Les recettes de la tante Apolline

Crêpes Josette flambées au coing

(2 février 2018)


  • Pour réussir cette recette, la présence d’une bonne crêpière est essentielle. Sans crêpière c’est râpé et sans vouloir en faire tout un fromage, vous vous êtes gourés de recette
  • Notons qu’il est assez ardu de dénicher une bonne crêpière, celle-ci ayant la mauvaise habitude de se barrer avec le beurre et l’argent du beurre, surtout quand elle s’appelle Suzette
  • L’idéal est d’en trouver une prénommée Josette, les Josette sont connues pour être de bonnes pâtes, d’ailleurs j’ai un copain qui avait levé une Josette dans sa jeunesse mais là n’est pas le propos
  • Si vous êtes un adepte des traditions, n’hésitez pas à vous munir d’un Napoléon en or pour la Chandeleur, le Napoléon étant comme chacun le sait Bon-à-Pâte
  • En plus de la farine, des œufs et du lait, sans lesquels les crêpes perdent beaucoup de leur charme, il vous faut trouver du coing
  • Attention, là-encore le bon coing ne se trouve pas en deux clics ou en entrant dans la première épicerie du coin, le croire vous conduirait rapidement à la déconfiture
  • Personnellement je vous conseille de vous approvisionner chez le primeur Dufeu, les coings Dufeu étant de renommée internationale
  • Demandez à Josette de préparer les coings et en arrondissant les angles de mettre la main à la pâte
  • Faites sauter les crêpes en ne vous y prenant pas comme un manche, la situation se retournerait contre vous, et ajoutez-y les tranches de coings
  • Servez en flambant le tout et en épargnant Josette



Recette du panier de crabes à l’oseille

(10 décembre 2016)

  • La base de cette recette, comme son nom l’indique, c’est le panier de crabes. Si vous n’en trouvez pas vous pourrez toujours cuisiner des pâtes à l’oseille, mais vous aurez l’air nouille.
  • Vous êtes domiciliés sur le littoral ou à proximité de l’Assemblée Nationale ? Vous n’aurez donc aucun problème pour en dénicher un.
  • Vous devez également vous procurer à vue de nez environ 300 g d’oseille fraîche. L’oseille n’ayant comme chacun sait pas d’odeur, utilisez une balance pour ne pas finir la recette avec un excédent qui vous coûterait de l’argent.
  • Sortez une grande casserole en cuivre, je vous déconseille personnellement les casseroles en étain, il faut rallumer constamment le feu.
  • Préparez un court-bouillon. Je vous déconseille le bouillon de poulet qui s’accommode assez mal du panier de crabes. Si vous n’en avez jamais préparé, prenez des cours pour éviter de boire le bouillon.
  • Portez à ébullition en écumant régulièrement. Si vous n’arrivez pas à écumer ne vous mettez pas en colère et remplacez la louche par l’écumoire.
  • Plongez le contenu du panier de crabes dans l’eau trouble et garder le panier pour les commissions.
  • Laissez mijoter et profitez-en pour préparer l’oseille, de préférence en petites coupures pour faciliter le transit.
  • Quand les crabes sont cuits, servez-les sur le lit d’oseille, le tout présenté dans un plateau d’argent. Inutile de faire le lit en portefeuille.
  • Accompagnez le tout d’un vin de paille après avoir récupéré le blé.

Recette du vol-au-vent au chou-rave

(15 juin 2015)

  • Cette recette est dans l’air du temps et si vous vous appliquez un peu, vos convives seront ravis à défaut d’être choux.
  • L’essentiel pour la réussir est de trouver un bon chou rave. Si vous n’en trouvez pas, volez-le.
  • Il vous faut également du blanc de poulet, trois œufs, des champignons, de la crème fraîche, de la farine, du beurre et tout ce qui vous tombera sous la main. Vous n’aurez pas à chercher longtemps le poulet si vous avez volé le chou.
  • N’oubliez pas les bouchées feuilletées, pas trop fines les feuilles pour éviter qu’on fasse la fine bouche.
  • Sortez un grand plat même si vous avez un petit creux, soyez un peu raisonnable.
  • Pelez le chou-rave puis râpez-le avec une mandoline. Vous n’avez pas de mandoline ? Utilisez une gratte si c’est dans vos cordes.
  • Coupez les blancs de poulet en petits morceaux et faites les revenir avec les champignons. Ne forcez pas trop sur le champignon si vous ne voulez pas qu’ils reviennent trop vite.
  • Même si vous êtes brun et que votre femme est blonde, faites un roux blanc avec la farine et le beurre. Surveillez la cuisson, il faut toujours s’en méfier comme du roux blanc.
  • Remplissez les bouchées avec votre préparation en mettant les bouchées doubles, le temps passe.
  • Enfournez le plat que vous aurez préalablement et judicieusement garni avec les bouchées et laissez cuire 10 mn. Pendant ce temps, rangez la crème fraîche et les œufs, vous les avez sortis pour rien.
  • Quand c’est cuit, n’oubliez pas d’ajouter le chou-rave sinon c’est râpé et un peu de basilic si vous êtes croyant.
  • Servez accompagné d’un Moulin-à-vent pas piqué des hannetons.


Lieu commun à l'ancienne

(11 août 2010)


  • Prenez un lieu commun, vous en trouverez facilement, il y en a dans les journaux : ce n'est d'ailleurs pas d'hier que le poisson finit dans les pages d'un journal
  • Pour en faire tout un plat, badigeonnez le fond avec du beurre en bonne quantité, un lieu commun sans fondement n'étant pas très croustillant
  • Etalez le lieu commun, de préférence en public, assaisonnez le, le poisson, pas le public, et laissez mijoter à feu doux
  • Servez et resservez plusieurs fois, on ne s'en lasse pas


Pigeon à l'étouffée

(11 août 2010)


  • Prenez un beau pigeon, c'est très facile à attraper, surtout en périodes de soldes
  • Le plumage de l'animal est déjà bien avancé, il vous suffira de lui enlever les quelques plumes qu'il lui restent
  • Prenez maintenant une cocotte, sans la plumer, il faut savoir rester mesuré dans le plumage
  • Otez le couvercle, remplissez la d'eau et plongez y le volatile : vous pouvez essayer dans un ordre différent mais comme pour le tiercé, ça paie moins dans le désordre
  • Refermez le couvercle, si le pigeon vous en empêche, appelez les poulets
  • Laissez cuire, quand vous entendez siffler, si les poulets sont partis, c'est prêt
  • Servez le pigeon sur un lit de salade : si vous êtes joueur, faites le lit en portefeuille

Cervelle de mouton aux navets

(29 août 2010)


  • Trouver une cervelle de mouton, c'est très simple ; il vous suffit de suivre une mode : vous trouverez dans son sillage tout un troupeau de moutons tous plus écervelés les uns que les autres
  • Choisissez une cervelle un peu plus grosse que les autres, il y en a bien un dans le troupeau qui n'a jamais regardé la ferme célébrités à la télé
  • Si vous êtes armé, faites sauter la cervelle, dans le cas contraire, faites la chauffer en énonçant deux ou trois citations de Kant
  • Pelez ensuite trois beaux navets que vous trouverez très facilement dans votre magasine TV : il est d'ailleurs instructif de constater que la croissance du navet est intimement liée à l'augmentation du nombre de canaux de diffusion... mais revenons à nos moutons
  • Faites revenir vos navets dans un faitout : si vous n'avez pas de faitout, ça ne fait rien, vous ferez sans... un bon navet revient toujours
  • Eteignez la télé, l'excès de navets tue le goût du navet, et servez accompagné d'une frisée, même si votre femme est romaine


Brochettes de boeuf en corrida

(10 octobre 2010)


Ce plat présente la particularité d'être préparé dans une grande cuisine en plein air, en présence de nombreux convives enthousiastes

  • Choisissez de préférence un beau taureau plutôt qu'un boeuf, le boeuf étant plus lourd et moins fin que le taureau, sauf si le taureau est du signe de votre concierge, qui n'est pas toujours très fine
  • Faites entrer l'animal sur pattes, si possible sur les siennes
  • Si c'est un bélier ou un capricorne qui entre, ne le cuisinez pas, sauf si vous le soupçonnez de vous avoir chapardé la grande casserole en cuivre, c'est une erreur
  • Faites signe au bovidé d'approcher en secouant votre torchon, rouge de préférence, qui s'accorde très bien avec la couleur de la viande
  • En général, celui-ci ne se fait pas prier et se précipite vers le cuisinier qui doit l'esquiver, avant de le faire revenir
  • A ce stade, attention de ne pas se faire encorner, les encornets n'étant pas prévus dans la recette
  • Pour que la spécialité soit réussie, la bête à cornes doit courir longtemps : elle y est fortement encouragée par les convives aux cris de "Olé !" "Olé !", signifiant en langage autochtone "Grouille-toi, j'ai faim !"
  • Placez les premières brochettes et continuez à agiter votre torchon
  • Si la viande est trop coriace, cherchez à l'attendrir en lui racontant l'histoire du veau qui faisait blanquette
  • Quand il est presque cuit, plantez la dernière brochette : la recette est achevée et le taureau aussi
  • Présentez en ajoutant les deux oreilles et la queue pour respecter la tradition

Tarte blanche

(10 novembre 2010)


  • Pour cette recette il vous faut une douzaine d'oeufs, très faciles à trouver si vous connaissez une poule ou un crémier
  • Cassez les oeufs sans faire d'omelette, battez les jusqu'à ce qu'ils montent en neige, s'il n'y a pas de neige, vous risquez de vous brouiller avec eux
  • Ouvrez un pot de 250g de crème fraîche, la fraicheur n'est pas indispensable si vous voulez également vous brouiller avec vos convives
  • Fouettez la crème sans ménagement, si vous n'avez pas de fouet, utilisez des verges, si vous n'avez pas de verge, consultez un médecin, surtout si vous êtes un homme
  • Lorsque la crème crie grâce, l'heure de la matière grasse est arrivée, ajoutez le beurre
  • Il vous reste à mettre la main à la pâte : choisissez celle qui est montée par l'escalier, les marches sont idéales pour briser les pâtes
  • Ajoutez un peu d'huile, graisser la pâte ne peut pas faire de mal, et enfournez
  • Quand c'est cuit, c'est prêt
  • Il ne vous reste qu'à saupoudrer de sucre glace en chaussant vos patins
  • Servez avec un petit blanc frappé avant d'entrer et annoncez le gâteau d'un joyeux "et maintenant, vous avez tarte blanche !"


Requin en croûte

(15 janvier 2011)


  • Pour réussir cette recette il vous faut d’abord trouver l’ingrédient principal, c'est-à-dire le requin
  • Si vous êtes croyant, choisissez un requin pèlerin ; si vous n’êtes pas croyant, arrêtez vous immédiatement , il faut avoir la foi pour réussir cette recette
  • Je vous déconseille personnellement le requin-tigre qui comme son nom l’indique est doté de raies : je préconise de laisser les raies dans leur milieu
  • Les plus téméraires peuvent conserver le squale vivant pour le jeter comme le homard dans l’eau bouillante, mais de l’avis général, ce mode de cuisson n’est pas très apprécié, notamment par le requin lui-même qui pourrait, le fourbe, tenter d’attraper un membre au passage ce qui pourrait vous coûter cher s’il s’agit d’un membre des forces de l’ordre
  • Si vous avez choisi l’option de la viande livrée déjà froide, faites lui la peau, puis couper la en tranches, la chair pas la peau, les tranches de peau étant beaucoup plus difficiles à digérer et tout particulièrement les tranches supérieures
  • Si le requin est un requin-marteau, n’hésitez pas à ajouter quelques clous de girofle
  • Préparer la pâte en la déroulant sur un grand plat : si vous ne trouvez pas de grand plat, changez de pièce, vous êtes dans la chambre
  • Etalez les tranches sur la pâte et badigeonnez d’huile de foie de morue, morue que vous aurez préalablement extraite de l’estomac du requin, ou à défaut du quartier chaud le plus proche, puis recouvrez les tranches même si vous n’êtes pas fonctionnaire des impôts et enfournez le tout
  • Faites lever la pâte et dites « je le jure »
  • Après avoir laissé cuire suffisamment de temps pour que le requin ne parte pas avec la recette, servez en l’accompagnant d’un ou deux avocats et en le faisant suivre de quelques financiers, les requins s’accommodant très bien avec les avocats et les financiers



Congolais en chemise

(18 mars 2011)

  • Cette recette, beaucoup plus courue que celle du marocain en short, ne nécessite que peu d’ingrédients : une noix de coco, du sucre, des amandes en poudre, quatre œufs et une chemise à manches courtes
  • Commencez par ouvrir la noix de coco : si vous avez des difficultés à franchir cette première étape, faites appel à votre belle-mère. L’aptitude des belles-mères à casser les noix est unanimement reconnue
  • Une fois la noix ouverte et la pulpe extraite, prenez un chinois et pilez la pulpe : vous allez me dire, le chinois est-il le mieux placé pour écraser le coco ? Je vous répondrais qu’il est beaucoup plus difficile de trouver un sud-coréen disponible
  • Cassez les œufs sans faire d’omelette et séparez les blancs des jaunes. Laissez les jaunes près du chinois.
  • A ce stade de la préparation, vous pouvez vous poser la question : comment peut-on donner naissance à des congolais à partir de blancs ? Bien Malien qui peut y répondre
  • Poursuivez la recette si vous avez abandonné l’idée de poursuivre vos études ou votre voisin de l’étage du dessus qui, lorsqu’il joue du tuba, vous empêche de voir la vie en rose
  • Mélangez les blancs, le coco, le sucre dans une casserole et ajoutez deux cuillères à café d’amandes en poudre
  • Si vous n’avez pas de service à café, utilisez votre service à thé. Si vous n’avez pas de service à thé, attendez le prochain service religieux mais vous allez prendre un peu de retard
  • Faites chauffer le tout en remuant avec une spatule que vous avez utilisée récemment pour faire monter des blancs en neige
  • Quand c’est chaud, laissez refroidir : oui, je sais, on aurait pu gagner un voyage…
  • Faites des tas à l’aide des cuillères à café, à thé ou à ce que vous voulez, mais n’en faites pas des tonnes
  • Mettez au four le temps que ça chauffe et sortez les congolais avant qu’ils ne noircissent
  • Servez le tout accompagné d’un petit noir, vêtu de la chemise à manches courtes (vous pas le petit noir) que je gardais pour la bonne bouche


Poulet en robe de chambre

(2 avril 2011)

  • Comme son nom l’indique avec une précision rare, pour réussir cette recette il vous faut avant toute chose un poulet
  • Dans le cas contraire, vous seriez obligés de vous rabattre sur la recette du maquereau en robe de chambre ou celle de la morue en robe de chambre, recettes beaucoup plus banales pour ne pas dire vulgaires
  • Vous n’aurez évidemment aucun mal à trouver un poulet, on en trouve à tous les carrefours ou dans toutes les autres grandes surfaces
  • Dans le cas où un malotru vous servirait le poulet avec ses pattes (pas les siennes, celles du poulet, suivez un peu !), n’ergotez pas, vous risquez la prise de bec : prenez le déjà rôti
  • Pour accompagner le poulet, si vous êtes garés en double-file, je vous conseille les aubergines et les amandes. Il est conseillé dans ce cas d’en faire sauter quelques unes (des amandes bien sûr), mais il faut vraiment bien connaître la recette
  • Après ces digressions et avant la onzième, c’est le moment de vous lancer, mais avec retenue, la cuisinière n’est pas loin
  • Découpez le volatile en morceaux et jetez la carcasse dans la première casse venue : c’est votre premier succès, vous avez réussi à faire se décarcasser un poulet
  • Panez les découpes de viande avec des œufs et de la chapelure : si vous n’avez pas de chapelure, vous pouvez la remplacer avantageusement par de la sciure, à condition bien sûr que ce soit de la sciure de pin
  • Faites chauffer dans une poêle en surveillant la cuisson et en retournant de temps en temps à vos premières amours : il faut toujours veiller aux grains avec les poulets !
  • Coupez ensuite les aubergines et quelques pommes de terre en gros dés, en n’oubliant pas d’en numéroter les faces si vous êtes joueur
  • Panez les aubergines, panez les pommes de terre, panez tout ce que vous avez sous la main, celui qui vous empêchera de paner n’est pas encore né !
  • Reprenez votre calme et une deuxième poêle et laissez frire les morceaux : c’est assez simple, les aubergines ont longtemps été à dorer
  • Quand tout est bien frit, résiliez votre abonnement à France Telecom, jetez le tout dans un grand faitout en y ajoutant du concentré de tomates, de l’eau, du poivre, du sel et ce sera tout pour aujourd’hui
  • Laissez mijoter à feu doux pendant au moins une heure
  • Voilà c’est prêt à servir : vous voyez, pas besoin d’un cordon bleu ou d’un cordon de CRS pour réussir cette recette
  • Certains esprits curieux ne manqueront pas de me poser la question : mais où est la robe de chambre ? A ceux-là, je répondrai que s’ils sont soigneux, la robe de chambre est accrochée à un cintre dans le dressing ou la penderie Dans le cas contraire, ils n’ont qu’à faire attention à leurs affaires

Lapin chasseur aux pruneaux

(7 mai 2011)

  • Information préalable : la recette étant saisonnière, respectez les périodes d’ouverture de la chasse aux pruneaux
  • Le cuisinier avisé aura compris que le principal ingrédient pour réussir cette recette est le lapin. Le cuisinier distrait se mettra en quête d’un chasseur au risque de se contenter des pruneaux
  • Vous trouverez de très beaux lapins chez Noël, à la Garenne-Colombes, ses lapins de Noël ayant atteint une renommé internationale
  • Découpez le lapin suivant le pointillé tout en laissant la colombe en paix, et déposez les morceaux dans une assiette
  • S’il vous reste des morceaux sur les bras, n’en faites pas tout un plat comme aimait à le dire Bunny, ma gardienne d’immeuble qui en fait s’appelait Paulette, mais que l’on surnommait ainsi non pas pour son bec de lièvre, mais parce qu’elle tapait du pied quand le loyer n’arrivait pas assez vite
  • Sortez une cocotte. Si vous n’en avez pas, faites comme d’habitude, sortez avec votre femme
  • Placez-y les morceaux de lapin et faites les dorer, pas forcément à l’or fin si vous ne roulez pas dessus
  • Une fois bien chaud, vous pouvez également facilement le faire sauter
  • Laissez reposer le lapin et confondez-vous en excuses : c’est vrai, ce n’est pas la première fois que vous en posez un
  • Une fois les excuses confondues, faites fondre un cube de bouillon, ajoutez le dans la cocotte et laissez cuire à feu doux
  • Sortez une seconde cocotte, ce qui vous mettra en froid avec votre femme mais vous permettra de faire chauffer les champignons et les pruneaux
  • Je vous conseille personnellement de choisir des pruneaux du Lot et Garenne, je veux dire du Lot et Garonne, j’en perds mon lapin
  • Ajoutez quelques carottes Vichy si vous avez invité des collaborateurs, le lapin s’accommodant très bien des carottes et les collaborateurs de l’eau de Vichy
  • Vous pouvez avantageusement faire suivre votre plat de pets de nonnes, les pets de lapin n’étant que plus rarement appréciés
  • Nota : vous pouvez très bien remplacer le lapin par du kangourou mais vous risquez d’y être de votre poche



Pain perdu pour tout le monde

(28 mai 2011)

  • Cette recette est certainement l’une des deux recettes les plus répandues pour recycler les vieux croutons, l’autre étant le Sénat.
  • Il vous faut avant toute chose trouver du pain rassis. C’est en général assez facile, car même en augmentant la dose de levure et en entonnant la Marseillaise, le pain finit toujours rassis
  • Si vous n’avez pas de pain rassis sous la main ou sous l’autre, vous en trouverez sans aucun doute à la maison de retraite la plus proche : vous y trouverez là aussi de vieux croutons mais ils ne font malheureusement pas recette
  • Trêve de plaisanteries et des confiseurs, ne perdez pas de temps, vous avez du pain sur la planche
  • Si vous êtes adepte du sado-masochisme ou simplement dompteur, allez chercher un fouet dans votre chambre
  • Dans les autres cas, vous devriez trouver l’ustensile dans la cuisine, près des menottes
  • Fouettez avec vigueur les œufs mélangés au lait
  • Restez debout et prenez le pain rassis. Trempez le dans le mélange précédemment fouetté
  • Prenez votre courage à deux mains et une poêle dans l’autre
  • Faites cuire le pain recto-verso, la durée de cuisson s’avérant très variable : certains vieux croutons sont des durs à cuire
  • Une fois bien doré, c’est prêt à consommer comme le disait Ronsard « Oh ma mie adorée ! »
  • Servez accompagné d’oreillons d’abricots si vos convives n’ont pas la scarlatine



Pavé de bar sauvage en croûte de selle

(2 juillet 2011)

  • Pour cette recette, vous n’aurez pas à battre le pavé pour trouver un bar, le bar appartenant à une espèce très répandue et non limitée aux régions côtières, même si le bar de la Marine figure parmi les plus célèbres
  • Il vous sera très facile de différencier le bar sauvage du bar tabac, le premier nommé n’étant que très rarement fumé, et ce uniquement par des sauvages
  • Méfiance tout de même, si on vous propose un vieux loup de mer, refusez, le poisson est périmé. Et de toute façon, la casquette est très peu digeste et je ne vous parle pas de la visière
  • Avant toute chose, il vous faut donc vérifier la fraîcheur du bar : en cas de doute, jetez le pavé dans la mare la plus proche
  • Ce contrôle effectué, vous pouvez y aller, tout en restant évidemment dans la cuisine
  • Pour relever le bar sans faire monter exagérément la pression, vous pouvez avantageusement utiliser une botte de coriandre, une botte de persil et une botte d’Annette.
  • Si votre femme ne se prénomme pas Annette, ou Anne si elle est de petite taille, ou encore si elle ne porte jamais de bottes, ce n’est pas grave : dans ce cas, optez pour une botte d’Aneth, ça fera bien l’affaire
  • Préparez également quelques beaux brins de thym. Le beau thym facilitant les contacts, vos invités apprécieront
  • Hachez menu tous ces accompagnements en y ajoutant une gousse d’ail si vous avez peur des vampires, et saupoudrez en vos pavés. Pour les lecteurs qui seraient confrontés à certaines difficultés de compréhension, je précise qu’il s’agit de saupoudrer vos poissons, pas votre carrelage
  • A ce stade, sortez un steak (ou abattez un bœuf si vous avez un peu de temps devant vous), un œuf (inutile d’abattre la poule), et faites cuire un steak à cheval
  • Quand c’est prêt, prélevez la selle du cheval
  • S’il se met à hennir, prononcez la sentence « Hennit soit qui mal y pense », ça devrait le faire taire
  • Rangez le cheval et laissez les étriers de côté, le coup de l’étrier, on vous l’a déjà fait
  • Passez la selle au four et laissez cuire à feu doux. Ne brusquez pas les choses, il est inutile d’aller à la selle trop tôt
  • Faites chauffer vos pavés dans une poêle. Si vous ne savez pas où sont rangées les poêles, qu’est-ce que vous foutez dans une cuisine ? Demandez à Annette, à Anne, à Simone, où à qui vous voulez, en vous assurant au préalable qu’il s’agit bien du prénom de votre femme
  • Quand c’est cuit, sortez les pavés et déposez le tout sur la croûte de selle dorée à point
  • Il ne vous reste plus qu’à présenter vos bars accompagnés d’une bière pression


Chef d’état à l’entourloupe

(6 août 2011)

  • Pour cette recette, il vous faut trouver un politicien pas trop vert, de préférence plutôt mûr, voire même pourri, ce dernier cas ne présentant pas de contre-indication pour sa réussite
  • Prenez votre temps pour le choisir, c’est essentiel pour une bonne recette
  • Quelques indications pour vous aider dans votre choix : si vous examinez attentivement votre politicien, il doit présenter des dents longues et effilées, une tête dure, une langue de bois, et si vous le retournez, quelques idées derrière la tête et un arrière train factice, un « faux-cul » en langage populaire
  • Si vous en dénichez un qui a échangé sa grand-mère contre un sac de billes quand il était écolier, ça n’en sera que meilleur
  • Une fois votre choix effectué, sortez les casseroles : on ne peut pas réussir un bon chef d’état sans casserole
  • Faites chauffer à feu assez soutenu ; soyez sans crainte, un politicien ne se démonte pas quand on le cuisine ou quand on le met sur le gril, à condition bien sûr de l’arroser copieusement. Le liquide est une des clés de la réussite.
  • Pour l’arrosage, vous pouvez utiliser du vin en pot. Le pot de vin donne un certain cachet à votre plat.
  • Un conseil de chef pour vous aider : n’ajoutez surtout pas de sucre pendant la cuisson, le politicien ayant déjà une tendance naturelle à se sucrer tout seul, le résultat serait trop mielleux
  • Attention, quand la préparation vous semble à point, n’éteignez pas le feu pour autant ; l’erreur courante est de croire que lorsqu’un politicien semble cuit, c’est fini, et bien non ! Un politicien revient toujours, vous devez donc le faire revenir
  • Pendant qu’il revient aux petits oignons, ne vous occupez pas des oignons et laissez mijoter quelques beaux morceaux de moutons, de veaux et quelques fayots qui accompagneront avantageusement votre plat
  • Prenez maintenant une bonne entourloupe, pas une entourloupe réchauffée, mais une belle entourloupe cultivée de longue date et cueillie à terme ; l’entourloupe de dernière minute est de loin la plus goûteuse
  • Mélangez le tout dans un faitout
  • Servez un soir d’élections peu après 20 heures
  • Accompagnez de quelques salades et de deux ou trois beaux bars pour noyer le poisson

Feuilleté de bouquetin

(17 septembre 2011)

  • Si vous voulez faire de cette recette une réussite, il vous faut trouver un beau bouquetin pour avoir toutes les cartes en main
  • Vous serez nettement avantagé dans votre recherche si votre logis se situe proche des sommets, c'est-à-dire au-delà du 10ème étage avec ascenseur ; quelques espoirs sont toutefois permis aux habitants du haut de Port de Bouc
  • Choisissez-en un ni trop jeune, ni trop vieux. Les vieux bouc à peine cuit dégage un fumet beaucoup plus apprécié par les chèvres du Larzac que par ses congénères de Neuilly sur Seine. Le trop jeune bouquetin, appelé cabri en raison de ses bonds répétés, est plus généralement cuisiné sous forme de sauté, alternative très raisonnable au sauté de mouton qui finit par nous courir sur le haricot
  • Une fois le bouquetin choisi, mettez vous à l’ouvrage
  • Otez les cornes de la bête, susceptibles de ralentir notoirement la digestion de vos convives ; pour vous en convaincre, demandez à la voisine du 3ème si elle a digéré les cornes dont l’a affublée son mari avec la voisine du 6ème . Et pourtant, ça ne date pas d’hier
  • Retirez également ses sabots, il n’est jamais très bon de mettre les pieds dans le plat et de tout façon, on se déchausse toujours avant l’entrée quand on est poli
  • A ce stade, vous pouvez entreprendre de feuilleter le bouquetin, en commençant par les pattes ; les pattes sont faciles à feuilleter. Si votre choix a été judicieux, le délai nécessaire sera réduit : un bon bouquetin se feuillette très vite
  • Si votre premier essai est un échec, n’en faites pas un drame. Comme on le dit souvent, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Néanmoins, si votre dix-neuvième essai n’est toujours pas un succès, je vous conseille de laisser tomber les bouquetins de cuisine
  • Laissez dorer pour le croustillant et accompagnez avantageusement votre bouquetin de pommes de terre nouvelles et de quelques feuilles de salade
  • C’est terminé, votre bouquetin est prêt à se laisser dévorer

Il est à noter que ce plat est très souvent servi à l’occasion du chapitre des vendanges pour profiter de la présence de la presse

Quiche à l’andouille et au potiron

(1er novembre 2011)

  • Cette recette a le mérite d’associer quiche et andouille qui, comme l’ont démontré mes voisins du 1er aussi fines bouches que grandes gueules, se marient très bien ensemble
  • En premier lieu, choisissez une belle andouille. Si vous choisissez un beau lieu, vous êtes une andouille
  • Pour trouver une belle andouille, inutile de vous démener. L’andouille du démené n’est pas meilleure que l’andouille standard très répandue et facilement reconnaissable à son culot
  • Commencez par la peler. Ne la pelez pas trop fort, vous risquez de faire monter la voisine du 1er. Une fois pelée, coupez la en petits dés sans les jeter
  • Préparez ensuite la courge, qui n’a rien à voir avec votre voisine du 3ème, à rejoindre l’andouille en évitant les pépins. Pour cela, épluchez et épépinez soigneusement le potiron, découpez le en cubes que vous ferez réchauffer dans une casserole judicieusement sortie au préalable
  • Une fois attendrie, égouttez la courge mais pas trop. Il est fortement déconseillé pour la santé de trop égoutter les courges.
  • Réchauffez ensuite à feu moyen dans une sauteuse, vous rappelant fort à propos en ce jour des morts que c’est votre grand-père non dépourvu de moyens qui vous a légué cette magnifique batterie de cuisine datant de la dernière guerre
  • Remuez régulièrement pour éviter que la courge ne s’accroche, une courge accrocheuse a souvent du mal à passer
  • Préparez maintenant la pâte en l’étalant dans un moule à tarte avec un rouleau, le moule à gaufre n’étant pas ad hoc pour cette recette. Prenez votre temps, une bonne pâte bien roulée a tous les atouts pour donner une quiche tout à fait présentable
  • Après avoir extrait le batteur de la batterie, battez les œufs, le lait, la crème fraîche, en épargnant la crémière qui ne vous a rien fait et qui crie grasse malgré son nouveau régime
  • Ajoutez l’andouille et la courge en cubes, salez et poivrez le tout pour relever le niveau
  • Enfournez 25 à 30 mn en évitant de trop gratiner. L’andouille gratinée est très difficile à digérer
  • Et comme il n’y a pas de quiche ni d’andouille sans salade, présentez le tout sur quelques feuilles de mâche de bonne guerre
  • Servez accompagné d’un Moulin à vent

Salade de mots à la sauce ravigote

(15 décembre 2011)

  • Mettons tout de suite les choses aux points pour ne pas risquer de contrevenir à la législation sur les discriminations, la cuisine aux mots convient également très bien aux hétérosexuels
  • La condition première pour réussir cette recette est de ne pas se tromper sur la qualité et le sens des mots entrant dans sa composition. Un mot grossier ou déplacé sera toujours difficile à digérer alors qu’un bon mot passera comme une lettre à la poste
  • Pour vos convives sujets à des problèmes de cœur, le choix de mots doux est fortement recommandé en évitant autant que possible ceux à caractère gras. Notons au passage que de nos jours, seuls quelques italiques traditionnalistes et bedonnants ont encore un penchant pour les caractères gras
  • Même si l’hiver n’est pas très froid, je vous conseille une extrême rigueur pour obtenir un bon résultat en suivant la recette à la lettre
  • Après avoir mis de côté les plus gros mots que vous offrirez à votre voisin qui apprend le violon, alignez les mots soigneusement sélectionnés sur une feuille de chou. Si vous n’êtes pas capable d’aligner deux mots à la suite, tournez la page et changer de recette
  • Sortez un économe et pelez les avec soin pour donner du caractère à votre préparation
  • Disposez les mots dans une poêle en les séparant d’un trait d’oignon pour faire joli et donner du goût
  • Faites réchauffer trois minutes à feu vif sans les retourner sauf si vous souhaitez agrémenter votre plat d’un entrefilet de verlan
  • Préparez maintenant votre accompagnement. Il faut toujours porter une extrême attention à cette étape, un plat se présentant toujours mieux seul que mal accompagné
  • C’est le moment de ressortir les conseils de la bigote ravie qui savait très bien accommoder les plats sans forcer sur le missel
  • Faites monter la sauce pour donner du piquant à vos mots. Relever les mots facilite sans aucun doute l’obtention des droits de hauteur
  • Votre recette arrive à son terme. Servez votre salade sans un mot, c’est une surprise

Recette des pénitents au bain-marie

(12 mai 2012)

  • Pour ne pas avoir à vous en repentir, il est indispensable de suivre les conseils de la bible de la cuisine facile, « comment réussir sa recette en deux coups de cuillère apôtre ». Si vous ne possédez pas cet ouvrage, un coup de bigot à un ami et le tour est joué.
  • Préparer les ingrédients, des petites et des grosses bêtises, deux ou trois bassesses, quelques calomnies, une pincée de larcins, une bordée d’insultes, trois œufs, des noix, quelques noisettes, du sucre et de la cannelle, du sel, pas trop un missel devrait suffire
  • Afin de respecter la recette, même si son produit se mange sans afin, faites chauffer le bain-marie pour y plonger le mélange des ingrédients susmentionnés. Il faut savoir respecter les recettes si vous voulez en tirer un bénéfice.
  • Un conseil, choisissez de préférence de l’eau bénite. Si vous n’avez pas d’eau bénite, ne vous faites pas prier et allez piquer un goupillon en profitant d’un petit psaume du curé.
  • Ressaisissez vous, ce n’est pas le moment de vous endormir.
  • Pour ne pas vous laisser distraire, après avoir lancé le bain-marie, demandez à Bernadette de fermer la lourde.
  • Quand l’eau bout vous n’avez pas encore atteint le paradis, l’au-delà n’est pas l’eau d’ici
  • Plongez votre mélange dans le bain et fouettez le sans faiblir
  • Etalez la pâte sur une plaque et enfournez le tout quelques minutes pour donner aux pénitents une idée de l’enfer
  • Quand c’est cuit, c’est terminé. Un dernier sucrement et vous êtes prêt pour le jugement dernier.
  • Servez accompagné de religieuses et de pets de nonnes si elles ne savent pas se tenir, et arroser le tout d’une bouteille de vieux papes mais c’est un pléonasme

Recette du hachis sur canapés

(8 juillet 2012)

  • Pour être réussie, cette recette doit être réalisée en fin de semaine. En effet, si la couturière a l’art de raccommoder les vestes, la cuisinière devra avoir l’art d’accommoder les restes pour que le résultat soit un succès. D’une certaine manière, cette recette est un peu le pot pourri de la cuisine.
  • La première étape consiste à collecter tous les morceaux de viande de la semaine non consommés et conservés au frais. Si vous ne les avez pas conservés, c’est à vos frais. Il est même possible de recycler les restes d’aliments pour chiens pour donner du mordant à votre préparation. Certains plus à l’Est n’hésitant pas à y ajouter également quelques morceaux de chiens, mais il s’agit là d’une recette proche du hot-dog connue sous le nom de recette du hachis ouahouah.
  • Regroupez tous les morceaux de viande sur une planche. Si certains d’entre eux sont un peu fermes, attendrissez la vieille carne en lui racontant l’histoire du tchèque âgé.
  • Hachez menu l’ensemble à l’aide d’un hachoir que vous aurez fort judicieusement sorti au préalable. A défaut , vous pouvez utiliser tout autre ustensile mais vous risquez de gâcher.
  • Jetez le tout dans une sauteuse avant qu’elle ne rebondisse.
  • Passons maintenant à la deuxième étape. Rassemblez tous les légumes que vous avez sous la main ou sous l’autre et commencez à les peler. Même si vous avez la patate, ne les pelez pas trop fort, vous risquez de déranger vos voisins.
  • Une fois les légumes pelés, jetez les et émincez les épluchures.
  • Réduisez les au mortier. Il existe une variante de réduction au canon de 75 mais là vous risquez vraiment de déranger vos voisins.
  • Ajoutez le réduit d’épluchures dans la sauteuse si elle ne vous a pas fait faux bond.
  • Mélangez le tout et ajoutez un peu de gruyère râpé si vous pensez que la recette n’est pas assez gratinée comme ça.
  • Faites chauffer 30 mn à feu nourri.
  • Troisième et dernière étape (on a hâte de déguster le résultat !), préparez les canapés. Si vous n’avez pas de canapé, restez debout et coupez des tranches de pain, ça devrait faire l’affaire. Dans le cas contraire, restez assis.
  • Sortez le hachis du four et étalez le à la spatule sur les canapés.
  • Servez accompagné d’un Médoc, on ne sait jamais.

Recette de la tête de congre farcie au chou

(1er novembre 2012)

  • La réussite de cette recette réside dans la qualité de ses ingrédients, vous allez me dire comme pour n’importe quelle autre recette mais ne vous fatiguez pas, je le savais déjà.
  • La première étape est donc de trouver des congres. S’il y a un congrès près de chez vous, passez votre chemin, on y trouve plutôt des requins.
  • Les congres constituent une espèce très répandue qui d’une façon générale déteste vivre seule, il est donc très facile de trouver des bandes de congres.
  • Evitez soigneusement les gros congres qui risquent de vous prendre le chou et vous serez bien avancés pour terminer la recette, faut-il être con …
  • Une fois les congres sélectionnés avec soin et bien nettoyés, il faut toujours se méfier des sales congres, il ne vous reste plus qu’à trouver un beau chou vert.
  • C’est assez facile à trouver mais si par malheur vous faisiez chou blanc, rabattez vous sur un chou rouge. De toute façon comme disait ma grand-mère qui, si elle en avait eu aurait fait la guerre, un chou est un chou.
  • Tranchez les têtes, enfarinez les et faites les revenir à la poêle et aux petits oignons. Il est possible que certaines têtes de congres ne vous reviennent pas, il faudra faire avec car si vous faites sans, il n’y en aura pas pour tout le monde.
  • Faites maintenant blanchir le choux vert. Si vous avez fait choux-blanc (voir plus haut, pas dans le meuble haut, dans le texte, suivez un peu !), vous n’avez pas tout perdu.
  • Attention à ce stade de ne pas vous laisser abuser : un chou vert blanchi, ce fourbe, reste vert. Ne vous laissez pas farcir la tête avec cette histoire, le blanchiment de chou n’ayant d’une manière générale jamais été très net.
  • Farcissez plutôt les têtes de congres, c’est assez facile, elles sont le plus souvent très peu remplies.
  • Saupoudrez de quelques aromates pour relever les têtes et agrémentez de quelques feuilles de salades, les congres s’accommodant très bien des salades.
  • Servez accompagné de votre conjoint et d’une bouteille de vin de noix.
  • Si vous ne vous y êtes pas pris comme un con, vous avez toutes les chances de passer pour le roi des congres aux yeux de vos invités.