La Lame et le Deuil
Date de naissance : 05 Pflugzeit 2492
Profession : Escrimeuse
Traits de caractère :
Sociable : à l’aise en toute compagnie, capable de mettre les gens en confiance avec une aisance naturelle.
Curieuse : elle s'intéresse à tout, les lieux, les savoirs, les us et coutumes, le fonctionnement des choses, mais les états d'âme des gens la laissent indifférente. Ce qui la passionne, c'est le monde, pas les peines qu'on y traîne.
Tenace : quand elle s'engage dans quelque chose, elle va jusqu'au bout.
Arrogante : convaincue de la supériorité de son jugement.
Opportuniste : elle ne s'investit que dans ce qui sert ses intérêts ou remplit sa bourse.
Détachée : elle apprécie la compagnie et sait être agréable, mais la douleur des autres l'effleure sans vraiment l'atteindre. Sa propre peine prend trop de place pour qu'il en reste pour celle des autres.
Origines
Valdis Eisenhart est née il y a vingt ans, à Kemperbad, une de ces cités vivantes qui grondent et respirent comme un être à part entière. Ses parents, Rupert et Marga Eisenhart, tiennent une auberge de haut standing où marchands prospères et nobles de passage viennent se délasser. Son enfance fut douce et lumineuse, une rareté dans un monde aussi impitoyable que le Vieux Monde. Elle grandit entourée d’amour, apprenant très tôt à lire les gens, à sourire au bon moment, à placer le mot juste. Sa sœur Astrid, de huit ans son aînée, fut bien plus qu’une grande sœur, son modèle, sa boussole, sa vraie confidente, celle qu’elle écoutait plus volontiers que Marga elle-même. Valdis ne concevait pas le monde sans elle.
L’Ombre de Konrad Sterren
Konrad Sterren était le genre d’homme que l’on respecte sans l’apprécier. Un très riche marchand du Conseil de la ville, froid, sombre, convaincu que son rang lui conférait tous les droits. Il voyait d’un très mauvais œil l’idylle entre son fils Aldric et Astrid, la fille d’aubergistes n’avait pas sa place dans sa lignée. Ce fut sa femme qui imposa le mariage, tenant tête à son mari par amour pour leur fils. Quand elle mourut brutalement huit mois avant la noce, Konrad se retrouva libre de ses ambitions et de ses actes.
La Noce Maudite
Quinze jours avant le mariage, Valdis se leva tôt pour rejoindre Astrid comme elle le faisait souvent. Elle poussa la porte de la chambre et s’arrêta net. Astrid gisait dans son lit, méconnaissable, vieille, desséchée, ses traits creusés comme si des décennies lui avaient été arrachées en une nuit. Valdis avait treize ans. Ce matin-là, quelque chose se brisa en elle, net, définitif. Le monde cessa d’être l’endroit sûr dans lequel elle avait grandi, et une partie d’elle-même resta dans cette chambre, avec sa sœur.
La famille fut dévastée. Les jours qui suivirent se fondirent dans un brouillard de larmes et de silence. L’enterrement eut lieu dans la douleur, entouré de proches et de visages défaits. Aldric était là, le fiancé, pâle et brisé comme tous les autres, mais quelque chose dans son regard allait au-delà du simple chagrin. Un doute. Une suspicion qui le rongeait de l’intérieur.
La Promesse et le Silence
De retour chez son père, Aldric ne put se résoudre à laisser cette question sans réponse. Il fouilla en secret, cherchant ce qu'il espérait ne pas trouver. Ce qu'il découvrit fut pire que tout : des échanges écrits entre Konrad et une sorcière, signés E.Herzen. Les mots ne laissaient aucun doute. Son père avait commandité la mort d'Astrid pour briser une union qu'il n'avait jamais acceptée.
Aldric quitta la demeure Sterren sans un regard en arrière. Il se rendit directement à l'auberge des Eisenhart et leur révéla tout : les lettres, le nom de la sorcière, la trahison. Puis il jura sur la mémoire d'Astrid qu'il retrouverait cette femme et ferait payer son père. Il repartit le soir même.
Pendant plusieurs mois, des nouvelles arrivèrent encore. Des pistes, des noms, des villes traversées. Puis les lettres s'espacèrent. Et la dernière, celle qui arriva d'Altdorf, ne fut suivie d'aucune autre. Rupert et Marga, inquiets, mandatèrent des mercenaires pour retrouver sa trace. Ils revinrent bredouilles. Aucun indice, aucun témoin, aucune piste. Aldric avait simplement disparu.
Valdis attendit ses quinze ans. Puis elle décida que si personne ne prenait les choses en main, elle le ferait elle-même. Elle embrassa Rupert et Marga, quitta l'auberge et intégra une école de duellistes. Les puissants règlent leurs affaires par duels et champions interposés : elle le savait depuis l'enfance. Devenir duelliste, c'est entrer dans leurs cercles, fréquenter leurs coulisses, et un jour retrouver la trace d'E.Herzen ou réunir les preuves qui condamneraient Konrad Sterren.
Aujourd'hui, Valdis est une femme qui porte en elle deux personnes à la fois. Il reste de l'enfant joyeuse qu'elle était sa sociabilité et sa curiosité naturelle. Quand elle s'engage dans quelque chose, elle va jusqu'au bout, tenace et imperméable aux obstacles.
Mais la cassure est là, visible pour qui sait regarder. Elle n'a jamais vraiment fait le deuil d'Astrid. Elle est devenue arrogante, convaincue que son jugement prime sur celui des autres. La peine d’autrui l'effleure sans l'atteindre, non par cruauté, mais parce que la sienne prend toute la place sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Et si une affaire ne la rapproche pas de son but (ou de sa bourse), elle s'en détourne sans un regard.
« Je ne suis pas la meilleure duelliste que vous ayez rencontrée. Mais je suis probablement la seule dont vous vous souviendrez. »