Les peintres d’icônes (ou iconographes) suscitent un ensemble d’a priori – positifs comme négatifs – qui reflètent à la fois la fascination spirituelle que leur art peut exercer, mais aussi certaines incompréhensions ou projections culturelles. Voici les principaux a priori :
Un artiste habité spirituellement
On imagine souvent le peintre d’icônes comme une personne profondément priante, presque mystique, vivant dans une grande intériorité.
Un gardien de la tradition
L’iconographe est perçu comme un dépositaire fidèle d’une tradition ancienne, respectant des canons théologiques et esthétiques précis transmis de génération en génération.
Un artisan du sacré
Beaucoup considèrent les iconographes comme des artisans de Dieu, dont le travail participe à la sanctification du monde visible.
Une humilité dans l’effacement de soi
On leur prête volontiers une humilité exemplaire, dans la mesure où ils ne signent souvent pas leur œuvre, car l’icône est censée renvoyer à l’Invisible plutôt qu’à l’ego de l’artiste.
Un lien direct avec l’Orient chrétien
Le peintre d’icônes est souvent vu comme un pont vivant avec le christianisme oriental (orthodoxe, byzantin), ce qui suscite curiosité et respect.
Un formalisme rigide ou passéiste
Certains reprochent à l’iconographe un manque de créativité personnelle, une fidélité jugée excessive à des codes esthétiques anciens, voire figés.
Un art ésotérique ou élitiste
L’iconographie peut paraître difficile d’accès, voire obscure à ceux qui ne sont pas initiés à ses symboles ou à sa théologie.
Un rejet du monde moderne
L'image d’un iconographe est parfois associée à un refus du monde contemporain, perçu comme une fuite dans une spiritualité hors-sol ou archaïsante.
Un artisanat répétitif
Certains voient dans l’iconographie une forme d’art manuel répétitif et codifié, plus proche d’un artisanat que d’un art « libre » au sens occidental.
Un vernis spirituel ambigu
Enfin, un certain scepticisme peut naître face à une possible idéalisation excessive de la figure de l’iconographe, comme si toute personne peignant une icône devait forcément être spirituelle, ce qui n’est pas toujours vrai.