Bou Azzer
Après le stage de formation "Armes lourdes" fin 1955, le PC opérationnel du 6e RTM crée une section "Mortiers Lourds" à la Compagnie Régimentaire à Casablanca. Les missions s’enchaînent et les déplacements également. Après un bref séjour à MARRAKECH la section reçoit l'ordre de se rendre à Bou Azzer pour près de trois semaines. Elle rejoint TAROUDANT en passant par le col du Tichka. Après un bref séjour, direction l'est vers OUARZAZATE où elle loge dans le ksar occupé par un élément du 17e RA de Sedan. Cette fois c'est le grand sud vers Zagora, en prenant l'itinéraire le plus aisé par Taourirt pour rejoindre enfin BOU AZZER.
La section prend ses quartiers dans un magnifique fort carré comportant une entrée unique, le confort est plus qu'apprécié. On partage le lieu avec les cadres civils de la mine de cobalt-nickel toute proche et dont on assure la sécurité.
Deux institutrices célibataires sont présentes, jalousement surveillées par notre lieutenant qui occupe la chambre à côté d'elles. Il nous interdit formellement toute intrusion dans le couloir extérieur y conduisant.
En février 1956, la température en journée était suffocante. Nous avions eu un déluge de sauterelles, que le cuisinier s'est empressé d'en griller à la poêle pour notre première cure. Mais pas seulement, nos réserves étant vite épuisées, l'achat local de viande fraîche nous a permis de savourer du chameau, du mulet et de l'âne. On ne nous a pas dit que c'étaient des bêtes en fin de course... Une marinade très épicée attendrissait la coriacité. Tout le fort était à la même enseigne. Un Russe tsariste, cadre dans la mine, avait des relations très suivies avec les indigènes, ils lui apportaient des préparations culinaires à base de serpents, dops, etc...dont ils avaient le secret. Invité chez lui assez fréquemment et n'étant pas très regardant sur la nourriture, j'ai partagé ses repas que je trouvais très fins, sans en connaître les ingrédients. C'est seulement en fin de séjour qu'il m'a affranchi.
De la mine, des camions de transport de minerai, des monstrueux "MACK", faisaient l'aller et le retour Bou Azzer - Ouarzazate, on pouvait les suivre à vue par le panache de poussière rouge qu'ils produisaient à profusion. C'était notre hantise quand il fallait emprunter la même piste, nos Dodges 6X6 et GMC n'avaient pas assez de puissance pour les doubler. En fin de journée nous étions méconnaissables.
Pour en savoir plus sur la Mine de Bou-Azzer
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