Meknès 1er séjour
De nouveau le peloton
juin 1956
C'est alors que je quitte Casablanca pour rejoindre le peloton des sous-officiers dans la plaine de Meknès, où nous serons en nomadisation pendant un mois, autrement dit sous la tente individuelle. Seul souvenir précis, le réveil matin par les cigognes qui avaient élues domicile près de notre camp de toiles. A proximité, une vaste ferme qui appartenait à un membre du gouvernement de notre 4e République, changeante à souhait sans que l'on sache vraiment par qui nous étions gouvernés. De temps à autre une intervention dans les fermes avoisinantes pour les protéger d'une rapine armée. Nous étions hébergés à l'écart du périmètre car notre présence pourtant rassurante ne convenait pas aux fermiers. Drôle de mission.
Une fois les examens du CAT 2 passés, je suis nommé caporal-chef le 1er juillet 1956, le temps de ma permission en métropole. Le 16 septembre 1956, je suis nommé sergent et attends ma nouvelle affectation pour Médiouna.
Je quitte mes hommes lors des repas pour le mess des sous-officiers. Cérémonial contraignant pour le nouveau venu qui se plie aux règles de préséance d'usage, comme par exemple d'être au garde-à-vous pendant une durée indéterminée auprès du président des sous-officiers qui fait mine de vous ignorer devant l'aréopage réuni pour la circonstance. Puis enfin, la prise en charge par les sergents plus anciens qui vous font une place à leur table, mais seulement après les avoir copieusement rincés au bar. Ce bar, passage obligé pendant quelques jours, où des sergents anciens des armes voisines (coloniaux et légionnaires) vous tournent le dos tant que la coutume n'a pas été accomplie selon les règles, autrement dit, ma solde y passe et mes économies aussi.
Allez à : Médiouna 2 le CIIM