- Calais - La Plage
Le XIXème siècle se caractérise par de nombreuses innovations techniques qui vont profondément modifier les pratiques artistiques et le regard porté sur le monde qui nous entoure. Les deux grands apports de ce siècle sont indéniablement la photographie inventée en 1839 et le cinématographe né en 1895.
Observer les portraits photographiques du XIXème siècle, c’est faire le constat d’un art de la posture et de la mise en scène où la personne joue toujours, peu ou prou, un rôle ou s’affirme dans son rang social, sa puissance ou sa renommée.
Un établissement de bains de mer s'érige
La plage et son cordon dunaire sont en ce milieu du XIXe siècle, un atout considérable pour Calais tournée vers l'industrie dentellière. Mais cette richesse doit être mise en valeur. En 1835, un projet d'aménagement voit le jour
Fidèle une fois de plus au contexte national - dans les années 1830, Louis-Philippe, alors au pouvoir, instaure une politique d'établissements d'utilité publique - Calais se lance dans une nouvelle aventure : les bains de mer.
Création d'un établissement de bains de mer
La mode des bains de mer et le franc succès que remporte depuis quelques années le casino de Boulogne-sur-Mer, va influencer les décideurs calaisiens et les convaincre de l'utilité d'avoir un établissement de loisirs sur le bord de mer. Les journaux calaisiens comme l'Industriel rapportent dans leurs colonnes, qu'une réunion sous la présidence du docteur Mauricheau-Beaupré s'est tenue le 22 février 1835 au palais de justice (à l'époque, rue des Boucheries, derrière la Tour du Guet), pour évoquer la question d'un espace de loisirs. Un premier comité y est alors créé mais ce dernier peine à proposer des idées. Il faut attendre le 11 février 1837 pour qu'un second comité voit le jour, et se rapproche du ministre de la Guerre qui lui accorde une concession pour un terrain à l'est du port.
Quelques négociations plus tard, c'est à l'ouest que l'établissement verra le jour. Une association de soixante-dix-huit personnes « pour la construction et l'exploitation d'un établissement de bains de mer à la lame » naît. La durée de cette association est prévue pour dix années et elle est confiée à neuf administrateurs dont le docteur Souville, Tom Souville, l'ancien capitaine corsaire et Philippe Devot. Le 5 mars, sous la présidence de Jacques Leveux, la première pierre est posée. L'architecte de la ville, M. Villain en a imaginé les plans. L'inauguration a lieu quelques mois plus tard, le 18 juillet 1837. Le règlement intérieur précise que la saison commence le 1er mai, dès les premiers beaux jours (enfin, les bonnes années...).
Renforcer l'accessibilité de la plage
Plusieurs aménagements voient le jour afin de renforcer l'accessibilité de la plage et du nouvel établissement. Un nouveau pont de bois à travers le bassin des Chasses est construit à la hauteur de l'établissement des bains. La sécurité des baigneurs est assurée par la société humaine de Calais dont le président n'est autre que Tom Souville.
Mais le plus important changement réside en la construction d'une gare à proximité de l'avant-port. Une liaison existait depuis septembre 1848 entre Paris et Saint-Pierre mais elle n'allait pas jusque la plage. Le 28 juin de l'année suivante, c'est chose faite, la liaison est enfin réalisée entre la plage et la Capitale. En août, la gare devient effective. Mais à l'époque, il fallait sept heures pour rejoindre Paris à Lille auxquelles il fallait en ajouter quatre pour arriver à Calais !
Apogée et mort de l'établissement
En 1869, les principaux actionnaires des bains de mer calaisiens votent un budget extraordinaire afin d'améliorer leur établissement. Un restaurant est créé, le jardin (appelé le parc Sableville) est clôturé et on y applique un droit d'entrée de 10 centimes. Un kiosque voit le jour, des concerts, des tirs aux pigeons et des régates sont aussi organisés. La presse parisienne fait même l'éloge de la plage et de son établissement. Les actionnaires rédigent en cette fin d'année 1869, un rapport enthousiaste parlant de 282 abonnés contre 69 l'année précédente. On y trouve 152 Calaisiens, 59 Saint-Pierrois et 71 étrangers, des bruits circulent concernant l'installation de chalets.... Tout semble aller pour le mieux.
Mais, la guerre Franco-prussienne qui éclate en 1870 porte un sérieux coup au développement économique de la plage. A la suite de la guerre, les fortifications sont démembrées, la pittoresque Porte de la Mer par laquelle les touristes passaient est elle aussi rasée. En revanche, de nouvelles fortifications sont construites en 1879, qui modifient le littoral calaisien. Du jour au lendemain, l'établissement des bains de mer se trouve séparé de la mer par la courtine de fortifications, par un fossé et par un talus, la digue de protection. En 1893, un nouveau bâtiment sort du sable, le nouveau casino, construit sur la digue de protection à deux pas de la mer. En 1906, l'établissement des bains de mer est définitivement rasé.
Blitz le chien passe en revue la troupe (vers 1935/1936) en compagnie de Militaires et d' un attelage de chevaux.