J10 : Mardi 20 septembre 2022
Pour cette deuxième partie de séjour, nous avons choisi de nous poser pour sept nuits supplémentaires dans l’extrême Est de l’île, près de Sitia. Comme la villa que nous avons louée n’est pas disponible avant 15 heures, nous restons à Istron jusqu’en fin de matinée, ce qui nous laisse suffisamment de temps pour une dernière baignade en mer à la plage de Voulisma avant une dernière immersion dans notre piscine.
Ces premiers dix jours ont été à la hauteur de nos attentes. Nous avons adoré notre séjour dans cette mini villa à l’emplacement exceptionnel. Nous partons un peu à regret mais confiants pour la suite. Nous devrions également trouver notre bonheur dans notre prochaine destination.
En quittant Istron vers 11 heures, nous avons tout loisir de flâner car le trajet entre Istron et Sitia ne prend guère plus d’une heure pour une cinquantaine de kilomètres par la route E75. C’est pourquoi, plusieurs haltes sont prévues.
Premier arrêt, sur la route E75, à la bien nommée taverne Panorama pour un jus d’orange pressée et surtout pour… son point de vue à couper le souffle ! Waouh !
Vue sur l’est du golfe de Mirabello et l’île de Psira !
Deuxième détour depuis le village d’Exo Mouliana où nous nous écartons momentanément de la route principale pour rejoindre la plage et la gorge de Richti. Cinq kilomètres sur une piste improbable, heureusement bétonnée, mais très étroite et très exposée par endroits, sur laquelle Hervé a failli faire demi-tour à plusieurs reprises tellement le trajet était stressant. Tout ça pour randonner dans la gorge ? Non même pas (bien que Richtis Gorge soit très prisée), car nous ne voulons pas laisser la voiture avec tous nos effets sur un parking isolé. Alors pourquoi un tel détour ? D’une part parce que nous disposons de temps et d’autre part parce que j’y ai repéré une belle aire de pique-nique sous les tamaris avec un point d’eau potable en sus. L’endroit est effectivement idyllique, riche notamment en plantes et fleurs remarquables.
Pavot cornu = Glaucium flavum
Fenouil marin = Crithmum maritimum
Lys de mer = Pancratium maritimum
Il s’est rapidement transformé en enfer avec l’arrivée d’une armée de guêpes fondant sur notre pique-nique comme des mouches sur un pot de confiture 😉, nous obligeant à un repli sans délai dans la voiture. Nous n’avons donc pas fait long feu sur la plage de Richti, préférant poursuivre notre trajet en direction de Sitia que nous avons atteint vers 13 heures.
Par conséquent, troisième halte dans cette petite ville de près de 10 000 habitants où une petite balade sur le front de mer permet de nous en faire une première impression. Conclusion : bien que moins trépidante qu’Agios Nikolaos, Sitia ne manque pas de d’attraits par sa situation, construite en amphithéâtre autour d’un charmant port, par ses ruelles escarpées et les escaliers blancs qui grimpent vers la citadelle.
Pami tous les établissements bordant la marina, j’avais retenu Mitsakakis, une pâtisserie-salon de thé aux spécialités très alléchantes, qui tombe à point nommé après un casse-croûte plutôt frugal. Nous nous délectons de baklava et de cheesecake accompagnés d’un capuccino. Après cette pause gourmande, il ne nous reste plus qu’à faire quelques courses pour remplir le réfrigérateur de notre nouvel hébergement où nous nous présentons à 15 heures pile.
La propriétaire est très étonnée de nous voir arriver à deux dans une villa comportant trois chambres et autant de salles de bain, un vaste espace cuisine/salon/salle à manger, plusieurs terrasses et pergolas et une piscine (privée), le tout entouré d’une oliveraie et d’un jardin abondamment fleuri. La maison n’est pas directement au bord de mer, mais on peut néanmoins y apercevoir la belle bleue. Nous allons assurément nous y plaire ! En outre, l’endroit est très bien placé pour nous permettre d’explorer facilement la région.
Justement, une fois installés, nous avons hâte de commencer à découvrir la région. C’est pourquoi, vers 17 heures, nous prenons la direction de Moni Toplou à seulement cinq kilomètres (quinze minutes) en voiture de notre lieu d’hébergement. Il s’agit de l’un des monastères les plus connus de Crète, sans doute aussi le plus riche, propriétaire d’une grande partie des terres de la pointe nord-est de l’île. Une petite communauté de moines met en valeur les produits de ses propriétés, de ses vignobles et oliveraies. Ils veillent également sur un certain nombre de richesses dont de précieuses icônes, d’illustres tableaux et bien d’autres trésors encore.
Mais ce soir nous ne nous sommes pas venus pour le monastère lui-même (nous y reviendrons). Dans l’immédiat nous enfilons nos chaussures de marche pour aller à la découverte des richesses naturelles des alentours. En effet, c’est ici que débute la randonnée Géoroute 15 référencée par le Géopark.
D’abord quelques mots sur cette appellation : c’est un label attribué par l’UNESCO à un territoire présentant un patrimoine géologique remarquable, en vertu de ses efforts en matière de préservation, d’éducation et de tourisme durable. En 2015, la région de Sitia a reçu cette reconnaissance et a mis en place, à ce titre, une vingtaine de géoroutes, la plupart pédestres, balisées et équipées de panneaux d’information afin de faire connaître les richesses naturelles de son territoire.
Revenons-en à la randonnée qui nous intéresse et qui débute à l’ouest du monastère. Le parcours forme une boucle qui descend dans la gorge jusqu’à un point de vue en surplomb de la mer (pas jusqu’au bord de mer) avant de revenir par une crête.
Plan de la Géoroute 15
La vue au point de départ donne déjà une idée du type de parcours qui nous attend.
Sa spécificité est liée à la présence de nombreuses formations rocheuses de type tafoni. Pour rappel, un tafoni est une cavité de taille plus ou moins grande creusée par l’érosion sur une surface rocheuse.
Avant même de descendre dans la gorge, nous en trouvons un bel exemplaire un peu à l’écart du sentier.
Tout au long de la traversée du canyon, les séries de rochers remarquables s’enchaînent tel un festival, débridant notre imagination.
Des casques ?
Des cloches ?
Si, par leurs rondeurs rassurantes, certains inspirent la confiance, d’autres aux aspects de gueules cassées ou aux profils torturés sont plus impressionnants !
Il n’empêche qu’ils sont tous magnifiquement mis en valeur en pleine « heure dorée ». Nous adorons !
De rocher en rocher, nous finissons par atteindre le point où il faut faire demi-tour, pas loin du bord de mer. Dans ces petites mares, on peut observer, d'après ma documentation, des tortues (Mauremys rivulata).
Nous grimpons alors vers la crête d’où nous portons un regard admiratif sur les paysages laissés derrière nous alors que le soleil déclinant les repeint de teintes douces et chaudes.
Fascinés par ces couleurs, on en redemanderait volontiers mais l’heure du dîner approche, il faut rentrer. Nous sommes de retour à Moni Toplou sur les coups de 19 heures, soit au bout d’une heure et demie pour 3,7 kilomètres et 117 mètres de dénivelé.
Nous avons été enchantés par cette gorge riche en tafonis, sublimée par la lumière de fin d’après-midi. L’extrême-Est s’annonce prometteur, nous avons hâte d’être à demain pour la suite !