L'Encre et le Feu
Date de naissance : 18 Pflugzeit 2488
Profession : Apprenti Mage du Feu
Traits de caractère :
Loyal : Ceux qui gagnent la confiance de Vonzorg ont en lui quelqu’un d’indéfectible. Une loyauté rare et absolue, qui ne se marchande pas et ne s’effrite pas avec le temps.
Courageux : Pas d’éclat ni de fanfaronnade, juste une solidité tranquille qui tient bon là où d’autres plient.
Radin : Vonzorg garde ses pièces avec une conviction tranquille. Dans un monde aussi imprévisible, l’argent économisé est la seule certitude qui ne trahit pas.
Très méfiant : Chaque sourire inconnu est une énigme, chaque coïncidence une menace potentielle. La confiance se gagne lentement, et ne s’accorde jamais sans raison.
Origines
Vonzorg grandit dans les beaux quartiers de Kemperbad, dans une maison lumineuse qui sentait l'encre fraîche et les vieux parchemins. Son père, Théobald, était Mage du Feu, méthodique et passionné, respecté dans les cercles érudits de la cité. Sa mère, Séraphine, était scribe, dont la précision et l'élégance que Vonzorg admirait en secret se retrouvaient jusque dans les rudiments de cartographie qu'elle lui enseigna : donner une forme au chaos du monde, fixer l'espace sur le papier. L'enfance fut heureuse et studieuse, bercée par les discussions savantes et les leçons glissées dans chaque moment du quotidien. Vonzorg fut un élève attentif et curieux, de ceux qui posent des questions avant même que la leçon soit terminée.
Il avait douze ans. Et tout s'arrêta
Le Soir Rouge
Théobald et Séraphine avaient mis la main sur quelque chose qu'ils n'auraient pas dû trouver : des écrits appartenant à un culte du Chaos, dont la simple existence représentait un danger mortel. Vonzorg comprit juste que ses parents étaient devenus nerveux, tendus, qu'ils parlaient à voix basse et fermaient les portes derrière eux. Puis les assaillants vinrent.
L'attaque fut rapide, violente, sans avertissement. Tapi dans l'obscurité, Vonzorg entendit le combat. Théobald se défendit avec toute la puissance de sa magie, deux assaillants tombèrent consumés par les flammes, mais le nombre eut raison de lui. Les autres mirent le feu à la maison avant de disparaître dans la nuit.
La fumée le força à sortir. Il rejoignit les corps de ses parents et ne bougea plus. C'est là qu'il vit le tatouage sur la poitrine de l'un des hommes morts : une main sombre, paume ouverte. Il ne sut pas pourquoi il le grava dans sa mémoire. Il le fit quand même. Thorvein, un ami de Théobald qui vivait non loin de là, avait vu la fumée monter dans le ciel nocturne. Il arriva assez tôt pour arracher Vonzorg aux décombres.
L'Apprentissage
Thorvein recueillit l'enfant sans hésiter. Il connaissait Théobald depuis des années, et cette dette là, il la prit au sérieux. Il offrit à Vonzorg ce dont il avait besoin : un toit, du temps, et peu à peu, un enseignement. Les premières années furent celles des fondations, la théorie, les disciplines, les dangers, quelques sorts mineurs pour éveiller le don sans le brusquer. Il prit son temps. Le feu ne se confie pas à un enfant brisé par le deuil.
Ce n'est qu'à ses vingt ans que Thorvein le jugea prêt et l'initia pleinement à la voie des Mages du Feu. Vonzorg s'y consacra avec l'acharnement tranquille de quelqu'un qui attendait ce moment depuis longtemps. La magie et les cartes, héritage silencieux de Séraphine, devinrent ses ancrages. Et en parallèle, patiemment, il chercha : rumeurs collectées, voyageurs interrogés, fils ténus suivis jusqu'à leur bout, tout ce qui pouvait le ramener vers le symbole gravé dans sa mémoire depuis cette nuit-là. Thorvein le laissa faire, sachant que ce deuil là ne se soldait pas avec du temps et des mots.
La Piste
Il y a quelques mois, Vonzorg quitta Kemperbad. Thorvein avait fait ce qu'il pouvait, il lui avait transmis ses connaissances, sa passion, sa rigueur, mais il atteignait les limites de ce qu'il était en mesure de lui enseigner. Avant de le laisser partir, il lui remit une lettre de recommandation pour le Collège de Magie d'Altdorf, un dernier cadeau, la meilleure porte qu'il pouvait lui ouvrir.
Vonzorg a donc deux raisons de se rendre à Altdorf. Parfaire ses talents et être officiellement reconnu comme Mage du Feu au Collège, c'est l'objectif affiché, celui que tout le monde peut voir. Mais en filigrane, toujours, il y a le culte. Altdorf est une grande ville, une ville où les secrets circulent, où les pistes convergent. Quelque chose l'y attend, il en est convaincu.
Il voyage avec une lettre dans sa poche, un grimoire sous le bras, et des cartes plein les sacoches. Thorvein lui a ouvert la route. À lui maintenant de savoir où elle mène.
Aujourd'hui, Vonzorg est un homme construit sur une fissure. De l'enfant studieux qu'il était, il a gardé la rigueur et la curiosité, cette façon de vouloir comprendre avant d'agir, de cartographier le monde autant dans sa tête que sur le papier. Quand il s'engage, c'est pleinement, avec la même patience têtue que celle qu'il met à tracer une route ou à maîtriser un sort.
Mais le soir rouge n'est jamais vraiment derrière lui. Il a appris à faire confiance au feu, pas aux hommes. Chaque visage nouveau est une inconnue à déchiffrer, chaque main tendue un calcul à effectuer. Cette méfiance là n'est pas de la lâcheté, c'est une cicatrice qui pense. Et ses pièces, il les garde serrées : dans un monde qui lui a pris ses parents du jour au lendemain, l'argent économisé est la seule muraille qui ne brûle pas.
Il a vingt-cinq ans, un grimoire taché d'encre et de suie, des cartes plein les poches, et quelque part à Altdorf un culte qui croit peut-être l'avoir oublié.
Il les retrouvera.
« L'encre de ma mère a séché. La flamme de mon père s'est éteinte. Il me reste les cendres, et ce que je vais en faire. »