L'Enfant et l'Ombre
Date de naissance : 8 Kaldezeit 2487
Profession : Interrogateur
Traits de caractère :
Pieux : Entièrement dévoué à Sigmar. Passer du temps dans les temples lui permet de se ressoucer et trouver la quiétude et la force d'avancer.
Sensible à la détresse des autres : Il peut ignorer beaucoup de choses, mais pas la souffrance d’un innocent. Celle des enfants surtout, comme une dette ancienne jamais soldée.
Parfois cruel : Face à quelqu’un qui fait souffrir les faibles, quelque chose se referme en lui. Il ne s’agit plus de punir, mais de faire ressentir la douleur. Méthodiquement. Plus longtemps que nécessaire.
Très méfiant : Derrière la jovialité se cache une vigilance constante. Il a appris très tôt que les sourires peuvent mentir, et le sien le premier.
Origines
Né en 2487, Valarzan ne sait pas grand-chose de ses débuts dans ce monde. Né à Kemperbad, dans cette cité commerçante qui gronde et s’agite du matin au soir, il fut confié (ou abandonné, la nuance lui échappe encore) à un orphelinat alors qu’il n’était qu’un nourrisson. Pas de nom de famille transmis, pas de lettre glissée dans ses langes. Juste un prénom, et le silence de ceux qui auraient dû répondre.
L’orphelinat n’était pas tendre, mais Valarzan y trouva malgré tout une chose précieuse : Edric. Son meilleur ami, son frère de misère, celui avec qui il partageait les mauvais repas, les punitions injustes et les fous rires étouffés sous les couvertures. Ensemble, l’ordinaire devenait supportable.
L’Horreur Sous le Toit
Valarzan avait onze ans quand il comprit que l’orphelinat cachait quelque chose de bien plus sombre que la simple négligence. Des enfants disparaissaient. Pas souvent, pas bruyamment, juste une paillasse vide un matin, et le silence des responsables qui décourageait les questions.
Ce qu’il découvrit le glaça jusqu’aux os. Les responsables de l’établissement étaient liés à un culte. Les enfants ne disparaissaient pas. Ils étaient sacrifiés.
Un soir, n’arrivant pas à trouver le sommeil, il surprit une conversation entre un responsable de l’établissement et une femme dont il ne vit jamais le visage. Les mots étaient clairs : elle venait chercher des enfants. Il n’entendit qu’un seul nom, un titre, gravé dans sa mémoire depuis ce jour : Magister Herzen.
Il n’attendit pas. Cette nuit-là, il réveilla Edric et ils coururent. Des heures durant, ils se faufilèrent dans les ruelles de Kemperbad, se plaquèrent contre les murs, retinrent leur souffle dans les recoins les plus sombres. Puis à un moment, un carrefour, une poursuite, un couloir de trop, Valarzan se retourna et Edric n’était plus là. Il chercha. Il appela à voix basse jusqu’à ce que sa gorge brûle. Puis il dut partir. A-t-il été repris ? S’est-il perdu ? Est-il encore en vie quelque part ? Valarzan ne le sait pas. Et cette question, il la porte chaque jour comme une pierre dans la poitrine.
Les Années de Rue
Ce qui suivit forgea l’homme qu’il est devenu, à coups de froid, de faim et de méfiance. De ses onze ans jusqu’à sa majorité, Valarzan vécut dans les rues de Kemperbad, dormant où il pouvait, mangeant ce qu’il trouvait, apprenant à lire les intentions des gens avant même qu’ils ouvrent la bouche. La rue lui affûta les sens, l’ouïe surtout : il est capable aujourd’hui de saisir une conversation murmurée à l’autre bout d’une taverne, ou de détecter des pas dans l’obscurité là où d’autres n’entendraient que le silence. Elle lui apprit aussi à ne faire confiance à personne trop vite. Chaque visage avenant cache potentiellement un calcul. Chaque main tendue peut se refermer en poing.
La Voie du Chasseur
À dix-neuf ans, Valarzan choisit sa voie. Pas par hasard, par logique implacable. Il savait reconnaître la corruption tapie derrière les apparences respectables. Il savait ce que des hommes ordinaires pouvaient faire à des enfants sans défense lorsqu'une puissance obscure les tenait par la main. Devenir chasseur de sorcières, c'était mettre un nom et une lame sur tout ce qu'il haïssait. Depuis il apprend à débusquer les signes qui trahissent, les rituels qui révèlent, les mensonges qui s'effritent sous les bonnes questions. Il n'a encore jamais tué de sorcière, mais il en a débusqué, et chaque fois la mécanique s'affine.
La foi tient une place centrale dans tout ça. Chaque matin commence par une prière à Sigmar, sobre et silencieuse, avant même de toucher ses armes. Ce n'est pas de la superstition, c'est une ancre. Dans un monde où des hommes ordinaires commettent des horreurs au nom de puissances obscures, Sigmar représente l'inverse exact : une force qui exige droiture, courage, protection des faibles. Quand le combat s'emballe et que la peur cherche à s'insinuer, c'est le nom du dieu qu'il murmure, pas pour appeler un miracle, mais pour se rappeler pourquoi il se bat.
Aujourd'hui, Valarzan est un homme ordinaire en apparence. Ni particulièrement avenant, ni fermé. Il fait sa route, observe, et garde ses distances le temps de jauger les gens qui l'entourent. La méfiance est devenue sa seconde nature, trop d'années à apprendre que les apparences respectables peuvent cacher le pire. La détresse des enfants le court-circuite comme rien d'autre. Une urgence viscérale, une dette ancienne qu'il ne saura peut-être jamais solder. En revanche, quand il tient un tortionnaire au bout de sa chaîne, quelque chose change dans ses yeux. La foi ne disparaît pas. Elle se tord. Ce n'est plus Sigmar le protecteur qu'il invoque, mais Sigmar le juge. Une froideur méthodique prend le dessus. Impitoyable, précis, capable de faire durer les choses bien plus longtemps que nécessaire. Ceux qui l'ont vu dans cet état en parlent à voix basse. Ce n'est pas de la justice. C'est autre chose.
« Ce que j’ai vu enfant m’a appris une chose : le mal porte toujours un visage ordinaire. »