivait-elle les scénarios), les relations entre Lynley et Havers, son public en Allemagne, son processus d'écriture, ses repérages préliminaires et l'utilisation des photos qu'elle a prises, si elle prévoit d'écrire d'autres nouvelles (en l'occurrence non, mais elle va écrire, si j'ai bien compris, une série de 8 livres à destination du public des jeunes adultes), etc.
Dans la Presse
Article dans Le Monde du 29/10/10
Mon avis
Attention : SPOILERS
Étrangement ce livre est un peu confus dans mon esprit. Il faut dire que suite à une semaine de repos forcé, je n'avais rien d'autre à faire que lire les livres d'Elizabeth George, et j'ai enchainé Le cortège de la mort, Mal d'enfant, Une douce vengeance, avec un petit passage sur la fin d'Un nid de mensonges, de Sans l'ombre d'un témoin et Le visage de l'ennemi. Pas étonnant après cela que tout s'embrouille.
La couverture est agréable au toucher. Il manque la traditionnelle photo d'Elizabeth George, avec ou sans son chien.
Contrairement à beaucoup de lecteurs qui apparemment trouvent les livres d'E.G. bien trop longs, pour moi c'est un véritable régal. En voyant l'épaisseur, j'ai savouré d'avance les heures de lectures qui m'attendaient.
John Dresser...
En lisant les premières phrases du livre, j'avais l'impression de me trouver dans un épisode de la série télé Médium avec une voix off en train de parler. Ça a de suite mis une ambiance très forte, et m'a fait ressentir d'autant plus intensément cette histoire. Au fur et à mesure que j'avançais dans ce récit, je me disais : "Non, ce n'est pas possible... que vont-ils (les trois garçons) lui faire (à John Dresser)". Je craignais le pire. Je savais que le pire arriverait. Et je me doutais que ce fameux "pire" serait pire que tout ce que je pourrais imaginer.
Et ça a effectivement été le cas. Ce récit était poignant, il prenait à la gorge, serrait le cœur, avec ces interrogations qui m'ont hanté quelque temps : "Comment peut-on commettre une telle monstruosité ? Comment des enfants peuvent-ils être capable de faire ça ? Comment la Vie ne peut-elle pas avoir plus d'importance à leurs yeux ? Comment ne peuvent-ils pas saisir la gravité des actes qu'ils sont en train de commettre ?".
Je me disais que ce n'était qu'un récit. Mais en même temps, je savais bien que oui, ce genre de choses arrive. Oui, des enfants tuent d'autres enfants, et parfois de la plus monstrueuse des façons.
Gordon Jossie...
Tout d'abord un petit coup de gueule : sur le site de l'éditeur français d'E.G., ils n'ont rien trouvé de mieux qu'écrire "Meurtrier à 10 ans... a-t-il une seconde chance ?". C'est dévoiler de base une partie de l'intrigue. Je trouve cela déplorable. Heureusement, ce n'est qu'après avoir lu le livre que j'ai regardé ce qu'il y avait sur le net.
J'ai rapidement (bon, après un tiers du livre quand même) compris qu'il était un des trois enfants, mais je n'aurais jamais parié sur Ian qui me semblait être le moins susceptible de s'en sortir, le plus perturbé.
J'ai bien sur pensé à ces histoires dont on parle périodiquement à la télé française, à savoir le problème de la remise en liberté des prisonniers ayant commis des crimes graves. Je n'ai pas d'avis à ce sujet, je n'écris pas ici pour donner un avis à ce sujet.
Gordon s'en est plutôt bien tiré. Réussir à avoir une vie après avoir commis un tel crime, avoir vécu les procès, et passé tant de temps en prison, en maison de redressement,.., était loin d'être gagné.
Dans l'ensemble c'est un personnage plutôt sympathique. Lors de sa rencontre avec Gina, les phrases indiquant que cette rencontre était préméditée nous amènent à nous poser beaucoup de questions sur ce qui va se passer par la suite.
Et je dois avouer que concernant cette suite, j'ai été quelque peu déconcertée. Je suis d'ailleurs toujours perplexe. Lynley qui comprend le pourquoi et le comment de toute l'affaire, ses explications... tout cela m'a semblé quelque peu tiré par les cheveux.
Le complot lui-même m'a semblé tiré par les cheveux.
Donc avec regret je dois avouer que je ne suis pas très convaincue par cette partie de l'histoire. Du coup, je ne sais pas trop quel commentaire faire sur l'intrigue principale.
Peut-être porterai-je sur ce point un regard différent lors d'une relecture.
Heureusement, un roman d'Elizabeth George ne se limite jamais à une seule et unique intrigue, et dans ce cas précis, ne se limite pas à ce qu'avaient orchestré Gina et Frazer.
Les personnages de Meredith et de Robert étaient bien travaillés. Comme d'habitude, on voit un personnage selon un certain point de vue, en l'occurrence Mérédith : une femme très grande et mince. On se fait une idée préliminaire. Et puis un autre point de vue vient changer notre regard : elle est trop grande, trop mince, et mal fagotée, enveloppée dans un ample vêtement avec un tissus qui ne lui sied pas du tout.
J'aurais bien aimé avoir un dessin de Robert, ayant du mal à le visualiser.
J'ai beaucoup apprécié le personnage d'Isabelle Ardery. E.G. a fait fort avec elle. Concernant Ardery, je ne me souvenais que vaguement des remarques de Barbara dans Un goût de Cendres, sur l'immédiate attirance que Lynley avait éprouvé envers elle.
Quand j'ai su qu'elle reprenait le poste de commissaire, je m'attendais à trouver une femme forte, froide et assez peu ouverte aux propositions des personnes qu'elle serait amenée à diriger.
Si le troisième s'est vérifié, elle est par contre à des kilomètres des 2 premiers points. Ma vision d'elle et mes suppositions étaient complètement erronées comme on s'en rend compte dès le départ. Son goût pour la boisson, la façon dont elle peut s'emporter à l'occasion, m'ont positivement surprise et en ont fait un personnage presque sympathique.
Je dis "presque" car la Barbara qui est en moi fait de la résistance.
J'ai bien rit lors de l'entretien de Barbara et Nkata avec Yolanda la spirite, ainsi que quand Barbara rencontre Norman, et quand Nkata passe la chercher chez elle et qu'elle imagine ce qu'Azhar peut penser.
J'ai beaucoup apprécié la scène dans la voiture de Lynley, quand il explique à Barbara ce qu'Helen représentait pour lui, les scènes avec les Saint-James, l'éclat de John Stewart pendant la réunion de l'équipe, la poursuite de Yukio.
A propos de Yukio, savez-vous que ce prénom peut s'écrire avec les kanji de Yuki signifiant Neige en japonais, mais pourrait être Yûki ("u" long, étant donné qu'en français nous ne faisons pas la différence), et que dans ce cas, cela signifie courage, bravoure. Cela lui sied quant au rôle qu'il pense avoir.
Voici une Healy Elliot de 1948 :
Je préférais la Bentley...
Je suis fortement intrigué par la prédiction de Yolanda pour Lynley : le retour d'une femme - partie, mais pas oubliée, jamais oubliée - dans sa vie.
J'ai été intrigué également par l'attitude de Déborah quand Lynley est repassé la voir avec Ardery. A-t-elle deviné ce qui s'est passé ?
J'ai apprécié le regard extérieur (en l'occurrence celui d'Ardery) sur la complicité entre Simon, Déborah et Lynley.
Lynley est décidément une personne très intéressante. Je pense là à son goût pour l'art, sa capacité de discernement des motivations profondes des gens ainsi que sa faculté à découvrir leur faiblesses. Avez-vous remarqué qu'il a ponctuellement envie de parler de ce qui s'est passé avec son frère, Peter, ainsi que son arrestation pour le meurtre d'Edward Davenport, afin de montrer que sa vie n'est pas lisse, qu'il a eu son lot de problèmes, pour que ses interlocuteurs révisent leur avis sur lui, ou pour adoucir la peine de ses interlocuteurs ? Mais en général il se contente de le penser et ne dit rien. C'est le cas dans ce roman avec le frère de Yukio (à juste raison car il n'y a rien de comparable entre les problèmes posés par son frère avec la drogue, et la schizophrénie de Yukio). Dans Le rouge du péché, c'était avec Daidre, à la fin du livre.
Mais apprendre ce que j'ai apprécié ou pas n'étant pas forcément la chose la plus intéressante à lire, je m'arrête là. Je compléterai peut-être ultérieurement.
D'autres commentaires sur ce livre