J16 : Lundi 26 septembre 2022
Nous avons fait le trajet vers Palekastro à plusieurs reprises sans jamais bifurquer vers l’est en direction de la baie de Hiona ou de Kouremenos. Ces deux plages très exposées au vent sont plutôt prisées des véliplanchistes et autres amateurs de windsurf. La moins ventée des deux est cependant la plage de Hiona. C’est également là que la baignade est la plus agréable. En plus, ce matin et contrairement à hier, il n’y a pas de vent du tout et la mer est exceptionnellement calme. Toutes les conditions sont donc réunies pour choisir cette destination tout en envisageant plage et baignade dans un deuxième temps.
Dans l’immédiat et comme tous les matins, nous souhaitons d’abord randonner. Justement, en surplomb de la baie de Hiona se dresse le sommet du Petsofas (255 m) offrant un joli balcon panoramique sur cette partie de la côte orientale.
Dans le guide Rother au numéro 59, le parcours est indiqué depuis la route Palekastro/Hiona, mais comme il commence par suivre une piste carrossable à travers une oliveraie, nous poursuivons en voiture avant de nous arrêter au milieu des oliviers. Un véhicule garé près d’un enclos à chèvres encore plus loin confirme que nous aurions pu nous avancer davantage.
Pas grave, ça nous rallonge un peu, mais ça nous permet aussi d’observer la complexité du système d’irrigation. Il n’y a pas intérêt à se tromper de robinet ! 😉
Après avoir traversé l’enclos à chèvres, la randonnée débute vraiment (il est 9 heures) quand le sentier commence à gravir la croupe montagneuse. Très vite, nous dominons les oliveraies desquelles se détachent les deux taches blanches que sont les villages d’Agathias et Palekastro.
Nous ne tardons pas à bénéficier d’une vue encore plus fabuleuse sur la bande côtière avec les longues plages de Kouremenos et de Hiona, respectivement au nord et au sud d’un promontoire appelé Kastri et un peu plus au large, les îlots plats de Nissi Grandes et Nissi Savoura.
Juste sous le sommet, nous rattrapons les deux personnes qui nous précédaient et atteignons la borne sommitale à 255 mètres d’altitude… ex-aequo ! 😉
Hervé fait un petit tour de reconnaissance afin d’apprécier la vue dans toutes les directions. Depuis le sommet, nous avons surtout identifié la crique précise où nous voulons aller nous baigner.
A l'horizon, les îles de Kasos et (ou) Karpathos ?
Cherchez les éoliennes !
Retour dans l’oliveraie un peu après 10 heures au terme de 2,7 kilomètres, + 194 mètres de dénivelé, parcourus en 1 h 20. Une randonnée courte mais offrant une vue spectaculaire sur la baie de Hiona.
La suite est déjà toute tracée. Cap sur la petite crique repérée depuis les hauteurs. Elle se prête bien au snorkeling (fonds très sympa) et sa petite bande de sable est parfaite pour prolonger la baignade par un bain de soleil jusqu’à midi.
Pour le déjeuner, j’ai repéré à l’extrémité nord de la plage, le Hiona Seafood Restaurant, réputé pour sa cuisine mais aussi pour sa situation sur une avancée rocheuse. Le seul inconvénient est que l’établissement ne sert qu’à partir de 13 heures. En attendant, nous réservons l’une des trois tables les mieux placées, juste en face d’une langue rocheuse où un cormoran fait son cinéma.
Le déjeuner est à la hauteur de sa réputation. Le filet de bar au fenouil, généreusement servi, est un délice pour les yeux et les papilles, tout comme les beignets de courgette et le cheesecake. Un dessert supplémentaire est offert par la maison sous forme de petits chaussons fourrés au fromage et nappés de miel. Bref, nous nous sommes régalés pour une addition pas plus lourde qu’ailleurs au regard de la qualité.
Avant de rentrer à la villa, nous avons prévu deux dernières haltes.
Premier détour vers Moni Toplou cette fois pour jeter un coup d’œil au monastère, d’autant que le 26 septembre est jour de fête sur place. Pendant que les autorités religieuses s’activent aux préparatifs, nous découvrons les trésors du monastère, notamment les nombreuses icônes dont la plus célèbre date de 1770.
Deuxième halte pour une curiosité qui nous intrigue depuis le jour de notre arrivée quand nous avions photographié ce village joliment situé dans la baie de Sitia.
En le voyant de loin, il donnait néanmoins une drôle d’impression, comme s’il s’agissait d’un village fantôme. On ne croyait pas si bien dire ! En effet, j’ai appris entre-temps qu’il s’agissait bien d’un village de vacances à l’abandon, Dionysos Authentic Resort & Village. Il résulte d’un projet immobilier des années 1995 qui s’est trouvé à court de finances. Seuls quelques-uns des appartements en temps partagé du complexe ont été achevés par leurs propriétaires, les autres ont été abandonnés. Triste constat !
C’est sans doute la preuve que le modèle des années 80/90 des hôtels-clubs a vécu, les touristes étant de nos jours davantage à la recherche d’intimité et d’authenticité.
C’est dans cet esprit que nous profitons de notre dernière soirée dans l’Est crétois que nous avons écumé de long en large pour notre plus grand plaisir.