Acte II
CitéRoi, capitale du Royaume
CitéRoi, capitale du Royaume
CitéRoi, la grande cité blanche, capitale du Royaume d'Ankiona.
Albert, Kytou et Khaldun furent très impressionnés en passant la porte Sud. Les aventuriers furent immédiatement plongés dans la foule et le bruit incessant de la vie dans la cité, causé par tout ce monde qui va-et-vient.
Devant l'entrée, une grande Tour leur faisait directement face, vers laquelle convergeaient l'avenue entrante, et toutes les rues principales avoisinantes. En bas de cette tour, un très large guichet accueillait tous les voyageurs qui passaient par là. Les aventuriers se dirigèrent donc vers ce bâtiment appelé : l’Office du Touriste. Après un court instant d'attente, une hôtesse Girafe, grand sourire, les réceptionna. Elle leur souhaita la bienvenue à CitéRoi, et leur proposa rapidement d'acheter un plan détaillé de la cité, accompagné d'explications et de précieux conseils de sa part. Les aventuriers acceptèrent de payer (1 pièce d'or). Pendant qu'ils examinaient le plan, un petit Bouc secrétaire apparut discrètement derrière l'hôtesse Girafe, et lui chuchota un mot à l’oreille en montrant secrètement un petit papier, tout en jetant un furtif coup d'oeil aux aventuriers occupés. Puis le Bouc reparti rapidement. L'hôtesse Girafe sembla soudain mal à l'aise, le sourire un peu plus forcé. En les pressant un peu, elle invita les trois compagnons à la suivre à l’étage pour une surprise unique au sommet de la tour d'Office, qui leur offrira une vue exceptionnelle sur toute la cité (une attraction sensationnelle qu'ils ne pouvaient pas refuser, réservée aux visiteurs d'exception....). Les aventuriers hésitèrent un peu à la suivre, mais ils furent rapidement poussés par la Girafe vers un couloir latéral, qui s'ouvrait sur un escalier ascendant. Ils montèrent une très très longue série de marches en spirale, qui remontaient juste au-dessus de l’Office du Touriste.
Ils arrivèrent finalement, en nage, dans une salle circulaire au sommet de la tour. En effet, la vue était vraiment impressionnante depuis les multiples lucarnes qui donnaient sur la Basse-Cité. On pouvait également observer Mi-cité, situé à leur hauteur, et qui semblait également grouiller d’activités. Pendant que les aventuriers observaient le panorama, la Girafe disparut discrètement, en les enfermant dans la pièce (avec une petite excuse marmonnée derrière elle)... Ils étaient piégés !
Après de rapides réflexions sur la situation, ils décidèrent de tenter de déloger la table au centre de la pièce, pour aller barricader l'entrée, s'attendant à y voir venir de plus importants ennuis. Malheureusement pour eux, le meuble était bien fixé et ils ne firent que la renverser, restant en partie fixée au sol. Ils se réfugièrent tout de même derrière elle, en attendant de voir venir la suite des événements. Comme ils s'y attendaient, ils entendirent des bruits de pas qui montaient les escaliers, puis la porte s’ouvra lentement. Soudain, un groupe de bandits armés, suivi d’un personnage plus grand et encapuchonné (les aventuriers reconnurent immédiatement le style d'un Collecteur Trafiquant, comme celui qu'ils avaient rencontré à Moulin-sous-Pluie), firent leur entrée dans la salle. Les bandits, deux Chiens baveux et un Sanglier puant, s’alignèrent le long du mur de la pièce, en position de combat. Le chef Collecteur, un Crocodile sombre, resta en retrait, devant la porte. Puis il pris la parole : « Nous vous attendions, vermines écervelées… », dit-il en montrant un papier épais qu’il sortit de sa besace. Les aventuriers reconnurent la même page de Feuille répliquante que la leur. « Nous sommes bien arrivés à CitéRoi, - Trombone -! » dit-il en riant de toutes ses dents... « Je ne sais pas qui est ce monsieur Trombone, et je m'en fiche. En tout cas, un grand Merci de nous avoir indiqué votre venue, bande d'idiots ! ... et merci à présent de nous rendre ce qui nous appartient ! ... puis de mourir en silence. ».
Pendant que leur chef parlait, les bandits Chiens se séparèrent vers les côtés pour se préparer à attaquer les aventuriers de part et d'autre de la salle. Albert tira prestement avec son arc sur l'un d'entre eux, mais manqua sa cible en se précipitant. Le Chien avait fait un très rapide écart vers le centre en s'esclaffant. Khaldun s'élança aussitôt de son côté sur l'autre Chien, et leurs armes s'entrechoquèrent. Kytou sauta par dessus la table affaissée, et s'attaqua au premier bandit qui avait évité le tir d'Albert. Il subit douloureusement le rude assaut de Kytou. C'est alors que le Sanglier puant, qui faisait encore face à la scène, profita de sa situation à distance et jeta sur Kytou un poignard de lancé. Albert hurla pour que Kytou esquive de justesse le couteau, qui lui fila sous le nez pour aller se ficher dans la table derrière lui, en vibrant. Khaldun, qui luttait de son côté avec le Chien baveux, fut un instant déconcentré par le cri d'Albert. Il reçut un mauvais coup, et s’écrasa contre le mur, décrochant un grand tableau qui tomba directement sur son agresseur en face de lui. Un peu sonné par l'objet qui s'écrasa sur son crâne, le Chien ne vit pas venir le coup de masse que Khaldun lui assena juste après, pour lui confirmer que sa tête sonnait bien creux. Pendant que les trois aventuriers étaient occupés chacun par des bandits, le chef Collecteur restait en retrait, en souriant dans l'ombre de sa capuche. Il était néanmoins à proximité de la porte, qui lui permettrait, au cas où, de fuir discrètement. Albert tira sur le Sanglier qui prit une flèche dans l'épaule, mais sembla ne pas la remarquer, et chargea directement sur lui. Albert cria à l'aide juste avant de se retrouver à la lutte au corps à corps. À cet appel, Kytou décupla sa vitesse de frappe sur le Chien qui était encore devant lui, l’aplatissant rapidement à terre, puis il bondit en direction du Sanglier. Albert subissait des méchants coups de ce dernier, et fit tout son possible pour garder toute l'attention de son agresseur, jusqu'à ce que Kytou arrive. Il l'assomma d'une frappe de marteau bien placé dans son épaisse nuque. L'Animal puant s'écroula comme une masse. Au même moment, Khaldun donna le coup de grâce au Chien qui était encore empêtré dans le grand cadre brisé, puis se tourna d'un air rageur vers le dernier Chien qui s'était mis à l'écart le plus loin possible du groupe. Il semblait avoir perdu toute trace de courage. Il grognait tout en geignant insupportablement. Il tremblait de tous ses membres en voyant ses compères étalés si facilement par les trois héros. Trempé de bave et de sueur, il aboya que jamais il ne se ferait avoir pas des insectes de leur genre, et sauta par l'une des fenêtres, qui était juste derrière lui. Un son mat d'atterrissage brutal mit fin à son flux de gémissement et de bave. Les trois aventuriers ne perdirent pas plus de temps à comprendre le choix du bandit, et se retournèrent rapidement vers leur dernier ennemi, à présent seul avec eux dans la salle. "Vous ne m'aurez pas, misérables insectes !", déclara-t-il avant de se retourner pour fuir par la porte. Albert tira une flèche dans sa direction, mais elle se ficha dans l'encadrement, manquant sa cible. Kytou, plus rapide, avait bondi jusqu'à lui et réussi à agripper le pan de son manteau, qui se déchira. Le Collecteur Crocodile grogna en se libérant et fouettant avec un couteau dans la main, mais perdit l'équilibre sur la première marche de l'escalier et débuta une série de chutes, qui se termina quelques mètres plus bas. Il se retrouva face contre terre et ne bougea plus. Quand les aventuriers vinrent prudemment le redresser pour pouvoir l'interroger, ils découvrirent que le Collecteur s'était planté en plein coeur son propre poignard dans la chute. Ils n'en tireraient rien.
Après avoir repris leurs esprits, les trois héros fouillèrent les cadavres. Ils récupérèrent la Feuille Répliquante qui les avait trahis, trouvèrent quelques pièces d'or, des couteaux, et un petit morceau de papier vantant les mérites d'un "Chef suprême". Apparemment, il promettrait gloire et récompense à qui oeuvrera pour lui, avec la garantie d'une imminente "Ankiona enfin libre !". Puis ils décidèrent de sortir de ce chantier.
Essoufflés par l'enchaînement d'une ascension rapide des escaliers de la Tour de l'Office du Touriste, suivie de la lutte contre les bandits trafiquants qui leur avaient tendu ce piège, puis la redescente par les mêmes escaliers, les trois aventuriers arrivèrent enfin en bas de cette tour sains et saufs, et reprirent quelque peu leurs esprits. On peut dire que c'était un accueil sportif pour une première arrivée à CitéRoi ! Juste avant de sortir, ils attrapèrent l'hôtesse Girafe par le cou, qui trembla de tout son corps en les voyant revenir. Elle empêcha de justesse que Kytou ne l'aplatisse, en s'écrasant elle-même de milliers d'excuses, expliquant qu'elle avait été forcée de les trahir. Pour la peine, elle leur rendit leur argent (et même plus en guise de dédommagement), et les supplia de quitter ce lieu pour la laisser tranquille.
Les aventuriers quittèrent l'Office du Touriste, avec le goût un peu amer de s'être quand même bien fait avoir. Soudain, Kytou sentit quelque chose vibrer dans sa besace. Il sortit la Feuille Répliquante et y découvrit de nouvelles inscriptions qui apparaissaient, de la part de Mordin. Il leur demandait s'ils avaient des nouvelles du Roi, puisqu'ils avaient annoncé leur arrivée dans la capitale peu avant (visiblement il regrettait son précédent message un peu rude). Kytou expliqua rapidement ce qui s'était passé à l'Office du Touriste, avec le petit comité d'accueil. Il lui indiqua d'ailleurs avoir retrouvé la partie correspondante de leur Feuille Répliquante, que les trafiquants avaient en leur possession. Maintenant, ils pourraient communiquer sans code (fini les phrases entrecoupées de "Trombones" à tout va) et sans risquer de se faire espionner (enfin, normalement...). Mordin leur rappela l'importance de leur quête : celle de remettre le "colis" en main propre au Roi et le plus rapidement possible. De son côté, ses recherches étaient sur le point de bientôt aboutir, il leur donnerait prochainement des nouvelles.
Après ce court échange de messages avec Mordin, les aventuriers s'écartèrent à peine de l'Office, qu'un jeune enfant Panda courut vers eux, tout excité. "C'est vous qui avez balancé ce méchant Chien par la fenêtre ?", demanda t-il. Les héros étaient confus, jetant un regard un peu stressé vers les gardes proches, qui semblaient bien plus occupés à surveiller la foule de voyageurs circulants dans la rue, plutôt que de se préoccuper du Chien bandit écrasé aux pieds de la Tour de l'Office... N'ayant pas de réponse intelligente à lui donner, le jeune Panda enchaîna : "Vous êtes trop fort les gars ! Ce vilain n'arrêtait pas de nous harceler, mes copains et moi, pour nous piquer notre argent de poche. Et il nous avait même volé notre balle fétiche de Pied-Balle ! Vous jouez au Pied-Balle ?". Les aventuriers avaient un peu de mal à suivre le flux rapide des déclarations du jeune Panda, qui passait du coq à l'âne (comme d'habitude avec les enfants de cet âge). "Moi, je suis un expert du Pied-balle !", avoua fièrement Kytou. Le jeune garçon eu le regard remplit d'un éclat de joie. "Alors je vous recrute les gars, venez jouer dans mon équipe ! J'ai absolument besoin de gagner la prochaine partie contre mes copains !". Voyant les trois compères hésiter, car leur mission secrète était vraiment urgente, le Panda ajouta : "Si vous m'aidez, je vous obtiendrai à chacun une entrée gratuite aux Joutes royales ! Mon Papa est l'officier responsable des inscriptions, alors vous comprenez… ça vous dit ? Allez, dites oui !", quémanda t-il en se trémoussant sur place. Kytou était déjà convaincu de vouloir se défouler un bon coup avec son sport favori. Khaldun et Albert acceptèrent également le marché. Ils suivirent le jeune Panda qui fila entre les passants pour sortir de la cité, puis ils s’engagèrent sur un petit sentier de pierres qui longeait les douves. Un peu plus loin, un terrain vague terreux s'étendait en contrebas du chemin des vignobles qui bordaient la muraille externe de CitéRoi, délimité par une bande de sable de qui donnait sur les douves. Sur place, un groupement de plusieurs jeunes Animaux les attendait, se faisant quelques passes de balle pour s'échauffer.
Après quelques rappels des règles, les aventuriers se mirent en position sur le terrain de jeu. Puis la première partie de Pied-balle débuta pour notre équipe d'aventuriers. Ce fut une confrontation épique, remplie de passes, de dribbles, d'interceptions, de tires, de beaucoup de plaquages, et des buts ! Après plusieurs heures d'affrontement, l'équipe du Panda, et de nos trois sportifs en herbe, gagna haut la main ! Les enfants étaient heureux d'avoir joué une belle partie avec ces héros ! Comme promis, le jeune Panda les remercia et leur proposa de les guider jusqu'au Hall des Jeux de CitéRoi, pour que son Papa leur offre l'accès aux Joutes. Le trio suivit le jeune Panda.
Arrivés au Hall des Jeux, Albert, Kytou et Khaldun furent directement dirigés par le jeune Panda devant la caisse d'inscription, passant outre la file d'attente (ce qui fit grogner quelques impatients, frustrés du privilège qui leur était accordé). Le Panda fila derrière le comptoir pour aller parler à son père, qui vint les accueillir. "Bienvenue chers amis ! Vous avez gagné l'accès aux Joutes, d'après mon fiston ! Qu'est-ce qui vous tenterait ? Le tournoi de tir à l'arc ? Le concours de lancés de bûches ? La grande course aux obstacles ? Le tournoi de cartes des Gardiens ? ... ou alors, vous avez le goût du risque et êtes partant pour vous lancer dans l’Arène Royale pour le combat des gladiateurs ?". À l'évocation du tournois de gladiateurs, Khaldun et Kytou s'exclamèrent, sachant que c'était peut-être le meilleur moyen de rencontrer le Roi Ionak en personne ! Mais Albert tenta en vain de les en dissuader, par crainte que sa vision dans le Miroir des Songes ne se réalise. "Ne sommes-nous pas un peu trop jeunes pour le combat de gladiateurs ?", questionna t-il en cherchant une excuse pour refuser cette option. "Quel âge avez-vous ?" leur demanda le Panda. " 20, 19, et 17 ans" répondit Kytou. Le papa Panda souri en faisant un clin d'oeil et acquiesça, puis leur donna l'accès tant attendu au Tournoi de gladiateurs. "Bien, la prochaine session débute bientôt, et ça s'annonce sanglant ! Bon courage, jeunes guerriers !". Puis le Panda les abandonna pour aller s'occuper des clients suivants.
Les trois aventuriers ne firent aucun détours, et se dirigèrent directement vers l'accès aux loges des combattants de la grande Arène Royale. Le tournoi allait bientôt commencer. Un garde de l’arène les accueillit un peu froidement et les invita à s'installer dans la loge des gladiateurs (une simple pièce close en pierre, qui ressemblait étrangement à une cellule de prison). Ils y trouvèrent quelques autres gardiens de l’Arène, dont un gros Taureau musclé qui était visiblement leur chef. Il y avait également trois autres personnes, futurs gladiateurs qui allaient combattre avec les trois héros : un grand Tigre au regard méchant; un Ours brun à la mine sombre; une Chatte à l'air espiègle et qui semblait sans arrêt ricaner. Le Taureau se présenta comme l'intendant et responsable de l'Arène Royale. Pendant que les gardiens Sangliers rangeaient les affaires personnelles des combattants (un coffre par participant, verrouillé et sous bonne garde), il leur expliqua les règles du Tournoi. Les gladiateurs devront se battre, à l'aide de l'une de leurs armes habituelles, par groupe de deux. Un des Sangliers les attacha avec une solide chaîne de métal autour de l'une de leurs chevilles, par groupe de deux,. Ainsi, chaque combattant était relié à l'Animal voisin : Khaldun avec l’Ours ténébreux, Kytou avec Albert, et le Tigre hostile avec la petite Chatte espiègle. L'intendant leur expliqua que tous les combattants seront lancés en même temps dans l’Arène, mais chaque duo arrivera par une entrée différente (il montre du doigt trois portes situés derrière eux, qui doivent mener aux différents accès). L’Arène étant remplie d’obstacles et de cachettes, des bêtes sauvages (qui seront également relâchés progressivement au fil des rounds) pourront s’y planquer. Les gladiateurs devront nettoyer l’Arène de leurs ennemis, et survivre ! À chaque round (signalé par une sonnerie de trompettes), une nouvelle bestiole fera son entrée dans le tournoi. La paire de combattants survivante à la fin du 3ème round sera déclarée gagnante. Inutile d’insister sur le fait que si un coéquipier est mis à terre (KO), son acolyte aura tout le mal du monde pour progresser… À tout moment, les participants auront le droit de déclarer forfait et d’être évacués de l’Arène, au détriment de son acolyte qui se retrouvera lui aussi déclaré hors jeu. Tout gladiateur mis hors d'état de combattre (dangereusement blessé ou même KO) sera également évacué par les Gardiens de l'arène, pour autant qu'ils y arrivent... Avant de les laisser pour combattre, le Taureau leur confia à voix basse : « Prenez garde, car les vrais ennemis ne sont pas toujours les bêtes sauvages, et sont parfois plus proche qu'on ne le pense… » dit-il en ricanant, et en observant chacun d’entre eux (Albert n'était visiblement pas loin de faire une syncope).
Puis le Taureau sortit de la loge par une porte arrière et la referma derrière lui. Lorsque les trois portes d’accès à l’Arène s’ouvrirent simultanément dans un claquement métallique, les gladiateurs surent qu’il était temps de se lancer dans le Tournoi. À cet instant, des trompettes sonnèrent, et l’on entendit l'écho de la foule qui hurlait pour donner du courage aux combattants. Juste avant que les paires de gladiateurs ne s'élancent dans les couloirs, la Chatte lança rapidement aux autres : « Que le meilleur gagne ! Au fait, vous savez qu’il ne pourra n’y avoir qu’un seul Animal survivant à la fin ? … et ça sera moi ! », dit-elle avec un sourire mesquin. Le Tigre grogna méchamment et la tira avec lui dans leur passage vers l’arène, pendant que la combattante féline feulait en ricanant.
Les gladiateurs débarquèrent donc dans l’Arène, chacun par leur accès, attachés par la cheville à leur coéquipier de combat attribué. Les aventuriers découvrirent la fameuse grande Arène Royale, au sol accidenté recouvert de sable, de nombreux obstacles et de cachettes. Au centre se trouvait une large fosse rectangulaire, couverte par une large plaque de métal reliée à une chaîne épaisse. Tout autour du terrain, en haut des murs de pierres blanches, des hauts gradins encerclaient l’Arène. Une foule d’Animaux spectateurs s’y trouvaient, et criaient bruyamment pour encourager les combattants. L’estrade royale était située un peu plus en hauteur, avec un escalier sécurisé qui descendait directement jusqu’au bord de l’Arène. Plusieurs soldats y étaient postés pour en empêcher l'accès. Le Roi n’était pas bien visible depuis l’Arène, mais vu la présence de la Garde Royale, on pouvait deviner qu’il observait le spectacle. Albert était en réelle panique devant ce tableau qui lui était familier, pensant à la vision révélée dans le Miroir des Songes, chez Mordin. Les gladiateurs entendirent à nouveau les trompettes sonner, puis un large drapeau écarlate fut déroulé au-dessus de l’Arène, affichant le début du premier round. Au même moment, de grands claquements métalliques résonnèrent dans l’Arène. C’était les portes des entrées qui s’étaient verrouillées. En même temps, la fosse centrale s'était ouverte, indiquant visiblement que quelque chose allait en sortir, ou se cachait peut-être déjà quelque part…
Les trois aventuriers n’avaient pas le choix, ils devaient s’organiser et combattre. L’un d’eux remarqua soudain, devant l’une des entrées, le Tigre étalé face contre terre, seul et inconscient. Un gardien Sanglier vint rapidement vérifier son état. Inerte, il le traîna hors de l’Arène, sous les sifflements des spectateurs. La Chatte perfide avait profité de l’inattention de son coéquipier pour l’assommer dès leur entrée dans l’Arène, et ses compétences de voleuse l’avaient permis de se libérer facilement de sa chaîne. Personne ne savait où elle était allée se cacher. Sûrement dans l'un des arbres ou rochers qui encombraient le terrain. Prudemment, le duo Kytou et Albert avança dans l’Arène, en direction du centre. Khaldun et l'Ours longèrent doucement le bord de l’Arène. C'est là que Khaldun sentit un grognement au-dessus de lui, en hauteur de l'un des murets qui formaient des sortes de petits couloirs labyrinthiques. Un énorme smilodon sauta soudain sur lui. Son partenaire gladiateur eut le réflexe de tirer de toute ses forces sur la chaîne pour emporter Khaldun en dehors des griffes qui s'abattaient, mais l'animal sauvage le balaya de sa grosse patte et le fit tomber à terre, estomaqué. L'Ours tenta de frapper le smilodon, mais trop tardivement, car le tigre aux longues dents bondit pour se réfugier à nouveau sur les hauteur des murets. Khaldun repris rapidement ses esprits en grimaçant de douleur, et hurla à Kytou et Albert de faire attention au félin sauvage qui les chassait depuis les hauteurs. Les deux compères s'alignèrent contre un rocher, et attendirent la venue du monstre. Cela ne dura pas longtemps, car la bête sauvage leur tomba dessus en feulant. Albert tira rapidement une flèche en vain, et se prit un méchant coup de griffe en réponse, mais Kytou réussit à frapper de son marteau le flanc du smilodon. L'animal s'écarta d'un bon, s'ébroua, et fit à nouveau un immense saut sur les murets les plus hauts. Les aventuriers perdirent de vue l'animal sauvage qui continuait de rôder au-dessus d’eux. Plusieurs minutes s'écoulèrent, où les combattants tournèrent dans l’Arène, en essayant d'anticiper les apparitions furtives du monstre, qui sautait régulièrement pour venir donner une frappe rapide et précise. Les gladiateurs commençaient à s'essouffler, mais ils gardaient courage.
Soudain, le son des trompettes annonça le deuxième round. Un claquement métallique avertit les gladiateurs qu'un nouvel adversaire allait faire son apparition. Kytou trouva injuste qu'on leur introduise un autre ennemi alors qu'ils n'étaient même pas encore venus à bout du smilodon. Albert ne tremblait plus, il avait compris que sa vision se réalisait à l'instant. Il n'était donc pas en train de se battre contre Kytou, comme il l'avait craint, mais avec lui, pour leur survie! Il décida qu'ils allaient gagner, et tous ressortir vivants de cette aventure. Mais sa confiance flancha, quand il aperçut la forme sombre qui émergea lentement de la fosse centrale, cliquetant de ses nombreuses pattes recouvertes de plaques de chitines : un énorme scorpion noir géant. La foule de spectateurs eut un hoquet de surprise et de crainte en découvrant le monstre, puis ils hurlèrent des encouragements aux combattants. Alors que les deux paires de gladiateurs se mettaient prudemment en position pour affronter la nouvelle bête, le smilodon attrapa soudain par surprise la jambe libre du gladiateur Ours en l'entraînant vers lui, à l'arrière du groupe. Khaldun fut emporté également dans sa suite, mais il réussit à récupérer son équilibre de justesse puis s'attaquer en vitesse au félin. Il réussit à le blesser, puis le tigre géant s'échappa à nouveau en poussant une plainte sauvage. L'Ours était bien amoché, grimaçant. Il fit signe à Khaldun qu'il devait souffler un instant, mais qu'il allait s'en remettre. En faisant des gestes, Khaldun rassura ses amis sur sa situation et les encouragea à s’occuper du scorpion. Kytou et Albert ne se firent pas prier, et chargèrent en coeur la bête noire. Au moment où ils le frappèrent, le monstre se recroquevilla pour se protéger, absorbant le choc des armes contre sa carapace épaisse. Puis, d'un coup, elle libéra sa grande et longue queue fortifiée, terminée par son redoutable dard, tel un fléau d'armes. Les deux aventuriers furent projetés plus loin, et roulèrent sur eux-mêmes pour éviter d'être frappés par le dangereux dard empoisonné. En relevant la tête, ils furent étonnés de constater que le scorpion géant n'avait pas bougé de sa position initiale. Lentement, il s'inclina vers le sol, tandis que son dos semblait se déformer. Puis ils distinguèrent quatre petites formes noires se détacher et courir jusqu'à terre. C'était des jeunes scorpions géants, qui rampaient rapidement jusqu'à eux. En hurlant, Kytou et Albert se dépêchèrent de se relever et coururent s'abriter en retraite derrière un rocher, avant que les bestioles ne les rejoignent. Pendant ce temps, Khaldun aida l'Ours à récupérer ses esprits. Puis, ensemble, ils longèrent prudemment la bordure de l'arène pour aller rejoindre l'autre duo de gladiateur, et prendre à revers les monstres. En passant l'angle d'un muret, ils découvrirent le smilodon qui crachait sur l'un des petits scorpions qui tentait de grimper vers lui, sur l'un des bas murets. Ses coups de pattes hésitants ne semblaient pas oser toucher la bête venimeuse qui le harcelait. Khaldun et l'Ours en profitèrent pour furtivement se glisser derrière le félin, et le propulsèrent d'un coup vers le scorpion. L'animal roula et balaya de rage tout autour de lui en faisant valser plein de sable, ainsi que le scorpion, au loin. Puis il se jeta sur Khaldun, qui l'attendait avec sa masse d'arme de pied ferme. Pendant que Khaldun et l'Ours luttèrent contre le smilodon, Albert et Kytou se chargèrent d'éliminer un à un les petits scorpions qui couraient jusqu'à eux. Rapides, mais fragiles, ils subissaient les coups de marteau de Kytou en craquant comme des coques de noix. Après s'être débarrassés sans encombre des petits scorpions, le duo voulu se précipiter pour aller aider Khaldun et de l'Ours, et venir à bout du tigre aux dents de sabre qui semblait invincible. Mais ils furent stoppés net par l'apparition soudaine de la Chatte qui atterrit devant eux, en faisant tournoyer ses poignards d'un air menaçant. Elle n'eut pas le temps d'attaquer, car vint alors, dans un vacarme effrayant, le grand scorpion géant, qui sifflait de rage en fonçant sur eux. La Chatte assassine disparu aussi vite qu'elle était apparue, laissant Kytou et Albert se débrouiller seuls pour affronter le monstre de chitine. Quelques minutes s'écoulèrent pendant que Kytou et Albert se battirent héroïquement contre le scorpion géant. Alors que Kytou enchaînait des coups puissants sur la bête, Albert encaissait plusieurs contre-attaques en agrippant la terrible queue empoisonnée, profitant de sa capacité innée à être insensible au poison (spécificité d'Ornithorynque).
Les trompettes sonnèrent à nouveau, annonçant le troisième et dernier round. Étonnés de la rapidité avec laquelle le round s'était écoulé, les aventuriers laissèrent s'échapper le scorpion géant qui fila retourner dans la fosse centrale qui s'était rouverte, ayant pris peur au son des trompettes. Au moment où le scorpion disparut dans la fosse, des cris stridents retentirent depuis l’intérieur, tels des hurlements de singes. Puis cinq créatures (de taille moyenne) surgirent de la fosse, fuyant le scorpion géant qui se cachait au fond. Cette fois-ci, la fosse ne se referma pas. Les nouveaux arrivants restèrent un instant autour de la fosse, à scruter autour d'eux, humant l'air et observant leur entourage. Un officier cria dans un porte-voix : " Oyé Oyé gladiateurs ! Pour ce tournoi d'exception, découvrez, pour la première fois, de vils démons, sortis tout droit des entrailles des enfers. Faites honneur au Roi, vivez, ou mourrez, en héros ! ". Le smilodon ayant a nouveau disparu depuis la clameur des trompettes, le guerrier Ours et Khaldun s'approchèrent de Kytou et Albert, en fixant les Gobelins du regard. Khaldun semblait pétrifié. Il connaissait ces créatures, il les avait déjà rencontrées quelque part. Comme au ralenti, un souvenir le submergea (flash-back 2) pendant quelques secondes. Puis une colère et une rage immense l’inondèrent, décuplant son courage et sa force, dans l'unique but d'éliminer ces hideux et détestables monstres, erreurs de la nature. Ses pensées furent interrompues par le cri affreux d'un Gobelin qui pointait du doigt les gladiateurs. À ce moment, deux autres Gobelins le rejoignirent et ils se mirent à lancer des pierres sur les combattants, à l'aide de frondes. Ils tiraient fort et net, blessant Khaldun, en riant bien fort. Au même moment, le smilodon réapparu, et se jeta sur l'un des Gobelins, qui voulait faire un écart le long des murets pour venir attaquer les aventuriers par le côté. La créature verte hurlait en se débattant contre le félin qui l'avait plaquée au sol, pendant que l’un de ses acolytes, qui s'était accroché au dos du prédateur, le martelait désespérément avec son gourdin de fortune. Les trois autres Gobelins se regroupèrent pour faire face aux gladiateurs, en ricanant. Ils étaient visiblement prêts à en découdre. Mais ils n'avaient pas encore beaucoup avancé que soudain, dans un cliquetis strident, le scorpion géant jaillit de la fosse derrière eux et attaqua les Gobelins. Les héros se redressèrent lentement en voyant la scène qui se déroulait devant eux. Tous les monstres étaient en train de se battre entre eux. Alors que Kytou commençait un rire, Khaldun fut soudain écrasé par la chute brutale de la Chatte sournoise, qui avait profité de la situation pour les attaquer par surprise. Elle le lacéra violemment, en feulant comme une dingue. Le guerrier Ours tenta de la repousser de toute sa force, mais la vitesse de l'assassine l'empêcha de se faire plaquer. Elle s'échappa à nouveau, laissant dans sa fuite un Ours également lacéré par cette tornade mortelle. Khaldun était très mal en point, mais encore vivant. Les trois Gobelins qui se battaient avec le scorpion géant évitaient laborieusement les coups de pinces et de son dard. Le combat s'écartait petit à petit des gladiateurs. Kytou et Albert en profitèrent pour se précipiter vers Khaldun et l'Ours, mais ces derniers les encouragèrent à rapidement s'occuper du smilodon. La bête sauvage s'affairait à déchiqueter le Gobelin entre ses pattes, tandis que le deuxième continuait de frapper, sans aucun effet apparent, sur le dos de la bête. Ensemble, Khaldun et Albert s'élancèrent avec force et rage sur le smilodon, et le mirent enfin à terre, hors d'état de nuire. Il ne leur fut pas difficile d'achever le Gobelin restant, qui se retrouvait coincé sous le poids de l'animal géant en leur lançant des injures dans une langue inconnue. Passé cet assaut, Albert et Kytou ressentirent soudain la fatigue, les blessures, et l'abattement qui commençait à assaillir leurs membres douloureux. Mais le nombre d'ennemis s'amenuisant enfin, ils gardèrent leur courage, et se tournèrent en direction du centre de l'arène, où se déroulait encore l'affrontement des autres Gobelins contre le scorpion géant. Pendant ce temps, Khaldun et l'Ours avaient repris un instant leur souffle, en s'aidant mutuellement à se relever péniblement. Un échange de regards leur permit de s'accorder sur une rapide stratégie, puis Khaldun déclara à haute voix: "Je passe devant pour achever ces Gobelins. Tu es blessé, alors reste bien derrière moi !", puis ils longèrent lentement le mur sur lequel s'était échappée la Chatte. L'Ours s'écroula derrière Khaldun en faisant semblant de hurler de douleur. Puis le piège se déclencha. La Chatte apparu au-dessus d'eux et se laissa tomber, poignards pointés, directement sur l'Ours, dans le but l'achever froidement. Mais juste avant l'impact fatal, l'Ours roula soudain sur le dos et dressa ses massives pattes droit devant lui. L’assaillante n'eut aucune alternative, et s'empala dans un bruit sourd sur les longues griffes du guerrier Ours. Avec un râle rauque, l'Ours laissa s'écrouler l'assassine inerte sur le côté et se redressa avec la mine sombre. "Ta rage t'a tuée petite Chatte... plus jamais elle ne t'importunera.", dit-il doucement, comme un regret. Puis Khaldun saisi son épaule, et l'entraîna gentiment : "Viens mon ami, d'autres ont également besoin d'être libérés de leur rage.". Puis ils se dirigèrent vers le groupe de combattants restants. Voyant Kytou et Albert avancer vers les ennemis par l'autre côté de la fosse, ils se firent signe pour se mettre d'accord sur la stratégie d'attaque. Kytou et Albert attaquèrent le scorpion géant, tandis que Khaldun se fit un plaisir d'éliminer chacun de ces ignobles Gobelins. Quelques secondes suffirent pour que les deux groupes suppriment définitivement toute menace. Et alors que le dernier Gobelin semblait se rendre en tremblant, agenouillé devant le guerrier Ours, la créature planta soudain par surprise un petit poignard (qui était caché dans sa chausse) dans la patte du gladiateur, un sourire carnassier lui déformant le visage. En un réflexe fulgurant, Khaldun l'aplatit de toute sa force avec sa masse d'arme, et le Gobelin rendu l’âme dans un rire démoniaque. Définitivement, ces créatures étaient une erreur, et ne devaient normalement pas exister, se dit Khaldun.
Les trompettes de la victoire sonnèrent dans toute l'arène. Des confettis et des feux d'artifice éclatèrent au-dessus des combattants et du public. Des tambours se mirent à battre en rythme, dans l'attente de l'annonce d'une décision finale. Pendant ce battement régulier, repris en masse par toute la foule de spectateurs, les aventuriers observèrent un groupe de soldats de l'Ordre Royal qui descendait depuis le haut de l’estrade directement jusqu’au bord de l'arène, en surplomb. Au centre, il y avait le Roi Ionak, accompagné de l'Officier crieur qui proclama par le porte-voix : "Oyé Oyé combattants, il est temps de déterminer quel est le duo de gladiateurs gagnant, digne du titre unique de Gardiens d'Ankiona ! À présent, au peuple revient le droit traditionnel de choisir qui sera vainqueur de ce tournoi ! Par le mérite ou par la mort ? ". Albert trembla de tous ses membres en entendant cette déclaration. L'Ours rassura à voix basse ses compagnons : "Ne vous inquiétez pas, le public décidera qui sera le duo vainqueur. Il est extrêmement rare qu’il réclame une lutte à mort… depuis les années que j'assiste à ça en tout cas ! ... Et franchement, vous le méritez !", dit-il en s'adressant à Kytou et Albert. Puis la foule entière de spectateurs hurla et répéta ensemble : "Par la mort, nous aurons des vainqueurs ! Par la mort, nous aurons des nouveaux Gardiens !".
Les combattants furent sous le choc de ce qu'ils entendaient. La foule souhaitait voir encore un dernier affrontement à mort, pour pouvoir récompenser le duo de gladiateurs survivant. Mais il était exclu pour les aventuriers d'en arriver là. Alors que les gardiens d'Arène s'approchaient d'eux, piques et épées dressées, prêts à les bloquer en cas de tentative d'évasion, Khaldun eut une idée de génie. Avant que l'officier crieur ne reprenne le porte-voix pour annoncer la décision finale, il s’avança rapidement pour que tous le voit, et prit la parole. Il parla d'une voix claire et ferme. Il s'adressait à la foule entière, les bras écartés, proclamant un discours de paix et d'ouverture, avec une conviction pleine d'inspiration, exprimant un héroïsme exemplaire, tel que seule la compétence naturelle d’un véritable templier en est capable. Personne n'osa l'interrompre. Son petit sermon terminé, la foule resta un instant silencieuse, fixant le groupe de héros au centre de l'Arène.
Puis, lentement, le public scanda un air de victoire pour ces nouveaux héros, et réclama le triomphe pour ces quatre survivants. Après un long moment d'euphorie qui s’était propagée tout autour de l'Arène, le Roi fit signe à l'officier crieur, qui annonça à haute voix la fin du tournoi, et déclara les quatre gladiateurs vainqueurs. Puis, à nouveau sous les sonneries des trompettes, un grand portail s'ouvra sur l'Arène, laissant passer le groupe de soldats de l'Ordre Royal qui entouraient le Roi Ionak. Celui-ci s'avança lentement jusqu'aux aventuriers. Pendant ce temps, les gardiens d'Arène avaient aligné les vainqueurs, libérés de leurs chaînes, puis posé les coffres avec leurs affaires personnelles derrière eux. Au milieu des soldats, les aventuriers distinguèrent le couple royal, le Roi Ionak, accompagné de sa Reine Anella, le visage légèrement voilé. Quand ils s'approchèrent jusqu'à une distance de sécurité des combattants suffisante, ils s'arrêtèrent. Puis l'Officier crieur, un Zèbre, hurla : « Oyé Oyé ! De nouveaux Gardiens d’Ankiona sont nés ! Par la sueur et le sang, ce titre royal leur est mérité ! » Puis le Roi Ionak se tourna vers l’un de ses gardes qui portait une boîte ouverte, et en sortit de petits objets brillants. C’était la récompense des vainqueurs. Il s’approcha légèrement des aventuriers, qui se retrouvèrent, enfin, au plus proche du Roi. Les gardiens d’Arène s’inclinèrent, ainsi que les aventuriers. Le Roi adressa à chacun une simple formule de félicitation, en montrant les médailles aux héros puis à la foule de spectateurs tout autour de l’Arène. « Que par ces insignes, votre valeur en tant que Gardiens d’Ankiona soit reconnue de tous ! ». L'un des gardes prit les insignes et les apporta aux aventuriers (le Roi ne doit quand même pas venir au contact des inconnus, c’est trop dangereux). Pendant que les médailles étaient distribuées, Kytou et Albert bredouillèrent quelques mots incompréhensibles, cherchant à attirer l'attention du Roi. Mais il était trop en retrait pour les entendre. Le Roi Ionak resta silencieux face aux aventuriers pendant la remise des médailles, l’oeil sévère, attendant visiblement un signe de gratitude de leur part.
Soudain, un des gardiens d'Arène vint parler à l’oreille d'un des officiers de la Garde Royale, en pointant du doigt Albert. L’officier vint ensuite discrètement transmettre le message au Roi, en s’assurant que personne d’autre n’entendrait. En un instant, le Roi entra dans une furieuse colère, et ordonna soudain de mettre ces quatre combattants aux cachots, pour cause de vol et de haute trahison! Les soldats de l'Ordre encerclèrent rapidement les aventuriers, et les ligotèrent immédiatement. Les aventuriers étaient désemparés.
Pendant qu'ils étaient emmenés en dehors de l'Arène, Albert remarqua que son coffre était emporté par la Garde Royale. Une angoisse le submergea, sachant pertinemment qu’il contenait le coffret, avec la Couronne Royale volée à l'intérieur …