par Madline SALENSON
A travers cet interview, ma mère, Emmeline, aide opératoire va mettre en lumière la difficulté de travailler dans le médical durant la pandémie du Covid 19, de 2020 à 2022, on apprendra également comment elle devait se partager entre le stress au travail et la vie de famille.
Ici, nous retrouvons un couloir d’hôpital, il paraît être long et interminable comme certains autres. Ces couloirs étaient remplis et les gens qui y passaient durant la période du Covid étaient tous très stressés pour différentes raisons, autant les patients que les soignants. On y voit également de nombreux produits de soins pour les malades.
Je trouve cette photo très représentative de la période dont il est question, puisque la population toute entière était concernée par le port du masque, sans oublier les soignants qui le portent encore au quotidien, dans le cadre du travail, On peut également parler du protocole de désinfection qui s'est complexifié et endurci depuis la pandémie.
Enfin, je vous présente ma mère, Emmeline, aide opératoire à l’hôpital de Caremeau à Nîmes, plus précisément en neuro chirurgie. Durant la pandémie, elle a fait face à des périodes très compliquées partagées entre le travail et nous, les enfants qui l'attendaient à la maison.
C'est ainsi que nous en venons à l'interview, réalisé afin de mettre en lumière la place et la pensée des infirmiers durant le Covid-19...
-Est-ce que tu peux me parler de qui tu es et de ta situation durant le covid ?
Je m’appelle Emmeline, je suis aide opératoire au CHU de Carémeau et durant le covid nous étions en situation de gérer beaucoup de patients et personnes malades, mais nous devions également tout réorganiser concernant la gestion et la prise en charge des pathologies.
-Est-ce que tu t’es, malgré tout ce qu’il s’est passé, sentie utile face à l’ampleur de la situation (beaucoup de patients, de malades etc..) ?
Oui bien sûr, puisqu’il fallait mettre en place beaucoup de protocoles de soins pour gérer des patients dans des états graves, et dans une période où le personnel lui même était en sous effectif dans la mesure où les soignants ou personnes de leur entourage étaient malades et se retrouvaient eux mêmes confinés.
-Y a-t-il eu des situations plus difficiles à gérer que d’autres ?
Il était difficile de gérer le stress des malades qui ne savaient pas vraiment ce qu’il se passait. Il était également difficile de refuser des patients qui étaient dîts « non urgents » (les interventions hors urgence étaient déprogrammées pour garder les respirateurs à disposition).
-Est-ce que c’était dur psychologiquement ? Si oui, à quel niveau (fatigue, stress, organisation dans l’hôpital) ?
Oui c’était une situation émotionnellement et nerveusement difficile à vivre car on ne pouvait rien anticiper, et il y avait de l’incertitude et de la réorganisation en permanence.
-Est-ce que tu crains l’arrivée d’une nouvelle crise sanitaire d’une telle ampleur ou tu penses que ça pourrait être mieux géré dans les hôpitaux du fait que ce serait pas réellement inconnu ?
Une nouvelle crise sanitaire pourrait être aussi dure à gérer car ce ne serait pas la même pathologie, donc dur à gérer, mais on peut espérer que les outils mis en place dans la gestion de cette pandémie puissent être utilisés et être plus efficaces si cela devait se renouveler.
-Peux-tu me dire si les procédures sanitaires étaient plus importantes à ce moment-là (désinfection, matériel, tenues, etc..) ?
Oui évidemment, tous les procédés mis en place était d’un degré supérieur d’une gestion dite « quotidienne ». On était dans la gestion d’une crise infectieuse, avec toutes les protections et précautions d’isolement nécessaires.
-Est-ce que ça t’est venu à l’esprit de quitter ce travail à cause de cette période ?
Non et au contraire, car c’était un moment où nous nous sommes sentis plus à notre place et plus utiles. La seule raison qui pouvait me faire douter est venue dans un deuxième temps, avec le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants, car je trouve que c’était infondé et que ça ne laissait plus place au libre arbitre, la vaccination a été rapide sans que l’on puisse prouver son efficacité et son inocuité (son effet néfaste) donc impossible d’en évaluer la dangerosité.
-Est-ce que ton rapport à la famille était compliqué sachant que ta tête était beaucoup prise avec le travail ?
Oui dans une certaine mesure, puisqu’il fallait également gérer l’école à la maison en plus du stress accumulé au travail, ce qui rendait la gestion du quotidien d’autant plus complexe. En revanche la distinction entre la famille et le travail était nécessaire.