par Marin DUSSAUGE
Nous l’avons tous vécu. En mars 2020, à la télévision, le président de la République annonce… le confinement. Ma maman, quelque peu déconnectée des médias et des informations, ne l’a appris que tardivement. Voilà donc le témoignage d’une architecte libérale, très attachée à la nature et à la décroissance économique et consumériste, sur le sujet de cette crise sanitaire.
Voila une attestation de déplacement que nous devions remplir durant la crise sanitaire de 2020. Nous n'étions pas ravie de le faire vous vous en doutez ...
Voila notre piano, sur lequel mon frère m'a cassé les oreilles en jouant 5 à 6h par jour
Caroline Pouget allias "La daronne", architecte mère de 3 enfants, Alix, Marin et Noa. Et surtout personnages principal de ce témoignage.
En pleine préparation de cookies pendant le confinement.
« Bonjour, je m’appelle Caroline Pouget, j’ai 54 ans et je suis architecte dans la région d’Alès et la maman de Marin. »
« Pour moi qui n’ai jamais été très proche des informations et des médias, j’ai été mise au courant très tard, mais je me souviens que la veille de l’annonce nous avons décidé avec des copains d’aller au cinéma au cas où. Je ne me rappelle plus du tout de ce que nous sommes allés voir, mais pour moi, à ce moment-là, c’était impensable que le confinement se produise réellement. On y était allés parce que ça nous faisait rire et que ça nous donnait une bonne excuse pour aller au cinéma. »
« Au début du confinement, je ne savais pas quoi en penser, j’étais vraiment perdue et je respectais tout sans vraiment y réfléchir, mais au bout d'un moment, je pense, deux semaines, j’ai réfléchi et j’ai pris conscience de ce qui se passait et que ce n’était pas normal, que la France entière et le monde ne faisaient que diaboliser et accentuer les événements et leur gravité. Et puis il y avait l’injustice, j’avais l’impression que l’on me privait de moi et de mes droits sans vraiment de raison valable. Je n’étais pas une personne à risques et mes enfants non plus. »
« Ça, c’était vraiment compliqué. Comme je l’ai dit, j’ai eu l’impression que l’on me privait de mes droits durant cette période alors que je n’étais pas une personne à risques. »
« Ce qui m’a vraiment étonnée avec le confinement, c’est le rapport à la consommation qu’avaient les gens durant cette période. Comme les distances de déplacement étaient limitées, les gens n’ont pas vraiment eu d’autre choix que de consommer plus localement, les petits commerces de proximité, les agriculteurs locaux, etc. ont donc eu un regain d’intérêt de la part de la population. Et j’ai trouvé ça génial que les gens s’intéressent un peu à ce qu’il y avait autour d’eux au lieu de toujours aller acheter des produits étrangers ou dans des grandes enseignes. Malheureusement, là où j’espérais que les gens continuent à réfléchir de cette manière après le confinement, ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. Directement à la fin, les gens se sont rués dans les grands magasins pour combler le manque de consommation qu’ils ont eu durant un mois et demi. »
« Je pense que le plus gros changement dans la vie des gens, et pas particulièrement dans la mienne, c’est le télétravail. Nous avons tous et toutes été forcés au télétravail durant cette période, et c’est grâce à cette obligation que nous avons découvert que nous pouvions faire autrement. »
« Je pense en effet que oui, que même si ça n’a pas perduré, les bienfaits ont quand même existé et je pense quand même que des gens ont continué dans cette lignée de consommation plus responsable et plus locale. Ça a permis aussi à beaucoup de monde d’avoir du temps pour eux et de faire de nouvelles choses, par exemple mon fils Alix s’est mis au piano, et Marin a, quant à lui, beaucoup plus lu. De manière générale, le temps libéré a permis aux gens de découvrir autre chose. Et bien sûr, pour la planète ça a été très bénéfique, vu que la majeure partie des activités humaines ont été arrêtées. »
« Bien sûr, et le plus grosimpact négatif, je pense que c’est sur la question du vaccin. L’obligation de se faire vacciner pour la majorité des activités, j’ai trouvé que c’était vraiment nous retirer des droits pour des raisons illégitimes, nous ne pouvions plus faire ce que nous voulions car nous refusions d’être vaccinés car nous n’en avions pas la nécessité. Je me souviens très bien que ma mère, quant à elle, a été beaucoup critiquée car elle refusait de se faire vacciner malgré son âge, elle en a même perdu certaines amitiés. C’est ce côté divisant de la gestion du Covid que je critique, cette opposition entre les deux camps, les vaccinés et les non-vaccinés. Tout cela uniquement en jouant avec la peur des gens de la maladie. »
« C’est compliqué de faire un bilan général de toute cette période, je dirais que je critiquerais largement la manière dont la crise a été gérée en France par les institutions. J’espère quand même que tous ces événements ont pu apporter aux gens une nouvelle manière de faire les choses, une nouvelle manière de travailler, de prendre du temps pour soi ou bien encore de consommer. »